mardi 7 juillet 2009

Bibliophilie physicienne, les écrits de Paulian

Amis bibliophiles Bonsoir,

Jour du bac... je suis certain que vous excellâtes tous un jour en physique, et comme vous avez presque tout oublié, la physique vous rattrape par la bibliophilie. Voici un post de Bernard, le physicien bibliophile, sur le père Paulian.

"Après Nollet et Sigaud de la Fond je vous présente aujourd’hui quelques ouvrages d’un Jésuite oublié Aimé Henri Paulian (1722-1802) qui enseigna la physique à Avignon. Il a été très attaqué par les encyclopédistes. On rencontre ses livres sur ebay et ailleurs. Ils ont été populaires et utilisés surtout dans les collèges jésuites.
Traité de paix entre Descartes et Newton précédé des vies littéraires de ces deux chefs de la physique moderne.

Avignon, Vve Girard. 1763. EO.

3 volumes in-12 ; (2) pp, portrait, X, 405, (1) pp, 2 pl. - IV, 374, (1) pp, 4 pl. - (2), XVIII, 381, (2) pp.

Cet ouvrage est le plus rare de l’auteur. Le premier tome expose les travaux de Descartes, le second ceux de Newton et le troisième cherche à concilier les deux théories. Paulian est newtonien pour « la physique céleste, la lumière et les couleurs » ; il est cartésien pour ce qui concerne « la dureté, l’élasticité, les fermentations et les tuyaux capillaires ». Ce traité sera réédité en 1769 sous le titre : Système général de philosophie.

Dans une lettre de janvier 1764, Voltaire écrit : « Le P. Paulian, jésuite d’Avignon, qui a déjà fait quelques compilations, vient de publier, en trois volumes, un Traité de paix entre Descartes et Newton, avec la vie de ces deux illustres philosophes. Et le titre, et le fond, et la forme de cet ouvrage, sont très dignes d’un moine; mais Descartes et Newton ne méritaient pas un tel médiateur, et certainement ils ne lui ont pas donné de pleins pouvoirs. »
Dictionnaire de physique portatif.

Avignon chez la Veuve Girard. 1760. 2ème édition.

1 volume in-8 ; (2), XXIV, 400, 38 pp, 6 pl.

Le titre complet est : Dictionnaire de physique portatif dans lequel on expose les découvertes les plus intéressantes de newton et les notions géométriques nécessaires à ceux qui veulent se former une idée de la physique moderne. L’édition originale date de 1758.
Dictionnaire de physique.

Avignon, Louis Chambeau. 1761. EO.

3 volumes in-4 ; XVI, L, 620, (2) pp, 5 pl. - (2), XLVIII, 621 pp, 7 pl. - XXIV, 528 pp, 4 pl.

Ce dictionnaire de physique fut le plus populaire au XVIIIème siècle. Dans l'une des préfaces, l'auteur explique que son Dictionnaire de Physique n'a aucune commune mesure avec son Dictionnaire portatif paru en 1758 et qu'il « renferme non seulement ce qu'il y a de plus facile, de plus curieux et de plus intéressant dans la physique expérimentale mais encore ce qu'il y a de plus sûr et de plus relevé dans la physique spéculative ». Outre les articles relatifs aux différentes branches des sciences, il fournit les notices biographiques de nombreux savants et l'exposé de leurs systèmes généraux et particuliers pour former une « histoire critique des ouvrages des physiciens qui ont paru jusqu'à nous ». Le troisième volume se termine par un Projet d’un exercice de physique ; « Quelque étendues que soient les questions qui entrent dans ce Projet d’un exercice de physique, il nous paroît qu’on peut les apprendre dans l’espace de deux ans à tout enfant d’esprit qui aimera l’étude ».

Une vignette, répétée trois fois, représente l’intérieur d’un cabinet de physique.

En mars 1762, Voltaire écrivait : « Un autre jésuite appelé le P. Paulian, d’Avignon, a fait imprimer un Dictionnaire de physique en trois volumes in-4°. Jamais un jésuite ne fera un bon ouvrage, ni de physique, ni de philosophie. L’esprit monastique s’opposera toujours à toute vue grande et profonde dans les sciences. Les jésuites de toute l’Europe ne se sont prêtés à leurs progrès que parce qu’il ne leur a pas été possible de les empêcher. Leur premier vœu serait de bannir la lumière et la science de la terre; le second, d’en usurper les honneurs et la gloire parmi les nations qui en prennent le goût malgré eux. Mais qu’on me montre un seul jésuite qui ait été véritablement utile aux lettres par ses découvertes et par son génie: vous n’en trouverez aucun. Ceux qui ont du génie parmi eux sont obligés de le dénaturer ou de le dérober à l’inquisition de leurs supérieurs, ou bien ils se tournent à l’étude de la science absurde appelée en grec théologie, ou bien ils sont persécutés et malheureux dans leur cloître. M. de La Chalotais, dans son compte rendu au parlement de Bretagne, a judicieusement remarqué que les jésuites étaient au moins de deux siècles en arrière en fait de lumières et de sciences. Ils sont encore à oser prononcer le nom de Newton. L’étude des anciens philosophes se réduit parmi eux à cette absurde scolastique qui a régné pendant tant de siècles barbares, et les grands philosophes modernes n’ont jamais été nommés par un jésuite sans être attaqués ou blâmés. Croyez-vous que jamais le nom de Montesquieu ait été prononcé avec éloge devant les écoliers des jésuites? Voilà cependant les gens qu’on voudrait nous faire regretter en France pour l’instruction de la jeunesse, tandis qu’un des plus cruels fléaux dont une nation puisse être affligée, c’est sans contredit de voir l’éducation de la jeunesse entre les mains de moines avilis par une servitude d’esprit cent fois plus outrageante pour l’honneur que celle du corps. Ainsi quand on vous dit que le P. Paulian est jésuite, vous savez quelle est la physique qu’il peut enseigner dans son dictionnaire. »
Dictionnaire des nouvelles découvertes faites en physique...

Nîmes, Gaude. Avignon, Niel. 1787. EO.

1 volume in-8 ; (4), XXXVIII, (2), 523, (2) pp, 1 pl, 1 tableau.

Cet ouvrage est destiné à compléter le Dictionnaire de Physique dans lequel il sera refondu dans l’édition de 1789. Il contient une violente réfutation du Système de la Nature du Baron d’Holbach et de nouveaux articles, en particulier sur les aérostats et les découvertes récentes sur l’électricité.
L’électricité soumise à un nouvel examen...

Avignon, Vve Girard et F. Seguin. 1768. EO.

1 volume in-12 ; XLVIII, 286, (2) pp, 2 pl.

L’ouvrage est une réponse aux critiques que lui avait faites l’abbé Nollet concernant l’article « Electricité » de son dictionnaire, paru en 1761. La première partie est formée de neuf lettres adressées à l’Abbé Nollet. La seconde partie, écrite en latin, donne la théorie de l’auteur concernant les phénomènes électriques.
La physique à la portée de tout le monde...

Nîmes, J. Gaude. 1791. (2ème édition) - 1790. (EO).

2 volumes in-8 ; 416 pp. - 416 pp, 1 pl.

Amusant ouvrage dans lequel l'auteur, abordant la question de la navigation aérienne si controversée à l'époque, s'en montre un ardent détracteur. On peut en juger en lisant les premières lignes du chapitre consacré au parachute: « Tant d'accidents arrivés à nos nouveaux Icares dans les plaines aériennes, auraient dû naturellement dégoûter les astronautes de ces périlleux voyages. Mais raisonne-t-on, lorsqu'on est téméraire par caractère? On se fait gloire d'affronter les dangers les plus évidents; et l'on crut, en cas de malheur, se garantir de la mort, en se servant d'une machine à laquelle on donna le nom de parachute. » La planche dépliante représente trois sortes de Montgolfières.
Merci Bernard,
H

dimanche 5 juillet 2009

Papiers décorés, pour le plaisir des yeux.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Martin, dont je viens de recevoir le très joli catalogue, m'a envoyé quelques très jolis papiers décorés. Les voici, certains sont assez originaux.
H

La Nouvelle Revue des Livres Anciens, un bulletin paroissial?

Amis Bibliophiles Bonjour,

Quelques nouvelles de La Nouvelle Revue des Livres Anciens: nous commençons à travailler sur le numéro 2. La liste des auteurs se précise, et nous tenons bien sûr compte des remarques et critiques diverses que vous avez formulées, d'autant plus (je pense aux erreurs typographiques par exemple), que nous en étions hélas déjà conscients à la livraison.

En ce qui concerne le cahier central et les illustrations en couleurs, si nos finances nous le permettent, nous passerons de l'un à l'autre. Pour ce qui est des illustrations en noir et blanc au fil du texte, c'est également noté. J'ajoute que je trouve le sommaire un peu difficile à lire, ce qui sera également résolu.

Globalement, vos commentaires et vos critiques sont très positives et encourageantes, et nous vous en remercions. Nous avons reçu de très nombreux témoignages de satisfaction de votre part, via les commentaires du blog, par email ou même par courrier.

La fête ne serait pas totale sans deux réserves, l'une de la part d'esprits chagrins qui n'ont pas souscrit à la Revue mais s'autorisent à en sourire, l'autre de la part d'un original, ex-libraire, que sa retraite récente semble aigrir, et qui nous a fait le plaisir de nous adresser un charmant email. Nous le remercions chaleureusement parce que sa lecture nous a beaucoup fait rire. Je crois que c'est le lot de tout périodique de recevoir des courriers de la part de ce genre particulier de lecteurs... et encore, je dis "lecteurs" alors que ce sympathique correspondant débute son email en confessant ne pas avoir lu la revue.... Sourire.

Voici donc quelques extraits de ce bêtisier très personnel, qui aurait pu avoir un sens s'il avait été constructif et argumenté:

"présentation digne d'un bulletin paroissial de province désargenté.... maquette d'une ringardise affligeante... portraits de "notables" rigolards par le "photographe professionnel du département..." et j'en passe. La lecture me fait encore sourire. Surtout quand on connaît le correspondant, qui a laissé dans l'histoire de la librairie une trace inversement proportionnelle au temps qu'il nous fait perdre, et qui est hélas immense.

Enfin bref, nous sommes toujours preneurs de vos commentaires et critiques, qui vont nous aider à professionnaliser un peu cet amateurisme que nous assumons!

H

samedi 4 juillet 2009

Femmes Bibliophiles, les "Cent femmes amies des livres"

Amis et Amies Bibliophiles Bonsoir,

La Bibliophilie passe souvent pour être une passion très masculine: il n'y a qu'à parcourir les travées du Salon du Grand Palais ou celles du marché Georges Brassens pour en être convaincu.
Les interventions sur le blog sont également essentiellement masculines d'ailleurs, et même si les professions de la "filière bibliophile" sont naturellement mixtes (relieures et relieurs, restaurateurs et restauratrices, etc.), je connais personnellement peu de bibliophiles de sexe féminin. Elles existent pourtant et on jalonné l'histoire de la bibliophilie.

Parfois, même, elles se sont rassemblées dans des sociétés. Ainsi ai-je sous les yeux une charmante plaquette, qui regroupe les statuts et le règlement intérieur de la société bibliophilique "Cent femmes amies des livres".

Cette jolie publication brochée (28 pages, format in-8) nous apprend beaucoup sur ces bibliophiles que j'aurais aimé rencontrer (mais peut-être cette société existe-t-elle toujours d'ailleurs?).
Voici quelques extraits:

"Article 2. - Cette Société a pour but de mettre en relation les femmes s'intéressant aux questions de bibliophilie et d'établir des éditions de luxe

Article 3. - (plein de sagesse) La Société étant constituée dans un but purement artistique et littéraire, toute discussion politique ou religieuse est formellement interdite dans les réunions.

Article 4. - La Société se recrute parmi les femmes s'intéressant aux questions de bibliophilie.

Article 5. - Le nombre des membres de la Société est fixé à 100. Tout membre ayant participé à sa fondation a droit au titre de fondatrice.

...

Article 11. - La radiation pour cause d'indignité sera prononcée par le Comité après audition de l'intéressée et enquête verbale".

Cette société publiait des ouvrages dont le tirage était limité à 130 exemplaires. Les 30 exemplaires "ne plus" seront réservés aux artistes, aux auteurs et au libraire agrée, qui était Auguste Blaizot.

La présidente d'honneur était Madame Paul Deschanel, épouse du président de la République, et on retrouve quelques autres noms illustres dans la liste des membres: La Comtesse de Noailles ou Mme Funck-Brentano par exemple.

Les adresses personnelles, elles, ressemblent à un guide des adresses les plus huppées de Paris, et si quelques membres ne sont pas parisiennes, c'est parce qu'elles habitent des châteaux en province.

Il est amusant de noter que dans cette liste de 100 membres, toutes les bibliophiles mariées (il y a quelques très rares demoiselles) sont présentées sous leur nom d'épouse, sous la forme "Mme Edouard Imbs", "Mme Achille Hauser", etc.

Ce qui évidemment amène à s'interroger, ces femmes bibliophiles étaient elles également épouses de bibliophiles, ou était-ce simplement le poids des habitudes de l'époque (cette plaquette date de 1927)? Je penche plutôt pour la seconde solution. Mais vous me direz, être femme de bibliophile est déjà un sacerdoce!

H

dimanche 28 juin 2009

Comiques troupiers et almanach du Diable

Amis Bibliophiles Bonsoir,

700ème message posté sur le blog. Une fois n'est pas coutume, partageons ensemble deux achats récents: le premier de Gilles, deux livres illustrés du genre "comique troupier", le second est désormais dans ma bibliothèque, un joli manuscrit.

