« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier

"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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mercredi 6 juin 2007

Portrait de Libraire

Comme promis, je débute aujourd'hui une série de portraits de libraires, de bibliophiles ou de personnes de l'univers du Livre. L'objectif est de mieux comprendre la passion qui anime chacun et de favoriser les échanges.

Ce premier portrait est consacré à la Librairie L'Amour qui bouquine, il se présente sous la forme d'une interview :


Bonjour Bertrand,

Bonjour Hugues,

Pourriez-vous nous parler de votre librairie?

Par où commencer ? Je suis un bibliophile-libraire, ou un libraire-bibliophile au choix. La librairie L'amour qui bouquine est spécialisée dans les beaux livres anciens et modernes, avec une prédominance pour les livres du XVIè au XIXè siècle. Elle est située au coeur de la Bourgogne et plus exactement la région d'Auxois, à Alise-Sainte-Reine, site historique (reconnu... et parfois contesté) de la bataille d'Alésia (52 av. J.C.) entre Jules César et Vercingetorix.

Depuis quand êtes vous libraire, quel a été votre parcours?

La librairie a ouvert ses portes le 1er avril 2002. Avant je faisais tout autre chose, je travaillais dans le domaine de la biologie médicale (les études scientifiques mènent à tout...). Au démarrage je n'avais qu'un tout petit stock de belles pièces destinées aux bibliophiles. Avec le temps, j'ai affiné mes choix, j'ai acheté ardemment dans les 2 premières années en gardant à l'esprit mon critère principal "la qualité" des livres proposés. J'entends par "qualité", des livres bien conservés, bien reliés ou s'ils sont brochés, à l'état de parution. Ce choix est désormais devenu un signe de reconnaissance de la librairie pour les amateurs de beaux livres, et je les en remercie.

D'avril 2002 à septembre 2006 j'accueillais les amateurs dans une petite boutique rustique de 60 m2, depuis cette date j'ai acquis un propriété privée, dans le même village, dans laquelle je suis en train de restaurer à l'ancienne, les murs, les plafonds, etc... pour faire un nid douillet aux livres. Mais les travaux sont longs et la nouvelle boutique (60m2 sur deux niveaux, soit 120 m2 avec à terme une Galerie d'exposition d'estampes et de peintures au premier étage) n'ouvrira pas ses portes avant le printemps ou l'été 2008. Laissons le temps au temps ! Pour l'heure la libraire est dans mon salon (tout petit...) et je ne reçois que sur rendez-vous (ou les amateurs de passage...).

Où vous situez-vous dans le débat entre le commerce du livre ancien sur internet d'un côté et dans les salons et les librairies classiques de l'âutre côté?

Vaste sujet. Pour moi internet a été dès le début la possibilité de créer cette librairie "au pays". Je n'ai jamais envisagé d'aller m'installer en ville... trop de bruits pour les livres !

J'ai essayé de fréquenter quelques salons du livre ancien, mais j'avoue que la fragilité des livres que je propose et le travail que cela nécessite ne m'a guère motivé pour continuer. Les amateurs désertent les salons depuis quelques années, tout au moins les salons de moyenne gamme. J'admire les libraires qui travaillent sur salon mais cela n'est pas mon truc, comme on dit. Internet a changé bien des choses, autant du côté de l'acheteur que du vendeur. Il faut l'accepter et analyser les éléments positifs et négatifs.

Comment voyez-vous l'avenir de votre profession?

Après 5 ans d'activité je suis trop jeune dans le métier pour pouvoir tirer des leçons du passé. La seule chose que je vois de façon évidente est que ceux qui veulent vivre de ce métier de façon décente sont obligés de composer avec internet, devenu incontournable. Si l'on ne veut pas faire comme la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf... je pense qu'on peut faire ce métier de manière calme, tranquille, à échelle modeste, en ayant des objectifs et des critères de choix précis et réalistes.


Vendez-vous également vos libres sur des salons à l'étranger?

Non pas pour le moment. Mais grâce à internet et des sites comme Abebooks ou Ebay, j'ai envoyé bien des livres vers des pays lointains... Un petit voyage sans bouger de place en quelque sorte.

Vous savez que les lecteurs du blog aiment les histoires, auriez-vous une anecdote à nous raconter, sur une trouvaille, un livre, un client?

En 5 ans d'activité ce sont plusieurs dizaines d'anecdotes, d'histoires cocasses, liées aux livres achetés ou vendus que je pourrais raconter...

En fait, je crois que je pourrai vous parler de ma plus grande frustration de libraire...

Le hasard de la vie m'a mis entre les mains en septembre 2002 un authentique plan du Titanic, plan de la première classe, imprimé en noir et rouge. Grand plan dépliant que les stewards avaient en poche afin de guider les passagers de l'unique voyage de ce fameux paquebot... Quelle émotion ! Ce plan était en parfait état. C'était certainement l'un de ceux qui n'étaient pas monté à bord, ce qui lui a permis de traverser le XXè siècle sans dommage.
Un expert chez Christie's Londres et New York m'avait signalé à l'époque que ce genre de plan était rarissime. On n'en a vu passer en salle des ventes (Londres et NY) que 1 ou 2 en sur les 10 dernières années...


Je l'ai vendu... il fallait bien démarrer l'activité de la librairie. Aussi intéressante qu'ait été cette transaction, je regrette encore cette vente... Je me console en me disant que ce plan a enfin réussi sa traversée de l'Atlantique, puisqu'il a été expédié chez un amateur à New York.


Vous la particularité d'être non seulement libraire, mais aussi bibliophile.... comment vivez-vous cette situation? Avez-vous séparé vos deux bibliothèques, ou votre bibliophilie s'épanouit-elle uniquement via votre métier et votre stock professionnel?

Oui, même certainement plus bibliophile que libraire. Je le vis comme quelqu'un qui fait se métier pour rester en contact permanent avec les beaux livres... Mais c'est certain que si demain je gagne à la loterie je pense que j'irai courir les salles des ventes, Drouot et New York... mais pour moi ! Mais en attendant cette manne improbable je continue à chercher de belles pièces pour les autres, et j'y prends également énormément de plaisir.

Ma bibliothèque personnelle est presque exclusivement consacrée à la documentation, à l'histoire du livre, aux bibliographies... Au grand désespoir de mon épouse qui me voit quotidiennement en train de lire et relire de vieux catalogues Giraud-Badin poussiéreux... On ne se refait pas !

Vous êtes un visteur fidèle du blog... qu'en attendez-vous?

Votre blog était très attendu (NDLR : Merci, c'est sympa!). Pour ma part je trouve que les messages et commentaires y sont encore trop timides et trop rares (NDLR : Entièrement d'accord). A croire que les bibliophiles sont tous introvertis (et j'en connais bon nombre, croyez-moi) !

Envoyez vos articles à Hugues, réagissez, commentez. La bibliophilie ne doit pas être un plaisir solitaire. Longue vie à ce blog ! Tant que hugues aura la force, la motivation et surtout l'envie... ce blog sera le point de rendez-vous des amateurs ouverts et éclairés des livres rares et curieux.

A bientôt sur ce blog,
Amicalement, Bertrand de Baskerville.


Merci beaucoup Bertrand.


