« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

frise2

dimanche 12 août 2007

Mes livres.... Mon précieux.... ou comment protéger efficacement sa bibliothèque!

On l'a vu récemment sur le blog, quelques échanges sur la conception de la bibliophilie suffisent parfois à mettre le feu aux poudres (contre ma volonté, vous le savez...).


Pourtant, comme je le rappelle souvent, il ne s'agît que d'un blog, auquel j'essaie de donner un ton léger. Imaginez qu'on en veuille vraiment à votre bibliophilie, au point d'essayer de vous voler vos livres, là, je pourrais comprendre que le ton monte réellement. Car c'est bien de cela dont il s'agît aujourd'hui.


En effet, nous sommes dimanche, jour habituellement consacré aux filous et autres escrocs qui hantent le monde du livre et de la bibliophilie. Néanmoins, aujourd'hui, je vais plutôt vous proposer quelques anecdotes sur des bibliophiles prêts à tout pour se protéger.

Je ne sais si vous avez pris des dispositions particulières de votre côté (coffre-fort, assurances, alarmes ou tapettes à souris), mais avez vous déjà pensé au stratagème mis en place par un collectionneur de La Haye. Celui-ci était amateur d'éditions Elzevir et avait regroupé une magnifique collection. Bien sûr, de nombreuses personnes manifestaient leur désir de contempler les ouvrages si chèrement acquis. Aussi, pour prévenir toute tentation à laquelle auraient pu succomber ces visiteurs, même ses amis les plus intimes, notre amateur les obligeaient à revêtir "une grande robe sans manches et sans ouvertures pour laisser passer les bras"... Les visiteurs ainsi déguisés en manchots, pouvaient alors pénétrer dans le saint des saints.


Passe encore, mais que dire du choix de cet instituteur anglais qui fût chargé de veiller à la conservation d'une collection de livres rares légués à l'école de la ville? Il n'était pas bibliophile et cette tâche devînt rapidement un fardeau parce qu'au cas où l'un des livres disparaissait, il devait le remplacer à ses frais.

Pour prévenir toute menace, il conçût donc le projet de faire enlever une partie du plancher de l'école, de creuser un trou pour y enfouir les livres préalablement empaquetés, avant de refermer le plancher sur les merveilles. C'était sans compter avec les rats et autres rongeurs qui se régalèrent de ce cadeau venu du ciel. Vous imaginez la déconvenue à l'ouverture!

Pour ma part, ces questions de vols ne m'angoissent guère, je crains davantage les catastrophes "naturelles"... et il est vrai que je me suis déjà demandé comment je réagirais si ma bibliothèque partait en fumée...

H

Images : quelques bibliothèques, celle du Vatican, la bibliothèque du Congrès et la Mazarine.

13 commentaires:

Anonyme a dit…

Une bibliothèque qui part en fumée fait nécessairement penser à un autodafé.
Avez vous entendu parler de ces quelques 8000 livres souillés à l'huile de vidange en l'Abbaye de Lagrasse en milieu de semaine dernière ? (plus d'info sur rue89.com)

elian
(un lecteur assidu mais muet jusqu'ici)

Bertrand a dit…

Oui,
j'ai lu l'affaire par internet,
je me suis senti très touché, d'autant que je connais cette abbaye et sa région toute faite de quiétude et de spiritualité.

Quoi que soient les motifs qui ont conduits à ce geste inpardonnable, jamais les livres ne devraient être les otages d'idées ou d'idéologies partisanes ou extrémistes.

Lamentable histoire. L'histoire des hommes...

Amicalement, Bertrand

Hugues a dit…

Bonjour Elian,

Merci pour votre commentaire. N'hésitez pas à en faire plus souvent.

En ce qui concerne l'abbaye de Lagrasse, je suis au courant. J'ai tout simplement décidé de ne pas faire de publicité aux impardonnables imbéciles qui ont souillés les 8000 livres.

H

Alain a dit…

Et si l'on parlait prosaïquement de l'entretien , de la restauration, de la protection de nos précieux volumes.
Comment "réparer des ans l'irréparable outrage"?

Pilou a dit…

La question est aussi celle-là, réparer dans quel sens? Essayer de remettre dans l'état originel, à la mode Viollet-le-Duc ou faire quelque chose de neuf avec de l'ancien? En tout cas, il est impossible de "réparer des ans l'irréparable outrage" sans altérer l'essence de l'objet restauré.

PS: Pilou, alias Philippe

Bertrand a dit…

En tous les cas, mieux vaut pas de restauration du tout, qu'il mauvaise restauration, et je peux témoigner du nombre d'horreurs que j'ai pu voir, et surtout de la fierté du restaurateur-charcutier !!

Amicalement, Bertrand

Hugues a dit…

Moi, j'aurais tendance à dire : dans tous les cas, mieux vaut éviter de se mettre dans une situation où la question se pose!

1. Soit le livre est en mauvais état : alors on le laisse là où il est. :) (je sais, je sais, on s'enerve pas Orwell et Philippe!)

2. Soit le livre est en mauvais état mais il ne coûte quasi rien. On l'achète en jurant sur la BNF qu'on ne dépensera pas un sou de plus pour le restaurer.

La restauration est un travail hasardeux et souvent assez onéreux... c'est à réserver aux livres exceptionnels, et surtout aux talents de restauration exceptionnels!

H

Anonyme a dit…

Il y a, je pense, restauration et restauration. Je ne m'aventurerais pas à donner un bain à un livre ayant des rousseurs, ou à appliquer quelques formules chimiques fort tentantes (Quelques moyens faciles de restaurer les vieux livres, Anthony Meray, 1862 - lien) Par contre, il est de menues opérations qui me procurent un réel plaisir : le nettoyage au savon Bruckner qui fait miraculeusement réapparaitre les dorures, la consolidation (toujours réversible) d'une coiffe maltraitée, etc...

elian

Pilou a dit…

Un savon pour faire réapparaitre les dorures? Ah! Et où peut-on trouver ce produit miracle??
Concernant les catégories données par Hugues, je me trouve plutôt dans la seconde. Il n'y a presque aucun livre que je veuille restaurer. Pas la peine, quand ils sont en mauvais état...

Anonyme a dit…

Vous avez tous corrigé par vous-même : il s'agit de savon Brecknell et non pas Bruckner !

Mea culpa...

elian

Hugues a dit…

J'avais lu Brecknell, par habitude. Etes vous très satisfait de ce savon?

Hugues

Anonyme a dit…

Globalement satisfait, oui. Sur les reliures avant 1900, je n'ai jamais eu de problèmes et la récupération des dorures encrassées est vraiment spectaculaire.

Sur les reliures plus récentes, il faut faire attention (la coloration du cuir qui ne tient pas bien et peut s'étaler sur les dorures par exemple). Un test préalable est conseillé.

elian

Scheharazade a dit…

Bonjour,

je viens de découvrir ce blog et je le trouve formidable. Bravo.
Savez-vous comment restaurer une couverture en cuir soi-même ?
Merci et bonne continuation^-^

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...