« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier

"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

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lundi 8 octobre 2007

Enigme n°11 ou (12, je ne sais plus)

Amis Bibliophiles bonsoir,

Comme chaque lundi, je vous propose une énigme bibliophilique.

Vous savez mon affection pour les flibustiers et autres pirates. Saurez-vous identifier cet ouvrage?

Troisième tome d'un ouvrage fort connu du 18ème, je suis paru chez Mortier en 1705.

Mes deux premiers tomes sont connus pour leur illustration (9 planches et une carte), mais je dois moi me contenter de mon texte.

Je vous demande de me donner le titre, et l'auteur, en particulier de ce troisième tome.

Alors? Vous trouvez? N'allez pas chercher si loin!

Réponse à blog.bibliophile@gmail.com

H

dimanche 7 octobre 2007

Retour de la capricieuse carte

N'hésitez pas à ajouter un prénom, pseudo et/ou une image.
H

Vie pratique : le Kit du Bibliophile...

Amis Bibliophiles bonsoir,
Pour revenir au commentaire posté récemment, que mettriez vous dans le kit idéal du bibliophile? Quels produits d'entretien, quels accessoires éventuels (mais sans évoquer les bibliographies, que nous avons déjà évoquées et qui sont évidemment absolument nécessaires).

En ce qui me concerne, j'avoue que j'essaie de n'acheter que des livres en très état, et de fait mon budget entretien et assez réduit. Mais peut-être est-ce un tort, d'ailleurs, qu'en pensez-vous au passage, même des reliures en état parfait nécessiteraient un entretien fréquent?
Du coup, je n'utilise que la cire 213 de la BN, qui m'a été conseillée par ma restauratrice (qui est, il est vrai restauratrice à la BN), et le savon Brecknell, qui présente l'avantage d'être utile aussi bien pour un maroquin que pour une selle de cheval (les fidèles comprendront).

Un libraire m'a également conseillé une crème hydratante disponible en pharmacie (Yctiane), qui semble assez efficace. Voilà à quoi se résume mon "kit".
Il est vrai que je n'effectue aucune réparation, ni aucune restauration, même la plus menue, qu'il s'agisse de la reliure ou du papier. Je laisse cela aux professionnels.

Et vous? Qu'utilisez-vous? Quels sont vos trucs?
H

samedi 6 octobre 2007

La Carte

Pour la carte, c'est encore mieux si vous ajoutez un prénom, voire une image...
Idéalement, si on peut savoir qui habite où, même via les prénoms, ça a un côté plus convivial.
H

Où êtes vous?

Si vous descendez tout en bas de la longue page d'accueil du blog, vous trouverez une carte sur laquelle vous pouvez vous inscrire et localiser les autres lecteurs du blog.

C'est un test, si ça ne vous intéresse pas, je l'enlèverais.

H

Tiens, une question...

Comment êtes vous arrivés sur le blog? Et depuis quand le suivez vous?

Hugues

vendredi 5 octobre 2007

Les Miscellanées de Mr. H

Amis Bibliophiles Bonjour,

Une nouvelle semaine s'achève sur le blog. Voici le 220ème message, nous en sommes environ à 42 000 pages vues depuis la mi-mars 2007, pour à peu près 9000 visiteurs différents, même si ce chiffre a tendance à se tasser, d'où ma volonté de trouver quelques moyens pour "booster" le trafic. Non pas pour devenir un nabab du livre ancien par blog interposé, puisque le blog est gratuit et ne rapporte rien , mais plutôt dans une optique où je me dis que plus il y a de lecteurs, plus les échanges finissent par être enrichissants (je suis toujours preneur de bonnes idées génératrices de trafic).
L'activité autour de la claie à identifier illustre parfaitement le propos et nous avons été plusieurs, moi le premier, à être bluffé par les résultats et leur rapidité(http://bibliophilie.blogspot.com/2007/09/une-belle-claie-identifier.html).

En fait, rien ne me fait plus plaisir que de voir des commentaires, particulièrement quand ils viennent de nouveaux venus sur le blog. J'en suis doublement ravi, d'une part parce que ce sont de nouveaux "membres", mais aussi parce qu'ils ont sauté le pas en postant un commentaire. Si vous ne l'avez pas encore fait, je vous y encourage, la première fois ce n'est pas évident, mais ça devient vite sympathique si j'en crois vos retours.

