« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier

"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

frise2

samedi 17 novembre 2007

Identification d’un ouvrage du 16ème…

Amis Bibliophiles Bonjour,

Chopin ou pas chopin… Et puis d’abord, c’est quoi ce livre ?
Cet ouvrage du 16ème siècle vient de trouver asile dans ma bibliothèque, où il va pouvoir couler des jours paisibles pendant mettons, une petite centaine d’années… Je n’ai malheureusement que peu d’indications sur lui.

Pourriez-vous m’aider ? C’est une période que je connais vraiment très mal.

Le titre est : Angelus De Maleficis, repertorium primi viluminis Maleficiorum in quo coinetur tractat Angeli de Aretio.
Apparemment, à la suite sont reliés « Alberti de Gaudino, Libellus Maleficis » puis de « Bonifacii de Vitellinis, Super Malaficis… ».
Le décor de la page de titre est répété trois fois, mais le texte diffère et deux seulement sont datées (1532). Il semblerait qu’on y voit des diables et deux hérétiques, dont l’un est pendu, l’autre en pleine séance de torture, le tout devant leurs juges.

In fine, on trouve : Lugd. (Lyon, j’imagine); in editibus de Guinta et sociarum Florétini anno 1532.
J’ai peu d’informations sur le livre, si ce n’est une annotation manuscrite sur l’une des gardes « Gambillionibus, le tout premier traité de Sorcellerie ».

Hélas, je n’ai pas le Caillet, et je ne connais pas grand-chose aux impressions 16ème.

Le tout est relié dans un vélin à rabat de l’époque.

Qu’en dites-vous ?

Merci

H

vendredi 16 novembre 2007

Portrait de Gonzalo... Le Bibliophile qui aime les "pseudos"

Amis Bibliophiles Bonsoir,

L'une des choses qui me frappent régulièrement en lisant vos commentaires sur le blog, c'est leur pertinence et la qualité des intervenants.

Voici le portrait d'un nouveau venu, qui intervient régulièrement sur le blog, Gonzalo...

Bonjour Gonzalo, pourriez-vous nous parler un peu de vous et de votre bibliothèque?

Gonzalo, vingt-deux ans, étudiant en histoire. Je rédige actuellement, dans un cadre universitaire, un mémoire sur un imprimeur français du XVIe siècle.
Ma bibliothèque s'est constituée récemment. Après mon baccalauréat, il y a quelques années (j'étais alors en khâgne), j'ai commencé à acquérir des livres chez des bouquinistes ou chez Emmaüs, sans même trop savoir ce que j'achetais. J'allais au moins deux fois par semaine chez un bouquiniste, parfois tous les jours, et j'y raflais systématiquement ce qui venait d'arriver. J'ai énormément lu à cette époque. Un peu de tout, des classiques français que l'on me faisait étudier en cours, mais aussi des auteurs moins connus. Ma bibliothèque a donc grandi très vite. Depuis trois ou quatre ans, je me débarrasse progressivement des livres qui m'encombrent (voilà ce qu’il en coûte d'acheter n’importe quoi !). Le nombre de volumes de ma bibliothèque progresse de manière beaucoup plus raisonnable, mais elle gagne en qualité. Je n'ai pas une bibliothèque très importante (j'imagine que vos lecteurs en ont de bien plus belles et de bien plus complètes). Je pense posséder environs 800 volumes, je n'ai jamais pris la peine de les compter. Environs un quart constitue une "bibliothèque de travail", ouvrages de sciences humaines, d'histoire et d'histoire du livre. J'essaie actuellement, compte tenu de mes études et de mon goût pour le livre ancien, de me constituer un petit fond d'usuels d'histoire du livre. Le tout est entreposé dans des meubles de pin que j'ai fait moi-même. Une partie vitrée accueil les livres un peu rares ou anciens, ou qui me sont chers. Je suis toujours à la recherche du mode de classement idéal, qui mériterait une discussion sur le blog ! Depuis quand la passion de la bibliophilie s'est-elle emparée de vous?

Depuis peu, depuis toujours... Je suis issu d'une famille très attachée à la littérature, au texte, mais la dimension matérielle lui échappe dans une certaine mesure (non qu'elle l'ignore complètement, mais elle ne s'y intéresse que peu). Il y a cependant toujours eu une bibliothèque intéressante à la maison (bibliothèque parentale dans laquelle je puise allègrement). J'ai commencé à éprouver le besoin de posséder un livre lorsque j'ai véritablement commencé à aimer lire (c'est-à-dire ne pas aimer tout lire), le jour où j'ai su dire que Sartre m'ennuyait et que San Antonio m'enthousiasmait (j’assume!). Mais je ne m'autorise de réelles dépenses que depuis un an environ, lorsque j'ai commencé à lire des études bibliographiques et bibliophiliques, lorsque je me suis formé à l'histoire du livre (par curiosité et besoin estudiantin, car j'ai la chance de pouvoir mélanger mes études et mes passions !). Je n'ai commencé à acheter des ouvrages "un peu cher" (selon mes moyens...) que lorsque j'ai su (ou cru savoir) ce que j'achetais. Je me sentais incapable de juger de la qualité d'un exemplaire auparavant. Je me sens un tout petit peu plus capable désormais, même si je fais encore des erreurs et de mauvais choix... Je continue à apprendre. J'ai également eu la chance de pouvoir entrer en contact avec des gens d'une rare compétence notamment grâce à mes études. J'ai comme professeur l'un des meilleurs spécialistes français des incunables. J'ai pu, au cours de mes recherches, discuter avec de nombreux conservateurs de bibliothèques. Je bénéficie également des conseils avisés d'un libraire avec qui je suis en contact. Il me semble important, lorsqu’on est amateur débutant, de bien s'entourer, d'avoir des gens à qui l'on peut demander conseil, et qui peuvent également nous orienter, ou nous ouvrir à de nouveaux horizons. Votre blog joue aussi, dans une dimension moins "personnelle", ce rôle.