Les deux ouvrages de Gilles:

Tout d’abord de Jules Noriac, pseudonyme de Claude Antoine Jules Cairon, journaliste et littérateur né à limoges en 1827 et mort en 1882: “le 101e régiment”. Cette historiette comique militaire parut en 1858 à la Librairie Nouvelle. Elle fut rapidement l’objet de nombreuses rééditions qui ne sont pas rares.
Mon exemplaire, de format in-8, publié à Paris à la librairie Nouvelle en 1861, illustré par Armand-Demarescq, G. Janet, Pelcoq, Morin et Deuxétoiles, est orné d’un frontispice, de 13 planches sur bois et de nombreuses vignettes. Le premier tirage en 1860 avait bénéficié de 89 grands papiers dont 18 exemplaires sur chine.
Celui-ci est relié par Loisellier, ancien apprenti chez Gruel dès 1847, en demi-maroquin orangé à coins.
Le second est un grand album in-quarto du dessinateur-humoriste et peintre Albert Guillaume né à Paris en 1873 et mort en 1942 : “Mes Campagnes, album militaire inédit et en couleurs” édité par H. Simonis Empis, sans date [1896]. La préface est de Georges Courteline, ineffable auteur des “Gaîtés de l’Escadron”.
L’ouvrage comporte un minuscule tirage de tête de 25 exemplaires sur japon. Cet exemplaire est relié par Thierry successeur de Petit-Simier en demi- veau à coins, les plats sont couverts d’une toile grise. Un monogramme non identifié sur le premier plat.
Courteline (1869-1929) et ses “Gaîtés de l’Escadron” publiées en 1886 me paraît faire le lien sur ce siècle d’humour militaire, je ne peux que vous fournir l’illustration de la modeste édition à 2 francs de la Select-Collection de Flammarion de 1931.

Et pour finir, l'Almanach du Diable, charmant mansucrit du 18ème.
La page de titre porte la mention, "Aux enfers", 1738, et l'ouvrage invite à découvrir ses prédictions pour 1737, l'année précédente, qui sont donc qualifiées d'infaillibles. Il porte deux ex-libris, celui de du docteur Lucien-Graux et celui de Madame de Cailhavet. Il se termine par un feuillet dépliant portant sur trois colonnes des Conjectures historiques sur les Balivernes prophétiques.
Je n'ai pas encore entamé la lecture de l'ouvrage, ni cherché d'information sur lui. En tapant le titre dans Google, on apprend juste que Voltaire n'a pu en achever la lecture, que l'auteur pourrait être de Castres de Crancy.

La fiche stipule également que Barbier décrit longuement cet ouvrage et l'attribue suivant les continuateurs du P. Lelong à un des frères Quesnel de Dieppe, neveu du célèbre père Quesnel. Soupçonné d'être l'auteur de l'Almanach du Diable, il avait été arrêté et mis à la Bastille le 11 avril 1738 et trouvé pendu dans sa chambre le 1er juin suivant. L'almanachdu Diable contient des anecdotes et satires sur plusieurs personnages de la cour, des prélats et beaux-esprits.Il fut interdit et les exemplaires furent saisis avec le plus grand soin, ce qui en explique sa rareté.

C'est ma lecture de ce soir!

H

vendredi 26 juin 2009

Editeurs et apothicaires, le nouveau prix l'abonnement à La Nouvelle Revue des Livres Anciens

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Après avoir fait, refait nos calculs, négocié et renégocié avec la Poste, et surtout grâce au succès rencontré par le premier numéro, qui génère déjà de très nombreux abonnements, nous avons établi un nouveau tarif pour La Nouvelle Revue des Livres Anciens.

Le tarif que nous avons annoncé dans la Revue est donc déjà obsolète. Nous avons perdu de l'argent sur le n°1 parce que nous n'avions aucune expérience en matière d'édition, nous avons ensuite fixé les tarifs à 49 euros pour la France et 61 euros pour l'étranger... en voulant équilibrer nos comptes. Le tirage accru nous permet de revoir ces prix à la baisse, puisque notre politique, vous le savez, n'est pas d'engranger des bénéfices mais d'investir chaque centime perçu dans la revue.

Le nouveau tarif est donc, pour deux numéros, de 42 euros pour la France et 50 euros pour l'étranger, frais de port inclus. Les abonnements reçus seront pour les numéros 1 et 2 dans la limite des stocks de numéro 1 disponibles.... sauf si le succès nous permet de réimprimer.

Si vous êtes souscripteur, vous avez bien fait, puisque vous avez payé bien moins! Et nous vous remercions encore une fois profondément pour votre soutien, puisque c'est vous, et personne d'autre, qui avez rendu cette aventure possible.

Pour les curieux, ce premier numéro a été distribué à 900 exemplaires (déclarés à l'ISSN) , un petit nombre a été distribué gratuitement à nos auteurs et amis, ainsi qu'une cinquantaine d'exemplaires aux libraires français du salon du Grand Palais qui n'étaient pas abonnés (même si nous avons eu le plaisir de compter un grand nombre d'entre eux comme souscripteurs). Et nous travaillons déjà au deuxième numéro.

Pour vous abonner, il y a deux moyens:
1. par chèque libellé au nom de la revue et adressé au 3 B rue des 16e et 22e Dragons, 51100 Reims,
2. ou par virement sur le compte de la revue (nous demander le RIB si nécessaire à nrlanciens@gmail.com),
(si vous souhaitez payer via paypal, vous pouvez également nous contacter).

H et JP

mercredi 24 juin 2009

Le blog d'un ami libraire

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je suis toujours très heureux d'évoquer ici la création d'un nouveau blog ou d'un nouveau site dédié à la bibliophilie et au livre ancien.

Le dernier né est celui de Pierre, que je vous invite à visiter. Vous le trouverez à l'adresse suivante: http://livresanciens-tarascon.blogspot.com/

Pierre me demande également de vous demander des conseils sur les attentes éventuelles que les lecteurs peuvent avoir. Je parlerai déjà pour moi: un ton simple, léger, quelque chose de vivant. Surtout un site qui ne reprend des informations que l'on peut retrouver ailleurs, ou des articles scannés. Puisque Pierre est libraire, j'avoue que je suis très intéressé par l'envers du décor, le journal de bord d'une librairie, les entrées et les sorties, de livres et de clients et de leurs particularismes; enfin toutes ces petites choses, ces petits riens qui font la vie du libraire, qui peuvent sembler sans intérêt mais qui passionneront sans doute tous ceux (dont je suis) qui ont un jour rêvé d'être libraire.

Et vous?

H

lundi 22 juin 2009

Identification - Entraide

Amis Bibliophiles Bonsoir,

J'ai une demande urgente à vous soumettre de la part d'une étudiante: Noémie est étudiante à Bruxelles en restauration de meuble. Pour terminer sa formation, elle doit restaurer un meuble, faire un dossier sur celui-ci et le présenter devant un jury. Son meuble est une bibliothèque tournante, et elle recherche des informations sur ce type de meuble: comment d'une bibliothèque classique, elle a pu évoluer vers ce type de meuble, depuis quand il en existe, etc. Cette bibliothèque tourne autour d'un axe vertical et non horizontal, comme la roue à livre.

Auriez-vous des informations à lui fournir, ou des sites qui pourrait la renseigner. Elle n'a plus avoir le temps d'aller en bibliothèque puisqu'elle doit finir son travail pour jeudi soir!!! Qu'en dites vous?

Par ailleurs, Pierre aimerait savoir si l'un d'entre vous est capable d'identifier ces 2 ex-libris qui sont, l'un sur l'édition originale des Lettres d'une Péruvienne (1747) et l'autre sur Supplement à la bibliothèque de campagne, Geneve, 1761. Un grand merci d'avance pour lui.

H

jeudi 18 juin 2009

La Nouvelle Revue des Livres Anciens

Amis Bibliophiles Bonjour,

Nous avons posté les exemplaires de la Nouvelle Revue des Livres Anciens hier et ils devraient donc vous parvenir entre aujourd'hui et samedi matin pour la France, selon les performances du bureau postal de votre domicile.

Nous attendons avec impatience vos commentaires et vos critiques éventuelles. Si vous n'aimez pas, merci de ne dire pourquoi, nous en tiendrons compte pour le second numéro.

H et JP.
nrlanciens@gmail.com

lundi 15 juin 2009

Une page de titre étonnante

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Gilles vous propose une page de titre atypique, une vétille bibliophile.

Voici un livre bien ordinaire : “Recueil des édits, déclarations et arrests rendus en faveur des curez, vicaires perpétuels, vicaires amovibles, chanoines et autres bénéficiers...” A Paris, chez Guillaume Saugrain , 1700, in-8 plein vélin de l’époque. 4 ff. 176 pp.131 pp 5 pp. n.ch. Ce livre a connu plusieurs éditions.
Il présente cependant la particularité d’avoir un titre qui s’étale sur une double page. Il ne s’agit pas bien sûr d’un format in-4 plié et réduit, toutes les pages suivantes sont au format in-8 classique. Avez vous rencontré d’autres exemples, à quelles époques?

H

dimanche 14 juin 2009

Ebayana à moins de 180 euros

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Pour compléter le message de Lauverjeat sur les catalogues de libraires, et pour changer un peu, voici une sélection "à petit prxi", entre 17 et 180 euros... Voici une douzaine de livres actuellement sur ebay, dont le prix est inférieur à 180 euros. Certains le resteront, d'autres non!













Bonne chasse,

H

samedi 13 juin 2009

Célébration

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Pas de message ce soir... sauf ce celui-ci, puisque toute l'équipe de La Nouvelle Revue des Livres Anciens (c'est à dire trois personnes, les deux directeurs de la publication et la secrétaire de rédaction), sont actuellement en train de fêter dignement la livraison de la Revue au siège rémois.

Et oui, au moment où vous lisez ces lignes, nous avons la revue sous les yeux... ainsi que quelques mètres cubes d'enveloppes à remplir qui partiront bientôt vers vous (en réalité, dès que la fête sera finie).

Voici de quoi patienter (encore):
H, JP, B

lundi 8 juin 2009

Lauvertjatiana VII

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Nous retrouvons ce soir la traditionnelle lecture sélective des catalogues de libraires de notre ami Gilles.

"C’est le printemps des catalogues et ma lecture prend du retard quand je ne sais plus où donner de la bourse. 
La librairie Picard (82, rue Bonaparte à Paris) livre son 590 ème catalogue de livres anciens et modernes, agrémenté de planches en noir et blanc. Les livres anciens comptent 230 numéros. J’ai retenu de Guillaume Paradin, “Mémoires de l’histoire de Lyon” suivi de Claude de Rubis “Les privilèges... de la ville de Lyon” imprimé à Lyon chez Antoine Gryphe en 1573 et 1574, complet de ses deux parties, in folio en demi-basane du XIXe. Le titre de la première partie est imprimé dans un somptueux encadrement gravé architectural de la seconde renaissance couronné du griffon. (1000 euros). Une reliure “de mariage” du XVIe siècle (1582?) sur un “Officium Beatae Mariae virginis...” format in-8, la page de titre manque ainsi que la fin. 
La reliure en maroquin rouge est frappée dans un ovale de rameaux dorés aux centres des plats du nom et du chiffre de l’épouse Gabriele de Croiset (plat supérieur) et de l’époux Jean de Gay (plat inférieur), le dos plat est entièrement orné aux petits fers de médaillons floraux juxtaposés, centrés de monogrammes et chiffres (780 euros). Les “Curiosités de Paris, de Versailles, Marly, Saint-Cloud et des environs...” de Le Rouge, une nouvelle édition de 1771 à Paris chez les libraires associés en deux volumes in-8 pleine basane de l’époque comportant 31 planches gravées dont 21 dépliantes (500 euros). Un “ana”: le “Mantasiana” de Hyacinthe Cordonnier, alias Saint-Hyacinthe imprimé à La Haye chez Charles Le Vier en deux tomes sous cartonnage moderne orné de deux frontispices, une planche et six figures géométriques in-texte (200 euros). 
La librairie “Bonnefoi Livres Anciens” (1-3, rue de Médicis à Paris) sort un catalogue orné de reproductions en couleur intitulé “Livres & manuscrits anciens”. J’ai retenu de Guillaume Budé , la première édition “de Transitu Hellenissi ad Christianismum” chez Robert Estienne à Paris, en vélin souple de l’époque (7 500 euros). 
Une “Anthologia graeca” in Bibliopolio Commeliniano de 1604 in-4 aux armes et au semé alterné de fleurs de lys et de monogrammes couronnés de la reine Anne d’Autriche veuve en plein maroquin brun, après 1643 (12 000 euros). Un exemplaire de dédicace en vélin doré aux armes du cardinal Giacomo Rospigliosi, neveu du pape Clément IX, dans un encadrement de roulettes et de fleurons dorés sur “le Prerogative del senator Bartolomeo Gherardini...” de Palmieri, in-12, imprimé à Sienne en 1682 (1500 euros). Un recueil de 28 pièces in-4 des procès de Beaumarchais avec Duverney et Goezmann, constitué à l’époque en veau havane, rassemblant des pièces de l’auteur dramatique et des divers protagonistes (3 000 euros). Et, pour les amoureux de typographie, “Les Aventures de Télémaque...” de Fénelon , imprimées à Parme par le célèbre Bodoni en 1812, sous les hospices du roi Murat à 150 exemplaires seulement, en deux volumes in folio demi-veau blond (3500 euros). 
La Librairie ancienne Bruno Sepulchre, (7, rue Cassette à Paris) présente un catalogue illustré à la couverture ornée d’un sabot ayant appartenu à Jean-Jacques Rousseau. Les sabots se retrouvent sous le dernier numéro de ce catalogue et figurent aussi chez le libraire précédent (35 000 euros, la paire!). Mais pour cette somme je préfère revenir à la bibliophilie avec la “Topographie Françoise ou représentations de plusieurs villes bourg, chasteaux, plans, forteresses, vestiges d’Antiquité, maisons modernes et autres du Royaume de France...” par Claude de Chastillon, chez Louis Boissevin à Paris en 1655. L’ouvrage in-folio en plein chagrin moderne compte 300 feuillets pour 591 gravures sur cuivre la plupart à mi-page. J’ajoute que ce monumental ouvrage est rare les gravures étant le plus souvent découpées et vendues à l’unité (30 000 euros). Un des attrait de ce catalogue repose sur sa variété, juste avant ce très coûteux livre on trouve “Eloge prononcé par la folie devant les Habitans des Petite Maisons” de Pierre Mathias Chardonnet, un plaquette in-12 brochée de 48 pages imprimée à Avignon en 1761 pour 90 euros. Sur la même page, un livre que tous les lecteurs du Blog connaissent: “le tableau des Riches Inventions couvertes du Voile des feintes amoureuses, qui sont représentées dans le Songe de Poliphile...exposées par “ Béroalde de Verville [et de Francisco Colonna bien sûr], l’édition de Mathieu Guillemot à Paris en 1600, in 4 en vélin moderne. Cette dernière édition ancienne est riche de 180 bois gravés qui constituent son intérêt, sur l’une d’elle Priape est en pleine forme et n’a pas subi les outrages des lecteurs pudibonds (4000 euros). 

