« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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dimanche 25 novembre 2007

Miscellanées de Monsieur H.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Avant toute chose, un petit retour sur le sondage : à 81%, vous venez sur le blog tous les jours, merci beaucoup! Mais vous fûtes seulement une trentaine à répondre, alors que vous êtes environ 120 visiteurs différents à passer ici chaque jour.

J'en relance un sur les moyennes d'âge immédiatement. Il se trouve dans la colonne de gauche.

Pour le reste, et j'en appelle aux parisiens, vous ne pouvez pas me laisser dîner le 17 décembre seul avec Jean-Paul et Bertrand, ça va être humiliant pour moi au niveau des connaissances! Alors, Pilou, A.A.A., Alain, Jean-Marc, Xavier, Intaglio et tous ceux qui sont de Paris sans avoir renseigné la carte... Ne me laissez pas tomber et joignez-vous à nous!

Je suis un peu en repos ce soir, je vous propose d'ailleurs de continuer tranquillement le débat. L'arrivée du livre virtuel, que va lancer Amazon peut-il encore modifier la place du livre dans la société? Dans 5 siècles, verra-t-on lors des ventes en salles des catalogues proposant en première partie des livres "antiques" (nos livres anciens), puis des livres anciens (nos livres actuels) et enfin des livres virtuels de toutes époques ("exceptionnel, le Bx1215, premier livre virtuel de l'histoire, lancé par Amazon en 2007, estimation 200 000 crédits stellaires")?
En passant, j'ai reçu le catalogue d'une vente Pierre Bergé consacrée aux livres érotiques, et pour la première fois, le catalogue était entouré d'un bandeau "avis parental" enpêchant les enfants (ou vos épouses) de l'entrouvrir. Avez-vous déjà vu cela?

Enfin, et je terminerai par cela ce soir, j'aimerais préparer une sorte de bétisier de la bibliophilie et y consacrer un message. Si vous avez des anecdotes, vous pouvez me contacter : blog.bibliophile@gmail.com

H

6 commentaires:

Pilou a dit…

Concernant le livre électronique, je m'appuierai sur les cours de Monsieur Jean-Yves Mollier, professeur de l'Histoire du Livre et de l'Edition au XIXe et au XXe siècle à l'université de Versailles-St Quentin, qui nous rappela qu'à la fin des années 1990 apparut ce que ses créateurs appelaient un peu pompeusement "la troisième révolution du livre" (les deux premiers étant la mise en codex, c'est à dire dans le format actuel relié, la seconde étant l'imprimerie), l'e-book. Si mes souvenirs sont bons, ça date de 1998 ou 1999. Révolutionnaire en quoi? Plus besoin de papier, plus besoin de bibliothèque, plus besoin de respirer de nids à poussière ou de feuilleter des pages! Un disque dur et tout est parfait, on peut lire tous les livres de l'univers sur un écran tactile.
Eh bien! Quelle ne fut pas la surprise de ces merveilleux inventeurs révolutionnaires de voir leur entreprise faire faillite quelques années plus tard, sans avoir réussi à imposer la révolution numérique du livre à l'ensemble de la société.
Le papier, l'écrit réel opposé au virtuel, a encore de beaux jours devant lui. Il n'y a jamais eu autant d'imprimé qu'actuellement; le papier est partout, dans toutes les entreprises. On parle de numérisation, mais tout doit avoir une base réelle et souvent papier pour être numérisé et accepté.

Et pour le pratiquer largement, je dirai que rien ne vaut un bon vieux livre en papier qu'un fichier pdf reprenant le même texte. Facilité de lecture, "intuitivité" du livre, contrairement à la difficulté de maniabilité d'un "livre virtuel", et même, sensations totalement différentes. Sans compter que lire 5500 pages de textes (soit 12 volumes des Annales de Linguet) en format pdf, ça donne des maux de crânes à tout casser.

Et pour faire le rapprochement avec ce que l'on imaginait en l'an 2000 pour l'avenir de la lecture, je me permettrai de vous rediriger vers les images des "Visions de l'an 2000" de Villemard (1910), qui imaginait pour les enfants un apprentissage accéléré par la transmission électrique des livres, ingérés par une machine, directement dans l'esprit des enfants.

Gonzalo a dit…

Avec tout le respect que j'épprouve pour Jean-Yves Mollier, il me semble que l'expression "3eme révolution du livre" est né, non sous la plume d'entreprises commercialisant des e-book, mais sous celle d'historiens du livre de premier rang. Il me semble même qu'elle fut forgée par Frédéric Barbier, et employée par H.-J. Martin (mais là je suis moins sûr).

La "troisième révolution du livre" ne désigne pas tant une révolution du "livre" qu'une révolution dans les modes de communications. Et à ce niveau là, force est de constater que le numérique a son importance! Nous en sommes tous à la fois les témoins et les acteurs.