Je me suis interrogé publiquement sur la nécessité de publier un message chaque jour, vous m'avez convaincu que c'est nécessaire pour que le blog soit vivant. Je vais essayer de m'y tenir, tant que je pourrai. Encore une fois, si vous voulez m'offrir un soir tranquille, n'hésitez pas à m'envoyer vos messages, je n'exerce aucune censure.

Enfin, un peu de contenu, après ces 30 lignes nombrilistes!

Pour le plaisir, et pour varier un peu les portraits que je publie régulièrement (merci à tous ceux qui s'y sont prêtés, et si vous êtes volontaires, contactez moi tout de suite! Pensez que les autres liront votre portrait avec autant de plaisir que vous en avez à lire le leur)... pour varier disais-je donc, j'ai imaginé une sorte de Questionnaire de Proust du Bibliophile, en toute humilité bien sûr. Il est encore en chantier, même si Bertrand, comme toujours, y a apporté sa pierre. Qu'en pensez-vous, avez-vous d'autres idées?

Questionnaire du Bibliophile (il me faudrait un autre nom, aussi) :

Mon livre favori dans ma bibliothèque

La qualité que je recherche dans un livre

Ma façon de vivre ma bibliophilie

Une description de ma bibliothèque en une douzaine de mots

Mon personnage de fiction favori

Ma plus belle émotion face au livre

Mon plus grand regret de bibliophile

Ma plus étrange envie de bibliophile

Ce que je ne tolère pas en bibliophilie

Si j'étais un livre rare je serais...

Ce que je crains le plus pour ma bibliothèque, mes livres

Le type de bibliophile que je suis

Mon plus grand bonheur de bibliophile

Le cuir que je préfère pour habit de mes livres

Mon plus grand héros de roman

Ma devise de bibliophile

Etc.

En travaux... Venez aussi ajouter votre pierre.

H

jeudi 4 octobre 2007

Georges Cretté, le Costumier du Livre...

Amis Bibliophiles bonjour,

Les bibliophiles connaissent le plus souvent Marius-Michel, qui fût l'un des très grands relieurs français, mais plus rares sont ceux qui connaissent Georges Cretté (1893 - 1969), son élève le plus doué, qui mérite pourtant au moins autant de louanges..
Ancien élève de l'école Estienne, il se révèle rapidement très doué pour les arts et finît par choisir la dorure sur cuir. C'est d'ailleurs à l'école Estienne qu'il fera la connaissance de Marius-Michel fils. Une fois diplômé (il sort 1er de l'école Estienne, spécialité dorure et décors), celui lui conseille de se perfectionner avant de lui proposer une place dans son atelier du 5ème arrondissement de Paris. Il y fait ses débuts comme apprenti et devient progressivement le collaborateur principal du maître.
Il ensuite mobilisé pendant la première Guerre Mondiale, s'en sort... et rejoint l'atelier de Marius-Michel en 1919 où il contribue à donner un nouvel élan à l'atelier, surfant la vague Art Déco. Au décès du maître, il prend sa succession, signant d'ailleurs, par respect pour son mentor "Cretté, successeur de Marius-Michel", comme d'autres le firent également ("Petit, successeur de Simier"). Cretté va alors simultanément prolonger l'oeuvre et le style de Marius-Michel tout en développant sa propre approche, délaissant le style floral pour des créations résolument Art Déco.


Son style s'affirme alors pleinement (Il est proche de Dufy par exemple), faisant triompher les filets, et il s'illustre également en utilisant de nouvelles matières (insérant métal, écaille, laque, lézard) . Dans les années 30 il devient l'un des maîtres incontestés de son époque, avec cette particularité qu'il conservait une approche très artisanale et de son métier, en connaissant toutes les ficelles et les moindres détails (il possède bien sûr ses propres fers).
Après la Seconde Guerre mondiale, il suivra une nouvelle voie, se permettant des reliures encore plus fantaisistes, mais gardant toujours comme philosophie la cohérence et l'unité que doit proposer un ouvrage, entre reliure, illustration et texte.


On lui doit d'ailleurs cette admirable définition du métier de relieur : "le relieur relie des livres, il ne fait pas des reliures. Il est le costumier du livre, et tout comme au théâtre, l'habit doit correspondre au personnage. S'il désire créer une oeuvre originale , le relieur doit se pénétrer du texte, tenir compte de la typographie, de son ordonnance, et s'il s'agît d'un livre illustré, veiller à s'accorder avec l'illustrateur.... dans le métier de relieur , le rôle du technicien est aussi important que celui de l'artiste".