Quels sont vos domaines de prédilection, ou votre approche est-elle éclectique et vous fonctionnez au coup de coeur?

Je le répète, je débute. Je n'ai pas de domaine de prédilection, mais j'ai déjà eu bien des coups de coeur. Je possède assez peu d'ouvrages rares de toutes façons. Mon objectif pour l'instant n'est pas de constituer "un fond" : je veux juste pouvoir feuilleter des livres agréables de temps en temps. Mon approche changera certainement à l'avenir, mon goût va peut-être s'affirmer, ou s'orienter vers des domaines particuliers ; mes connaissances se complèteront sans doute, et je chercherai alors des choses beaucoup plus précises. J'imagine que les bibliophiles chevronnés qui vous lisent sont passés par là (dites moi si je me trompe!). Je me soucie assez peu, pour le moment, de la "cohérence" de ma bibliothèque: je pars du principe qu'une bibliothèque est forcément cohérente si une seule personne l'a composée. Et puis, la variété ne m'a jamais dérangé!
J'ai quand même une curiosité très prononcée pour tout ce qui touche à l'histoire de la typographie et aux caractères de formes particulières (expérimentations et novations diverses et variées). C'est sur ce genre d'ouvrages que mes yeux se posent lorsque je feuillette des catalogues de libraires... Les grecs du Roi me font rêver bien sûr, mais aussi les caractères gravés par Pierre Moreau au XVIIe siècle, ou les italiques aldines, par exemple. Je suis par exemple ravi d’avoir pu dénicher un modeste petit opuscule assez tardif (1785), imprimé en caractères de civilité, vraisemblablement un livre de colportage si j'en juge à la simple couvrure de parchemin qui fait office de reliure. Un ouvrage qui, sans être une acquisition phénoménale, n’a pas cessé de me réjouir par sa typographie. Je revendique cette approche plus matérielle que littéraire des livres rares ou anciens (en tous cas pour certains d’entre eux).

Où achetez vous vos livres? Internet, salons, libraires?

Pour la (toute petite) partie bibliophilique de ma bibliothèque, internet vient en tête: ebay bien sûr (mais prudemment), sites de libraires, site du SLAM. Internet est une véritable révolution pour les amateurs. J'ai tendance à penser que les critiques virulentes auxquelles s'adonnent un certain nombre de libraires et de bibliophiles sont vaines. Ma génération étudie, travaille, consomme et se détend avec internet. Les gens de mon âge savent pour la plupart se méfier des pièges du web. L'internet est un outil qui permet de consulter les catalogues de libraires ou de vente partout dans le monde. Plus besoin d'aller consulter l'énorme catalogue imprimé de la BnF, ni même le NUC! Le Catalogue collectif de France est également un outil d'une redoutable efficacité. Sans compter la grande quantité d'usuels qui ont été numérisés et sont désormais disponibles gratuitement (Brunet, Vicaire, Barbier, et la "biographie universelle" de Michaud sont désormais dans mon disque dur). C'est fabuleux! Je suis, vous l'aurez compris, un partisan résolu de l'utilisation du net (sans être aussi enthousiaste en ce qui concerne ebay).
J’achète aussi bien sûr chez des libraires. Parfois également en salle des ventes : ce sont des endroits où il est assez facile de faire des affaires.
Je n'ai jamais rien acheté sur un salon ; je n'ai à vrai dire pas tellement fréquenté de salons, même si un libraire que je connais bien a accepté de m'accueillir sur son stand pendant le salon du livre ancien au Grand Palais en 2007. Les tarifs pratiqués sur les salons sont souvent plus élevés qu'en catalogue, mais ces événements offrent l'avantage de rassembler un grand nombre de libraires, qui rassemblent eux-mêmes le meilleur de leur fonds. Cela présente un intérêt évident, me semble-t-il, pour l'amateur. Un salon comme celui de Paris doit aussi être envisagé comme un grand espace d'exposition (ha ! le stand de la librairie Tenschert...!). Pas obligé d'être acheteur pour y trouver de l'intérêt!

Quel est le ou les livres qui vous font rêver? Et les livres que vous possédez déjà et qui vous sont particulièrement chers?

Beaucoup de livres me font rêver. Entre autres, les incunables, les très belles impressions du XVIème siècle (allez, une au hasard qui m'a marqué lorsque j'ai commencé à m'intéresser au livre: la bible polyglotte plantinienne), les "Étrennes de poésie françoise en vers mesurés" de Jean-Antoine de Baif (1574), le"De Re diplomatica" de Mabillon (1681), l'E.O. de Tristram Shandy (1759), et toutes autres très belles, très importantes ou très étonnantes choses... Je l'ai déjà dit dans un commentaire sur le blog, je préfère réfléchir en terme d'exemplaire plus qu'en terme de titre. Un texte de peu d'intérêt peut devenir désirable s'il est bien relié. Je n'achèterai pas (ou alors à vraiment très bas prix) un livre s'il est incomplet, dérelié, sans marge, ou trop sale. Je rêve parfois à des textes dont je ne connais rien en voyant une belle typographie ou une belle reliure. Je rêve aussi parfois de posséder des beaux exemplaires de grands textes que je n'ai lus qu'en poche... L'amateur de livres rêve beaucoup! L'un des livres qui m'est le plus cher est mon premier achat "bibliophilique". Un ouvrage qui ne vaut à peu près rien d'un point de vue économique (un tome seul [sur six!], auquel il manque la plupart des gravures), mais qui m'est toujours cher. Il s'agit du deuxième tome du Traité de Diplomatique de Toustain et Tassin (1755). Toustain et Tassin, deux bénédictins de la Congrégation de Sainte-Maure, prennent la relève de Mabillon et rédigent un énorme traité de diplomatique (« l'art de déchiffrer les chartes et les diplômes »). Avec Mabillon, Toustain et Tassin inventent la paléographie et la critique scientifique des sources historiques. Témoignage émouvant pour un étudiant en histoire que celui de sa discipline en train de naître! Un volume in-quarto, relié plein veau, avec de très belles planches reproduisant divers type de documents (monnaies, inscriptions lapidaires, chartes, etc.). Les formes de lettres anciennes sont souvent reproduits en plein texte (ont-ils gravés des poinçons et fondus des caractères pour cette unique impression? j'en rêve!). J'ai acquis très récemment une impression didonne de 1783 très bien conservée, sous une reliure à plaque romantique (Restauration, pour être précis) que je me plais à attribuer à Bibolet (sans autre preuve que le style et une roulette… un peu léger, je sais!). C'est la seule belle reliure que je possède. Rien de trop fastueux, mais je l'aime beaucoup.
Je me suis également offert il y a plusieurs mois l'un des 55 exemplaires du tirage de tête (sur vergé d'Arches) de "Pseudo" d'Emile Ajar/Romain Gary. Gary est certainement l'auteur français auquel je suis le plus attaché, et Pseudo est l'un de ses livres les plus fort. Je tenais à en posséder un bel exemplaire. J'attends d'avoir un peu plus de moyens pour donner à cet ouvrage la reliure qu'il mérite. Il patiente en attendant dans son aquarium de papier cristal…