Images : les fameuses images du plan du Titanic, qui est passé entre les mains de Bertrand. Et deux autres images de livres vendus par Bertrand : le détail d'une reliure estampée à froid (vers 1530) avec les couleurs en négatif pour réhausser les reliefs, et la photo d'un ensemble relié aux armes vers 1730.

mardi 5 juin 2007

Les parchemins masqués

Jusqu'à l'invention et la diffusion du papier, le parchemin a longtemps été le principal support de l'écriture. Il était d'ailleurs fréquent qu'il soit recyclé : on le grattait, on le blanchissait avec du jus de citron et on écrivait par dessus.


On n'ose imaginer le nombre de textes qui disparurent ainsi... sauf que... Sauf que de la même manière qu'il reste presque toujours possible de retrouver la trace d'un fichier dans le disque dur d'un ordinateur, les chercheurs du Rochester Institute of Technology ont imaginé retrouver les traces d'anciens écrits sur des manuscrits.

Ainsi, en "bombardant" un livre de prière du Moyen Age avec une imaginerie à spectres multiples, ils sont parvenus il y a quelques années à retrouver des écrits d'Archimède (le "palimpseste"), d'Hypérides, un grec du IVème siècle avant J-C... Il y a peu c'est un texte capital d'Aristote, écrit aux environs de 350 av J-C, qui leur est apparu. Jusqu'ici, une seule et incomplète traduction latine était arrivée jusquà nous...

Magique, non?

H

Image : une page soumise au fameux spectre lumineux , l'écrit d'Archimède apparaît en filigrane...

Magazine du Bibliophile Juin 2007

Le numéro de juin 2007 du Magazine du Bibliophile est arrivé ce matin dans ma boîte à lettres...


Au fil de ces 48 pages dédiées au livre, aux manuscrits et aux autographes, on relèvera :

- Un passionnant compte-rendu de la conférence sur l'avenir du métier de libraire, qui s'est tenue au cours du Salon du Grand Palais, sur la base de la très intéressante étude de Rodolphe Goujet.

- Une étude sur les contes illustrés publiés par Ollendorf entre 1909 et 1917.

- Un article consacré aux techniques pour vendre ses livres sur internet, pour les professionnels.... comme pour les particuliers, ce qui est plus étonnant.

- Un bon et important dossier sur les plans de Paris au 19ème siècle.

- Un excellent portrait du comte Libri, biblio kleptomane... et ça, ça m'arrange pas!

- Les rubriques classiques : expositions, calepin, ventes publiques, catalogues reçus.

Je sais que les avis sont partagés sur ce magazine, reste que l'offre est trop restreinte pour se montrer vraiment exigeant en matière de presse bibliophilique.

En ce qui me concerne, je trouve qu'il y a trop peu de place accordée aux livres anciens (aucune dans le numéro de juin, et très peu dans celui de mai, si je me souviens bien)... mais c'est une déformation personnelle! Il est important qu'un magazine comme celui-ci existe, j'y suis très attaché, mais cela n'empêche pas de conserver un esprit critique.

Et vous, vos avis? Vous pouvez y aller, ils semblent qu'ils ne nous aient pas encore repérés! Sourire.


Je les ai croisés à Salon, ils sont très sympas.

H

lundi 4 juin 2007

Nouveau Sondage

Voici un nouveau sondage destiné à mieux vous connaître.
Je compilerai les résultats de tous ces sondages hebdomadaires dans une étude que je mettrai sur le blog.
Merci pour votre participation!
H

Ci dessous, le message du jour... A vos buzzers!

Questions pour des champignons!

Attention... Mains sur le buzzer.

Qui suis-je, que suis-je?

Top chro-no-mè-tre :

Parue au début du 18ème siècle, je figure parmi les relations de voyage les plus estimées à la fois pour la qualité de mon texte et la richesse de mon iconographie.

Publiée à l'origine en 8 volumes in-12, je ne suis pas la première oeuvre de mon auteur, missionnaire dominicain sachant apprécier la bonne chère et donne au fil des lignes une description particulièrement précise de la région visitée, sur le plan géographique, zoologique, botanique et même sociologique, puisque je couvre l'une des périodes les plus noires connues par l'humanité...

Mon auteur n'hésitera d'ailleurs pas à retrousser les manches de sa robe de bure pour participer activement au refoulement des anglais qui tentèrent de débarquer nuitamment sur ses terres.

Après son retour, il continua de voyager, notamment en Espagne et en Italie.

Je contiens au total 17 cartes et plans et 86 planches, mon auteur restera dans l'histoire pour avoir inventé une eau de vie destinée à soigner les fièvres et qui est aujourd'hui consommée dans le monde entier!

Je suis, je suis, je suis?


Allez, toux ceux qui ont la réponse peuvent répondre en ajoutant un commentaire!

H

Indices : ces quelques images.

dimanche 3 juin 2007

Le filou du dimanche : Borgnefesse, le pirate pirate!

En 1952, paraissent Les Cahiers de Louis-Adhémar-Timothée Le Golif, dit Borgnefesse, capitaine de la flibuste... et cette parution fait grand bruit. En effet, elle a pour origine la découverte d'un manuscrit du 17ème siècle retrouvé quasiment intact dans une malle de fer, après le bombardement de Saint-Malo en 1944.


Dès le début, l'histoire est (trop) belle : c'est en effet Allaux, grand spécialiste de la flibuste qui met à jour la malle, qui était cachée dans le « caveau muré d'une maison démolie, à Saint-Malo, par un bombardement en 1944". D'après la préface, le manuscrit découvert par hasard est de la main d'un contemporain de Louis XIV, né peut-être vers 1640, passé aux Iles vers 1660 et mort sans doute à Saint-Malo, et peut-être même dans la légendaire maison de Duguay-Trouin aux environs de 1710.

Hélas, le manuscrit est très important (on parle de l'épaisseur d'un bottin), et souvent un peu rébarbatif tant il fait la part belle aux manoeuvres purement nautiques. Qu'à cela ne tienne, Allaux le purge de certains passages avant de le confier à T'Serstevens, un spécialiste du roman d'aventure et même du roman flibustier, pour que celui-ci l'adapte.

La sortie se fait en grande pompe en 1952 et impose Borgnefesse comme l'un des plus fameux flibustiers, égratignant au passage Oexmelin, qui est accusé d'être un flibustier de salon par le hardi capitaine. Ainsi écrit-il dans ses cahiers "Ce n'est que quelques années plus tard que le flamand Oexmelin vint aux Iles. Etant retourné ensuite chez lui, il y a écrit l' Histoire des Aventuriers de l'Amérique, ouvrage qui fut mis en français par le Sieur de Fontignères. Quoique n'écrivant que de ouï-dire et se faisant l'écho de maintes bourdes et balivernes que j'ai relevées en son livre, il a conté, mieux que je ne pourrais faire, les exploits de plusieurs vaillants et renommés Capitaines que j'ai, ce pourtant, moi, mieux connus que lui et de plus près, mais il en a passé des meilleurs, tels que Julien, Fulbert, Cameyrelongue, Vincent, et quelques autres, sans oublier votre serviteur." Tout est dit ou presque et les références à Oexmelin se multiplieront ensuite dans l'ouvrage.