H.

Bibliographie : Georges Cretté, Marcel Garrigou, Arts et Formes, Toulouse, 1984. Répertoire (non exhaustif) de l'œuvre de Cretté publié en 1984 à 450 exemplaires.

mercredi 3 octobre 2007

Débat : des libraires...

Il est certain qu'internet a changé la donne et que finalement, on peut aujourd'hui vivre sa bibliophilie sans jamais être en contact avec un libraire et en s'approvisionnant sur ebay, ou même dans des salles des ventes non virtuelles.

C'est un véritable changement, quand on sait qu'il y a quelques décennies, le libraire "faisait" le marché et occupait la place centrale de la bibliophilie.

Qu'en est-il aujourd'hui? Rencontrez-vous encore des libraires, dans la vraie vie?

Et comment les voyez-vous? Dinosaures? Sages? Meilleurs amis du bibliophile? Meilleurs ennemis? Partenaires obligés?

Voici le débat du jour : quelle place occupent désormais les libraires dans votre bibliophilie?

Comme toujours, je donnerai mon avis un peu plus tard.

Les amis libraires qui lisent le blog peuvent également s'exprimer et nous dire comment eux, ils se positionnement (mais je les sais très réservés, ils lisent le blog, mais interviennent fort peu en général).


H

mardi 2 octobre 2007

Les Voyages de Gulliver par Jonathan Swift

La solution de l'énigme était bien sûr "Les Voyages de Gulliver", dont je vous ai proposé la carte. Comme toujours, j'avais ajouté un indice dans l'absence d'indice, qui pouvait vous mettre sur la voie : "cessez de m'importuner avec vos gesticulations minuscules. Allez, de grands capitaines comme vous", qui faisait bien sûr référence aux aventures du Capitaine Gulliver avec les Lilliputiens.

Bravo à Isa et à Elian. Isa a trouvé la première, surtout grâce à l'indice, Elian, de son côté a effectué le chemin parfait, identifiant la carte et confirmant avec les indices. Bravo!
Les Voyages de Gulliver (Gulliver's Travels, traduit en français sous le nom Voyages du capitaine Lemuel Gulliver au XVIIIe siècle) est un roman satirique écrit par Jonathan Swift en 1721.

Une version censurée et modifiée par son éditeur paraît pour la première fois en 1726 ; ce n'est qu'en 1735 qu'il paraîtra en version complète.

Il fut traduit pour la première fois en français sous le nom Voyages du capitaine Lemuel Gulliver au XVIIIe siècle, par l'abbé Desfontaines. Celui-ci écrivit d'ailleurs une suite en deux volumes, intitulée Le Nouveau Gulliver ou Voyage de Jean Gulliver, fils du capitaine Gulliver.
Cette œuvre, écrite à la première personne et divisée en quatre parties, marque un sommet de la satire sociale et politique au travers d'éléments mêlant, sur le mode du pamphlet ou de la description narrative, de la philosophie, de la logique, du fantastique et de la science-fiction.

- Voyage à Lilliput, où l'on voit Lemuel Gulliver, chirurgien de marine, naviguer vers Bristol. Après un naufrage, il se retrouve sur l'île de Lilliput, dont les habitants sont des nains de six pouces de haut (env. 15 cm) qui passent leur temps à faire la guerre pour des motifs futiles (le côté par lequel doivent être commencés les œufs à la coque), tout comme la France et l'Angleterre ; Swift tend à y démontrer l'inutilité et le ridicule des guerres.
- Voyage au Brobdingnag, dont les habitants sont cette fois des géants, est une critique violente de l'Angleterre et de l'humanité en général. - Voyage à Laputa, qui jouxte, en miroir, l'ile volante de Lagado. En abusant de la philosophie spéculative, les hommes y perdent tout sens commun. C'est une critique de la philosophie et de la spéculation. Le passage critique également les "brillants" scientifiques qui veulent faire "profiter" (contre son gré s'il le faut) le peuple de leurs brillantes innovations, sans voir que, bien souvent, leurs inventions conduisent les peuples à la ruine.
- Voyage au pays de Houyhnhnms, pays peuplé de chevaux beaux et intelligents arrivés au sommet de la raison et de la sagesse (les Houyhnhnms), mais aussi d'animaux répugnants par leur aspect et leur comportement (nommés Yahoos), qui se révèlent, au grand désespoir de Gulliver, être des humains. Swift se pose ici la question : quelle est la différence entre un être humain et une bête ? Est-elle réelle ou simplement apparente ? Doit-on avoir honte d'être un homme ?