Vous savez que les lecteurs du blog aiment les histoires, auriez-vous une anecdote à nous raconter, sur une trouvaille, un livre, autre chose qui touche à la bibliophilie?

Une simple anecdote. Au cours de mes recherches sur un imprimeur du XVIe siècle, en visite dans une bibliothèque municipale, j'ai eu la chance de tomber sur un exemplaire sorti de ses presses et entièrement constitué d'épreuves d'imprimerie, corrigées à la main, qui n'était pas référencé comme tel dans le catalogue. J'en ai été stupéfait! C'est pour moi une source importante, d'autant que l'on connaît assez peu d'exemplaires d'épreuves pour l'imprimerie du XVIe siècle. Ce sont des deuxièmes épreuves, avec assez peu de corrections, mais avec des particularités typographiques intéressantes: grandes capitales utilisées "en vrac" (sans dessus/dessous) pour caler le texte dans la galée, italiques capitales manquantes et complétées par de simples traits (ce qui me renseigne sur l'état des casses d'italique dans l'atelier de mon imprimeur). C'est pour moi une trouvaille passionnante sur laquelle je travaille encore. Enfin, vous êtes un visiteur fidèle du blog... qu'en attendez-vous?

Qu'il me cultive, qu'il m'informe, qu'il me détende aussi, et qu'il crée des rapports entre les amateurs. L'amour du livre est une belle chose, autant le cultiver. Autant le partager, en partageant des connaissances, comme vous le faites et comme le font vos lecteurs dans leurs commentaires. J'apprends beaucoup à vous lire, et vous encourage vivement à continuer. Merci pour l'honneur que vous m'avez fait en me posant ces questions, j'espère n'avoir été ni trop long, ni trop ennuyeux... Il est toujours délicat de trop parler à la première personne!

Merci!
H

Légende des images :
01 - Deux pages du traité de "La Civilité qui se pratique en France", Orléans, Rouzeau-Montaut, 1785.
02 - Détail du même ouvrage.
03 - E.O. de "Pseudo" d'Emile Ajar: tirage courant (droite) et grand papier (gauche), PAris, Mercure de France, 1976.
04 - Confrontation des deux pages 38 du même ouvrage. Grand papier (et grande marge!) à gauche, tirage courant à droite).
08 - Isocrate, Orationes et Epistolae (grec et latin), Paris, Jean Libert, 1621. Détail.
10 - Toustain et Tassin," Nouveau traité de Diplomatique", t. II, Paris, Guillaume Desprez, 1755. Titre.
11 - Ibid. Incipit.
12 - Ibid. Incipit (2).
13 - Ibid. Une planche.
14 - Ibid. Une plance.

jeudi 15 novembre 2007

Magazine du Bibliophile de Novembre 2007, n°68

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Comme régulièrement, je vous propose un petit survol du Magazine du Bibliophile de novembre 2007 (MdB). Vous savez que je suis abonné et que c'est toujours un plaisir de le découvrir dans ma boîte aux lettres même si parfois au cours des derniers mois je fus fort désappointé en constatant le peu de place accordé au livre ancien.
J'ai donc reçu le dernier numéro hier, et force est de reconnaître que le livre ancien tient une place plus importante ce mois ci avec un long article sur l'enluminure, un excellent article d'un petit jeune rémois sur la Chronique de Nuremberg (et je sais que ce livre fascine au moins l'un des lecteurs du blog), une étude des premières impressions hébraïques italiennes (incunable, Manuce, etc.), et enfin un portrait de Chamisso, l'auteur du célèbre "La merveilleuse histoire de Peter Schlemil". Bien sûr les rubriques habituelles sont présentes, des salons au ventes en passant par l'agenda.

Vous serez donc je le pense autant satisfait que moi de cet excellent numéro du MdB.

Et puis, il y a un petit bonus pour les lecteurs du blog... En effet, à la page 6, vous pourrez découvrir notre fidèle et bibliophile expert Jean-Paul, en brillante compagnie, la main bien posée sur sa flûte, au cas où son voisin aurait des velléités de s'en emparer, alors qu'ils devisent ensemble d'Uzanne ou de... Rabelais. Un peu plus bas, on voit d'ailleurs à nouveau Jean-Paul, en train d'expliquer sa tactique à Jean-François Cornu. En exclusivité j'ai décodé pour vous en lisant sur ses lèvres, er cela donne "Tu as vu le jeunot qui a essayé de me piquer mon champ', t'as vu la technique de pro, le poser de main sur la base, qui empêche toute approche! C'est pas un perdreau de l'année le Jean-Paul!"... Les après-midis rémoises semblent fort agréables!

Enfin voilà, un bon numéro, foi de rigolo! (ceux qui voient à quoi je fais référence comprendront!)

H

Gonzalo, ebay and co...

Amis Bibliophiles Bonjour,

Gonzalo et les autres... En ce qui concerne les "livres" à éviter et le fait de parler d'ebay sur le blog.