Oui mais voilà, nous sommes dimanche, et les habitués savent que le dimanche est (en tout cas tant que j'aurais de la matière) consacré aux filous en tout genres qui gravitent autour du livre et de la bibliophilie... notre ami Borgnefesse, est en fait un imposteur et son manuscrit ne sera d'ailleurs jamais présenté par ses découvreurs.


Même si la maison d'édition Grasset, qui a publié le texte en 1952, dit maintenant ne disposer « d'aucun élément susceptible d'établir qu'il s'agit d'une supercherie littéraire et bien que T'Serstevens n'ait jamais avoué avant son décès en 1974, il semble désormais établi que cette oeuvre est un canular, une supercherie.

Les "preuves" sont assez nombreuses, si l'on écarte que T'Serstevens écrivit quelques années auparavant un texte comparable et qu'il était considéré comme un érudit en matière de flibuste, il reste en effet qu'aucune trace d'un Borgnefesse ou d'un le Golif n'a jamais été retrouvée dans les archives malouines et françaises, et qu'il en fût de même pour tous les noms cités par Borgnefesse et qui ne figuraient pas dans l'Oexmelin... Borgnefesse est d'ailleurs inconnu d'Oexmelin ou de Dampier, ce qui est assez étonnant : si l'on devait accorder du crédit à son témoignage, il est évident qu'Oexmelin n'aurait pu oublier un si illustre personnage.

Enfin, il y a les petites erreurs qui finirent par trahir l'ouvrage : ainsi Borgnefesse évoque-t-il le "lagon" de Maracaïbo, au lieu de "lagune", alors que le terme "lagon" n'existait pas au 17ème siècle et qu'il fût par la suite surtout utilisé en Polynésie... qui était comme par hasard le lieu de résidence de T'Serstevens!

Aujourd'hui le canular est avéré... il n'en reste pas moins que Borgnefesse s'est malgré tout imposé aux côtés des autres grands flibustiers! Il fît même l'objet d'une chanson d'un groupe breton appelé Soldat Louis, mais le bon goût m'empêche de la diffuser sur le blog! :)

H

Images : la cité malouine, et l'ouvrage en question.

Miscellannées

Quelques commentaires ou éléments de réponse aux messages que j'ai reçus par email, ou via le blog.

Thibault :
les vers? Sont-ils vivants, ou as tu trouvé d'anciennes galeries?

Jean-Luc :
- Comment peut on retrouver un listing des éditions anciennes (17 et 18 emes siècles) : j'ai entendu parler du Brunet : peut-on se le procurer ?
-> Le Manuel du Libraire et de l'amateur de livres de Brunet est en effet une sorte de bible pour le bibliophile : vous pouvez en trouver de nombreux exemplaires en vente sur abebooks en utilisant le lien présent sur le blog. Il existe également une version CD-Rom.

- quelle colle utiliser pour recoller des petites choses, par exemple une coiffe ?
-> Je vous avoue que je ne sais pas, mais je suis certain qu'un lecteur du blog aura la réponse!

Gerard
porte à notre connaissance un autre terme bibliophilique, l'agonothetana, qui désigne une collection de livres de prix (par extention de agonothete)!

Jean-Paul Fontaine :
un bibliophile renommé rejoint la communauté des lecteurs du blog en la personne de Jean-Paul Fontaine, alias "le bibliophile Rhemus", auteur du Livre des Livres (Hatier, 1994) et autres voyages en "Bibliopolie". Ca fait plaisir... Mais bonjour la pression pour moi désormais! Sourire.

Bienvenue à une nouvelle membre : Chantal. A ma connaissance, il y a désormais trois bibliophiles féminines qui consultent le blog! Chantal, donc, Clara, et "Isa".

Bienvenue à Frédéric, alias Artciboldo... Le troisième ou le quatrième libraire à lire le blog à ma connaissance.


H

samedi 2 juin 2007

Retour du blog : Voltaire et l'édition de Kehl

C'est en 1777, lors d'une visite à Ferney que Panckoucke obtint de Voltaire son accord pour la mise au point d'une édition revue et complétée de l'ensemble de son oeuvre.


Après le décès de Voltaire en 1778, Panckoucke continua à rassembler des sources pour cette oeuvre monumentale et approcha Condorcet pour en diriger la réalisation, mais des difficultés financières le poussèrent finalement à renoncer à l'entreprise.

C'est alors que l'auteur du Barbier de Séville, Beaumarchais, qui était également un homme d'affaires avisé et touche à tout intervînt. En effet, celui-ci, spéculateur protéifrome, intervenant aussi bien dans la distribution d'eau que dans les fournitures aux armées, ne pouvait ignorer l'essor que connaissait alors l'édition. Il racheta à Panckoucke les manuscrits et autres écrits déjà rassemblés, puis à la veuve Baskerville le matériel de son défunt mari (célèbre imprimeur de Birmingham) avant d'installer son atelier dans le fort de Kehl, juste en face de Strasbourg, mais sur les terres du Margrave de Bade, ce qui lui permettait d'échapper à la censure Royale.


Pour financer cette oeuvre monumentale, une souscription fût d'ailleurs lancée et l'impression pût débuter en juin 1781. Mais comme souvent dans ses entreprises iconoclastes, le chemin de Beaumarchais ne fût pas sans embûches : difficultés comptables, vol, même, de la part du comptable Cantini qui disparût avec une somme considérable, refus de Panckoucke de livrer la suite des manuscrits avec d'avoir touché la somme promise, etc.

Finalement, les obstacles finirent par être surmontés, et les 30 premiers volumes de l'édition in-8 et les 37 de l'édition in-12 furent livrés aux souscripteurs à la toute fin de 1784. La publication complète s'acheva en 1787. Dans l'intervalle, d'autres soucis vinrent s'ajouter puisque l'archevêché de Paris tenta de faire interdire l'édition, et que deux contrefaçons furent également imprimées à Bâle et Gotha.

A cause de ces difficultés multiples, il semble que le projet s'il fût un succès d'édition, finît par coûter plus à Beaumarchais qu'il ne lui rapporta. Sur les 4000 exemplaires de l'édition in-8, 700 furent souscrits d'emblée par des particuliers tels que le Roi de Prusse (protecteur de Voltaire, qui en commanda 200), l'impératrice de Russie (200), Mme Necker, de Montran, et Decroix (100 chacun)... Des libraires bien établis en commandèrent également des qualités importantes tels les frères La Bottière à Bordeaux, qui en achetèrent 114, 75 autres au moins partirent en Angleterre.


Beaumarchais commenta cet aspect comptable avec l'élégance si particulière qui fût sienne (ou doit-on parler de panache?) en écrivant "l'Europe sera satisfaite et moi j'aurai perdu 600 000 livres (...) depuis 5 ans. J'ai eu l'audacieux courage de tenir parole à l'Europe".

Deux petites anecdotes?

- 37 éditions partirent pour Haïti où le poète Mozard les fît venir.
- Précurseur à de nombreux niveaux, Beaumarchais utilisa une technique marketing avant l'heure en proposant une loterie auprès des souscripteurs : certains d'entre-eux, après tirage au sort pouvaient se voir offrir gratuitement l'édition. Cette technique n'était pas nouvelle, mais malgré tout assez rarement employée.

Voilà pour la fameuse édition de Kehl. L'édition in-8 se compose de 70 volumes. Il est à noter que si l'édition était prévue sans illustrations, certains exemplaires de choix se virent ajouter une suite d'une centaine de planches, dont certaines par Moreau le Jeune.