C'est une oeuvre magnifique, que je vous encourage vraiment tous à lire. Il sera suivi d'une suite (normal me direz vous.. ahahha), «Le nouveau Gulliver ou Voyage de Jean Gulliver, fils du capitaine Gulliver...», écrit par le français Pierre-François Guyot Desfontaines, qui avait auparavant proposé une traduction du Gulliver.

Les éditions sont nombreuses et assez différentes. J'en possède deux du 18ème, et les gravures ne sont pas identiques, les cartes ne figurant d'ailleurs que dans les éditons les plus précoces. Le Nouveau Gulliver de Desfontaines, lui, décrit les voyages de Jean Gulliver, fils de Lemuel, et ne contient pas de gravures à ma connaissance (mon édition est de 1730, date de l'EO mais je pense que c'est une contrefaçon -> si quelqu'un en sait plus sur ce point, qu'il le dise maintenant, ou se taise à jamais!).

H

Un Gulliver sur ebay en ce moment, illustré par Grandville et tout à fait abordable pour l'instant : Le Gulliver sur ebay

lundi 1 octobre 2007

Enigme Bibliophilique n°10

Amis Bibliophiles bonjour,

Nous sommes lundi, voici donc une nouvelle énigme. Une nouvelle fois elle est visuelle. J'ai cru comprendre que vous aimiez cela.

Vous êtes du genre "forts en claie"... mais êtes vous de bons cartographes bibliophiles, saurez vous retrouver cette gravure, qui est semble-t-il une carte marine?

Allons, allons, on ne se décourage pas, la carte est là pour vous aider.

Un indice? Vous plaisantez j'espère, cessez de m'importuner avec vos gesticulations minuscules. Allez, de grands capitaines comme vous, vous allez trouver!

Si vous avez la réponse : blog.bibliophile@gmail.com

H

dimanche 30 septembre 2007

Vie pratique : comment ranger / organiser sa bibliothèque...

Cela fait une petite semaine que j'ai entrepris un rangement de ma bibliothèque, pour éviter que les livres anciens ne traînent un peu partout comme c'était trop souvent le cas.

Un vrai casse-tête... Quand ce ne sont pas les rayonnages trop courts de 4 centimètres pour pouvoir le dernier volume du Buffon au même étage que ces frères, ce sont les divers genres qui se marient mal (la militaria à côté des curiosa, etc.).

Comment faites-vous de votre côté? En ce qui me concerne, j'ai finalement opté pour l'approche suivante : je classe les livres par domaines (les voyages avec les voyages, l'occulte avec l'occulte, la littérature avec la littérature), me permettant quelques écarts pour bien caler les rayonnages... Je n'ai guère de problèmes d'époque, puisque 99% de mes livres sont "anciens", et j'ai donc choisi cette méthode pour pouvoir retrouver un livre plus facilement.

Parallèlement, j'ai regroupé les reliures intéressantes dans un coin particulier, qui me permet de les retrouver elles aussi plus facilement, d'autant plus que les sujets des ouvrages qu'elles recouvrent peuvent varier. (A ce sujet, je ne considère pas les reliures aux armes comme des reliures particulières, et elles vont donc rejoindre le thème qui les concerne).

Enfin, je fais des arbitrages ultimes : Robinson Crusoé doit-il se trouver avec les voyages ou avec les utopies, ou il rejoindrait Gulliver? Duguay-Trouin? Marine et voyages ou bien histoire?

Je me suis déjà livré à cet exercice plusieurs fois. Le plus amusant, c'est qu'on a beau être content de soi quand c'est terminé.... dès qu'un nouveau livre arrive, c'est la panique! La Guerre des Livres dans la bibliothèque, si vous voyez à quelle gravure je fais allusion.

Finalement, et c'est peut-être le plus réjouissant dans cet exercice nécessaire, on constate qu'une bibliothèque a vraiment une vie qui lui est propre, elle bouge et se transforme en permanence.