Il est vrai que je parle plus d'ebay que des autres supports de vente (encore que sur le message dans lequel le débat est survenu, nous parlions d'un livre de Dédé, dont il se trouve que le pendant se trouvait sur ebay, ce qui à engendré la demande de conseil de Dédé).

La raison en est assez simple et elle est multiple : au moment où je faisais des sondages (qui vont revenir je pense), le seul mode d'achat étant utilisé par tous les lecteurs du blog était ebay, alors que vous êtes minoritaires en ce qui concerne les achats chez les libraires ou en salles des ventes.

J'aimerais beaucoup commenter des catalogues de libraires ou des catalogues de ventes, mais premièrement j'en reçois assez peu, et, deuxièmement, pour que cela ait un sens, il faudrait que vous le receviez tous, pour que nous puissions en discuter ensemble. En pratique c'est impossible... (je commenterai néanmoins la prochaine vente Bérès, parce que c'est un événement important de notre univers).

D'où ebay... Vous remarquerez d'ailleurs, comme l'a très judicieusement fait Bertrand hier à propos d'un Albert, que je reste neutre vis à vis d'ebay, et que si je pense que cet outil est très intéressant pour nous, il n'est pas exempt de défauts, loin s'en faut. Il me paraît donc légitime d'en parler, d'alerter sur un livre qui y est mis en vente si besoin, etc.

Ce n'est donc pas un parti pris pro-ebay, mais simplement un choix par défaut, puisque nous ne pouvons tous nous réunir autour d'un catalogue de libraire ou de salles des ventes. En ce qui concerne les bannières latérales sur le blog, elles permettent justement d'équilibrer entre ebay et les libraires.

Néanmoins, il me vient une idée : si un libraire ou une société de ventes me lit et qu'il souhaite mettre à la disposition des lecteurs du blog son catalogue en version électronique (et accepter les critiques et remarques éventuelles, comme c'est le cas pour ebay), les portes sont grandes ouvertes, et je me ferais un plaisir de le diffuser.

Pour conclure : nous parlons de livres, c'est certain, et évident, mais, et nous en avons déjà débattu auparavant, les livres n'étant pas mis gracieusement à notre disposition, le "marché" est une donnée qu'on ne peut négliger, et que j'évoque donc également de façn régulière.

Voici un débat ouvert, à vos plumes,si vous avez envie de vous exprimer.

H

mercredi 14 novembre 2007

Un Livre à l'honneur : l'Histoire du Diable de Defoe

Amis Bibliophiles Bonsoir,

(message en musique pour ceux qui le souhaitent, ou la vision du Diable par Mick, Keith et les autres : Daniel Defoe l'aurait écouté, c'est sûr!)


Lorsque l’on pense à Daniel Defoe, c’est l’image de Robinson Crusoe qui nous vient immédiatement à l’esprit, comme s’il n’avait écrit que cela, comme si on ne devait retenir que Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre, ou plus réducteur encore, Manon Lescaut comme unique texte de l’Abbé Prévost.
En réalité, Daniel Defoe écrira toute sa vie, il est journaliste, et il produira un grand nombre d’autres ouvrages dignes d’intérêt (dont Capitaine Singleton, Lady Roxana, ou l’Histoire des Pirates Anglais, écrite sous le pseudonyme de Charles Johnson). On ignore néanmoins le plus souvent que l’homme s’est également intéressé à d’autres sujets, moins romanesques, dont l’ésotérisme.

Il a en effet écrit deux ouvrages bien connus des amateurs du genre dont une étude sur les apparitions, et le livre qui nous intéresse aujourd’hui, l’Histoire du Diable, contenant un détail des circonstances où il s’est trouvé, depuis son bannissement du ciel, etc.

La première édition française du livre date de 1729 (2 volumes in-12, Amsterdam, aux dépens de la Compagnie) et l’ouvrage sera mis à l’index en 1743.
L’ouvrage est à la frontière du religieux et du surnaturel et est en fait une satyre comique dans laquelle Defoe tourne en dérision la bêtise humaine et l’imagerie populaire qui entoure le Diable. Il en profite au passage pour égratigner les croyances religieuses héritées du Moyen-Age et que l’église met toujours en avant.

En fait, son procédé est assez original, puisqu’il se place dans le contexte d’un retour sur terre du Diable après des centaines d’années et celui-ci découvre que sans lui l’Humanité a continuer à agir de façon diabolique et même souvent plus diabolique qu’il ne l’aurait lui-même fait. Et, ce qui est cocasse, est que malgré son absence, les hommes ont continué de le blâmer pour leurs agissements.

Au final, c’est ce paradoxe que Defoe met en avant : le Diable existe, son but est bien de semer le chaos et le désordre, mais son action est démultipliée par l’hypocrisie humaine, qui agît de façon inconséquente et égoïste, tout en se dédouanant et en attribuant ses errances à l’action du Malin.
L’ouvrage se compose de deux parties, la première dans laquelle Defoe présente le Diable (qui a deux caractéristiques majeures : il est croyant, et il craint Dieu. Il peut prendre la forme qu’il souhaite et il a de multiples noms, Satan, Lucifer, Le Dragon Rouge, etc.) et son influence sur les hommes. Et une seconde partie dans laquelle Defoe démontre que le Diable a étendu son influence aux institutions et aux modes de gouvernement, et qu’il est un proche des pouvoirs catholiques en place en Europe… On gage que c’est cette partie qui aura le plus déplut à l’Eglise et engendrera l’interdiction !


H

mardi 13 novembre 2007

Solution de l'énigme : René Kieffer

Amis Bibliophiles Bonsoir,

La solution de l'énigme d'hier soir était bien sûr René Kieffer. C'est Jean-Paul qui a été le premier (et le seul...) à trouver la bonne réponse.

René Kieffer, qui es-tu?