Voltaire, Panckoucke, Baskerville (pas Guillaume, un autre... sourire), Condorcet, Beaumarchais, Necker, Frédéric II, on le voît, cette entreprise monumentale a concerné de près quelques unes des figures marquantes de la fin du 18ème... L'édition n'est pas rare, même si elle reste onéreuse.

J'ai pensé que son histoire méritait un petit détour!

H
Images : les principaux "acteurs" : Voltaire, Beaumarchais, Frédéric II de Prusse.

jeudi 24 mai 2007

Vacances!

Ca y est. Je pars en vacances pour une semaine, découvrir les fonds de la Mer Rouge.

Pour être prévenu du retour du blog, merci d'envoyer votre adresse email à blog.bibliophile@gmail.com .


Normalement, je reprends la plume samedi 2 juin. Mais rien ne vous empêche de relire les 62 et quelques messages.

H

Les livres qui tuent ou rendent fous

Nous avons récemment évoqué le Nom de la Rose, d'Umberto Eco, mais saviez que l'un des ressorts essentiels du livre (les pages empoisonnées), est en fait directement inspiré d'un fait réel? Ce même fait qui inspira également Alexandre Dumas puis Patrice Chéreau (au cinéma) pour la Reine Margot.


Il faut remonter au 14ème siècle, et au règne de Jean de Bavière (1375 - 1424) pour retrouver les faits. Prince-évêque de Liège, puis duc de Bavière, Jean était un souverain autoritaire qui se brouilla rapidement avec ses sujets. Chassé et déposé, il revint au pouvoir avec l'aide de son beau-frère Jean Sans Peur, le duc de Bourgogne. Son despotisme n'en fût que renforcé et il prît rapidement le nom de Jean Sans Pitié, décapitant les veuves de ses défunts adversaires.

Ce charmant personnage finît par avoir des vues sur les terres hollandaises de sa nièce Jacqueline, et mît la main sur celles-ci grâce à une alliance avec le propre mari de la nièce en question. Jacqueline quitta son mari et le continent, épousa le duc de Gloucester et revînt pour reconquérir ses terres à la tête d'une armée anglaise.


Parallèlement, elle mît au point l'empoisonnement de son rival : un noble hollandais, familier de Jean et apparenté aux deux rivaux, enduit le livre de prières personnel de Jean d'un poison lent... On ne sait si la mort fût causée par inhalation, ingestion ou par le toucher mais Jean mourût à Delft en 1424... Le complice mourût également.

L'assassinat ne fût naturellement pas revendiqué mais il est repris dans diverses chroniques de l'époque dont la Chronique des duchés de Lorraine et du Brabant, d'Edmond de Dynter.

Autre cas intéressant d'ingestion fatale... celui de Ménélik II (1844-1913), le Négus ou Roi des Rois d'Ethiopie, de 1889 à 1913. Cette fois-ci la victime est le Négus lui-même, qui fût pourtant un souverain progressiste : après avoir fondé Addis-Abeba, il repoussa l'armée italienne et la mît en déroute, puis il introduisit le télégraphe, l'automobile, le chemin de fer, et d'autres nouvelles techniques.

Hélas... Ménélik fût victime d'un infarctus en 1913... qui s'il ne lui fût pas fatal... lui mît de drôles d'idées en tête. En effet, celui-ci, très croyant et persuadé des vertus curatives de la Bible, entreprît d'ingérer patiemment mais goulûment le Livre des Rois (logique me direz-vous), en le déchiquetant de ses propres dents. Le résultat ne se fît guère attendre et Ménélik mourût dans de terribles souffrances, les intestins bouchés et collés...

Enfin, que dire de ce New-Yorkais, allez appelons le Thibault, qui manqua périr enseveli sous les centaines d'ouvrages de sa collection, qui s'étaient effondrés sur lui et empêchaient tout accès à son appartement.

Quand je pense que certains imaginent que la bibliophilie est une passion tranquille, qui se vît charentaises aux pieds, chat sur les genoux et thé dans la main... ils se trompent lourdement, nous vivons dangereusement!

Tiens, je connais un libraire, allez appelons le Bertarnd, qui est un fin connaisseur du Nom de la Rose... Imaginez que l'encre lui monte à la tête et qu'il se mette à recouvrir chacun des livres qu'il envoie à ses clients des quatre coins de la France, d'un poison aussi indétectable que fatal... Voilà un bon sujet pour un roman noir bibliophile...

Brrr... je retourne mettre mes gants!

H

mercredi 23 mai 2007

Les "petits" métiers autour du Livre Ancien

Les métiers autour du Livre

Voici quelques uns des professionnels que tout bibliophile peut être amené à croiser au cours de ses pérégrinations. J'oublie volontairement le libraire et/ou le bouquiniste, que nous connaissons tous.


Le restaurateur : à ne pas confondre avec le relieur, même si une même personne peut exercer les deux activités. En effet, alors que le relieur exécute la première reliure destinée à recouvrir et protéger un livre, à partir de feuilles, voire d'un exemplaire broché, le restaurateur intervient pour "réparer" ou remettre en état une reliure déjà existante. Les coordonnées des bons restaurateurs s'échangent quasiment sous le manteau... tant leur talent est recherché et surtout pour éviter des délais encore plus longs. Car c'est bien là le point crucial avec les restaurateurs, les délais qui peuvent transformer le plus patient des bibliophiles en énergumène vociférant. En effet, si vous confiez un ouvrage à un restaurateur, sachez que l'attente qui va suivre va s'écouler d'abord en semaines, puis en mois... voire en année (ça m'est arrivé). La patience est mise à rude épreuve, le restaurateur est volage, il n'hésite pas à remettre la restauration de votre petit ouvrage à plus tard pour s'atteler à une encyclopédie en 36 volumes que vient de lui confier un de vos concurrents. Et n'espérez pas récupérer votre ouvrage pour autant... il est souvent décousu, etc. J'hésite toujours longuement avant de recourir à de tels services. Il faut vraiment faire les bons arbitrages entre délai, valeur du livre, coût de la restauration... même s'il est vrai que je n'ai jamais été déçu par le résultat. En plus, je n'arrive jamais à en vouloir vraiment à a restauratrice préférée.



L'expert : vous le croiserez si vous fréquentez les salles des ventes. Armé de ses bibliographies et de son expérience, c'est lui qui rédige les listes ou les catalogues de vente. Ce sont des personnes que j'affectionne particulièrement, et qui sont souvent assez cocasses. Il est très intéressant de discuter avec eux, on apprend toujours quelque chose. Certains d'entre eux, comme Monsieur Galantaris ont écrit des ouvrages passionnants sur la bibliophilie. De manière générale, tout catalogue est d'ailleurs une source bibliographique intéressante.



Le courtier : également habitué des salles des ventes, c'est un intermédiaire entre les vendeurs et les libraires. Le plus souvent il achète en salle pour le compte de libraires qui ne sont soit pas présents pendant la vacation, soit éloignés de la ville où se tient la vente (par exemple des libraires étrangers), soit parce qu'ils préfèrent avancer masqué pendant la vente. Le courtier n'a pas ou très peu de stock, et il n'est qu'un intermédiaire qui se rémunère selon un ratio établi entre le prix payé en salle et le montant de l'ordre que lui a laissé un libraire. En général, si l'ordre était de 100 euros, et que le courtier réussit à acheter le livre à 80 euros, il conserve la moitié de la différence pour lui, soit 10 euros. Inutile de vous dire qu'il apprécie en général assez peu que vous poussiez les enchères contre lui pendant une vacation.