Vous, comment faites-vous?

Hugues

samedi 29 septembre 2007

Une belle claie à identifier...

Maintenant que nous connaissons le mot adéquat, la claie, à ne pas confondre avec défet, je vous propose de partir sur la piste d'une claie présentée par Bertrand.

Bertrand a récupéré cette claie en faisant restaurer un ouvrage relié en veau brun et imprimé à Paris en 1541 (format petit in-8). Le fragment provient d'une charnière intérieure ou du contreplat. Sa taille? 155 x 42 mm. Il s'agît d'un manuscrit sur parchemin, portant deux belles lettres décorées en rouge, un N et un Y (ou un V).
Bertrand estime que ce fragment est antérieur à 1480 mais serait preneur de toute autre information, notamment sur le texte, qui est en latin, mais qu'il a du mal à déchiffrer (Raphael?), et donc encore plus à le traduire (Isa?).
Ensemble, peut-être parviendrons nous à l'aider. Quelqu'un est-il capable de le décrypter voire de le traduire (je pense aux latinistes). Avec un fragment de texte, qui sait, il est envisageable d'essayer d'identifier le texte.
Ambitieux? Je sais!

H

Boîte à idées / Trafic

J'aimerais trouver un moyen d'accroître le trafic sur le blog, pour qu'il y ait plus de bibliophiles qui viennent le visiter et que les échanges soient plus riches.

Auriez-vous des idées de votre côté?

H

vendredi 28 septembre 2007

Questions et entraide, identification

Une fois n'est pas coutume, c'est moi qui pose les questions. Pourriez-vous y répondre si vous avez la réponse, je pense que cela intéressera tout le monde.

Question n°1 : si je comprends instinctivement l'expression "gravures avant la lettre", je suis toujours à la recherche d'une définition précise. L'un d'entre vous pourrait-il nous aider sur ce point?

Question n°2 : dans un coin de mon cerveau, ou dans un coin du blog, il me semble que j'ai attribué un jour le mot "lai" à ces pages de parchemin utilisées en reliure dans les plats ou les dos de certains ouvrages anciens. Néanmoins, je n'ai pas souvenir d'avoir croisé ce mot ailleurs que dans mes pensées. Est-ce le bon, en savez-vous plus sur la question globalement?
Question n°3 : je reçois parfois des demandes d'information par email de la part de visiteurs du blog, voici celle d'Olivier. Olivier possède un possède un tome (hélas!!) de la seconde édition de la Princesse de Clèves ainsi qu'un Molière portant un soleil doré dans l'entre nerfs inférieur (voir image), il se demande si cela identifie le livre comme provenant d'une bibliothèque royale? Spontanément, j'aurais tendance à lui répondre que non (autant par jalousie que par ignorance, sourire...), mais vous, qu'en pensez-vous?
Question n°4 : transhumance inversée, les sauvages "gaulois bourguignons" vont rallier la capitale début octobre et nous envoient le chef du village d'Alise-Sainte-Reine en qualité d'émissaire diplomatique. Si vous êtes fidèle au blog, vous avez constaté que celui-ci, en guise d'amitié entre nos deux peuples bibliophiles, propose de partager avec lui un repas pantagruélique et festif, mais néanmoins urbain, lors de sa venue. Si vous voulez vous joindre à nous pour ce moment simple, amical, sans prétention et surtout bibliophilique (mais à base de bière blanche malgré tout), contactez-moi par email, tout le monde est bienvenu. Il y aura sans doute beaucoup de choses à apprendre et d'idées à échanger. En plus on pourra mettre des visages sur les mots... Brrr... Au secours!

H

jeudi 27 septembre 2007

La poétique d'Aristote... mythe ou réalité?

Amis Bibliophiles bonjour, 


Bonheur, Bertrand vous propose aujourd'hui un message sur la poétique d'Aristote... Merci beaucoup à lui... Pour une fois, je vais faire comme vous, me mettre dans mon fauteuil et lire...

Le second tome de la poétique d’Aristote : mythe ou réalité ?

Cher amis lecteurs du blog, me voici embarqué volontairement aujourd’hui dans un sujet qui me tient à cœur depuis pas mal d’années déjà.


Je vais tenter de vous parler d’un livre, que bon nombre d’entre vous connaissent, sans pour autant savoir s’il a jamais existé.