René Kieffer (1876-1963) est un relieur d'art qui a exercé au début du XXe siècle et jusqu'en 1950 environ. Comme Cretté, il fût élève de Marius-Michel, avant d'adopter un style résolument Art Déco dans les années vingt. De 1919 à 1923, il exécute les reliures que dessine Pierre Legrain pour Jacques Doucet.
Son atelier deviendra vite important, qui peut produire jusqu'à 2000 volumes par an, avec des reliures de toutes sortes, des plus luxueuses aux plus modestes.

En plus de la reliure René Kieffer se lance dès 1909 dans l'édition de livres de luxe illustrés. Il apprend le métier auprès de confrères : Georges Crès, mais aussi Auguste Blaizot qui joint son nom aux premières éditions de René Kieffer.
Le Mercure de France lui confiera d'ailleurs la direction de quelques volumes pour leurs propres éditions.

Sa librairie ouvrira en 1923, et ses trois activités sont alors réunies en un seul lieu. On retiendra une tendance générale dans les activité de Kieffer : retenir de grands textes, peu publiés, les faire illustrer par les grands noms de l'époque et quand cela est possible, les proposer dans des reliures de luxe (ou parfois des reliures éditeurs).
Les reliures de René Kieffer sont assez rares et souvent originales, notamment via l'utilisation de matières diverses, qui sortent du "tout maroquin" de ses prédécesseurs.

H

Dédé vous demande votre avis...

Amis Bibliophiles Bonjour,

Je vous retansmets un message de Dédé :

BonjourJ’aimerai avoir votre avis sur un ouvrage qui est incomplet (il lui manque deux pages) c’est "les Jours caniculaires" de Maiole d’Ast édition de 1610 en français.

J’ai vu qu’il était possible d’avoir une reproduction des éléments manquants à la BNF.

Le point de vue d’un bibliophile exigeant est il : Rejoindre son frère cadet qui est sur Ebay en ce moment ? (je ne suis pas le vendeur ;-) )

Le bibliophile un peu moins pointilleux : oui. Mais alors sur quel papier ; (vergé) ? Quelle forme: manuscrite ? Reproduction laser ?

Merci par avance de vos réponses.

H pour Dédé

lundi 12 novembre 2007

L'Enigme du Bibliopégimane...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Nous sommes lundi, jour des énigmes, en voici donc une pour vous agiter les méninges :

Qui suis-je?

Vrai amoureux du livre, Artiste mais aussi éditeur, je suis un acteur marquant du microcosme bibliophilique du début du 20ème siècle et ma production est double, allant des créations les plus luxueuses au plus modestes.

J'ai travaillé avec Pierre Legrain, Blaizot ou Crès et avec le temps, j'ai fini par devenir également libraire, bouclant la boucle.

Je suis lié au Mercure de France.

Un indice? Art Déco, vraiment. Et mon fils me succédera.

H

Innovation technique pour suivre les commentaires

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Avant de vous livrer votre énigme du lundi, voici quelques informations techniques, avec une innovation qui va simplifier la vie des amateurs de débat :

Vous pouvez désormais souscrire aux commentaires par email : ceci rend beaucoup plus facile le suivi d’une conversation, après que vous ayez ajouté un commentaire à un message.

Vous remarquerez la nouvelle case à cocher en bas de la page "Enregistrer un commentaire" :Veuillez noter que pour recevoir les suivis par email, vous aurez besoin d’utiliser votre Compte Google pour poster les commentaires.
Ceci nécessite un compte Google, ou Gmail, j'en suis conscient, que vous pouvez créer facilement à l'adresse suivante :


Une fois ce compte créé, si vous ne souhaitez pas utiliser gmail comme boîte email, mais rester chez votre fournisseur internet, vous pourrez configurer votre adresse gmail de façon à ce qu'elle transfère automatiquement tous les messages entrants dans votre boite aux lettres habituelle.

Si vous avez déjà un compte gmail ou google, alors c'est encore plus simple.

H

dimanche 11 novembre 2007

Exposition d'Ex-Libris

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Le débat sur les EO fait "rage"...

En attendant, je vous propose quelques ex-libris à contempler méditativement pour ce soir.

Avoir un ex-libris ou non, je n'ai pas encore tranché en ce qui me concerne...

H

samedi 10 novembre 2007

Les EO, est-ce vraiment original comme domaine...? Débat!

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je souris souvent en consultant des descriptifs de vente, chez des libraires ou dans des catalogues lorsque je lis "seconde édition originale" (sic), "deuxième originale" (re-sic), "année de l'originale" (comme si c'était un gage de qualité)... sans parler des pré-originales, qui valent parfois plus que les originales, parfois moins, enfin ça dépend surtout du stock du libraire qui les vend...

En fait, c'est clair, le terme "original" fait vendre et il est donc mis à toutes les sauces, parfois en dépit du bon sens. Il est clair que des nuances existent, mais cela-a-t-il vraiment un sens?

Cela amène deux questions :

1. Quand ce n'est pas l'originale (je veux dire la véritable, c'est-à-dire la première imprimée, je laisse de côté les pré-originales), cela a-t-il un sens de vouloir grappiller quelques poussières de gloire et d'euros en ajoutant "2ème originale", "vraie originale, mais en fait 3ème édition", etc?

2. Plus loin, si on avance dans le débat, est-ce que cela a un sens de se targuer de posséder l'édition originale d'un livre, comme si cela voulait tout dire... En ce qui me concerne, je ne suis pas sensible à cet argument "originel", et je préfère une 10ème édition parfaite, revue et rerevue mais en très bel état, à une originale qui tomberait en lambeaux... Bien sûr toute loi a ses exceptions, mais vous, comment vivez vous ce rapport à l'EO?

Avouez, c'est un peu étroit comme approche, non? En tout cas, nous sommes bien d'accord, elle ne peut se suffire?

Enfin... Quelle peine proposez-vous pour ces vendeurs originaux et qui abusent du terme "original"? Estampage à froid?

Sourire.

H

P.S. : je rappelle aux âmes sensibles que je prends parfois des positions franches pour pouvoir lancer un débat...