En écrivant ces lignes, il me revient un chiffre intéressant entendu lors d'une conférence du SLAM : 50% des livres que vend un libraire sont vendus à d'autres libraires. Lors de la même conférence, un nouveau métier à été d'ailleurs évoqué par un intervenant qui a pu rencontrer quelques libraires bien établis : de plus en plus, ces libraires ont parmi leur personnel un collaborateur qui est chargé d'acheter des livres sur internet, soit sur ebay, soit auprès d'autres libraires présents sur la toile, une sorte de courtier internet en interne en somme, que vous rencontrerez peut-être si vous vendez occasionnellement des livres sur ebay.


Une seule passion, c'est trop peu pour un seul homme... aussi vais-je vous quitter une semaine pour aller assouvir un autre vice, celui de la plongée sous-marine, au pays du papyrus. Je serai absent une semaine sans savoir si je vais pouvoir (ou vouloir) poster des messages depuis mon lieu de vacances.




C'est notamment pour cela que je demande à tous ceux qui le souhaitent de m'envoyer leur adresse email afin d'être averti du retour du blog. Vous pouvez simplement m'envoyer un email vide à blog.bibliophile@gmail.com .

Merci à ceux d'entre vous qui l'ont déjà fait.

Je posterai demain soir, jeudi, un autre message.

H
Images : des gravures d'un ouvrage du 16ème illustré par Merian.

mardi 22 mai 2007

Un livre à l'honneur : Les Oeuvres d'Ambroise Paré

Le 22 avril 1575, un titre majeur dans l'histoire du Livre Ancien sort des presses, il s'agît des oeuvres complètes d'Ambroise Paré. Ouvrage protéiforme qui connût plusieurs rééditions, il est également connu pour la richesse et la diversité de son iconographie.


Bien que d'origine modeste et ayant fait son apprentissage chez un barbier, Ambroise Paré (1510 - 1590) est considéré comme le père de la chirurgie moderne. C'est sur les champs de bataille que celui qui déclarait n'avoir jamais lu le Gallien apprît réellement son métier et révolutionna la discipline. En effet, les nouvelles armes de l'époque (on s'ébouillante et on s'arquebuse à tout va) nécessitent une nouvelle approche. Il sera ainsi le premier à démontrer que les tirs d'arquebuse ne sont pas empoisonnés. Il publiera d'ailleurs un texte souvent oublié dès 1545, "La manière de traicter les playes faictes tant par harquebutes que par les autres batons à feu" (sic).




Paré est également connu pour son observation attentive des cadavres et pour avoir pratiqué la première ligature des artères lors d'une amputation. Cette technique innovante remplace dès lors la cautérisation au fer rouge (Aïe) et sauve la vie des patients. Il soigna de nombreux patients directement sur le champ de bataille ou dans les villes assigées au cours de sa carrière. C'est après avoir brillamment guéri le duc de Guise, en 1551 que Paré fut nommé Premier Chirurgien du Roi.



Ses découvertes couvrent un très vaste domaine, des instruments à d'autres plus étonnantes. Ainsi, en 1557, au siège de St Quentin en Picardie, il note que les asticots d'une certaine mouche aident à la cicatrisation des plaies de blessés. Cette thérapie aujourd'hui développée ou redécouverte, est notamment utile contre les souches nosocomiales de bactéries.



Le 29 juin 1559, Ambroise se trouve avec le célébrissime Vésale au chevet de Henri II, gravement blessé lors d'un tournoi. Le 10 juillet, Henri II s'éteint sans que les deux plus grands médecins de son temps puissent le sauver.

Le 1er janvier 1562, Ambroise Paré est nommé premier chirurgien d'un autre Roi (Charles IX), c'est aussi le début de la première guerre religieuse à laquelle Ambroise participe (en qualité de chirurgien) avec l'armée royale (il échappe d'ailleurs de peu à la sanglante Saint-Barthélémy puisqu'il est dans la chambre de Coligny au moment où l'amiral est assassiné). Le 15 octobre, le roi de Navarre est blessé. Il devient alors le patient de Paré. Malheureusement, le souverain décède peu de temps après, le 17 novembre. Pas de bol. (sourire, il faut bien se détendre un peu).

Autodidacte ne sachant ni le grec ni le latin, il publia à dessein ses ouvrages en français, avec les encouragements de la cour et de ses illustres contemporains, dont Pierre de Ronsard. Paré souligne ainsi dans son avis au lecteur : « Je n'ay voulu escrire en autre langaige que le vulgaire de nostre nation, ne voulant estre de ces curieux, et par trop supersticieux, qui veulent cabaliser les arts et les serrer soubs les loix de quelque langue particulière ». Ses oeuvres sont la somme de 40 ans de pratique et constituent un ouvrage indispensable pour tous ceux qui sont intéressés par les ouvrages de médecine ou par les curiosités.

En effet, dans ce beau volume in-folio, on trouve plusieurs centaines de figures gravées sur bois dans le texte, représentant des instruments, des opérations, mais également, et pour la première fois, des prothèses (dont celle à moustache), ainsi que des animaux fabuleux et autres monstres. Parmi ces célébrités, citons le "monstre marin ayant la teste d'un moyne, armé et couvert d'escaille de poisson", "un monstre marin, ressemblant à un evesque, vestu de ses habits pontificaux", "un monstre marin ayant la teste d'un ours et les bras d'un singe", la "figure hideuse d'un diable de mer", etc.



La sortie de l'ouvrage ne se fît point sans difficultés puisque la Faculté fît entendre son opposition à sa parution. En effet, le doyen de la Faculté de médecine, entouré de médecins qui auraient dû soutenir Paré, tentèrent de s'opposer à la mise en vente du livre, prétextant qu'il contenait des choses abominables, contraires à la bonne morale. L'affaire fut menée devant le Parlement, sans succès et le livre fut distribué et mis en vente sans modifications.

Les éditions 16ème sont plutôt rares, les éditions 17ème sont rares mais restent possibles à trouver... Bonne chine!

H

Images : des images d'un de mes deux exemplaires.

lundi 21 mai 2007

Des tirages au 17ème siècle....

On évalue le nombre des incunables qui sortirent des presses à un total compris entre 15 et 20 millions d'ouvrages... Difficile aujourd'hui de se représenter les tirages des livres anciens, qui nous semblent désormais toujours trop rares (sauf si on aime Massillon et Bourdaloue!).


Au fil de mes pérégrinations bibliophiles, que le blog rend de plus en plus nécessaire, pour nourrir vos appétits insatiables et gourmets, au fil de mes pérégrinations donc, je suis tombé sur un texte concernant les tirages qui étaient communément pratiqués au cours du 17ème siècle.

A votre avis, combien d'exemplaires d'un ouvrage étaient imprimés au milieu du 17ème siècle à Paris? dix exemplaires, cent, mille, dix mille, plus? C'est une question que je me suis souvent posée.