Je veux parler du second tome de la poétique d’Aristote. N’ayant pas plus de connaissances que cela dans le domaine, j’ai pioché les informations que je vous livre, ici ou là, dans ma documentation et sur le net, à des sources que j’espère fiables. Evidemment, il sera toujours temps et intéressant de corriger mon propos s’il s’avérait inexact.

Ce n’est pas aux amis du blog du bibliophile que je vais apprendre que ce second tome de la poétique d’Aristote nous est familier à tous. Et pour cause, c’est le sujet central du livre de Umberto Eco « Le Nom de la Rose » (1980), brillamment adapté au cinéma (à mon sens), par le français Jean-Jacques Annaud (1986).


Essayons de revenir sur l’histoire de ce livre mythique.

Dernière œuvre du corpus aristotélicien (composée vraisemblablement entre 337 et 347 avant Jésus Christ), probablement une des plus connues d’Aristote, La Poétique s’intéresse aux différents aspects de l’art poétique, comme la tragédie, l’épopée, et de manière anecdotique la musique. Aristote y mentionne un futur ouvrage sur la comédie, aujourd’hui perdu...

Ce livre perdu fait-il partie des œuvres disparues d’Aristote ? A-t-il jamais existé ? Est-il même d’Aristote s’il existe ?



Dans le roman d’Umberto Eco, le vénérable Jorge, gardien de la très secrète bibliothèque de l’abbaye (qui occupe pratiquement tout le donjon), voudrait nous faire croire que ce livre qui « glorifie le rire » n’a jamais été écrit, pourtant, toute l’intrigue du livre tourne autour de cet ouvrage, entièrement consacré à la comédie et au rire. Ce livre existerait donc bel et bien, et une copie manuscrite circule même au sein du monastère. Par son aspect sulfureux, c’est un livre qui tue et pour qui l’on tue. Les meurtres se succèdent.

Qu’en est-il réellement ?

A propos d’un travail conduit par le très sérieux CNRS, on peut lire en résumé du sujet : « Une définition aristotélicienne de la comédie ? » le texte suivant :

« Dans le deuxième livre de sa Poétique, perdu depuis fort longtemps, Aristote a discuté de la comédie. Dans un texte tardif on a parfois voulu découvrir un résumé de cette discussion ainsi que quelques fragments de son texte, dont le plus intéressant nous offrirait une définition de la comédie. Un examen ponctuel du passage rend probable la conclusion décevante selon laquelle il ne s'agit pas d'un fragment aristotélicien. » (source CNRS).

On peut lire ailleurs, dans un papier très sérieux de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales : « Il se peut, bien sûr, qu’Aristote ait examiné ces questions (sur le rire) dans le Livre II de la Poétique, dont on sait qu’il portait sur la comédie. Mais ce texte fut perdu à la fin de l’Antiquité, et on ne sait rien de certain à son sujet. »

Par ailleurs, il semblerait qu’au fil des siècles depuis l’antiquité, il y ait eu amalgame entre les textes originaux de La poétique d’Aristote, l’Art poétique d’Horace et quelques textes de Platon. Ceci ne simplifiant pas les choses.

Que conclure ?

Il apparaît aujourd’hui à peu près certain qu’Aristote a composé un texte d’importance (second volume de sa poétique) à propos de la comédie. On en connaît rien aujourd’hui de très certain cependant.

Pour revenir au Nom de la Rose, Jorge sait que ce livre a été écrit contrairement à ce qu’il soutient à Guillaume de Baskerville. Umberto Eco nous montre un livre (manuscrit) physique qui néanmoins, lui, n’a jamais existé. Peut-être reste-t-il à découvrir au fin fond d’une bibliothèque bénédictine du nord de l’Italie ou d’ailleurs… (ce ne serait pas le premier…)

Merci B.

H

mercredi 26 septembre 2007

mardi 25 septembre 2007

Un livre à l'honneur : Le Conte du Tonneau, un mock-book, par Swift.

La réponse à l'énigme était la gravure de la Bataille entre les livres anciens et modernes dans la bibliothèque de St-James", extraire de l'ouvrage "Le Conte du Tonneau", de Jonathan Swift.
J'aime beaucoup cette gravure, comme toutes celles qui ornent les ouvrages de Swift d'ailleurs, et sauf erreur de ma part, les gravures 18ème dont le sujet est une bibliothèque sont assez rares.

