« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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mercredi 12 mars 2008

La Grande Chartreuse de Pierre, et le déménagement du libraire

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Du monde chez moi, soyez discrets, je me suis éclipsé 3 minutes le temps de poster ce message. Pierre a besoin d'aide, que pouvez-vous faire pour lui, je lui laisser la parole...

Venons-en au livre question. Voici la notice qu'en donne J. Perret (Guide des livres sur la montagne et l'alpinisme, Grenoble, éd. de Belledonne, 1997) :

AUDIFFRET (L.D.L.) : "La Grande Chartreuse, le Mont-Blanc et l'Hospice du Grand Saint Bernard". Paris, éd. Waille, 1845. 1vol. in-12. III+250pp. 1ère édition. L'ouvrage a également paru à la Librairie Catholique de Périsse Frères, à Paris et à Lyon (1845, 1vol. in-12. III+250pp, illustré d'une gravure en frontispice sans rapport avec l'ouvrage).

Mon exemplaire est édité chez Périsse Frères, mais sans mention de date (et sans la gravure...). D'où ma question : de quand date mon exemplaire ? Une note au crayon vraisemblablement due à un libraire ou un précédent propriétaire indique qu'il s'agit d'une réédition fin 19ème. Je suis tout prêt à le croire mais aimerais en avoir un début de confirmation.

Les exemplaires que j'ai pu trouvés sur le net (par exemple en consultant le ccfr) sont tous édités chez Waille en 1845. Je n'ai trouvé aucune trace de ceux parus chez Périsse, et aucune mention de réédition. A l'exception bien sûr de la page de titre, mon exemplaire semble identique en tout point à celui visible sur Gallica ( http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k350672/f3.table ), y compris la mention "Imprimé par Olivier-Fulgence et Cie, à Poissy" (recto de la page de faux titre). Sur Gallica manque le recto de la page de titre, que je ne peux donc pas comparer avec le mien, portant la mention "Corbeil, imprimerie de Crété".

De l'auteur je n'ai pas appris grand-chose, sinon qu'il s'appelait Louis-Dominique-Laurent, qu'il n'est vraisemblablement pas apparenté avec la célèbre famille Audiffret-Pasquier, et qu'il était avocat à Marseille ( http://www.criminocorpus.cnrs.fr/biblio/v3/b4.php?rech=avan&parpage=10&retourq=Audiffret%20(Louis-Dominique)&ch=data_nom )

Pour finir par une note amusante, on trouve sur un catalogue de la librairie suisse Harteveld l'opinion suivante : "Selon Perret il y a, à la même date, une édition paru à la librairie catholique de Périsse frères à Paris et à Lyon, qui selon moi ont tous été envoyer dans les missions et ne sont jamais revenues " (sic)( http://www.harteveld.ch/Stuttgart06cat.pdf ).

Qu'en pensez-vous?

Pierre et Hugues

13 commentaires:

PierreG a dit…

Merci Hugues d'avoir aussi promptement relayé ma question.

Cet après-midi j'ai commencé la lecture de mon exemplaire et, ayant remarqué quelques fautes typographiques, je l'ai comparé avec celui de Gallica : il est vraiment identique en tout point (les curieux peuvent consulter la 3ème ligne de la page 69 pour voir le genre d'erreur que l'on peut trouver).

PierreG

Jean-Marc a dit…

Je me pique de bien connaitre la bibliographie des Alpes. Ici, la question est beaucoup trop précise pour moi. On verra bientôt que, chauvinisme aidant, hors des Hautes-Alpes ou du Haut-Dauphiné, point de salut.

Je vais transmettre la question à Jacques Perret, il saura surement dire s'il existe plusieurs éditions de cet ouvrage chez Perisse. Est-ce qu'il porte tous une date ?

Ce ne serait pas la première fois qu'un ouvrage imprimé est ensuite revendu avec un nouveau titre, ou titre de relai, pour relancer ses maigres ventes. Pour bien connaitre l'édition régionale, j'ai souvent vu cela. Les bibliographies ne sont en général pas assez précises pour donner toutes les variantes que l'on peut rencontrer.

A la seule vue de la page de titre, je pense que cet ouvrage peu très bien daté de 1845. La typographie et la mise en page sont caractéristique de cette période. Ce qui est sûr, c'est qu'il ne date pas de la fin du XIXe.

Jean-Marc

bertrand a dit…

Je suis d'accord avec Jean-Marc, la page de titre est typique des années 1845 et non de la fin du XIXè s.

Par ailleurs, si votre corps de texte imprimé est identique à la virgule près et même à l'erreur typographique près, il n'y a plus de doute à avoir, cet exemplaire est bien de la même édition de 1845 datée et donnée chez un autre libraire. Visiblement un simple titre de relais a été placé en tête du volume, sans doute pour des raisons commerciales comme expliquées par Perret, les exemplaire ayant tous été envoyés dans les missions (et ne sont jamais revenues).