Identification Armes

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je vous transmets l'appel à l'aide de Patrick, qui cherche à identifier les arme suivantes, qui recouvrent un volume du 18ème.

Patrick pense les avoir identifiées partiellement avec les éléments ci-dessus.

Merci à vous.

H

vendredi 9 novembre 2007

Back in Black

Amis Bibliophiles Bonsoir,


Je suis de retour. Merci beaucoup à ceux d'entre vous qui ont posté des messages en mon absence, pour entretenir l'activité du blog, c'est vraiment très gentil de votre part.

Je profite de cette reprise des commandes pour préciser quelques petites choses.

1. En ce qui concerne les questions que vous m'avez fait parvenir sur la pertinence de créer un groupe/forum de discussion à la place du blog, je rappelle que j'ai posté un message sur le sujet il y a quelques mois. En fait, il existe déjà un groupe de discussion lié au blog (http://groups.google.com/group/bibliophilie?hl=fr), que j'ai créé le même jour que le blog, afin qu'il prenne le relais un jour, quand je serai épuisé ou gâteux...

Si rien ne vient bousculer mon planning, j'ai prévu de me pencher sur le transfert au bout d'un an, soit en mars 2008 environ, je verrai alors comment procéder dans de bonnes conditions à la bascule sur le groupe google.

2. Je reçois régulièrement des demandes d'information, des questions directes (notamment d'identification) ou des suggestions de messages concernant le blog. Je les traiterai régulièrement dans un message "Courrier des Lecteurs", aussi je vous prier de m'excuser si je ne vous réponds pas toujours rapidement par email, mais j'en reçois parfois 10 dans la journée. Dans tous les cas, tous sont lus et je retransmettrai le contenu sur le blog, afin de renforcer encore plus les liens unissant cette micro-communauté.

En ce qui concerne les suggestions de message, ne soyez pas frustré, mais parfois quand l'un de vous me demande par email d'écrire un message sur les éditions originales des Fleurs du Mal... et bien, cela se heurte tout simplement à mon manque de connaissances et j'en incapable. Deux solutions : soit la personne qui me le demande effectue elle-même les recherches et je serai heureux et fier d'en diffuser le fruit sur le blog, soit je transmettrai simplement la demande dans le courrier des lecteurs, pour voir si un autre lecteur a la réponse.

3. Comme déjà évoqué ici, je cherche en permanence des moyens d'assurer la promotion du blog pour élargir la communauté. Certains d'entre vous l'ont sans doute vu, j'avais diffusé une sorte d'annonce sur ebay... Malheureusement, je viens de recevoir ceci :

"Nous vous remercions d'avoir choisi eBay pour votre (vos) annonce(s) suivante(s) :

320179598498 - Gratuit : LE BLOG DU LIVRE ANCIEN ET DE LA BIBLIOPHILIE

Malheureusement, votre(vos) annonce(s) enfreint (enfreignent) le règlement eBay Pas d objet. Elle(s) a(ont) été supprimée(s). Nous avons crédité votre compte de tous les frais de vente associés à votre annonce et informé les utilisateurs concernés de son retrait.

Les annonces n'offrant pas d'objet ou de service à vendre ne sont pas autorisées sur eBay. Ce type de pratique entraîne une mauvaise expérience des acheteurs et perturbe le bon fonctionnemant d'eBay.

REMARQUE IMPORTANTE : la remise en vente de cet objet ou toute autre infraction de cette nature peut entraîner la suspension de votre compte. Nous sommes heureux de vous compter parmi les membres de notre communauté et souhaitons poursuivre cette relation. Par conséquent, nous vous saurions gré de respecter nos règlements et nos Conditions d'utilisation."


Je ne pourrai donc plus promouvoir le blog de cette façon. Si vous avez de nouvelles idées, je suis preneur.

Voilà tout pour ce soir et encore un grand merci à ceux qui ont posté des commentaires. Comme le disait un jour Isa ici même, c'est le meilleur encouragement que je peux recevoir, et c'est une source de motivation importante quand je dois m'atteler à la rédaction de mon message quotidien.

H

mercredi 7 novembre 2007

Absent deux jours

Amis Bibliophiles Bonjour,

Je suis absent pour deux jours et je ne pourrai animer le blog.

Comme en juillet, si vous le souhaitez, vous pouvez échanger via les commentaires de ce message.

H

PS : Jean-Paul, je vous lavatérise dès mon retour! Sourire

mardi 6 novembre 2007

Solution : Lavater et la physiognomonie...

Amis bibliophiles Bonsoir,

La solution de l'énigme était bien sûr le "Lavater", ou "L'art de connaître les hommes par la physionomie" de Gaspard Lavater.

Vous avez été une demi douzaine a trouver la bonne réponse, mais c'est Jean qui le premier m'a contacté. Bravo à lui.

Gaspard Lavater (1741 - 1801) était un théologien suisse et écrivain de langue allemande. Philosophe, physiologiste, poète et littérateur, il s'est surtout fait connaître pour son ouvrage sur la physiognomonie : L’Art de connaître les hommes par la physionomie dans lequel il jette les bases modernes de la physiognomonie, "science" fondée sur les rapports censés exister entre le caractère d'un individu et les traits de visage. Son premier écrit sur la physiognomonie fut publié en Allemagne en 1772. Il fut suivi de plusieurs autres, qui eurent un grand succès en France, en Angleterre et en Italie. Lavater mourut en 1801 des suites d'une blessure reçue lors de la prise de Zurich par Massena en 1799.

Goethe, dont il fut l'ami, admirait beaucoup son œuvre.

De l'Antiquité à Lavater, la physiognomonie ou métoposcopie a une longue et très riche tradition passant par les Arabes. La Renaissance et les siècles qui suivent s'en passionnent et cet engouement atteint des sommets au XIXe siècle. Entre autres ouvrages, on peut citer Savonarole (Speculum physionomiæ, vers 1450), Gerolamo Cardano écrit vers 1560 sa Metoposcopia qui sera publiée en 1658 illustrée de dessins ; Giambattista della Porta, publie le bien connu De humana physiognomia (1586) qui jouit d'un grand prestige.

