« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

frise2

jeudi 27 novembre 2008

L'Étrange Cas du Dr Bibliophile et de Mr Bibliopégimane

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Vous connaisssez tous L'Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde (en anglais, The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde), nouvelle écrite par Robert Louis Stevenson et publiée en janvier 1886. Le réçit conte l'histoire d'un avoué, Charles Utterson, qui enquête sur le lien étrange entre Edward Hyde et le médecin Henry Jekyll.

Le Docteur Jekyll, un philanthrope obsédé par sa double personnalité, met au point une drogue pour séparer son bon côté de son mauvais, mais c'est ce côté-là qui, nuit après nuit, finalement prendra le dessus et le transformera en monstrueux Mister Hyde. Au delà de ce combat individuel, c'est bien sûr la lutte entre le bien et le mal qui se joue. Grands mots!

Le bibliophile aussi a son démon personnel. Sourire. Et si je suis venu à la bibliophilie par la lecture, je dois l'avouer, il est des nuits où un combat intense se joue en moi: aaahhh, cette reliure me tend les bras, elle m'invite à la prendre dans mes bras, à l'accompagner doucement dans mes rayonnages où elle coulera de paisibles et nombreuses années. Dans le même temps, je lutte contre ces envies, et c'est plutôt vers de grands textes ou des relations de voyages que penche mon portefeuille...

A dire vrai, je me suis laissé piéger: c'est pour vous que je suis venu à la reliure. En effet, pour pouvoir en parler j'ai commencé par acheter une reliure à la Du Seuil, puis à l'éventail, puis en pointillé, puis une fanfare.... et j'ai mis le doigt dans l'engrenage et il faut bien dire que les reliures ne couvrent pas toujours de grands textes. J'ai parfois, je le confesse des périodes boulimiques pendant lesquelles je ne cesse de m'interroger: la bibliopégimanie (l'amour des belles reliures) est-elle une bibliophilie?

Oui, non? Non, oui? En même temps, peut-on dire de moi que je ne suis pas bibliophile? -> Non! La preuve, c'est le blog du Bibliophile. Sourire. J'en déduis qu'on peut être bibliopégimane ET bibliophile, Hyde ET Jekyll... Ouf. Il faut dire aussi que ces interrogations m'entraînent sur une nouvelle voie: acheter moins, et de grands textes, bien reliés. J'ai économisé en frais de divan, c'est vrai, mais au final, je ne crois pas que mon banquier s'y retrouve...

Et vous?

H

4 commentaires:

pierre a dit…

Tout d’abord, bravo pour les deux derniers sujets traitant de la reliure !

Assez rapidement, on se rend compte que cette passion devient malgré tout livresque… Un peu comme Hugues qui nous a montré le chemin, j’ai profité du blog, pour acheter en amateur fraîchement éclairé des types de reliures évoquées par nos amis.

Certaines reliures signées sont logiquement inabordables (ou il me faudrait déshériter mes enfants, ce qui m’est quand même parfois passé par la tête en me rasant le matin…) ! C’est ainsi. Amateur d’art depuis longtemps, je n’ai jamais convoité la possession de grandes signatures mais j’aime aller aux expositions. Bibliopégimane approximatif, la lecture des catalogues de ventes (et de vos commentaires avisés) peuvent donc suffire à mon bonheur de bibliophile.

Il en est autrement des grands textes ou des auteurs qui nous semblent incontournables. Avant de connaître ce forum, je pensais n’être qu’un amoureux des livres. J’avais bien remarqué qu’avec le temps j’avais remplacé une édition de poche par un joli broché remplié, puis celui-ci par le même avec des illustrations et enfin ce dernier recouvert d’une reliure flatteuse. C’est quand j’ai réalisé que j’avais gardé toutes les précédentes éditions, comme pour les comparer que j’ai compris ce qu’était la bibliophilie - Une recherche à travers le plaisir de lire de la perfection du livre. Je n’oublie pas, non plus, une autre composante de la bibliophilie qui est la recherche de l’unité d’une œuvre. Elle va faire naître en nous le collectionneur qui sommeille mais qui devient prodigue quand il est réveillé…Il n’empêche. Ce blog est le meilleur investissement que j’ai jamais fait !

Cordialement. Docteur Brillard et Monsieur Pierre

Anonyme a dit…

Récemment je me suis trouvé devant l'alternative d'acheter une EO incomplète dans une reliure dépenaillée d'un classique du XVIIIe ou une reliure aux petits fers XVIIe d'une provenance intéressante (pour moi) sur un (trop) classique latin. J'ai choisi la seconde. Et pour la lecture je garde mon édition XXe à trois sous du classique XVIIIe.
L'idéal, chacun le sait, serait de trouver l' EO du grand texte XVIIIe dans une superbe reliure du temps, et la reliure aux petits fers sur un Eo de Molière aux armes de madame de Sévigné pour le moins.
À supposer que ces exemplaires existent sur le marché mon banquier me les refuserait. Mais il faut tendre vers le mieux sans trop être frustré, (l'achat d'un livre tous les dix ans pour cause d'exquise qualité me parait intenable), éviter l'accumulation compulsive, les doublons, prendre ses livres en mains et étudier tantôt le texte, tantôt la reliure, tantôt la provenance, tantôt la typo à défaut de pouvoir faire tout à la fois.
Enfin pour les bibliopégimanes culpabilisés, les collectionneurs de porcelaines anciennes mangent-ils dedans?
Lauverjat

Anonyme a dit…

On peut changer si vite ?

Moi je crois que vous avez en ligne de mire des textes pas terribles dans de belles reliures et que vous essayez de casser le moral de la concurrence éventuelle.

Machiavélique et drôlement fort !

Montag

alain a dit…

Voilà une autocritique bien venue!
Alain

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...