Un indice supplémentaire. L'adresse des frères Périsse. Il faudrait chercher à la date de 1845 quelle était l'adresse exacte de la maison (numéro de rue).

Quant à la gravure, elle n'est pas annoncée au titre, n'a rien à voir avec l'ouvrage d'après ce que vous dites, donc il semblerait qu'elle ait été ajoutée ponctuellement lors de la reliure.

Amitiés, Bertrand

PierreG a dit…

Bonjour et merci pour vos commentaires.

Ah Jean-Marc, je pensais bien que ce sujet piquerait votre curiosité. Je serais ravi d'entendre l'avis de Jacques Perret lui-même.

Je suis tout prêt à vous pardonner votre chauvinisme, j'en suis moi-même presque atteint, mais je me soigne. Il serait d'ailleurs dommage de passer à côté de quelques belles pages de ce livre : la description du Mont-Blanc est un modèle du genre, et la lettre envoyée par de Saussure à l'aubergiste Jean-Pierre Terras pour lui demander d'organiser sa prochaine tentative - suite à la nouvelle qu'enfin le sommet venait d'être vaincu - est un vrai régal.

Veuillez excuser ma complète ignorance sur le sujet, mais justement je me demandais si cette exacte similitude entre les deux textes (Gallica versus mon exemplaire) n'était pas une preuve en faveur d'une impression à dates voisines. Un imprimeur peut-il garder trace de ses compositions pour s'en servir à nouveau des années plus tard ?

Vous m'avez donc répondu par avance Bertrand, et je dois avouer que vos conclusions me ravissent ! Au moins un exemplaire serait donc revenu des missions !

PierreG

Jean-Paul a dit…

En 1844, la Librairie catholique de Périsse frères avait pour adresses :
- à Lyon : 33 Grande rue Mercière
- à Paris : 8 rue du Pot de fer S. Sulpice

PierreG a dit…

Les adresses de la page de titre sont les suivantes :

Paris, nouvelle maison, 18 rue du Petit Bourbon (angle de la Place St-Sulpice).

Lyon, ancienne maison, 33 Grande Rue Mercière (et 8 rue Centrale).


J'ai cherché sur un plan de Paris... quel imbroglio ! Sur le net j'ai appris que la rue du Pot de fer se nomme désormais rue Bonaparte, la rue du Petit-Bourbon se nomme désormais rue St Sulpice, et que ces deux rues se rejoignent ... place Saint Sulpice ! Les deux adresses pourraient donc coïncider, mais il reste un doute.

bertrand a dit…

L'adresse lyonnaise est identique et situerait l'année d'édition autour de 1845 sans problème.

Peut-être l'exemplaire d'un missionnaire qui n'est jamais parti en mission ???

Amitiés, Bertrand

Jean-Paul a dit…

Les mentions "nouvelle maison" et "ancienne maison" prouvent que l'exemplaire est postérieur à 1844.

Jean-Paul a dit…

En 1846 : "Librairie classique de Perisse frères, Lyon (ancienne maison), Grande rue Mercière, 33, en face de l'allée Marchande. Paris (nouvelle maison), rue du Petit Bourbon, 18, angle de la place Saint-Sulpice"

bertrand a dit…

Que "l'impression du titre" est postérieure (et peut-être très légèrement postérieure vue la typo du titre avec sa vignette typique des années avant 1850), mais pas l'impression du reste du volume visiblement ??

Amitiés, Bertrand

Jean-Paul a dit…

L'énigme est levée quant à l'adresse : idem en 1845 qu'en 1846 (voir Google livres : "Année pastorale ou Prônes nouveaux" par l'abbé Reyre)

PierreG a dit…

Je viens de trouver cette notice :

http://www.inrp.fr/mnemo/web/vueNot.php?index=58986

qui semblerait prouver que la maison Perisse Frères a quitté le 8 rue de Pot de Fer Saint Sulpice au cours de l'année ... 1845 ! Voilà une bonne explication de la différence d'adresse !

En résumé :
- le 8 rue du Pot de Fer est occupé par Périsse jusque, 1844-1845.
- à partir de 1844-1845, le 8 rue du Pot de Fer est occupé par Lecoffre & Cie
- à partir de 1844-1845 la maison Périsse occupe le 18 rue du Petit Bourbon.


Amusant : on apprend ici :

http://membres.lycos.fr/philia/

que le 18, rue du Petit Bourbon est le lieu de création en 1833 de la Société de Saint-Vincent de Paul !


PierreG

PierreG a dit…

Oups, Jean-Paul, vous m'avez devancé de quelques minutes. Tout concorde !

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