Lavater s'inscrit dans cette longue tradition de la physiognomie dont il n'est pas fondateur mais il sera élevé au rang scientifique par ses contemporains enthousiastes et ses disciples. Au final, son système est plus une déduction métaphysique dont l’objet ultime est de restituer la pureté divine altérée par le péché.

Ainsi, il attribue les caractères suivants aux portraits que j'ai proposé hier.

On reconnaît dans cette physionomie celle d'un fripon; la capacité et la forme de ce front promettent cependant un esprit réfléchi et même profond... une physionomie répugnante, incapable d'inspirer la confiance.

Esprit lourd, borné, opiniâtre, ignorance grossière,..."toute concavité, ici l'occiput, dénote de la faiblesse de l'organe qui y réponds, etc.

J'ai un Lavater portatif de 1812 (format in-16), qui a appartenu à un officier de police du début du 19ème, et qui est relié avec divers autres ouvrages sur le sujet : "Le Lavater des Dames" de Hocquart, "Mimique, ou l'art de connaître les hommes sur leurs attitudes", et "Les Sympathies, ou l'art de juger par les traits du visage des convenances en amour et en amitié".

C'est un ouvrage passionnant, souvent comique, qu'à défaut de lire, je feuillete souvent, je me disais d'ailleurs, en regardant la photo de Jean-Paul sur la carte....

H

lundi 5 novembre 2007

Enigme Bibliophilique n°16 (?)....

Amis bibliophiles Bonsoir,

Comme chaque semaine, je vous propose une énigme. Saurez-vous l'élucider?

Magnifique galerie de portraits, je suis un ouvrage important de la fin du 18ème.
J'ai même donné une nouvelle impulsion à un courant existant depuis l'Antiquité et ayant traversé les siècles, et je fus suivi de quelques suites, variantes et déclinaison.
J'existe en divers formats, dont un fort pratique format portatif.

De tristes sires voudraient me remettre au goût du jour, mais heureusement, j'appartiens désormais surtout au pacifique monde des bibliophiles...
Qui suis-je? Que suis-je?

Si vous avez la réponse : blog.bibliophile@gmail.com

H

dimanche 4 novembre 2007

Un tour sur ebay, avant de prendre la route

Amis Bibliophiles bonsoir,

Je serai sur les routes ce soir, aussi je vous propose quelques livres repérés sur ebay pour occuper votre soirée.

Une intéressante reliure mosaïquée de Miguet :

Une reliure signée Miguet

Le grand classique de Calmet sur les revenants et les vampires :

Dissertation sur les apparitions...

L'écumoire, ou Tanzai et Néadarné, de Crébillon :

Un étonnant ouvrage de Crébillon, que je ne connaissais pas...

Un tome isolé du Labat, assez symptomatique de ce qu'on peut croiser sur ebay :

Les Antilles vues par le sympathique Père Labat..

Un bel ensemble de bibliophilie qui rejoint notre débat sur les prix :

Annuaire des Ventes de Livres de Delteil

Le Manuel du Cazinophile, en attendant l'ouvrage de Jean-Paul :

Cazin, cazin et cazin...

Les Fleurs Animées de Grandville :

Le grand classique de Grandville, superbe

Et une assez belle pièce pour ebay, pour finir :

Un Livre d'heures...

Allez, les bouchons m'attendent!

H

samedi 3 novembre 2007

Un débat très tendance...

Amis Bibliophiles Bonjour,

Mon nez est trop occupé à découvrir les divers parfums s'échappant des bouteilles issues de caves familiales pour me pencher sur vos petites querelles olfactives (sourire), et surtout pour plancher efficacement sur un message de fond...

Aussi, je vous propose un petit débat : la bibliophilie est-elle affaire de tendances, suit-elle des modes? Et vous même, êtes vous victime de ces modes?

J'ai l'impression qu'à l'heure actuelle il y a une tendance assez importante vers Jules Verne et les Hetzel, ce qui me laisse interdit, ainsi qu'une autre vers les illustrés modernes.

Qu'en pensez-vous? Cela soulève en tout cas un autre débat : on pourrait être tenté de dire que malgré les modes, un bon livre reste toujours un bon livre, mais est-ce vraiment le cas. Un Verne/Hetzel payé 1000 euros aujourd'hui en vaudra-t-il plus de 500 dans 10 ans?

Pour ceux d'entre vous qui ont le plus de bouteille (ahahaha) bibliophilique, avez-vous pu observer ce type de phénomène sur les 20 ou 30 dernières années? Et globalement, quelle est l'évolution des prix?

Je rappelle qu'un doctorant ayant travaillé sur le marché du livre rare pour le SLAM prévoit un effondrement des prix dans les 10-15 ans à venir... Ce qui laisse songeur. Un avis?

H

vendredi 2 novembre 2007

La Carte... C'est plus que simple.

Amis Bibliophiles Bonjour,

Pour répondre à Rémi, il est extrêmement simple de s'inscrire plus en détails sur la carte (même si l'outil est encore instable et a tendance à être capricieux). Voici comment faire, c'est tout simple :

0. Aller sur la carte.
1. Cliquer sur "please add yourself"
2. Entrer votre nom
3. Entrer votre email
4. Ajoutez une photo l'uploadant depuis votre disque dur
5. Ajoutez une phrase dans "shout out" si vous le désirez.

Et voilà, c'est fait. Tout simple, et nul besoin de s'y connaître en informatique.

:)

H

jeudi 1 novembre 2007

Holbein et la Danse Macabre

Amis Bibliophiles Bonjour,
(Message en musique, vous pouvez écouter la Danse Macabre de Saint-Saens en lisant ce message).



La Danse Macabre est familière des Bibliophiles, mais qui est-elle véritablement ?

