« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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lundi 4 décembre 2017

Nouveau look pour une nouvelle vie: un post incunable vendu sur ebay colorié au XXIe siècle

Amis Bibliophiles bonsoir,
Acheter un livre est toujours une aventure. J’en connais parmi vous qui passent des années à traquer un ouvrage, de vente en vente, de libraire en bibliophile, de bibliophile en veuve… J’en connais d’autres au contraire qui achètent comme on récolte l’écume, l’air de rien, tout en légèreté, l’air de rien, mais la main et l’oeil toujours agiles. J’en connais qui n’achètent qu’avec une extrême prudence, après avoir longuement pesé le pour et le contre, au risque de voir leur butin s’échapper… J’en connais qui achètent avec une extrême componction, comme si le geste était sacré, grave, presque pesant. J’en connais qui n’achètent plus, j’en connais même qui mettent en vente leur bibliothèque si patiemment et si savamment établie.
L’acte d’achat est d’évidence l’un des moments clefs de la bibliophilie: c’est lui qui met fin à la chasse, à la recherche, c’est lui qui scelle le contrat financier mais aussi moral avec le libraire, c’est celui qui se concrétise dans la main levée dans une salle, le coeur battant; l’acte d’achat c’est aussi ce dont on se souvient toujours quand on regarde un ouvrage de sa bibliothèque: faites l’exercice, prenez un livre au hasard, je suis certain que vous vous souvenez très exactement des circonstances dans lequel vous l’avez acquis.
L’acte d’achat, enfin, c’est celui que l’on peut regretter. J’ai coutume de dire que j’achète mes livres là où ils se trouvent, peu m’importe au fond que ce soit dans une librairie, dans une salle des ventes, sur un site internet et même sur ebay. Il me semble qu’il faudrait être fou pour penser autrement, même chez son fromager, on achète du fromage, et pas le fromager!
Je crois que nous sommes nombreux à agir de la sorte et puis, de toutes façons, les frontières d’hier n’existent plus aujourd’hui: la rencontre avec les libraires ne se fait plus nécessairement dans l’écrin d’une librairie, elle peut se faire en salles des ventes (où les libraires vous vendront des livres, par voie indirecte, ou batailleront avec vous pour en acquérir), et enfin cette rencontre peut se faire sur ebay, où vous pouvez acheter à des libraires, lutter contre des libraires pour acquérir un ouvrage et mettre leur vendre un ouvrage s’il vous arrive de vous livrer à cet exercice.
Dans tous les cas, le lieu d’achat a sa propre « légende »: je ne vais pas revenir sur les achats en librairie, ou en salles des ventes, il y a du bon et du moins bon, comme partout, du louche et du moins louche, comme partout. Non, aujourd’hui, je vous propose de nous arrêter sur ebay, sur la base de quelques exemples tirés ici ou là, et qui peuvent/doivent vous conduire à vous interroger avant d’acheter un ouvrage sur la plateforme. Une fois les basiques mis de côté (vendeurs sans évaluation, photos douteuses, etc.), attachons nous à quelques exemples cocasses qui illustrent les turpitudes que vous pouvez être amenés à croiser, voire les mystères…
Ainsi, j’ai signalé dans l’ebayana XVIII un ouvrage intitulé « 1532 post-inkunabel Perez de valencia Psalterium incunable », qui fut adjugé le 18 novembre 2017 pour 885 euros. (https://www.ebay.fr/itm/263318304257?rmvSB=true)
L’ouvrage me disait quelques chose… et pour cause, il avait déjà été adjugé aux ecnchères, sur ebay, pour 955 euros, le 30 novembre 2012. Enfin,ce n’est pas tout à fait le même: en 2012, l’époque était encore au noir et blanc et les gravures n’étaient pas coloriés. Mystère. Il n’y a pas de doute qu’il s’agît au moins de la même structure de livre, la reliure en témoigne, avec les mêmes petits défauts.
Constatez par vous même: ci-dessous la reliure de l’ouvrage adjugé en 2012, puis celle de l’ouvrage adjugé en 2017:
  
L’ouvrage est bien le même, avec la même curiosité (un colophon de 1530, un relieur qui se trompe et comprend 1532)… et pourtant, lorsque l’on compare d’autres éléments, le doute s’installe. Ainsi pour les deux images suivantes, en 2012, puis en 2017…
Le reste de cet articles, avec les images du "délit" se trouve sur bibliophilie.com
H

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