Pour changer je signale de Bruant “dans la Rue, Chansons et Monologues, Dessins de Steilen” une édition définitive, 13 ème mille sans date à Paris en deux volumes in-12 en demi-percaline rouge, les couvertures de Steilen étant conservées. Cet exemplaire comporte un envoi de l’auteur “à l’ami Guillaume, Montmartre 1891" je me suis demandé si ce Guillaume aurait pu être le jeune dessinateur Albert Guillaume? (250 euros). 
La librairie de l’Avenue est une grande maison installée aux puces de Paris-Saint-Ouen. Elle publie un catalogue varié fortement illustré, tout en couleurs, de 400 titres. Parmi ceux-ci, d’Abel Hugo, la “France pittoresque...” de 1835 chez Delloye, en 3 volumes in-4 en demi-maroquin à petits coins. Cet ouvrage compte 470 planches gravées qu’on rencontre hélas plus fréquemment en feuilles (450 euros). Du recherché Athanasius Kircher, “...Magnes sive de Arte magnetica...” une seconde édition augmentée parue deux ans après l’originale, en 1643 pour J Kalcoven. Le livre in-4 en vélin ivoire compte un frontispice, 29 planches hors-texte et de nombreuses figures (3500 euros). De Jules Lemaitre, deux volumes in-8 en demi-maroquin à coins pour “En marge des vieux livres” illustré par Lalau et édité en 1921 chez Boivin (150 euros). L”Histoire de la ville de Rouen” de Servin, publiée à Rouen chez Le Boucher en 1775 en deux volumes en veau, est en édition originale et comporte un plan dépliant de la ville (250 euros). On ne peut qu’être surpris que l’édition originale française de l’oeuvre de Léonard de Vinci de son “traité de la peinture” ne soit pas antérieure à 1651. Le livre paru chez Langlois à Paris est illustré de 56 gravures sur cuivre d’après Poussin et d’un portrait du maître. Il est en plein veau accidenté (6000 euros). 

Bonne chasse et à bientôt..."

Merci Gilles

H

dimanche 7 juin 2009

Ebayana et promenade lyonnaise

Amis Bibliophiles Bonjour,

Je découvre petit à petit les hauts lieux de la librairie et de la bibliophilie lyonnaise: hier promenade quai de la Pêcherie. Si les bouquinistes ouverts hiers ont peu de choses à proposer aux bibliophiles (essentiellement des livres de poche d'occasion), il suffit de traverser la rue pour découvrir quelques librairies anciennes accueillantes, dont la librairie Philippe Lucas, où j'ai passé un agréable moment hier: vaste choix de livres illustrés modernes, notamment sur les beaux arts, et bon choix de livres anciens ("même si les livres les plus intéressants se laissent découvrir dans l'arrière boutique et ne sont pas exposés"). Les deux spécialités de l'adresse sont la chasse et la pêche. Libraire accueillant et sympathique. La librairie a un site (http://www.librairie-phlucas.com), que je vous laisse découvrir.

Côté ventes publiques, la saison arrive bientôt à son terme même s'il reste de grandes ventes à venir, notamment chez Bergé (http://www.pba-auctions.com/html/index.jsp?id=4110).

Côté librairie, je posterai ce soir ou demain une nouvelle sélection des lectures de catalogue de Gilles, Lauvertjatiana VII.

Enfin, ebay se transforme sous nos yeux en belle maroquinerie aux ambitions germanophiles (qui a dit que les libraires n'étaient pas réactifs? Sourire). Voici en tout cas:














Et pour finir deux lectures sur la bibliophilie:



Bonne chasse!

H

jeudi 4 juin 2009

Pierre le Libraire, Anatole France, Thaïs et le déjeuner des Bibliophiles

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Pierre souhaitait compléter mon message sur Sylvestre Bonnard... Je lui cède la parole:

"Hugues nous conseillait dernièrement la recouverte d'Anatole France et en particulier de l'exercice de style qui lui a permis, à dessein, de conquérir le coeur des académiciens au moment de décerner leur prix annuel après un vote impartial. Il savait ces messieurs de l'Institut, bibliophiles, et ce Sylvestre Bonnard aurait pu être l'un deux…
Hugues nous indique qu'il est certain qu'Anatole France a donné à certains illustrateurs et éditeurs l'occasion de montrer toutes les facettes de leur talent.

Je vous propose à travers quelques photographies de constater qu'une belle reliure, une belle typographie et de belles gravures peuvent rajouter du talent à un beau texte, "Thaïs" pour le cas qui nous intéresse, et en faire un ouvrage exceptionnel. Les photographies ont été prises à toute vitesse et j'ai été gêné par l'extrême luminosité qui accompagne cette agréable saison en Provence. :-)

Je sais que apprécierez néanmoins la qualité de l'ouvrage."

Merci Pierre, ce qui est assez étonnant est que cet ouvrage semble avoir inspiré les éditeurs et les relieurs, j'en ai effet déjà eu entre les mains plusieurs très belles éditions.

Comme promis, je reviens vers vous concernant le déjà traditionnel déjeuner des Bibliophiles du Blog qui se tient pendant le salon du Grand Palais. Celui-ci se tiendra à Paris, le samedi 20 juin. Comme l'an passé, nous nous retrouverons devant les marches du Grand Palais vers 12h00 avant d'aller rejoindre un restaurant voisin. Le principe reste le même que les dernières fois: bonne humeur, simplicité et bibliophilie. Le prix du repas sera au maximum de 25 euros par personne (difficile de faire mieux dans le quartier).

Trois choses changeront cependant cette année:
1. Jean-Paul regrette terriblement mais il ne sera pas parmi nous, puisqu'il marie l'une de ses filles.
2. Comme nous irons au Salon avant ou après le déjeuner, il est préférable de ne pas amener de livres à montrer aux autres convives.
3. Je remettrai aux souscripteurs leur exemplaire de la Nouvelle Revue des Livres Anciens.

Je vais adresser une invitation en bonne et due forme à la quinzaine de convives habituels mais si vous voulez nous joindre à nous pour la première fois (franchissez le pas, vous ne le regretterez pas), vous pouvez me contacter à blog.bibliophile@gmail.com.

H

lundi 1 juin 2009

Le Crime de Sylvestre Bonnard, en pré-originale

Amis Bibliophiles Bonjour,

René complète mon message d'hier avec une belle image de l'un de ses ouvrages, une petite curiosité : "la pré-originale du Crime de Sylvestre Bonnard, parue dans la "Nouvelle Revue" en 1881.

Bien que la chose ne puisse rivaliser avec une belle édition, j'ai estimé qu'il n'était pas inutile de la préserver ; j'ai simplement équipé la publication d'un modeste cartonnage toilé.
On peut penser et tout au moins espérer que n'importe quel bibliophile peut comprendre le crime de ce Membre de l'Institut et serait sans doute à même de le perpétrer !"

Merci René

H

dimanche 31 mai 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonsoir,

En plus d'une présentation de l'ouvrage d'Anatole France, Le Crime de Sylvestre Bonnard, que tout bibliophile se doit de lire et que vous trouverez ci-dessous, voici quelques ouvrages repérés sur ebay.

L'Encyclopédie, les 17 volumes de texte, publiés à Livourne... pas cher pour l'instant

Le Bachelier de Salamanque, en maroquin janséniste

Une belle reliure de Devauchelle, mais qui ne trouve pas preneur, ce qui illustre bien qu'une belle reliure sans texte ne présente qu'un intérêt très relatif

La toujours superbe reliure de Kieffer

Le Livre des Secrets d'Alexis Piémontois, Alchimie et Potions... 1576

Un très attachant cahier de dessins du 18ème siècle

Un très bel exemplaire du Brunet, en état parfait, à prix dérisoire

Clarétie, dans un beau maroquin janséniste et aux contreplats ornés d'aquarelles. Joli, pas courant

Molière: l'Etourdi, Elzevir, 1679, relié en plein maroquin

Les Diaboliques, Barbey d'Aurevilly, dans une belle reliure

Le Mercure Armorial, 1650, avec de belles armoiries coloriées

Une superbe reliure de Chambolle-Duru, plein maroquin bleu

Un classique, La Magie Blanche dévoilée de Decremps, 1789

Entre autres... Bonnes enchères.

H

Le crime de Sylvestre Bonnard, Bibliophile

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Rien de mieux qu'un dimanche ensoleillé pour se plonger dans un classique de la littérature française et quand il parle bibliophilie, c'est encore mieux. Nous avions déjà évoqué ici le faible nombre de romans consacrés au livre ancien et rare, et notamment le magnifique Club Dumas de Perez-Reverte et je viens de terminer la lecture apaisante de l'ouvrage d'Anatole France, Le Crime de Sylvestre Bonnard (mon édition? Le Livre de Poche, chiné 50 centimes d'euro). C'est un texte superbe, poétique, simple et délicat dans lequel s'entrecroisent bibliophilie, amour tendre, voyage et les transports amoureux et aimants d'un vieil érudit confronté aux rigueurs sociales du 19ème siècle français. C'est aussi le premier roman d'Anatole France, paru en 1881. 
Sylvestre Bonnard, membre de l'Institut et érudit passe sa vie entre ses livres, dans un appartement qu'il nomme sa "Cité des Livres" et cherche avec ferveur La Légende Dorée de Jacques de Voragine, texte qui rejoint son domaine de recherche. Sa gouvernante, plus rustique mais dévouée se contente d'une Cuisinière Bourgeoise et c'est son chat Hamilcar, qui veille sur les ouvrages adorés, et les protège des rongeurs. 

La lecture d'un catalogue de vente révèle à Sylvestre Bonnard l'existence d'un exemplaire inconnu de lui, et qui de surcroît contient un texte inédit de Jean Toutmouillé: "La Légende dorée de Jacques de Gênes (Jacques de Voragine), traduction française, petit in-4: ce manuscrit du XIVème siècle, contient, outre la traduction assez complète de l'ouvrage célèbre de Jacques de Voragine... Le manuscrit est sur vélin, etc.". Quelle découverte! Elle l'entraînera dans une succession d'événements et de péripéties qui aboutiront au fameux Crime de Sylvestre Bonnard que je vous laisse découvrir vous-même.

Quelques extraits qui ne manqueront pas de résonner dans le coeur de chaque bibliophile: 

Le classique et connu "Je ne sais pas de lecture plus facile, plus attrayante, plus douce que celle d'un catalogue".

"Pourquoi, me dis-je, pourquoi ai-je appris que ce précieux livre existe, si je ne dois le posséder?...".

Ce très joli passage: "Le pauvre sans désirs possède le plus grand des trésors; il se possède lui-même. Le riche qui convoite n'est qu'un esclave misérable. Je suis cet escalve là. Les plaisirs les plus doux, celui de causer avec un homme d'un esprit fin et modéré, celui de dîner avec un ami ne me font pas oublier le manuscrit, qui me manque depuis que je sais qu'il existe. Il me manque le jour, il me manque la nuit; il me manque dans la joie et dans la tristesse; il me manque dans le travail et le repos".

Cette pensée qui m'a très (trop?) souvent traversé l'esprit, il évoque les bouquinistes, mais cela vaut aussi pour les libraires: "...ils sont tous mes amis, et je ne passe guère devant leurs boîtes sans en tirer quelque bouquin qui me manquait jusque là, sans que j'eusse le moindre soupçon qu'il me manquât".

Je ne peux que vous conseiller la lecture du Crime de Sylvestre Bonnard, le style est admirable, et avouez que l'on imagine peu les pacifiques bibliophiles que nous sommes commettre un crime. Et pourtant! Ce qui est certain, c'est qu'Anatole France était bibliophile, comme vous le savez sans doute, et cela se vérifie à chaque page, et à chaque ligne, non seulement dans les descriptions des ouvrages anciens, mais aussi parce qu'il sait mieux qu'un autre ce que nous ressentons, cette émotion si particulière face au livre.

Bonne lecture (l'ouvrage est épuisé, mais je suis certain qu'il en existe de belles éditions).

H

mardi 26 mai 2009

La Nouvelle Revue des Livres Anciens sous les presses!