La Danse macabre est un élément, le plus achevé, de l'art macabre du Moyen Âge, du XIVe au XVIe siècle. Elle représente, dans la littérature, la peinture ou la sculpture, l'entraînement inexorable de tous les humains, quelle que soit leur position sociale, dans un cortège solidaire vers un destin commun, la Mort. On y voit à la suite un pape, un évêque, un moine, un empereur, un roi, un seigneur, un soldat, un bourgeois...

L'une des plus anciennes figurations de Danse macabre connue apparaît à Paris, en 1424, sur les murs du charnier du cloître des Saints Innocents. Cette fresque, aujourd'hui détruite, ne comportait que des hommes. Elle nous est parvenue à travers des gravures populaires que l'on retrouve dans le Manuscrit de Blois, au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale de France.

En 1538, avec la publication de Les simulacres de la Mort, Hans Holbein le Jeune redéfinit le thème de la danse macabre. La Mort, toujours agressive et jubilatoire, ne danse plus dans une longue farandole, mais intervient directement dans des scènes de la vie quotidienne. Dès lors, l’œuvre de Holbein devient la référence. Celle-ci est une suite de 41 gravures sur bois, qui furent exécutées vers 1526 et publiées 12 ans plus tard à Bâle, dans un recueil intitulé: Les simulacres et historiées faces de la mort.

C’est Holbein qui fait réellement entrer la Danse Macabre en bibliophilie, et c’est aussi lui qui en change fondamentalement le but didactique. Désormais, la Danse des Morts est un livre, et on en recevra les leçons seul à seul, avec un livre, et plus rarement en communauté, en regardant de grandes fresques.

La composition même de la danse macabre change: la Mort ne mène plus une farandole, mais intervient dans des scènes choisies de la vie quotidienne. Holbein est un humaniste et ses sentiments anticléricaux transparaissent dans son oeuvre. Il fait de la Mort un justicier dénonçant l'abus de pouvoir et l'avarice. Les quatre premières gravures sont des scènes de la Genèse, suivies par un groupe de squelettes jouant de la musique. La danse proprement dite débute avec le pape et se poursuit avec 34 autres victimes. Elle se conclut avec une gravure représentant le Jugement Dernier et une autre, les armoiries de la Mort. Dorénavant, l'Homme devra mourir, et le sablier qui apparaît fréquemment sur ses gravures incarne l’inexorabilité de ce destin.

Les scènes de la Danse macabre de Holbein sont connues et marquent en général les esprits… Imaginez ce qu’il en fût en 1538 : Sur la gravure du Pape, la mort vient le cueillir lors du couronnement d’un empereur, à l'un des moments les plus prestigieux de sa carrière. Deux démons symbolisant la tentation de la vanité sont aussi présents.

Avec le cardinal, la Mort surgit pendant la vente d'une indulgence. L'évêque paraît confus alors que la Mort, le prenant par la main, le guide à travers un troupeau de mouton.
La mort empoigne le moine alors qu'il tente de fuir avec ses possessions, alors que celui-ci a fait vœu de pauvreté. Mais la gravure avec la nonne demeure l'une des plus ironiques. Celle-ci dans une chambre richement décorée fixe d'un regard concupiscent son amant au même moment qu'elle prie. La Mort intervient en éteignant une bougie située sur l'autel. Un signe évident du destin de la nonne.

De telles représentations provoquèrent les rires du peuple, mais aussi la haine et la colère du clergé. Plus loin Holbein s’attaque aux autres puissants : le duc repousse une femme et son enfant, l'avocat reçoit ses honoraires d'un riche client; les deux ne se soucient guère du pauvre à leurs côtés. Holbein fait preuve d'un subtil sens de l'humour lorsqu'il représente la Mort qui s'empare d'abord de l'or de l'homme riche, avant de lui voler son âme.

Toutefois la Mort n'est pas toujours représentée comme justicier. Elle se montre cruelle en enlevant l'enfant à sa famille. Étrangement, elle tient parfois le rôle d'un ami ou d'un serviteur: comme avec Adam, la Mort aide l'agriculteur dans ses travaux aux champs. Elle sert le roi en lui versant l'eau pour se laver les mains avant le repas. Elle accompagne solennellement le vieil homme et la vieille dame vers leur dernier repos.

Finalement, avec l'avant-dernière scène: le jugement dernier, Holbein rappelle que la rédemption et la résurrection sont possibles avec l'aide du Christ. Grâce à lui, l'Homme peut triompher de la mort.

Les 41 gravures d’Holbein sont :

1- La création
2- La tentation
3- L'expulsion du Paradis
4- Adam travaillant le sol
5- Os de tous les morts
6- Le pape
7- L'empereur
8- Le roi
9- Le cardinal
10- L'impératrice
11- La reine
12- L'évêque
13- Le duc
14- L'abbé 15- L'abbesse
16- Le noble
17- Le chanoine
18- Le juge
19- L'avocat
20- Le sénateur
21- Le prédicateur
22- Le prêtre
23- Le moine
24- La nonne
25- La vieille dame
26- Le médecin
27- L'astrologue
28- L'homme riche 29- Le marchand
30- Le navigateur
31- Le chevalier
32- Le comte
33- Le vieil homme
34- La comtesse
35- La noble
36- La duchesse
37- Le vendeur ambulant
38- L'agriculteur
39- L'enfant
40- Le jugement dernier
41-Les armoiries de la Mort

En 1545, lors de la cinquième édition (Lyon), de nouveaux figurants joignirent la danse macabre, puis ce fût à nouveau le cas en 1562, toujours à Lyon. La Danse Macabre comprend 57 gravures, et est la plus longue. Hans Holbein a aussi fait un alphabet de la Mort et une danse macabre sur un fourreau de poignard.

Avec les siècles, la Danse Macabre, ou Danse des Morts deviendra un classique de l’expression artistique, Baudelaire y consacrera d’ailleurs un poème. Les oeuvres plus récentes se sont éloignées du contexte religieux et se veulent des critiques du temps ou des moeurs

C’est un classique pour un bibliophile, et à défaut de posséder un exemplaire ancien, on pourra toujours se satisfaire d’une des nombreuses éditions du 19ème.

H

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...