Une étude effectuée sur la base des privilèges accordés, et qui étaient obligatoires pour mettre un livre sous presse, pour l'année 1644 à Paris, nous apprend qu'en fait environ 1000 privilèges furent accordés. Un nombre important pour un monde de l'édition parisienne alors en plein prospérité. Songez ainsi que l'on est passé de 164 ouvrages différents en 1600 à ces 1000 obtenus pour l'an 1644.

En fait, pour ces 1000 éditions, le tirage variait à chaque fois entre 1000 et 1500 exemplaires.... On peut en tirer deux enseignements à titre privé :

1. Pour 1644 uniquement, et seulement à Paris, c'est près d'un million d'exemplaires qui furent imprimés... Le chiffre laisse rêveur et permet également d'imaginer la part importante de ces volumes qui ne résistèrent pas aux aléas de l'histoire.

2. Plus simplement, si vous possédez un ouvrage de cette période... vous pouvez également considérer qu'il n'a qu'un bon millier de frères de la même édition. Pour les ouvrages qui ne furent jamais réédités, cela devient vertigineux et assez intéressant si on veut mettre en perspective l'âge d'un livre, sa valeur éventuelle, sa rareté et tout ce qui a pu lui arriver aux cours des 4 derniers siècles.



Sur le plan historique, cela signifie également que le marché était capable d'absorber ce million d'exemplaires par an...ce qui n'est pas rien... Je n'ai pas de chiffres pour 1650, mais songez qu'il n'y avait que 194 liseurs/lecteurs à Paris entre 1500 et 1600.


Quand une nouvelle acquisition vient rejoindre ma bibliothèque, il n'est pas rare que je la garde longuement entre les mains, essayant d'imaginer sa vie : qui l'a achetée pour la première fois, a-t-elle voyagé, comment a-t-elle survécu aux affres de la Révolution et de la Terreur, puis aux guerres Napoléoniennes, mondiales, etc. Aussi je suis assez avide de tout type d'information pouvant replacer le livre dans son contexte historique... je rêve d'une traçabilité en fait!

H
Images : deux acquisitions récentes : les Liaisons Dangereuses, 1782, deux volumes in-12, et une jolie reliure... dénichée à pas cher sur ebay...

dimanche 20 mai 2007

Un relieur indélicat... ou Napoléon et la Pompadour unis dans le mensonge!

L'un des principaux atouts que peut présenter un livre ancien est la provenance... Et ce relieur-restaurateur parisien l'avait bien compris. Longtemps restaurateur attitré de grands libraires, son talent était tel que ses pastiches de reliures anciennes étaient vraiment très difficiles à identifier, même pour un professionnel. Il abusa même un expert en signant une reliure mise aux enchères, et que l'expert qualifia bien d'ancienne, tout en avouant ne pas connaître ce relieur...


Notre ami aurait pu s'en tenir à cela d'ailleurs, mais comme souvent, c'est l'occasion qui fît le larron et lorsque les conditions furent réunies il passa à un stade supérieur. Il avait en effet réussi à se procurer le fer de Mme de Pompadour et celui de Napoléon. Une fois récupérés les catalogues de leur bibliothèques, il ne lui restait plus qu'à trouver les ouvrages des dits catalogues dans des conditions plus modestes, puis à y frapper les armes des deux personnages historiques... quitte à réemboiter les textes dans des maroquins... La valeur des ouvrages était alors décuplée, voire plus.

Et c'est semble-t-il bien ce qu'il fît. Je dis "semble-t-il" car dans l'univers feutré des livres anciens de luxe, les scandales se nouent rarement au grand jour. En fait, c'est une vente à Drouot qui attira l'attention des amateurs et des professionels. Celle-ci proposait en effet un (trop) grand nombre de reliures de grande provenance, notamment des reliures aux armes de l'Empereur et de la Pompadour. Tous furent stupéfaits de la richesse de la collection et d'autant plus sceptiques. Rapidement, certains firent le lien entre les volumes présentés, un libraire s'étant retiré, et notre fameux relieur-restaurateur... La vente devînt alors suspecte et les résultats ne furent pas à la hauteur des espérances.


Il est clair que les bibliothèques de Napoléon et Madame de Pompadour (on cite aussi celles de la Comtesse du Barry, ou de Marie-Antoinette) n'ont fait que s'accroître depuis la disparition de leur propriétaires... ce qui n'est pas courant.

La vigilance est donc de mise quand on vous propose une mariée trop belle, à des conditions inespérées... Mieux vaut être vigilant, même si les experts eux-mêmes avouent qu'ils peuvent se laisser tromper par de telles reliures lorsqu'elles sont bien exécutées.


Comment les identifier? Difficile, on ne peut que conseiller de se méfier des armes dont la dorure semble éclatante, et encore, cela n'écarte pas les falsifications anciennes, qui existèrent aussi. Le meilleur moyen reste peut-être de vérifier que la dorure ne recouvre pas d'accrocs ou d'épidermures. En effet, les armes étaient le plus souvent poussées juste après la reliure, alors que le maroquin ou le veau étaient encore immaculés, les dommages "normaux" liés au temps doivent donc apparaître au dessus de l'or de la dorure... et non au dessous!

H
Images : les armes de la Pompadour, et celles de Napoléon.

samedi 19 mai 2007

Nouveau Sondage

Voici un nouveau sondage destiné à mieux vous connaître.
Je compilerai les résultats de tous ces sondages hebdomadaires dans une étude que je mettrai sur le blog.
Merci pour votre participation!
H

Edition Originale?

Je suis resté intrigué par notre débat d'il y a quelque temps sur la notion d'Edition Originale, et j'ai cherché à en savoir plus.


Contrairement à ce que disait Thibault, l'Edition Originale n'a rien à voir avec ce cousin du caribou qui peuple les plaines du grand nord Canadien. Désolé Thibault!

En fait, l'expression date de la fin du 18ème siècle. A cette époque, l'auteur confiait son texte à un libraire-éditeur, à charge pour celui-ci de le faire imprimer avec le privilège du roi puis de procéder à la mise en vente. Les problèmes survenaient ensuite, en effet, une fois le livre mis en vente, il était très fréquent que d'autres éditeurs s'emparent de l'oeuvre et la réimpriment sans scrupules sous un faux nom, et surtout sans que l'auteur ne touche aucun droit d'auteur.
Le terme "Edition Originale" a donc été inventé pour désigner l'édition approuvée par l'écrivain, à savoir celle qui a été confiée par lui à un éditeur.

Au 19ème, les contrefaçons ne faiblirent pas, notamment de la part d'éditeurs belges qui produisent des copies d'oeuvres françaises à un prix très modiques. Après la réplique des éditeurs français et notamment de Girardin qui proposa des livres à un prix encore plus faible, mettant en difficulté l'édition belge, les auteurs français toucheront finalement des droits d'auteur sur ces édition belges.

Il sera alors difficile de discerner ces éditions belges, approuvées par l'auteur et qui paraissent avant l'édition française, mais dans des formats réduits et d'une qualité modeste, des premières éditions françaises, très soignées sur le plan typographique et souvent reliées. Et ce d'autant plus que certaines de ces pré-originales belges étaient en fait des compilations de textes parus en feuilletons dans des journaux.