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Voici enfin des images de la Nouvelle Revue des Livres Anciens, elles vont rassurer les inquiets, exciter l'imagination des passionnés, faire patienter les impatients et même hérisser les jaloux...
Comme prévu le traceur a été validé en début de semaine, le calage a eu lieu et les premières pages ont glissé entre les presses. Pour Jean-Paul et moi, c'est un peu comme vivre les instants vécus par de nombreux autres avant nous, de la première Bible (toutes proportions gardées) aux millions d'autres textes imprimés dans l'intervalle. Nous sommes fiers, fatigués, nerveux et un peu inquiets quant à votre jugement, mais le plus important reste que nous approchons du but.
Les cahiers doivent encore sécher et il partent ensuite pour une ultime étape, celle de la couture du dos.
Le pari est presque gagné...

H

lundi 25 mai 2009

Les papiers gaufrés

Amis Bibliophiles Bonsoir,

je cède la parole à Gilles ce soir, pour un message sur les papiers gaufrés.

Pendant que Hugues et Jean-Paul (surtout, en ce moment NDLR) travaillent pour notre plaisir à la NRLA et méritent ainsi leur place au panthéon des bibliophiles, je fais benoîtement scintiller quelques rares contre-plats de papiers dorés et gaufrés.

Ce type de papier qui orne les contre-plats aussi bien que les gardes, a été inventé en Allemagne en 1690. La technique est issue de l’impression sur tissus au moyen de plaques de cuivre gravées telle qu’elle était pratiquée à Augsboug, d’où le nom de "papiers d’Augsbourg" qu’on rencontre parfois. Cette ville restera tout au long du XVIIIe le principal centre de production. La mode de cette garniture de luxe ne perdurant guère au-delà du XVIIIe. 

Les papiers sont le plus souvent signés du maître fabriquant. A Augsbourg citons Johan Michaell Schwidbecher, Georg Christoph Stoy ou Michael Munck. Le décor s’inspire le plus souvent des motifs baroques floraux. En France ces papiers sont rapidement utilisés mais dans la seconde moitié du XVIIIe les relieurs français préfèrent les papiers dorés gaufrés à petits motifs géométriques, (étoiles, losanges...) souvent utilisés sur les almanachs ou en couverture de petits éphémères.
Un article sur ces papiers figure dans le livre de Marie-Ange Doizy "De la dominoterie à la marbrure", Art et Métiers du Livre éditions, Paris, 1996.

Gilles/Lauverjeat

merci
H

dimanche 24 mai 2009

Writers to the Signet et maroquins dispendieux...

Amis Bibliophiles Bonjour,

Suite au message d'hier, Lauverjeat m'envoie gentiment une image des armes de la Society of Writers to the Signet.
Beau prix en effet pour l'Almanach à la Dubuisson, les reliures se taillent la part belle en ce moment sur ebay, même si elles ne renferment pas des textes exceptionnels (enfin, à ma connaissance)... Les prix s'envolent:










De mon côté, je suis allé chiner ce matin aux grandes Puces de Lyon... pas un livre correct à se mettre sous la dent. Décevant. Mais je crois que les libraires lyonnais se cachent ailleurs.

H

samedi 23 mai 2009

Rahir, Rodin et Baudelaire

Amis Bibliophiles Bonjour,

Je suis à la recherche d'informations sur cet ouvrage, "Les Fleurs du Mal", de Baudelaire, il s'agît de l'exemplaire n°95 imprimé en 1918 pour la Société de Amis du livre moderne, et illustré par Rodin.
L'ouvrage contient l'ex-Libris de Rahir et celui de Larousse... et il contient aussi un dessin au fusain (?) signé Rodin qui a été ajouté postérieurement, et qui pourrait être un original. Qu'en pensez-vous? Je n'ai pas le catalogue Rahir, cet ouvrage a-t-il été répertorié lors de la vente?

Merci à vous

Par ailleurs, un lecteur du blog me pose la question suivante:  "Qu'était la Society of Writers to the Signet? Une société d'écrivains de la fin du 19ème siècle, mais qui regroupait quel genre d'écrivain? Quel serait la signification de "signet" dans ce contexte?"

H

jeudi 21 mai 2009

Miscellanées de Monsieur H., Ebayana, Nouvelle Revue des Livres Anciens

Amis Bibliophiles bonsoir,

La Nouvelle Revue des Livres Anciens va bien: le traçage chez l'imprimeur était prévu hier chez l'imprimeur mais nous avons repéré une coquille qui a décalé le démarrage du travail. Le traçage et le calage auront donc finalement lieu lundi 25 mai, avec une sortie des presses dans la foulée. C'est un grand moment pour nous et bien la preuve que l'on peut sortir une revue... à trois. Expérience que nous ne recommandons pas cependant! Forcément, nous sommes plutôt fiers, même si c'est votre jugement qui nous importera le plus. Ce qui est certain, comme le dit justement Jean-Paul, c'est que cette Revue ne ressemblera à aucune Revue, magazine ou Bulletin sur les Livres Anciens et la Bibliophilie ayant paru. Vous voulez plus d'informations? Un scoop? En voici un, une information que nous n'avons encore jamais divulgée... chaque exemplaire pèse 350 grammes. 

Le Salon du Livre Ancien organisé par le SLAM au Grand Palais aura lieu les 19, 20 et 21 juin à Paris. Je le ferai dans les règles, mais je lance d'ores et déjà une invitation pour un déjeuner des bibliophiles le samedi. Pour tous les souscripteurs de la NRLA qui le souhaitent, ce sera aussi l'occasion de leur remettre en mains propres leur exemplaire.

J'en profite pour revenir rapidement sur un incident qui a émaillé la longue vie du blog la semaine passée: les esprits se sont un peu calmés et c'est tant mieux. Les corbeaux sont toujours désagréables et personnellement j'ai toujours préféré les merles, surtout quand ils sont blancs. Aussi je voulais simplement ajouter une chose: Jean-Paul a du caractère et peut être abrupt, mais d'une part nous sommes tous les deux sous pression en ce moment, et il ne faut pas oublier ce qu'il a apporté au blog au cours de ces années (déjà); les gens intelligents auront bien compris que 1. on peut être en désaccord sur un point sans être en désaccord sur tout, 2. que les commentaires de Jean-Paul étaient plutôt l'expression d'une intégrité, comme il la conçoit, plutôt que d'un intégrisme, vilain mot que l'on devrait éviter d'employer dans un domaine aussi délicat et léger que la bibliophilie. Chacun à sa conception de la bibliophilie, elles peuvent donc être différentes, mais un bibliophile différent n'est pas moins un homme, et mérite notre respect à ce titre. Débat clos.

Une longue discussion avec un libraire ami, tenant pignon sur rue et page sur la toile, m'a confirmé que le marché était plutôt difficile en ce moment et que si les acheteurs répondent toujours présents pour les livres d'exception (ce qui n'est pas prêt de changer), ce sont les livres "moyens" ou "plus courants" qui souffrent un peu de la crise financière et nécessitent des ajustements financiers. Il a notamment évoqué le cas d'un libraire de sa connaissance qui n'a pas écoulé de livre important depuis deux mois et se console en achetant en ce moment, notamment sur ebay, parce que les prix, justement seraient moins soutenus. Encore faut-il avoir les reins solides. Je manque de temps pour aller en salles en ce moment, ou rendre de longues visites aux libraires, donc je ne sais que penser de ces avis. Reste que j'ai participé à quelques ventes le week-end passé, mais sans pouvoir en tirer de conclusion: si les prix m'ont semblé soutenus sur certains, ils le furent moins sur d'autres, comme souvent. Ebay? Difficile de se faire un avis sur les prix dans cette grande foire permanente. Elle abrite quelques perles, mais il est difficile de comparer choux et carottes. Ainsi, les 35 feuillets de la Chronique de Nuremberg pour 4300 euros me laissent-ils rêveur, mais incapable de dire si c'est le prix, trop cher ou pas assez. 

Il y a malgré tout quelques jolies choses sur ebay, que je surveille en ce moment, une sélection éclectique, la voici:

Nos amis de la Librairie le Feu Follet/Les Filles du Feu proposent quelques jolis reliures de maroquin sur des ouvrages modernes:







Chose assez curieuse, deux reliures attribuables à Dubuisson, mais avec des prix très très différents et qui illustrent bien la relation entre l'état de l'ouvrage et sa valeur, pour deux exemplaires "proches":












Voilà, vous avez (presque) tout mon ebay sous les yeux. Bons achats éventuels.

H

samedi 16 mai 2009

Nouvelle Bibliographie + Chronique de Nuremberg

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Pour ceux d'entre vous qui sont passionnés par le sujet, je vous informe de la parution de la Bibliographie des Ouvrages érotiques publiés clandestinement en Français entre 1650 et 1880. Il s'agît en fait du troisième et dernier volume de cette bibliographie.

L’auteur, Jean-Pierre Dutel, s’est efforcé de rechercher et de classifier les éditions des grands textes classiques, et tout particulièrement les Académie des Dames, les Thérèse Philosophe, les Histoire de dom B*** ou les Pucelle d’Orléans, qui connurent tous plus d’une trentaine de rééditions et qui furent les textes érotiques les plus lus du XVIIIe et du XIXe siècle.

Le Libertin de Qualité, l’Arétin Français, La Fille de Joye, Parapilla, ou la Foutromanie sont également en bonne place dans le palmarès des meilleures ventes de l’époque. Malgré leur succès moderne, les textes du marquis de Sade, Justine ou La Philosophie dans le Boudoir furent moins publiés et moins lus que ceux d’Andréa de Nerciat et surtout que sa Félicia ou mes Fredaines, rééditée 17 fois. Les Tableaux des Moeurs du Temps et L’Antijustine, deux titres importants de la littérature érotique n’eurent les faveurs que de 5 rééditions.

L’auteur a aussi tenté de mettre à jour et compléter la liste des ouvrages publiés par les éditeurs installés à Bruxelles à la fin du XIXe siècle. Les éditions de Jules Gay si souvent copiées, et nombre d’éditions attribuées à Poulet Malassis qui ne sont que des contrefaçons. Le nom de Vital Puissant dont la place dans l’édition clandestine bruxelloise fut plus conséquente que l’on a cru jusqu’à maintenant retrouve l’importance qui doit être la sienne.

Cet ouvrage fait suite à la Bibliographie des Ouvrages érotiques publiés clandestinement entre 1880 et 1920 (ISBN : 2-9517742-0-6) qui obtint en 2002 le prix de la bibliographie décerné par le Syndicat de la Librairie Ancienne et Moderne, et à la Bibliographie des Ouvrages érotiques publiés clandestinement entre 1920 et 1970. En pratique, il se présente ainsi:
* Un volume de 672 pages sur Centaure naturel 90 g, relié toile sous jaquette bicolore.
* Notice sur quelques collectionneurs disparus.
* Description minutieuse de 1180 éditions.
* Reproduction (8,5 x 5,8 cm) de 1168 pages de titre ou illustrations.
* Tables des auteurs, artistes et éditeurs présumés.
* Conditionnement sous film
Prix public TTC : 180 €

Je n'ai pas eu l'ouvrage en mains, je vous fais donc simplement part de sa parution, sans émettre d'avis particulier.

Par ailleurs, j'ai participé aujourd'hui à une vente aux enchères en salles, durant laquelle j'ai assisté à l'adjudication d'une Chronique de Nuremberg (très incomplète): elle ne comportait en effet que 35 feuillets, le tout dans un vélin de l'époque. Le prix final...? 4 300 euros sans les frais (18%). Ceci m'a laissé songeur et j'ai essayé de deviner sa destination. A mon sens le plus probable est qu'elle va soit servir à truffer un autre exemplaire incomplet, ou qu'elle va être vendue à la feuille... encore que sur ce point, je sois sceptique. Par ailleurs, un Raynal in-8 + Atlas m'est passé sous le nez (prix final 1 400 euros). Je me suis fait plaisir en m'offrant l'EO en premier tirage d'un Autre Monde de Grandville, relié dans un demi-chagrin citron, avec les gravures en couleurs.

H

jeudi 14 mai 2009

La Nouvelle Revue des Livres Anciens

Amis Bibliophiles Bonsoir,


Voici quelques nouvelles de la Nouvelle Revue des Livres Anciens.

Devant l'affluence des souscriptions aux numéros 1 et 2, nous sommes dans l'obligation de vous rappeler que ces souscriptions ne pourront plus être prise en compte à partir du mardi 19 mai, pour des raisons de délais techniques liés à la date de parution du n° 1, et d'honnêteté vis-à-vis de l'ensemble des souscripteurs. 

Nous vous rappelons en effet que la souscription aux deux premiers numéros est un achat avant leur parution, à un prix inférieur à celui de l'abonnement aux numéros de l'année suivante. La souscription pourra être relayée par un abonnement aux numéros 3-4 (49 € France, 61 € Etranger, port inclus) ou, à votre convenance, par l'achat du n° 2, obligatoirement couplé alors à un abonnement aux numéros 3-4 (69 € France, 87 € Etranger, port inclus)

La rédaction bicéphale.

dimanche 10 mai 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Après la lecture des catalogues de libraires que nous a proposée Lauverjeat, voici une sélection d'ouvrages que j'ai trouvés intéressants sur ebay.
















Amusez-vous bien, bons achats!

H

vendredi 8 mai 2009

Miscellanées de Monsieur H.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Mon courrier en retard s'accumule, veuillez m'en excuser: Frédéric veut devenir libraire et me/nous demande quelques conseils... avant de mettre un terme à ses études universitaires... Benoît veut savoir si l'un d'entre vous détient des informations sur les relieurs ayant oeuvré en Algérie française, nombreux sont ceux qui m'interrogent sur la date de sortie de la Nouvelle Revue des Livres Anciens et son contenu.

Frédéric: je ne sais que vous répondre, mais si vous êtes passionné, que vous n'avez pas de bouches à nourrir autre que la vôtre et que vous êtes prêt à passer malgré tout par quelques moments de doute, qu'avez vous à perdre à tenter l'aventure? Le fait que vous soyez en province ne me semble pas être un handicap, mais il est vrai par ailleurs qu'une petite mise de départ semble nécessaire. Allez vers votre risque! Plusieurs jeunes libraires sont des lecteurs du blog, je suis convaincu qu'ils seront prêts à vous donner des conseils.