Par ailleurs, dans le domaine du simple "livre", l'arrivée du numérique est une véritable "révolution" et l'expression forgée par Frédéric Barbier n'a rien perdu de sa pertinence: l'informatique et le numérique forment la quasi totalité de la "chaine graphique", depuis le manuscrit rédigé par l'écrivain jusqu'à laversion envoyée à l'imprimeur, en passant par la signature du contrats avec l'éditeur, la mise en page et la correction. On ne pratique plus l'imposition de la même manière que dans les années 1920! Le numérique n'a pas changé les habitudes de lecture, il a par contre totalement bouleversé les pratiques de production du livre.

bertrand a dit…

Pour mémoire, à la fin du XIXè siècle Albert Robida (l'illustrateur) et Octave Uzanne avaient déjà envisagé la fin du livre tel qu'on le connait dans un savoureux texte joliment illustré intitulé "La fin des livres".

http://www.globusz.com/ebooks/Livres/00000011.htm

Je vous laisse lire,

Amitiés, Bertrand

Intaglio a dit…

Tout à fait d'accord avec Pilou. J'ai immédiatement pensé à l'e-book considéré par Frédéric Barbier, autre professeur d'histoire du livre, comme l'avenir puisqu'il clôturait -avec l'e-ink- son exposition "Les Trois révolutions du livre" au musée des Arts et Métiers en 2002/03. (Pour information il est le commissaire de l'exposition "Paris, capitale des livres" à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris qui présente de beaux ouvrages de toutes les époques dans un parcours chronologique). La Bibliothèque municipale de Boulogne-Billancourt, se voulant avant-gardiste, avait acquis des e-books et les prêtaient à ses lecteurs. Il serait intéressant de connaître leurs statistiques de consultation... J'ignore si cela se fait encore. Aussi, pour le livre d'Amazon, wait and see.
Pour le catalogue de Pierrat, la version pdf indique : "La vente est interdite aux mineurs", mais rien n'empêche qu'ils puissent le consulter en ligne, ici : http://www.pba-auctions.com/images/catalogues/ventes_2007/pdf_2007/071207_pba.pdf
PS : sur le même site on trouvera le catalogue de la vente Bérès (pour ceux qui ne reçoivent pas les catalogues comme notre ami Hugues).

Pilou a dit…

Merci à Gonzalo pour la rectification! Je ne me rappelais plus que l'expression était de Barbier (il faut dire que ça remonte à loin, maintenant, mes cours d'Histoire du Livre et de l'Edition... Ne remettez pas la faute sur M. Mollier!! Il n'y est pour rien, tout est de ma faute! J'aurais du mieux écouter... :-D )
En tout cas, ce qui est sûr, c'est que le numérique existe, mais que le papier en est l'aboutissement nécessaire. En plus, il me semblait que l'on parlait des pratiques de lecture du livre. La production a évoluée avec son temps. Avant l'invention de la machine à écrire, on passait par des manuscrits à la plume. Aujourd'hui, on travaille via l'informatique. Alors oui, le numérique sert à produire l'écrit, mais on ne peut se passer de la réalité pour apprécier l'écrit. Vous parliez des contrats. Mais les seuls contrats ayant une valeur juridique sont ceux qui sont signés de la main des co-signataires, et il faut une preuve papier réelle pour les avaliser. De même que les corrections, qui sont souvent appliquées sur des manuscrits ou tapuscrits réels avant d'être appliqué à l'oeuvre définitive (le fameux stylo rouge n'a pas disparu).

Mais je ne cache pas (je l'ai déjà dit plus d'une fois) mon intérêt pour les livres numériques, trouvés en particulier sur google livres ou gallica. Rien de plus pratique que de trouver un livre ancien (ce sont souvent ce genre d'ouvrages qui sont disponibles) sans avoir à se déplacer. Mais, je préfère avoir le livre en main, plutôt que d'avoir face à moi un écran froid.

bertrand a dit…

Re-bonsoir,
je viens de lire attentivement la fiche descriptive et technique du produite e-book d'Amazon le Kidle.

Honnêtement je pense le produit mort avant même sa naissance.

C'est un produit fermé (vous ne pouvez pas y lire vos fichiers PDF préférés par exemple, ce qui était une évidence à ne pas rater). Il faut s'abonner à des blogs (nombre limités qui sont visibles gratuitement par internet...). Le design, la forme, la pratiquabilité de l'instrument ne me convainc pas du tout (trop rigide comme forme... allez le mettre dans votre poche intérrieure...), trop ressemblant avec un gros PDA mal designé...

A suivre donc, mais je ne suis vraiment pas convaincu. Pourtant je pense qu'en matière de portabilité de la documentation le bibliophile (et le libraire) ne rêve que de ça.

N'avez-vous pas rêver d'être dans les allées de Drouot ou de Brassens ne vous rappelant plus si l'EO des contes de La Fontaine est 1665 ou 1667 ? Vous n'avez pas rêvé d'avoir votre Brunet ou votre Barbier en PDF dans un lecteur portatif ? (je crois que c'est d'ailleurs possible avec certains PDA mais je n'ai pas testé ? (d'ailleurs si quelqu'un sait... comme papa noël arrive je suis preneur de toute bonne information sur le sujet...)

Amitiés numériques, Bertrand

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