Jonathan Swift (1667 - 1745) est un écrivain irlandais d'origine anglaise connu pour ses satires et ses pamphlets humoristiques. Après des études au Trinity College, celui-ci rejoint l'Angleterre et devient le secrétaire du diplomate Sir William Temple, un homme d'État en vue, parent très éloigné de sa mère.
Swift, qui ne s'entendait pas avec son employeur, regagna l'Irlande en 1694 et entra dans les ordres. Pourtant, en 1696, il se réconcilia avec Temple et revint chez lui pour faire l'éducation d'Esther Johnson, fille d'un de ses proches. Swift resta là jusqu'à la mort de son protecteur en 1699, jouissant d'une grande liberté qui lui permettait de s'adonner à la lecture et à l'écriture. Il écrit alors la Bataille des livres pour défendre Temple dans la querelle des Anciens et des Modernes et Le Conte du tonneau, texte impitoyable à l'égard de la stupidité de ses contemporains et qui déplaira à la reine Anne, ce qui empêchera finalement Swift d'accéder à l'évêché.
Le Conte du Tonneau, paru en 1704, est l'un de ses ouvrages les plus connus, avec les Voyages de Gulliver. La lecture n'en est pas toujours aisée, mais le texte est remarquable, et Swift y attaque tour à tour Luther, Calvin et le pape, dénonçant le fanatisme religieux de manière générale. Il y fustige avec fougue toute forme de prétention dans le clergé. L'oeuvre participera d'ailleurs à la tendance des mock-books. Le mock-book peut être défini comme une parodie de la forme du livre ou du livresque, qui sert habituellement à satiriser un large éventail de sottises intellectuelles ou artistiques. D'autres mock-books suivront au 18ème.
C'est le deuxième volume qui renferme le Récit de la fameuse bataille entre les livres anciens. L'ensemble se compose de 3 volumes in-12, qui connurent plusieurs publications au 18ème, notamment chez Scheurleer (1741 et 1757)
Bravo à Bertrand, qui a trouvé la bonne réponse le premier.

En guise de conclusion, 3 citations de Swift que j'aime beaucoup:

« L'ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses ; c'est ainsi que l'on grimpe dans la même posture que l'on rampe. »

« Je demandais à un homme pauvre comment il vivait; il me répondit : «comme un savon, toujours en diminuant». »

« Quand un génie véritable apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. »

H

P.S. : connaissiez-vous les mock-books?
Images : des images du Conte du Tonneau.

lundi 24 septembre 2007

Enigme Bibliophilique n°9

Voici donc l'énigme du jour. Saurez-vous identifier cette gravure?
Regardez bien les détails, cela devrait vous aider.

Belle Bataille... en tout cas.
Comme d'habitude, si vous avez la réponse, vous pouvez me l'envoyer par email à : blog.bibliophile@gmail.com

A vous de jouer!

H

Quoi? Qu'ouis-Je? Vous voulez des indices? Allons, allons, vous commencez à avoir de la bouteille maintenant
!

En réponse à Jean-Paul... et aux autres?

Dois-je blogguer tous les jours?

C'est une contrainte que je me suis fixé au départ, parce que je voulais vraiment que le blog existe et que ce soit un peu plus qu'un truc de "rigolo", même si je ne me prends jamais trop au sérieux dans cet exercice.

C'est vrai que c'est parfois diffficile, et certains d'entre vous m'ont d'ailleurs permis de souffler un peu (immense merci à Jean et Bertrand pour leurs messages), en me confiant des textes à publier.

Qu'en pensez-vous? Je crois que je vais vous poser la question dans un débat!

En attendant, Sisyphe vous proposera une nouvelle énigme bibliophilique dès ce soir. Plutôt sympa je trouve, et je vous rassure, plus simple que les dernières!

Rendez-vous ce soir donc!

H

dimanche 23 septembre 2007

L'Amour des Livres...

Bloggeur fatigué... Je vous propose donc quelques lignes de L'Amour des Livres de Jules Janin...

"A Georges Moreau-Chaslon" : Georges, mon jeune confrère en bibliophilie, il faut tout d'abord que je vous félicite de ce grand amour qui vous a pris, si jeune encore, pour les beaux livres.