Benoît: aucune idée sur les relieurs de l'Algérie Française... mais je parie que Gilles saura vous aider.

La Nouvelle Revue des Livres Anciens: vaste sujet. 

Que puis-je vous dire sans trop en dire? La Revue partira en impression d'ici une semaine. Après l'édito de Jean-Paul, vous découvrirez un article magnifique. L'un des plus beaux textes que j'ai lus sur la bibliophilie. Mais j'en dis déjà trop... Quoi d'autre? Nous luttons avec Jean-Paul pour résoudre l'équation économique que pose la revue. En fait, nous avions sous-estimé les divers coûts. Ne sortez pas les mouchoirs, on s'en sort, mais on comprend mieux l'expression "essayer de joindre les deux bouts" au regard de cette aventure, ou de cette folie, le mot est plus juste. Sourire. Rassurez-vous, pour tous les nombreux souscripteurs, ce sera transparent. Au contraire même, finalement, vous en aurez plus que prévu à vous mettre sous la dent! 

La date de sortie est prévue pour début juin, selon le délai de notre imprimeur. Ensuite vos deux dévoués serviteurs vont eux-mêmes mettre sous enveloppe les exemplaires avant de les envoyer. Travail de romain. Les exemplaires partiront ensuite vers Carantec, Fontoy, Milan, Tel Aviv, New York, Tokyo, Paris ou Buenos Aires. Nous y avons mis toute notre âme et beaucoup de temps. En dehors des parrainages bienveillants et de la collaboration des auteurs, je crois pouvoir dire que nous aurons porté ce projet sur nos quatre épaules, bien aidés dans la dernière phase par Sandra, notre maquettiste. Vous serez juges.

Le numéro deux? Nous avons déjà la plupart des articles et il paraîtra en octobre. 

Je suis aussi impatient que vous. Nous y sommes presque.

H

mercredi 6 mai 2009

La reliure: Boutigny et le style rocaille

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Nous continuons de courir contre la montre, le premier numéro de La Nouvelle Revue des Livres Anciens part chez l'imprimeur dans 8 jours. Il faut encore comparer les devis (si un mécène sommeille en vous, qu'il me contacte, nous avons les fonds nécessaires pour démarrer, mais un petit coup de pouce nous permettrait une jolie amélioration qui reste hors de notre portée financièrement), relire et relire encore les textes, créer le chemin de fer, ajouter les titres courants, etc, etc.

Fort heureusement, Gilles m'aide une nouvelle fois en vous proposant un message sur Boutigny et le style rocaille. Gilles, merci encore.
Inspiré du style rococo en vogue pendant la première moitié du XVIIIe sous Louis XV, et présent sur les reliures françaises et italiennes de l'époque, le décor rocaille redevint à la mode pendant les années 1835-1850 en France.
De nombreux relieurs utilisèrent des fers rocaille, parmi lesquels Duru, Vogel, Meslant, Bernard, Ginain... Ces fers chantournés sont associés par paire. Les grands fers permettaient, paraît-il, une dorure plus rapide de la reliure. Simier fils, relieur du roi, un des premiers utilisateurs de la presse, fait graver des plaques. Il réalise ainsi une reliure rocaille pour le "Paul et Virginie" de l'éditeur Curmer en 1838.

Précurseur, Boutigny se distingue par son activité semi-industrielle. Installé à Paris dès 1828, il exerce jusqu'en 1865. Il se consacre particulièrement à la reliure d'éditeur. Il fait un large usage de plaques et de la presse à balancier. Elles sont apposées à la fois sur les plats et sur les dos lisses, soit sur cuir soit sur percaline ou velours. Les plaques des plats et des dos sont associées différemment selon les ouvrages. Elles sont aussi utilisées "à froid" ou "à chaud" ce qui varie les décors et les combinaisons. Il est amusant de retrouver dans ces plaques la coquille du style Louis XV ici stylisée.
Ses reliures ornent des livres de prix ou des keepsakes. Elles sont parfois signées en queue dans le décor et on retrouve son étiquette au verso de la garde antérieure dans le coin supérieur gauche. Elles adoptent la technique de l'emboîtage, qui permet de réaliser séparément le corps d'ouvrage et la couverture. Les tranches sont dorées.
D'après "La Galerie des Arts" de 1842, "son emboîtage est infiniment préférable à celui des Anglais, mais encore ses prix sont très minimes comparativement aux leurs".

Gilles,

Merci,
H

Photos:

- plat et dos d'une reliure de Boutigny, chagrin rouge sur "Jocelyn", Gosselin, Paris, 1841, in-4.
-étiquette de relieur
-dos des "œuvres de Bernardin de Saint-Pierre", Lefèvre, Paris, 1836, 2 vol grand in-4
- dos et plat "Breviarum Sagiense" (erreur typographique du relieur), Sagii (Sées), Jules Valin, circa 1835, in-8, relié par Dubosq.
- dos "chansons de Désaugiers" édition Elzévirienne, Garnier frères, 1848, format in-16

lundi 4 mai 2009

Quelques nouvelles de La Nouvelle Revue des Livres Anciens

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je vous propose ce soir quelques nouvelles de La Nouvelle Revue des Livres Anciens: à force de bien avancer, nous allons finir par atteindre notre but! La Revue est désormais bouclée, nous avons reçu le dernier article en fin de semaine passée... et quel article! C'est lui qui ouvrira la Revue juste après l'éditorial.

Le travail de maquette débute demain, sous la houlette de notre talentueuse maquettiste. 

Ce qui est très agréable, c'est que les souscriptions continuent de nous parvenir en nombre (une dizaine aujourd'hui, par exemple) alors que nous avions théoriquement mis fin à la période de souscription la semaine dernière. Les souscriptions sont donc encore ouvertes jusqu'à la minute où nous mettrons sous presse, et cela tombe bien, puisque ce sera la seule façon d'obtenir ce premier numéro.

Pour souscrire, toujours deux façons, soit via papier (cf sur le blog), soit par voie électronique en nous contactant (blog.bibliophile@gmail.com ou nrlanciens@gmail.com) ou même directement via ebay pour ceux qui le souhaitent, en cliquant sur le lien suivant:
La Revue sera imprimée en fin de mois et disponible immédiatement. Nous pensons modestement qu'elle devrait vous plaire (en réalité, nous en sommes convaincus! Sourire), et nous y consacrons toute notre énergie.

H

dimanche 3 mai 2009

Lauverjatiana VI: au fil des catalogues de libraires

Amis Bibliophiles Bonjour,

Après une courte absence, voici le retour de notre rubrique Lauverjatiana, ou la lecture attentive et sélective des plus beaux catalogues de nos amis libraires par Gilles.

"Tiens? Mais où est donc passé le Lauverjatiana V? Nous avons publié deux numéros IV, il n’y a pas, il n’y aura donc pas de numéro V!

Aujourd’hui quatre superbes catalogues et pour nous faire plaisir, et parce que les exemplaires ci-dessous sont exceptionnels, soyons fous, ne regardons pas à la dépense (rassurez vous tous les livres ne sont pas aussi chers):

La librairie Laurent Coulet (166, boulevard Haussmann à Paris) titre son catalogue 41 divisé en deux parties “Livres anciens, littérature XIXe-XXe. Révolution française-Empire”. Il s’agit d’un beau catalogue illustré en couleur de 133 numéros agrémenté d’une table alphabétique des auteurs. 

Le numéro 1, un coffret de messager de la fin du XVe, ne concerne pas à proprement parler les bibliophiles, mais l’intérêt pour ces objet a été relancé voici quelques temps par diverses ventes dont celle de la collection du libraire André Jammes le 7 novembre 2007 (une vingtaine!). Le coffret de 190 x 290 x 122 mm à âme de bois est recouvert de cuir et armé de fer, attaches latérales, serrure à moraillon et un petit couvercle supérieur pour y cacher un pli. Comme tous il présente à l’intérieur du couvercle une image xylographique coloriée de la fin du XVe. La destination de coffret de messager ou de conservation d’objets précieux, ou de missel, est sujet à débat. Mais tous sont rares et coûteux (35 000 euros). 

Un rare livre de fêtes “Discours de la magnifique réception & triomphante entrée, de la grande duchesse de Toscane en la ville de Florence” imprimé à Lyon chez Benoist Rigaud en 1589, un livre au format in-12 relié en maroquin citron par Masson-Debonnelle aux plats ornés d’une fanfare historiciste très pure (4500 euros). “La Géomance” du seigneur Cristofe de Cat(t)an... à Paris, Gilles Gilles , édition originale de 1558, un volume in-4 relié veau au XVIIIe siècle (6500 euros).
Le catalogue n° 32 d’avril-mai de La nef des fous, (7, rue Condé à Paris) illustre presque chacune de ses 88 références soigneusement décrites.
Ma préférence va aux “Commentaires de Jules César...translatez par noble Etienne de Laigue dict Beauvois” donné à Paris en 1537 par le libraire Jean André. Ce livre in-folio de 167 ff., en veau brun de l’époque orné de filets à froid sur les plats et les nerfs est imprimé en gothique. Il compte 11 gravures sur bois réemployées de diverses éditions (11 000 euros). De Jean Bouchet “Les triu(m)phes de la Noble et amoureuse Dame...” en un in-8 gothique parisien de 1537 “au clos Bruneau” [le Bret] enrichi sur le titre d’un envoi aux Célestins de Sens et d’un quatrain manuscrits. Le livre est cité par Brunet et couvert d’une reliure romantique richement ornée signée de Purgold Hering, (donc vers 1825 dit mon Fléty) en plein cuir de Russie brique (4500 euros). 

Une édition incunable vénitienne, complète, de 1490 chez Batiste de Tortis, de Suétone, “De vita XII Caesarum, cum Commentario Ant. Sabellici” in folio relié par Chambolle Duru en plein maroquin framboise les plats ornés à froid d’encadrements de dentelles et de filets (9000 euros). Les “Mémoires ... de Sully” remaniées par l’abbé de L’Ecluse, dans l’édition en 3 volumes in-4 de 1745 à Londres, sont heureusement enrichies de la fameuse suite des 56 portraits d’Odieuvre. Le livre qui fait la couverture du catalogue est relié aux armes de Léopold Charles de Choiseul, frère du ministre, en maroquin rouge (7000 euros).
La librairie Gabriel Rossignol a changé d’adresse au 2, rue Casimir Delavigne à Paris. Son catalogue d’avril 2009 présente 50 ouvrages. “Le roma(n)t de la roze..” de Guillaume de Lorris et Jehan de Meung, révisé par Clément Marot dans l’édition donnée par Galliot du Pré et Jehan Petit en 1526 est un petit in folio gothique illustré de 94 gravures sur bois. Il est recouvert d’une reliure en veau blond du XVIIIe au dos ornée de roses (20 000 euros). “Cronique et Histoire composée par Philippe de Commines...” en édition in-12 donnée à Paris chez Jehan Ruelle est couvert d’une reliure caractéristique des Confréries de Pénitents qu’Henri III créa de 1583 (à la suite de la mort de sa femme) à 1589. 
Cette reliure est ornée d’une crucifixion sur le plat, d’une tête de mort, des armes royales et de la devise Spes mea deus sur le dos. Le fait que ce décor ne soit pas apposé sur un livre religieux rend ce livre exceptionnel (20 000 euros). Un “Office de la Semaine Sainte...” sans lieu ni date (vers 1660) aux armes et au chiffre de Marie-Thérèse d’Autriche reine de France, cette reliure en plein maroquin rouge est frappée des grandes armes dorées sur les plats et d’un semé alterné du chiffre couronné et de la fleur de lys dans un encadrement de filets et de dentelle dorés (6000 euros).
La librairie d’Apre-Vent de Monsieur Mathieu Charleux, impasse Auguste Prunai à Toulon, édite un élégant catalogue in-quarto carré de 187 numéros. La moitié d’entre eux concerne la “bibliothèque occulte”. Disons encore que ce catalogue abondamment illustré de planches en couleur offre des index thématique, des auteurs, des illustrateurs, des relieurs et des bibliographies consultées.
L”Historiale description de l’Afrique tierce partie du monde...” de Jean Léon l’africain, un fort in-8 sorti de l’imprimerie de Christophe Plantin à Anvers en 1556, orné de 20 bois gravés dans une reliure pastiche en veau glacé (4000 euros).
De Anatole France, “la Rôtisserie de la reine Pédauque”, aux éditions d’Art Edouard Pelletan, en 1911, in-4, est illustré de 176 compositions de Auguste Leroux. L’exemplaire est un des 47 sur chine enrichi des illustrations en tiré à part sur japon et d’une aquarelle originale. La reliure en maroquin bleu doublée est signée Canape et datée de 1914 (5000 euros).

Le rare traité sur les sorcières et les devineresses, de Ulrich Molitor, “Tractatus de lamiis et pythonicis..” imprimé à Paris en 1561 chez Gilles Corrozet, en plein veau du XVIIe (2200 euros). Les “Oeuvres” du marquis de Villette, imprimés à Londres (en fait Montargis par Léorier de Lisle) en 1786. Ce volume in-16 présente in-fine 20 spécimens de papiers imprimés fabriqués pour la première fois à partir de végétaux courants (roseau, bois de fusain, écorse de peuplier, chardon etc..) par de Léorier de Lisle papetier (2200 euros).

Voilà pour vous attirer, il ne vous reste qu'à découvrir tous les autres livres proposés…Bonne lecture!"

Merci Gilles.