Au final, on retiendra 3 éléments :
- L'Edition Originale est la première publication en librairie d'un ouvrage avec le consentement de l'auteur (définition du libraire Lefebvre).
- Si un texte est publié dans un périodique avant la parution du livre, le livre compilant les parutions périodiques est alors dite édition pré-originale (cas de certaines éditions belges du 19ème).
- Si une édition est revue, corrigée ou complétée par son auteur, elle est qualifiée d'édition en partie originale (ou EPO.... naan je plaisante!). Pour les Maximes de la Rochefoucauld, on compte ainsi neuf éditions en partie originale.

Voilà! Il y aussi les princeps... mais c'est une autre histoire.


H
Image : La Rochefoucauld himself.

Nouveau Message ce soir

J'essaierai de poster un message plus tard ce soir.
Demain, un nouveau filou sera à l'honneur.
H

vendredi 18 mai 2007

La Bible de Gutenberg

Oeuvre principale des débuts de l'imprimerie, la Bible de Gutenberg (1398 - 1468) inspira la méfiance lors de sa parution. En effet, alors que certains pensèrent qu'il avaient en fait acheté un manuscrit pour la somme dérisoire de 60 écus, ce qui était pour le moins louche, alors que d'autres imaginèrent que c'est le Diable qui avait inventé ce nouveau moyen pour falsifier et détourner les écritures.


Selon certaines sources, Gutenberg et son associé Jean Fust furent d'ailleurs dénoncés aux juges pour cela.

De 180 à 200 exemplaires de cette fameuse bible à 42 lignes furent imprimées entre 1455 et 1456, tous à Mayence.

Aujourd'hui, 48 exemplaires sont encore en circulation, dont vingt-et-un exemplaires complets. La France en possèdent trois, deux à la Bibliothèque Mazarine, et un à la Bibliothèque Nationale.



Il existe un débat sur le fait que certains furent imprimés sur véin, et d'autres sur papier, ou tous sur vélin. Il semblerait que 45 furent imprimés sur vélin et au moins 135 sur papier.

Un fac-similé tiré à 3000 exemplaires fut édité en 1985.




Trois anecdotes?

Dans les années 20, un libraire de New-York, Gabriel Wells, qui possédait un exemplaire endommagé, "cassa" le livre et le vendît par sections et même par page. Les pages furent vendues dans un coffret accompagné d'un essai sur l'ouvrage. Aujourd'hui, ces pages se négocient entre 20 000 et 100 000 dollars, selon leur état et leur intérêt.

Un exemplaire fût mis aux enchères chez Christie's en 1987, mais il ne s'agissait que de la partie concernant l'Ancien Testament. Il fût acheté par un japonais pour 5,4 millions de dollars. Le dernier exemplaire complet fût vendu chez Christie's en 1976, pour 2,2 millions de dollars, ce qui donne une idée de l'augmentation des prix!

Dans le film le Jour d'Après, alors que des jeunes gens essaient de se réchauffer dans la bibliothèque de New-York, alors que la ville est prise dans les glaces et la neige... ils s'apprêtent à brûler une bible de Gutenberg dans un feu, juste avant qu'elle ne soit sauvée par un des personnages.


H
Images : la fameuse Bible.

jeudi 17 mai 2007

Le prix des Livres...

La question du prix du livre est souvent au coeur de la passion bibliophilique...Non parce qu'il faut considérer une bibliothèque comme un placement ou un investissement, mais parce que sauf exception, il faut bien acheter les livres qui viennent ensuite s'alanguir dans nos rayonnages. Et même si vous êtes amateur de romans de série noire des années 50, un jour ou l'autre, la question du prix d'un livre se pose.


Rapidement, on en arrive alors à la notion de cote, de prix du marché, tout en sachant que la passion n'a au fond pas de prix. Pour moi, le prix d'un livre est simplement celui que j'ai envie de mettre, dans le sens où il peut m'arriver de "surpayer" un ouvrage. La loi du marché à ma propre échelle enfin de compte...

Etablir une cote fiable, voire un"argus du bibliophile ou du livre ancien", est une tache difficile. En effet, la bibliophilie subit fortement l'influence des modes et des époques et si les Cazin dont je parlais récemment furent très à la mode au 19ème, on connaît aujourd'hui des libraires qui les négligent (si, si, je vous assure). Quelques grandes tendances existent malgré tout : l'âge dans une certaine mesure, la rareté d'une édition quand le texte ou l'auteur est de qualité, un travail important sur la forme (reliure, suite, etc.), une provenance rare.


En général on cite trois critères qui influencent le prix du livre ancien:

1. La qualité au sens large, que je viens d'évoquer plus haut (âge, état, texte, tirage, provenance, reliure, etc).
2. La loi de l'offre et de la demande qui vient modérer le premier critère (et donc les "modes").
3. Le facteur personnel ou la passion de l'acheteur (et son pouvoir d'achat) qui reste le critère suprême et qui peut venir contredire les deux premiers facteur.

Ainsi, si vous collectionnez les petits volumes de la bibliothèque Elzevirienne par exemple, vous savez que chaque volume peut se trouver autour de 50-100 euros maximum... Maintenant, s'il ne vous en manque qu'un seul pour avoir la collection complète... nul doute que vous serez prêt à dépenser bien plus!

Ce qui est intéressant, c'est que depuis que les livres existent, ils ont fait l'objet d'un commerce, et la notion de prix marchand est quasi indissociable de celle de livre ancien.

Ainsi, on sait que Platon acquit les trois livres du pythagoricien Philoaus pour 10000 deniers, qu'en 1400, une copie du Roman de la Rose fût vendue 833 francs devant les portes du Palais, à Paris....

Tous les libraires avec lesquels j'en ai discuté considèrent que le Livre Ancien est un mauvais placement, en tout cas à court terme... mais peut-être est-ce pour dissuader les éventuels investisseurs. En effet, une thèse sur le livre soutenue à la faculté de Mons en 1990 propose des perspectives intéressantes : si une famille disposant d'un patrimoine de 2,6 millions d'euros en 1900 l'avait investi dans de l'or, elle posséderait aujourd'hui de 2,7 millions d'euros, si elle l'avait investi dans de la terre de Beauce, elle posséderait aujourd'hui 6,1 millions d'euros, et si elle l'avait investi dans une collection de grandes éditions originales, elle posséderait aujourd'hui 35 millions d'euros.

Reste à savoir comment le marché à évolué depuis 1990, alors qu'internet n'existait pas au sens où on l'entend aujourd'hui.

J'ai l'impression que le principal changement qu'il a apporté est en effet une évolution, d'un marché de l'offre, sur lequel marchands organisaient les prix, géraient la rareté et souffraient peu de la concurrence, à un marché de la demande, sur lequel l'acheteur peut à tout moment comparer le prix d'un livre chez les libraires du monde entier.

Finalement, il est probable que cela a renforcé l'influence du facteur prix sur le marché du Livre Ancien... en jouant à la baisse... et que la nouvelle génération y est plus sensible. Néanmoins, et nous avons déjà abordé ce sujet dans le blog, il est probable que cette évolution du marché, et le nivellement des prix à la baisse qu'elle induit, est bénéfique pour le bibliophile, permettant notamment à de jeunes passionnés de venir grossir nos rangs!