H

Je ne peux m'empêcher d'ajouter une image provenant de ma bibliothèque: chose très curieuse, je possède le même ouvrage que celui proposé par la librairie Rossignol, un “Office de la Semaine Sainte...”, slnd, aux armes et au chiffre de Marie-Thérèse d’Autriche reine de France, en plein maroquin rouge, frappé des grandes armes dorées sur les plats et d’un semé alterné du chiffre couronné et de la fleur de lys dans un encadrement de filets et de dentelle dorés. Totalement identique... elles étaient donc produites en petite série...:

vendredi 1 mai 2009

Les questions de Pierre...

Amis Bibliophiles Bonjour,

Ce déménagement amène décidément beaucoup de commentaires et de questions, dont celles de Pierre, à qui je cède la parole:

"Je vous propose un petit sujet de réflexion à la lecture du dernier billet de Hugues, rédigé par son adorable épouse.

Je me demandais quels étaient les ouvrages qu'il avait emportés sur les sièges (en cuir, excusez du peu) de sa voiture. Bien que ne le connaissant que par l'intermédiaire de ce blog, je me suis imaginé qu'il avait du choisir en priorité ses magnifiques éditions illustrées des voyages de Cook (voir billets 2007). Je suis sûr, en tout cas, que c'est ce que j'aurais fait si je les avais possédé (la convoitise étant péché, je convoite mais je me repens).

En fait, si j'avais à sauvegarder mes ouvrages préférés ou si l'on me demandait quels livres je ne confierais pas à un tiers pour un déménagement, voici quelques ouvrages auxquels je suis très attaché :
Le Roi Soleil. Ce livre, j'aurais aimé l'avoir enfant. Je l'ai eu adulte. J'ai même toute la série…

Poèmes de Delille et sa réponse vacharde de Rivarol. Un régal de maniérisme.

Les après-midi d'un libraire. La lecture de ce petit livre a déterminé ma reconversion tardive.

Une Semaine Sainte. Mais pas n'importe laquelle. Un beau maroquin aux armes de Louis XV par exemple.

Et puis aussi ; Le dictionnaire des synonymes de Guizot. Pas rare mais c'est le mien ! Un ouvrage de Jean Rostand avec dédicace, Diderot dans une très belle édition et en dernier une rare édition de l'apostolat de Marie-Madeleine par l'abbé Faillon. J'oubliais les fastes de la Provence de Fouques et mes Buffons ! Et s'il me reste de la place...
Et vous ? Quels seraient vos choix en pareil cas en partant du principe que ce ne serait pas forcement la valeur vénale du livre qui guiderait votre choix (bien que… les livres rares et les belles éditions sont légitimement chers).

Je vous laisse méditer. Pierre"

Ma réponse: en fait, après avoir tout emballé et mis en caisse, je me suis longuement interrogé avant de choisir les ouvrages qui allaient faire le trajet en voiture avec moi. Il me fallait arbitrer entre le poids (je n'ai pas des bras de déménageur), la fragilité et la "valeur" des ouvrages, qu'elle soit financière ou sentimentale... Choisir, c'est renoncer... et j'ai finalement privilégié les ouvrages les plus fragiles et ceux qui avaient pour moi une valeur sentimentale: les Cook ou les Helyot par exemple, sont donc partis en camion (j'en tremble encore) alors qu'un Racine en format Cazin, dont la reliure est en bien mauvais état, a fait le voyage avec moi en voiture, simplement parce que c'est le premier livre ancien que j'ai acheté. 

Et puis, fragilité oblige, les maroquins ont pris la voiture. Enfin, je me suis dit que perdus pour perdus, je préférais sauver 45 in-12 en les convoyant moi-même plutôt que 8 in-4... (raisonnement de bibliomane? possible). Enfin, en plus de ces critères j'ai ajouté quelques livres pour lesquels j'ai une affection particulière: Les Contes et Nouvelles en vers de La Fontaine, dans un maroquin bleu nuit, mon exemplaire manuscrit du Vestergan, dans son cahier "fragilissime" du 17ème, l'Oexmelin, un Molière, un Don Quichote et un Cyrano de Bergerac du 18ème qui n'ont rien de particulier mais que j'adore, le Licetus, un petit ouvrage 19ème sur les naufrages et qui contient l'extraordinaire et tout simplement incroyable odyssée de Viaud (un récit en fait imaginaire), qui m'a coûté 10 euros... 

En réalité, un grand nombre de critères ont présidé à ce choix, les goûts très personnels d'un bibliophile en somme, mais aussi la fragilité de chaque ouvrage, ou, forcément, sa valeur financière, puisqu'au fond rares sont les bibliophiles qui parviennent à en faire totalement abstraction, non?

H

mardi 28 avril 2009

Quand le Bibliophile déménage...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Ce soir, je cède la parole à la plus talentueuse des personnes ayant collaboré au blog, et qui n'a pas démérité ces dernières smeaines...

"Il ne vous aura sans doute pas échappé que votre blog préféré a souffert, ces derniers temps, d'une petite désaffection de son auteur ...

Laissez moi donc vous en conter quelques raisons et vous raconter l'histoire, ou plutôt devrais-je dire le calvaire, du bibliophile déménageur.

Dans le rôle du bibliophile déménageur : l'auteur de ce blog, mon mari.
Dans celui de l'épouse (modèle) à la fois secrétaire générale, organisatrice, assureur, responsable de tout : moi, son épouse.

Pour compliquer le tout dans le cas qui nous occupe : le bibliophile déménageur travaille et se situe déjà au point d'arrivée lorsque son épouse elle gère la zone de départ : l'empaquetage, le chargement, l'équipe aux mines patibulaires qui président aux destinées de tous leurs biens mobiliers. Le bibliophile déménageur est donc coupé de tout, coupé de ses livres, et suis le déménagement à distance, par téléphone.

Scène I : Le convoyeur de fonds (Convoi exceptionnel)
Le week-end précédent le déménagement le bibliophile dénémageur qui ne s'est occupé de rien est pris de panique. Alors que dans un élan de fierté orgueilleuse il avait bien précisé aux déménageurs qu'il était Hors de question qu'ils touchent à Ses Livres, il se trouve bientôt fort dépourvu, à 2 jours du départ, devant sa (grande et précieuse) collection.
Telle la fourmi devenu, le voila qui se met alors à emballer frénétiquement ses livres, et par la même à faire des allers-retours incessants au Bricorama pour acheter des caisses qu'il capitonne lui-même pour y placer ses ouvrages. Quelle industrie !
De plus en plus inquiet devant l'ampleur de la tache, ne voyant plus venir le bout de sa collection, ce qui devrait le ravir bientôt le terrasse.

Le deuxième soir venu, enfin, ça y est, les livres sont emballés, les caisses alignées.

Alors, dans la nuit, le bibliophile déménageur sélectionne quelques caisses prestigieuses, les caisses qui ne souffriraient aucune perte, aucun désamour, aucune manipulation hasardeuse ... et les prend amoureusement une par une pour les poser sur le cuir accueillant de sa voiture. Il part alors tout seul avec ses quelques livres dans la nuit, organisant lui même un petit déménagement de fortune pour ses plus beaux ouvrages.

Scène 2 : le "vrai" déménagement : les meubles, les chats, les livres : chargement, organisation, départ du camion.
Lundi matin, à 8 heures, 3 hommes forts débarquent sans crier gare au domicile du bibliophile déménageur. Celui-ci, parti dans la nuit, ne se doute encore de rien ...

8h30
- "Allo, chérie, tout va bien ?"
- "Non, rien ne va"

La phrase fatidique est lancée, Madame a paniqué, tout va partir à veau l'eau.

- "Comment ça rien ne va ?"
- "Et bien les déménageurs ont des mines bizarres, ils ne sont pas aimables, ce sont des grosses brutes et ils me disent qu'ils n'auront pas fini ce soir et que le déménagement va s'étaler sur 4 jours au lieu de 2"...

Alors là, le biblipohile déménageur rentre en transe.
- "Comment ça des grosses brutes ? Tu leur as bien dit de ne pas empiler plus de 3 caisses de livres l'une sur l'autre ?"
Madame est interdite ...... Alors même que milles problèmes se posent, la voilà partie voir au bas de la rue, jusque dans le camion, pour vérifier les dites caisses, qui sont hélas bien amoncelées les unes sur les autres, empilées pêle-mêle par le gros bras en chef.

Premiers échanges un peu tendus entre Madame et la Grosse brute malaimable.

Une trentaine de coups de fil plus tard, vers 18h, le premier camion est enfin chargé, toutes les caisses de livres y ont été entreprosées. Le chauffeur peut donc faire route, lorsqu'un deuxième événement survient: un appel du bibliophile déménageur pour s'enquérir du mode d'organisation de la nuit.

Là ça se complique. Il est prévu que le camion dorme avec le chauffeur sur une aire d'autouroute. Le bibliophile déménageur fond les plombs (pardonnez moi l'expression, mais dans ce contexte, rien d'autre ne me vient à l'esprit).

- "Ce n'est pas posssssssible, tu te rends compte, une aire d'autoroute ? Mais c'est ma VIE qu'ils ont dans ce camion, tous mes livres, c'est imposssssssssible !" (Note du Bibliophile: je jurerais bien avoir dit "notre vie").

Le bibliophile appelle lui même la société de déménagement, monte sur ses grands chevaux, menace, vitupère, se fait expliquer que cette pratique est courante, que le chauffeur va dormir dans le camion ... rien n'y fait. Il va même demander une escorte spéciale pour le camion, ou alors qu'on décharge sur le champ tous ses livres. C'est la crise. Madame recolle les morceaux sur place. De guerre lasse et après discussion avec le chef de l'organisation, elle obtient que l'on pose un plomb (justement) sur le camion, une sorte de scellé garantissant son inviolabilité, et que le bibliophile déménageur, ou plutôt sérieusement déménagé devrais-je dire, pourra lui même couper à l'arrivée.

Scène 3 : l'arrivée sur place, le déballage, la collection sauvée
4 jours plus tard .... le plomb a été coupé par Madame, le bibliophile déménageur ayant suivi toute la scène par téléphone, dès l'aube.

5 jours plus tard : "Mais, il ne me manque pas un livre ?".

Madame, ayant rangé, trié, agencé plus de 300 cartons en 5 jours n'en peut plus.

Le bibliophile déménageur est néanmonis content, après lui aussi avoir déballé quelques cartons pour participer à l'effort collectif il a pu s'adonner à son plaisir favori, tout seul, dans son nouveau bureau, son antre : déballer tous ses livres, les regarder, les admirer, leur donner à chacun une place. La place qu'ils méritent, sûrement."

Ben oui, sûrement, comment en douter? Mais d'ailleurs, il ne me manquerait pas un livre? Allez, je revérifie...

H

vendredi 24 avril 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonjour,

Internet est enfin de retour depuis une heure, sans tarder je vous propose donc de découvrir ce que je suis sur ebay en ce moment.

La Star du moment, les petits Molière, à un prix.... consistant... même si j'avoue ne pas être capable de juger la valeur de ces ouvrages (et la paresse de chercher)...

Un traité ésotérique sur les esprits, de 1621, vendu par notre ami Jean-Luc.

De la Manière d’enseigner et d’étudier les Belles-Lettres, 1765, 4 volumes aux armes de Luynes

Les Essais de Montaigne, 1602, à Leyde

Une autre édition des Essais également de 1602, mais dans une édition plus à mon goût chez Abel L'Angelierde");

Une reliure mosaïquée signée René Kieffer

Le superbe Atlas du Manuel d'Anatomie descriptive, de Cloquet et ses 340 planches

Autre petit bijou pour les amateurs, la Géométrie de Descartes, 1664... 45 euros!!!

Les psaumes de David, dans une belle reliure de l'atelier des Charenton, proposée par l'ami Frédéric

Un très curieux ouvrage d'astrologie de 1560, chez Rouillé, à Lyon, joliment illustré

Pour les amateurs, une semaine sainte en maroquin rouge aux armes royales

De rerum natura de Lucrèce et l'Astronomicon de Manilius, 1548 & 1551, chez Gryphe et de Tournes, joliment relié

Le Matthiole, ici une édition de 1572 avec plus de 1000 bois gravés

Un bel atlas de Desnos: Atlas chorographique, historique et portatif des Elections du Royaume. Généralité de Paris

Et juste pour le plaisir, deux ouvrages à tout petits prix:

Voltaire, les Contes de G. Vadé, 1764, en Edition Originale

Bussi Rabutin, l'Histoire amoureuse des Gaules en format Cazin, 1780

Je reposterai un autre message ce soir.

H

mardi 21 avril 2009

La Roue à Livres, l'un des articles les plus lus sur le blog

Amis Bibliophiles Bonsoir,

(n'ayant pas internet, je me permets de reposter depuis mon bureau, en quelques clics, un des articles les plus lus sur le blog, pour ceux qui ne le connaissaient pas encore).

Ah, des livres, j'en ai, vous en avez, nous en avons... Je suis Bibliophile, vous l'êtes, nous le sommes... Mais qui sait peut-être en est-il parmi nous qui lisent leurs livres précieux!

Pour ceux-là, voici l'outil indispensable qui leur permettra de parcourir moult livres sans se mouvoir : la roue à livres.

Modèle Ramelli

La première Roue à Livres est apparue dans le "Le diverse et artificiose machine del Capitano Agostina Ramelli" (des machines artificieuses, etc), de Ramelli (1531-1600), paru à Paris en 1588. Le texte, en français et en italien qui accompagne la gravure 188 précise "qu'avec cette sorte de machine un homme peut voir et lire une grande quantité de livres sans se mouvoir d'un lieu; outre elle porte avec soi une belle commodité, qui est de tenir et occuper peu de place, etc.".

Modèle "Zeising"

Une seconde Roue à Livres fît son apparition en 1611 dans l'ouvrage de Heinrich Zeising, "Theatrum machinarum", mais tout porte à penser quand on compare les deux images, qu'il s'agît d'une copie de l'image du Ramelli (probablement d'Andreas Bretschneider), qui était connu en Allemagne, puisqu'une traduction parût quelques années plus tard, en 1620. Il est en effet amusant de constater que si le lecteur change à peu près sur les deux gravures, le décor est très semblable, avec une porte à l'arrière-plan et une bibliothèque en haut à droite. (Celle de 1620 aura subi quelques modifications, se situant à mi chemin entre la Ramelli d'origine et celle de Zeising).

Modèle de la traduction allemande du Ramelli, 1620

Plus curieuse est cette roue à livres qui apparaît dans un livre chinois du missionnaire jésuite Terrence Schreck en 1627. Lors de son séjour en Chine, cet érudit travailla avec le chinois Wang Cheng à un ouvrage sur les technologies occidentales, et copia lui aussi la gravure originale de Ramelli avec quelques changements (mais la porte et la bibliothèque n'ont pas bougé même si cette fois c'est un chinois qui actionne la roue! Public oblige!).

Le Modèle Chinois, Schreck, 1627

Il est très intéressant de voir que Schreck n'a pas travaillé à partir de la gravure de Zeising, mais directement à partir de celle de Ramelli. En effet, la porte de la gravure chinoise possède 3 verrous, comme celle de Ramelli, alors que celle de Zeising n'en comporte qu'un!

Enfin, plus proche de nous, c'est le français Nicolas Grollier de Servière qui dans son ouvrage "Recueil d'ouvrages curieux de mathématiques et de mécanique", chez Forey, à Lyon, en 1719, va pour la première fois depuis 1588 proposer une gravure différente. Il critique au passage la complexité du modèle de Ramelli et son illustration est en effet plus simple.

Le Modèle Grolier de Servière

Grolier de Servière décrit ainsi la Roue à Livres : "Les deux grandes roues sont solidement attachées l'une à l'autre par un axe qui les fait tourner ensemble sur les pieds droits. Entre ses deux grandes roues, et autour de leur circonférence, il y a des tablettes ou pupitres qui y sont retenus par des espèces d'axes coudés et mouvants dans les grandes roues, en sorte que, lorsque les roues tournent, le poids des pupitres les tient toujours dans la même situation et les empêche de basculer et de perdre leur équilibre. Avant de travailler, on range sur les pupitres tous les livres dont on juge que l'on aura besoin".

Pour l'histoire, on notera également la présence d'une Roue à Livres sur le portrait de Charles V assis en costume royal, peint en page frontispice de la traduction française du Policraticus de Jean de Salisbury (BNF, ms fr. 24287). Charles V possèdéait en effet une superbe bibliothèque de près de 900 volumes, installée au Louvre dans la tour de la fauconnerie.
Aujourd'hui, on peut encore voir des Roues à Livres au Smithsonian Institute, à la bibliothèque de Wolfenbüttel, en Basse Saxe. 

La Roue du Smithsonian Institute

J'ai pris plaisir à écrire ce message, et notamment à débusquer les analogies entre les premières gravures, toutes inspirées de la Ramelli, toutes si semblables et pourtant toutes si différentes. J'espère que vous prendrez plaisir à le lire!

H

Toujours pas internet...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Toujours pas internet... Hélas.

H

mercredi 15 avril 2009

Lauverjatiana IV : au fil des catalogues

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Toujours pas de connexion internet, mais des amis fidèles qui permettent d'alimenter le blog: merci à Gilles pour cette nouvelle Lauverjatiana, ou lecture sélective et attentive des catalogues de libraires.

Le libraire Jean-Marc Dechaud (10, rue de Chinon, 37220 Crissay-sur-Manse) présente son catalogue numéro 23. Illustré en noir et blanc in-texte et d’un encart de reproductions en couleur, ce catalogue aux notices sérieuses, aux références éprouvées et aux collations explicites et détaillées, compte 116 pages pour 405 numéros et plusieurs index (bibliographies, provenances, impressions, envois, relieurs, thèmes).
Les 49 premières références consacrées à l’Humanisme et Renaissance” constituent la spécialité chérie de notre libraire. Une édition illustrée de “La vie des douze Césars” traduite par Baudoin, à Paris chez Gesselin en 1611, in-4 parchemin déboîté, riche d’un frontispice et de 12 hors-textes en taille douce (800 euros).Une “Sentence...Qui fait défenses à tous compagnons & Apprentifs de pratiquer ou faire pratiquer le prétendu droit de Bienvenue...” soit une sorte de bizutage chez les compagnons sabotiers à Angers où cette plaquette de 3 pages a été imprimée en 1754 (38 euros). L’édition originale anonyme, des “Institutions de Physique” de Gabrielle-Emilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise Du Chatelet, éditée à Paris en 1740 ornée d’un frontispice, de 22 en-têtes gravés et de 11 planches hors-texte (1250 euros). De l’imprimeur-juré parisien, Claude-Louis Thiboust, la seconde édition de “Typographiae excellentia. Carmen/ L’Excellence de l’Imprimerie, poëme latin” donnée par le fils de l’auteur en 1754, ornée d’un portrait et de deux gravures représentant une fonderie de caractères et une imprimerie en demi-percaline XIXe (300 euros). La “Pharsalia...” de Lucain chez Louis Elzevier à Amsterdam en 1651, un volume in-24 en veau fauve au semé de fleurs de lys dorées (320 euros). “Epistolae selectae & in libros tres distributae opera D. Petri Canisij..” édition de lettres choisies de Saint Jérôme , un vol in-16, imprimé à lyon par Pillehotte en 1606, relié en veau fauve, les plats ornés d’une composition de filets de roulettes et de petits fers dorés, comportant dans un médaillon central les initiales S.R. du tribunal pontifical de la Sacra Rota et l’emblème aux clefs de Saint-Pierre en sautoir surmontées d’ne ombrelle ouverte signifiant l’élection Papale. 
La bibliothèque nationale italienne possède cinq reliures du même type et de la même époque (1200 euros). Les “Heures nouvelles...” (Nancy, Pierre Barbier, 1776) in-16 valent, bien sûr, pour une rare reliure mosaïquée ajourée ornée de gouaches sous mica attribuée à Jubert relieur du roi (4500 euros). De même cette reliure siamoise en quatre parties (ce qui est exceptionnel) de l’époque sur un recueil de chansons populaires des Pays-Bas donné par Van Dans “Thirsis Minnewit...” à Amsterdam chez Johann Kannewet vers 1720 (le format est omis). Une reliure siamoise ou jumelle intègre tête-bêche plusieurs volumes en soufflets d’accordéon, deux tranches alternent donc ici avec deux dos (12 500 euros). 
Comme vous voyez l’amateur de reliures est à la fête.   
Le catalogue de “Livres Historique et Documentaire” à l’enseigne “le Curieux” de la librairie historique Clavreuil fête en avril son 370ème numéro (37, rue Saint-André-des-Arts). Il compte 2118 références du XVIe siècle au livres actuels classés en 53 rubriques de matières, chronologiques ou géographiques. Le bon usage d’un tel catalogue est à mon avis de dévorer toutes affaires cessantes les rubriques qui vous concernent en priorité puis de reprendre l’intégralité -ou presque- à tête reposée. Donner une sélection d’une telle “somme” est une gageure. “La légende de maistre Pierre Faifeu” de Charles de Bourdigné, publiée en 1723 à Paris chez Antoine-Urbain Coustelier, un petit in-8 en maroquin cerise signé Brany (relieur à Paris de 1850 à 1870); il s’agit de la troisième édition après celles de 1526 et 1532 (800 euros). “Eloge de Jean-Baptiste Colbert, discours qui a remporté le prix de l’Académie française en 1773" par Jacques Necker, imprimé à Paris chez Demonville en 1776, in-8, 100 pages bradel papier moderne (180 euros). Une curiosité: “Histoire d’un pou François ou l’espion d’une nouvelle espèce...” en fait une satire sur la mission de Franklin en France par Delauney, in-8 bradel papier publiée à Paris en 1781, à la suite “Histoire d’une épingle, par M.Ségur jeune” à Paris (1791), le libraire précise que la première page est transpercée d’une épingle! (200 euros). De Bourienne, “Mémoires sur Napoléon, le Directoire, le Consulat, l’Empire et la Restauration.” à Paris chez Ladvocat en 1829 en dix volumes in-8 demi-basane de l’époque (500 euros). De Gourgaud, “Napoléon à Paris, ou translation de ses cendres ...” à Paris, P-H Krabbe, 1841, in-8 riche d’un frontispice de 2 portraits et de 2 planches gravées, en demi-veau rouge de l’époque au dos orné d’emblèmes impériales, aigle, bicorne, N, Légion d’Honneur (280 euros). Les 5 volumes in-8 brochés de la vente de la “Bibliothèque de M. Lucien Gougy” (Paris, 1934-1936) avec 62 planches hors-texte (150 euros). Pour terminer le “Voyage dans les Alpes” de Saussure donné à Genève chez Barbe, Manget et Cie, 1786-1787 en quatre volumes in-8 en basane fauve striée , dos à nerfs cloisonnés et fleuronnés , tranches marbrées, 15 planches hors-texte sur 14 dépliants, (1200 euros).

La Librairie Bertran à Rouen, (110, rue Molière), propose un catalogue titré “Les normands navigateurs, Voyages, Normandie, Varia” décrivant 841 numéros. 
Si vous n’êtes pas normand ne passez pas pour autant votre chemin car cette brochure A 3, illustrée en noir et blanc recèle bien des tentations. Pour sa rareté signalons “les chroniques de normendie....” imprimées à Rouen par Jean de Burges aux environs de 1513. Un petit in-4 gothique sur deux colonnes de 138 ff. avec deux grands bois gravé, relié en vélin légèrement postérieur (3000 euros). Une mazarinade imprimée à Paris en 1649, “Les Maltotiers ou pescheurs en Eau trouble. En vers burlesques, Langue Normande. Les Pesqueux en Yau trouble” in-4 de 8 pages en demi-percaline (30 euros). De Noël Taillepieds “Recueil des antiquitez et singularitez de la ville de Rouen...” chez Martin le Mesgissier à Rouen, une édition originale de 1587 au format petit in-8 en vélin de l’époque (950 euros). Un livre ésotérique de Jean Gaffarel ‘Curiositez inouyes sur la sculpture talismanique des persans. Horoscope des Patriarches et lecture des estoiles” de 1650 sans lieu d’impression, au format petit in-8 en vélin époque. Le livre comprend deux planches repliées d’alphabet hébreu céleste. Il s’agit de la quatrième édition (550 euros). Surtout si vous héritez d’un oncle d’Amérique, cette première édition en lettre ronde du “Roman de la rose” révisée par Marot, édition de Galliot du Pré (devise : vogue la Galée) de 1529, in-8, illustrée de 51 gravures sur bois dans le texte, dans un maroquin rouge du XVIIIe siècle, large encadrement sur les plats filets et roulette dorées. (8000 euros). Les amateurs de reliure et d’éditions XIXe préféreront cette E.O. d’Alphonse Daudet “Premier Voyage. Premier Mensonge. Souvenirs de mon enfance”, Paris, Ernest Flammarion [1900], un des 20 exemplaires sur chine, illustré par Bigot-Valentin, relié en maroquin prune par Lortic un double filet d’encadrement doré sur les plats avec entrecroisement aux angles (mais pas de photo, dommage!) (950 euros)

La librairie Au Jardin d’Epicure tenue par Thierry Connault, 34, rue Porte de la Barre à Chinon 37500 (petite ville, grand renon) sort son huitième catalogue fort de 305 numéros dont la moitié imprimée avant 1900.
 “L’Alcoran de Louis XIV ou le testament politique du cardinal Jules Mazarin. Traduit de l’italien” imprimé à Rome en 1695 est dû à Courtilz de Sandras. Cet ouvrage satirique en E.O. in-12 sort d’une presse hollandaise, ici en cartonnage moderne non rogné (180 euros). De Dezallier d’Argenville, l’E.O. de 1742, in-4 en veau marbré de l’époque mais restauré de “L’histoire naturelle éclaircie dans deux de ses parties principales, la lithologie et la Conchyliologie dont l’une traite des Pierres et l’autre des Coquillages.”à Paris chez De Bure. Cette édition comporte un frontispice et 32 planches hors-texte, elle voit paraître pour la première fois le terme de conchyliologie inventé par l’auteur, elle inspira Linné (1750 euros). “Les Noëls Bourguignons...” de La Monnoye, Paris, Lavigne, 1842, in-8 en demi-veau marbré, une première édition de ces Noëls en patois avec traduction et glossaire (150 euros). Un recueil de 4 pièces de théâtre du XVIIIe , “Cénie” de Françoise de Graffigny, 1756, “Iphigénie en Tauride” de Guymond de La Touche, 1758, “Hypermnestre” de Le Mierre, 1759, “Le Marchand de Londres...” de Lillo, 1758, en un volume in-12 en veau marbré de l’époque. [Ne croyez vous pas que vu la modicité de ces pièces de théâtre des XVII et XVIII, qu’on rencontre assez souvent, il doit être possible de former encore une belle collection si on y met un peu de discernement et de recherche?] (100 euros).

À suivre...

Merci Gilles,
H

mardi 14 avril 2009

Des nouvelles de la Nouvelle Revue des Livres Anciens

Amis Bibliophiles Bonjour,

Ne dites pas à mon employeur que je suis bibliophile... n'ayant toujours de branchement internet à domicile, je profite de quelques minutes de répit pour poster des nouvelles de la Nouvelle Revue des Livres Anciens.