Mais peu importe au fond, si nous écrivons ou lisons ce blog, c'est que nous sommes tous des passionnés... et nous savons bien que le prix, s'il importe, n'est pas capital, c'est le plaisir qui compte... Ainsi, pour moi, mes livres favoris dans ma bibliothèque ne sont pas forcément ceux qui ont le plus de valeur.

H

Images : des images de reliures, glânées ça et là... Je suis en vacances!

mercredi 16 mai 2007

Un Livre à l'honneur : Le Malleus Maleficarum, ou le manuel d'inquisition du 15ème siècle

Le Malleus Maleficarum, ou Marteau des Sorcières, est le plus connu des traités de sorcellerie et le plus utilisé des manuels de sorcellerie. Publié en 1486 (pour ceux qui suivent, c'est donc un... incunable), il fût écrit par Heinrich Kramer (aussi connu sous le nom de Henri Institoris) et Jacques Sprenger.


Si Institoris (1430-1505) est un inquisiteur implacable de l'ordre des Dominicains qui est même contesté dans les rangs de l'Eglise, Sprenger, dominicain lui aussi, est un homme très instruit et malgré son titre d'Inquisiteur de la Vallée du Rhin, il n'a pas joué un rôle actif dans la traque des hérétiques et des sorciers.

Hommes de progrès, les deux auteurs choisirent de lutter contre l'hérésie en utilisant la technique la plus moderne de l'époque, à savoir l'imprimerie, afin de favoriser la diffusion rapide de leurs idées.

Extraordinaire somme démonologique, le Malleus se compose de trois parties principales.



Dans la première, les auteurs démontrent la réalité des maléfices et la nature de la sorcellerie, ils y expliquent aussi notamment pourquoi les femmes, à cause de leur faiblesse et de leur intelligence inférieure (pas de commentaire), sont par nature plus disposées à céder aux tentations du Malin.

Dans la deuxième partie, Institoris et Sprenger donnent des exemples concrets, qui sont autant de récits assez extraordinaires et fantastiques : tranformations en animaux, en monstres, vols sur les balais durant le sabbat, capacité à déclencher des catastrophes naturelles, destruction des récoltes, rapports sexuels entre sorcières et démons, etc.


Enfin, la troisième partie est le code criminel qui doit permettre d'interroger et de punir suspects et coupables (les suspects finissant rarement innocents, il faut bien le reconnaître). L'argumentation logique utilisée pour énoncer des absurdités constitue l'un des grands charmes de l'ouvrage, par ailleurs sinistre. Ce vademecum pour inquisiteur détaille aussi très précisément comment procéder à la capture, instruire le procès (notamment le rasage intégral du corps des accusés au fer rouge , afin de trouver la fameuse « marque du Diable », preuve de culpabilité), organiser la détention et l'élimination des sorcières. Il explique également comment accorder ou non du crédit aux déclarations des témoins, dont les accusations sont souvent proférées par envie ou désir de vengeance. Naturellement les deux auteurs assurent également que les juges, en tant que représentants de Dieu, ne peuvent être soumis à l'inquisition et en proie à l'hérésie. Pratique, non?



L'idée qui domine l'ouvrage est que si l'Eglise arrive à exterminer les sorciers à l'aide de ce livre et via l'Inquisition, le diable perd la plupart de ses moyens d'action.

Son succès sera immense. Entre 1486 et 1520, on compte une quinzaine d'éditions, parues dans des villes rhénanes, mais aussi à Paris et à Lyon. A raison de 1 000 ou 1 500 exemplaires par tirage, 20 000 exemplaires ont pu circuler avant la Réforme. Le traité connaît une seconde vie à la fin du XVIe siècle. De 1574 à 1621, une quinzaine de nouvelles éditions sortent des presses européennes. Les dernières éditions datent des années 1660.

Les détracteurs de l'hystérie démonologique furent peu nombreux mais existèrent.. On peut citer Jean Wier, qui publie en 1564 un traité Des illusions des démons, des incantations et des poisons , ne niant pas l'existence de Satan et de certains sorciers, proposant plutôt de soigner ces gens, qui sont de simples malades.

Les plupart des éditions sont in-8, mais on trouve également des in-4.


H

Images : le Malleus.

Incunable?

J'ai récemment vu sur ebay, un livre de 1505 qualifié d'incunable par le vendeur... c'est inexact en fait.


Pour mémoire, le mot incunable désigne tous les imprimés publiés avant le début de l'année 1501. En pratique il peut ainsi désigner tout ouvrage imprimé entre l'invention de l'imprimerie par Gutenberg (1440-1450) et la fin de l'année 1500, ce qui recouvre une grande diversité d'ouvrages au niveau de l'apparence. En effet, les incunables peuvent ainsi être des imprimés proches des manuscrits codex sur le plan de la mise en page, mais aussi des livres comparables à ceux que l'on trouvera au premier quart du 15ème siècle.

Les premiers incunables furent imprimés à Mayence mais leur tirage (entre 150 et 200 exemplaires) nécessita rapidement de les écouler en dehors de la ville et de sa région. Ceci, ajouté au fait que les imprimeurs expérimentés quiitent leur patron pour aller s'installer dans d'autres régions a permis un développement rapide.En Allemagne, en plus de Mayence, Cologne, Bâle, Augsbour, Nuremberg et Ulm sont les villes phares, alors que d'autres imprimeurs quittent le pays et s'installent en Italie entre 1465 et 1480, notamment à Venise, qui devient la capitale du livre imprimé.



L'un des personnages phares de l'histoire du livre s'y installera d'ailleurs en 1489. Il s'agît d'Alde Manuce, qui inventera le caractère italique mais révolutionnera aussi les formats, inventant l'in-8, la reliure, en préconisant le maroquin, les plats, en utilisant le carton.... mais aussi le mode de distribution puisqu'il a été l'auteur du premier catalogue de vente. C'est aussi lui qui publiera en 1500 le Songe du Poliphile... peut-être mon livre préféré.



En France, trois allemands, Freiburger, Gering et Krantz, répondirent à une offre émanant de l'Université de Paris. Ils s'établirent à l'Enseigne du Soleil d'or, dans la rue..... Saint-Jacques, qui devint vite le centre de la vie bibliophilique parisienne. A Lyon, le premier imprimé paru en 1743.


Voilà pour la datation, je rédigerai un autre message prochainement un autre message sur les incunables eux mêmes : format, papier, etc.Le chiffre qui compte : selon des recherches récentes, en 50 ans, entre 1450 et 1500, 35000 titres, soit environ.....15 à 20 millions de volumes sortirent ainsi des presses!

Où sont-ils passés?

Pas dans ma bibliothèque en tout cas. Et dans les votres?

H
Images : Alde Manuce, l'ancre Aldine sa marque, deux incunables.

Redynamisation du sondage

Je relance le sondage sur la taille de vos bibliothèques.
Je compilerai les résultats de tous ces sondages hebdomadaires dans une étude que je mettrai sur le blog.
Merci pour votre participation!
Ce soir, un "Livre à l'honneur" avec un nouveau message sur un ouvrage important.

lundi 14 mai 2007

Esthétique

Quelques retouches esthétiques effectuées au blog ce soir, dans une tentative de le rendre plus digeste et plus léger.
Si vous avez des suggestions, n'hésitez pas.
H

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