Sauf problème de dernière semaine, le numéro 1 de « La Nouvelle Revue des Livres Anciens » paraîtra comme prévu fin mai-début juin. Nous devons être présents avec lui au prochain Salon du Livre Ancien, au Grand Palais.

Nous avons commencé le travail de conception de l’ensemble de la collection et la mise en page du premier numéro avec Sandra Rota, notre maquettiste qui, non seulement est pleine de talent et d’idées novatrices, sans modernité outrancière, mais partage aussi notre enthousiasme dans cette aventure éditoriale. Son professionnalisme nous évitera quelques erreurs de la part de fondateurs parfois trop idéalistes et moins inventifs et réalistes qu’elle-même.

Nous ne pouvons pas tout vous révéler aujourd’hui, car nous comptons évidemment sur l’effet de surprise. L’aspect physique de la revue sera plus esthétique que prévu, le rapport avec le beau livre ancien nous y oblige. Tous les textes sont des études apportant un minimum d’inédit de haut niveau et à la portée de tous les lettrés, et nous espérons bien poursuivre de cette manière. Les illustrations sont presque toutes en couleurs ; vous verrez pourquoi nous utilisons très honnêtement l’adverbe « presque ». 

Nous pouvons vous révéler, à défaut du titre de leurs études, les auteurs des textes du premier numéro, dans l’ordre alphabétique, car nous savons qu’ils sauront se taire. : Didier Barrière (Imprimerie nationale), Jean-François Cornu (avocat), Jean-Paul Fontaine (rédacteur en chef de « La NRLA »), Christian Galantaris (libraire expert), Bertrand Goguel (architecte et urbaniste en chef de l’Etat, architecte des bâtiments de France), Philippe Hoch (conservateur en chef, chargé de mission au département de la Moselle), Rémi Jimenez (doctorant), Jean-Dominique Mellot (conservateur en chef à la BnF), et votre serviteur (directeur de la publication de « La NRLA »). En outre, un entretien-portrait avec une personnalité incontournable de la bibliophilie constituera ce qu’on a l’habitude de nommer une exclusivité. Quelques pages d’analyses, courtes mais précises, d’ouvrages rares et précieux anciens, peu connus, et d’ouvrages récemment sortis des presses complèteront ce numéro. Votre exemplaire portera le numéro correspondant à votre place dans l’ordre d’arrivée des souscriptions.

Enfin, pour répondre à une question souvent posée : le tarif pour les deux premiers numéros publiés en 2009 est un tarif de souscription ; il ne pourra pas être reconduit pour l’abonnement aux trois numéros qui seront publiés en 2010 ; non fixé aujourd’hui, le tarif d’abonnement 2010 vous sera communiqué dès la sortie du premier numéro de 2009.
Merci pour votre (im)patience.

Hugues et Jean-Paul 

mercredi 8 avril 2009

Déménagement en cours

Amis Bibliophiles Bonjour,

Emménagement en cours... pas encore d'accès internet dans mon nouveau domicile... Je ne peux donc pas nourrir le blog: si vous avez des messages/textes à poster, ils seront plus que bienvenus!

Sinon, patience... :)

Merci
H

samedi 4 avril 2009

Anecdote, Ebayana

Amis Bibliophiles Bonjour,

Nouveau et dernier week-end passé à emballer des livres et à les mettre en caisses... En attendant, un fait divers bibliophilique et quelques livres que je surveille sur ebay, et que je partage avec vous.

L'affaire n'a jamais été ébruitée. En octobre 2008, les douanes de Reims contrôlent un automobiliste américain sur l'autoroute A4 au péage de Taissy. Ils découvrent deux valises contenant des livres et des registres de feuilles manuscrites. Après examen de ces documents, il apparaît qu'un certain nombre d'entre eux peut relever de la réglementation des biens culturels, ce qu'une expertise va confirmer. Il s'agissait de 59 documents d'une valeur estimée à plus de 3 millions d'euros. Parmi les pièces les plus remarquables de la saisie : des manuscrits de l'écrivain et poète argentin
Jorge Luis Borges, une photographie avec dédicace de l'écrivain russe Fedor Dostoïevski, une aquarelle de Victor Hugo ou encore une édition du Candide de Voltaire de 1759. L'américain revenait d'Allemagne où il aurait acheté ces documents sans aucun justificatif, lors d'un Salon du livre ancien. L'affaire a été récupérée par les douanes judiciaires de Metz. Une en quête est en cours. (Journal L'Union)
Et toujours la Description de l'îsle des Hermaphrodites nouvellement découverte, utopie de 1724, 87 euros!

L'extraordinaire ouvrage de Rochefort sur les Antilles, en EO, mais trop cher pour moi.. :(

Une édition des Essais de 1617

Un ouvrage miniature dans une charmante reliure maçonnique

Le bel ouvrage de Baif, De Re Navali, 1541

L'Histoire Naturelle de Pictorius, à Bâle, 1563

Que pensez-vous de ce "superbe" ouvrage... je suis très sceptique: provenance, description, histoire, évaluation du vendeur.

Une jolie reliure de maroquin bleu, sur un ouvrage de Feuillet

Une autre, dans une reliure de maroquin signée Vermorel

Et une troisième du grand relieur Cretté, sur un ouvrage malheureusement peu intéressant...

Un nouvel ouvrage maçonnique très intéressant mis en vente par frère Jean-Luc, un manuscrit de 1785 sur les degrés

La Satyre Ménippée, 1709, trois volumes aux armes, avec les jolies planches dépliantes, et à un très bon prix

Le Comte de Valmont... 6 volumes signés Bozerian

Une autre belle édition des Essais, plus tardive (1781), 3 volumes en maroquin

L'une des stars du moment sur ebay: la Démonomanie des Sorciers de Bodin, 1582... et en in-4 s'il vous plait!

L'atlas du voyage de Pallas en Russie, 1793.

L'Histoire Naturelle des Oiseaux de Buffon, 9 volumes, avec les belles planches. Egalement en in-4!

Bonne Chasse,
H

jeudi 2 avril 2009

Miscellannées de Monsieur H.: une invitation, un dilemme, une question

Amis Bibliophiles Bonsoir, 

Quelques miscellannées:

1. Une question. Un lecteur du blog, Jean, cherche des informations et une évaluation d'un ouvrage sien, pouvons-nous l'aider: il s'agît du "Traité de la vie que doivent mener ceux qui aspirent à devenir membres réels de la nouvelle jérusalem, d'après les préceptes du décalogue. Ouvrage signé BC (Bénédict Chastanier, traducteur français de Swedenborg) Londres, T. Spilsbury, Snow hill 1787."
Une idée?

2. Un repas des bibliophiles à Lourmarin? 
Mathieu vient de recevoir le bulletin d'inscription au Salon du Livre ancien de Lourmarin (http://www.villagesdefrance.free.fr/page_lourmarin.htm) auquel il participe chaque année avec le même engouement, ce qui lui a fait repenser à un projet esquissé il y a maintenant à peu près un an : le repas des bibliophiles en Provence. Nous en avions parlé à propos de l'édition 2008 du Salon et l'enthousiasme était, semble-t-il, général.

Cette année le Salon du Livre ancien aura lieu les 12 et 13 septembre 2009 dans ce beau Luberon où règne encore à cette période de l'année un grand ciel bleu et une température clémente. La qualité des livres présentés dans ce salon véritablement bibliophilique et à visée internationale comme en témoignent les nombreux collectionneurs italiens, espagnols et anglais présents chaque année ainsi que les nombreux libraires du SLAM, ne décevra aucun d'entre vous et ceux qui avaient fait le déplacement en 2008 pourront le confirmer. Quant à la bonne chère, les bonnes tables sont légions dans la région et celle de Reine Sammut, pour ne citer que la plus connue que certains ont d'ailleurs déjà testée (n'est-ce pas Frédérick?), pourrait être un endroit des plus adapté pour un dîner de bibliophiles samedi soir. Voilà qui est bien alléchant. 

Sachez également, pour ceux que le déplacement effraie, que la gare la plus proche est celle d'Aix-en-Provence (voire Avignon). Il faut compter 3h00 de TGV au départ de Paris et le trajet vous en coûtera environ 80 euros en première classe si vous réservez assez tôt. Des navettes peuvent être mises à disposition pour relier Aix ou Avignon à Lourmarin (il faudrait simplement dans ce cas que les horaires d'arrivée des trains soient portés à la connaissance des organisateurs du salon). 

Voilà, vous savez tout ou presque. Nous espérons que cette idée vous plaira.Si vous souhaitez avoir des renseignements vous pouvez le contacter par mail à librairiedaprevent@yahoo.fr ou bien me contacter via le blog. Je sais, le septembre est loin, mais nous en reparlerons.

3. Dilemme: un déménagement est paraît-il l'un des grands traumatismes d'une existence. N'exagérons rien, mais cela reste un moment particulier. Pour ma part, je range et j'emballe mes livres, sensation étrange. En revisitant ainsi ma bibliothèque et face aux quintaux qu'il va bien falloir soulever à un moment ou un autre, je "tombe" régulièrement sur des ouvrages qui se sont accumulés, par exemple parce qu'ils constituaient le fond de la manette que je convoitais pour un autre ouvrage, et je m'interroge: le sujet de l'ouvrage ne m'intéresse pas, ou il manque un plat, ou la reliure est fragile, ou les trois à la fois et que sais-je encore... D'où une question lancinante et qui m'étais jusqu'alors étrangère: faut-il jeter? Je ne peux m'y résoudre, mais le fait d'avoir caressé cette idée a fait naître un doute. Peut-on jeter un livre ancien? Et son corollaire... que puis-je faire de ses ouvrages? Les donner, à qui? 

H

Reliures incroyables, "bibliophiles" irresponsables...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

J'ai reçu aujourd'hui un catalogue dont les images m'ont littéralement sidéré... et je ne résiste pas à la tentation de partager avec vous ces étonnantes images: s'agît-il ici de bibliophilie, de bibliopégimanie, ou de simple folie? Je vous laisse juge. Il s'agît de lots d'ouvrages vendus en lots par une maison prestigieuse, et qui sont tous reliés dans des peaux d'animaux plus originaux que le veau ou la chèvre. Voici les images:
Lapin et faon
divers quadrupèdes: éléphant, antilope, zèbre, girafe.
Reptiles divers, évidemment...

Vous allez me répondre qu'il s'agît là des preuves du délire d'un bibliophile, d'un chasseur blanc au coeur noir sorti tout droit du Coeur des Ténèbres de Conrad qui a fait relier de livres de chasse du19ème et du 20ème. Peut-être, mais attendez, puisque le délire va plus loin... Voici en effet un échantillon des livres qui sont ainsi reliés:

- Ad Henricum Regem, Germani Valentis Guellij PP. Prosphonematicon Carmen. Paris: FedericusMorellus, 1574. 4to (210 x 160 mm). 15pp. Binding of quarter python over cloth by J. Frankin Mowery.

- Le Dejeuné de la Rapée, ou Discours des Halles et des Ports. Nouvelle édition. [Paris:] A la Grenouillere, n.d. 8vo (160 x 100 mm). Half rattlesnake.

Epistole d'Ovido. Florence: Carlo Figiouanni, 1532. 8vo (145 x 90 mm). Bound in full python. 

Les Delices du Sentiment; or the Passionate Lovers. London: 1781. 4to (200 x 120 mm.)
Moyens. Pour la Restauration des Piliers de Dome du Pantheon Francois. Paris: 1792. 4to (305 x 230 mm). 

Il Miracolo della Sacra Imagine di Maria detta della Rondini Successo il di 10 Ottobre 1501. Bologna: Giacomo Monti, n.d. 4to (215 x 150 mm). 
Girolamo Accoramboni. Tractatus utilissimus de natura & lactis. N.p.: 1538. Half rattlesnake over cloth.

Mieux encore, si j'ose dire:

- Moliere. La Critique de l'escole des femmes. Paris: 1674. 12mo (130 x 80 mm). [Bound with:] Le Festin de Pierre and L'Escole des Maris, 1679. Full python.Condition: second work inlaid with large losses. 

- Petite Traite de l'Amour des Femmes pour les Sots. [Bound with:] Petit Commentaire sur le titre de la petite brochure; Petite Traite de l'Amour des Femmes pour les Sots.Bagatelle: 1788. 8vo (200 x 120 mm). Half rattlesnake over cloth. 

Voici qui relativise nos débats sur la bibliophilie, vous ne trouvez pas? Sourire. Sa-cri-lè-ges!

Je sais, je ne devrais pas, mais voici le nom des deux imbéciles qui ont fait relier ainsi les ouvrages: Harry & Virginia Walton (on les applaudit bien fort)

H

dimanche 29 mars 2009

Ebayana + nouvelles du front.

Amis Bibliophiles Bonjour,

Vous le savez, je suis au milieu d'un déménagement et j'ai préféré me réserver la tâche d'emballer les livres plutôt que de confier ce travail aux déménageurs; travail épuisant, fastidieux, mais également, je dois bien vous l'avouer assez agréable: c'est une occasion unique de reprendre en main chacun de mes livres, de le feuilleter, de l'emballer dans du papier bulles et de le caler dans une caisse. J'ai finalement opté pour des caisses dépliables (Bricorama, 4 euros pièce). Chacune peut contenir une trentaine de livres de format in-12 ou une petite dizaine de formats in-4. Mais, Sainte Wiborade, que c'est long!
Et voici ci-dessous ce à quoi ressemble ma bibliothèque en ce moment:
Avant de vous faire partager les ouvrages que je surveille sur ebay, je voulais vous présenter une acquisition récente: les Oeuvres complètes de Rousseau, format Cazin, joli maroquin rouge, 28 volumes imprimés vers 1780 (j'ai oublié de regarder avant de les emballer!). Acheté sur ebay, 480 euros quand même.
Une sélection sur la baie?