"Les livres ont toujours été la passion des honnêtes gens!", disait Ménage. Une aimable passion dont le charme est toujours nouveau; variée, inépuisable, élégante, mais il est rare qu'elle soit le partage de la jeunesse. Ordinairement elle arrive à l'homme heureux, quand cet homme heureux touche aux premières limites de l'âge sévère, à l'heure où, revenu de toutes les passion stériles, il songe à préparer les armes de sa vieillesse, les petits bonheurs de son toit domestique, et sa fête innocente chaque jour. Soyez donc le bienvenu, d'aimer si vite et si bien ces chers amis de la vie humaine, amis dévoués, reconnaissants, fidèles. Ils voyagent avec nous, ils nous suivent à la ville, à la campagne; on emporte son livre au fond des bois, on le retrouve au coin de feu : "C'est proprement un charme!".

Merci Jules Janin.

H

samedi 22 septembre 2007

Le retour de la Bible du Diable ou Codex Gigas...

Avec ses 75 kilos, c'est le plus gros manuscrit médiéval du monde. Emporté comme butin par les troupes suédoises il y a 358 ans, le Codex Gigas ou Bible du diable, est de retour à Prague pour une exposition qui durera 4 mois.

Voilà pour la partie historique d'une saga qui débute au XIIIe siècle. La part légendaire est bien plus obscure. Elle s'inscrit dans la droite lignée d'un âge d'or de la Bohême qui sent le souffre. Née de la main d'un moine copiste du monastère de Podlazice (au centre de l'actuelle République tchèque), la Bible du diable inclut l'Ancien et le Nouveau Testament, ainsi que d'autres textes de grande valeur historique.

Jusque-là, rien que de très normal. Ce qui est plus étrange, en revanche, c'est la superbe enluminure qui orne l'ouvrage: une représentation du diable, bras levés et jambes fléchies. Comme s'il s'apprêtait à saisir le lecteur. Selon la légende, ce portrait a été fait par l'auteur en guise de remerciement. Le Malin l'aurait en effet aidé à se sortir d'un mauvais pas.

En effet, si on ignore aujourd'hui encore quel péché précis a commis le moine. On sait qu'il fût condamné à être emmuré vivant. Pour échapper à la sentence, il promît donc réaliser en une seule nuit une bible géante qui honorera le monastère. L'homme s'enferme dans sa cellule, armé de sa seule foi. C'est insuffisant pour rédiger un ouvrage de 624 pages, d'une taille de 92 cm de hauteur.

Perdu pour perdu, le pêcheur sollicite le diable. La collaboration est fructueuse. La bible qu'ils réalisent ensemble est considérée à l'époque comme «la huitième merveille du monde». Trois siècles plus tard, l'empereur Rodolphe II s'en entiche. Il faut dire que le roi de Bohème et de Hongrie est un drôle de personnage: il adore s'entourer de mages, d'astrologues, d'alchimistes, mais aussi d'artistes et de philosophes.

La collection qu'il rassemble dans son château est un véritable trésor. Qui n'échappe pas aux Suédois lorsqu'ils prennent Prague en 1648. La Bible du diable va alors enrichir les rayons de la Bibliothèque royale de Stockholm. En 1990, Vaclav Havel, nouveau président de la République tchèque, réclame le prêt, sinon la restitution, du manuscrit. D'interminables négociations diplomatiques s'ensuivent. Elles aboutiront en 2004 et déboucheront sur l'actuelle exposition qui démarre à Prague.

La logistique déployée est à la hauteur de l'événement: pour accueillir le livre, une pièce conçue comme un coffre-fort a été spécialement aménagée dans un ancien collège jésuite situé au coeur du vieux Prague. Les visiteurs peuvent entrer par groupe de dix maximum, pour admirer la bible pendant quelques minutes seulement. La valeur de l'objet est si grande qu'une garantie d'état de 10,8 millions d'euros a dû être souscrite. Le diable, lui, doit bien ricaner...

Le livre lui-même? Il comprend 312 feuilles de parchemins, soit 624 pages de texte manuscrit. Aujourd'hui on estime que pour obtenir le matériel nécessaire pour ce livre il a fallu les peaux de quelque 160 animaux. Le livre est écrit en latin et comprend quatorze textes différents. Il s'ouvre par le texte de la Bible, c'est-à-dire par l'Ancien Testament. Suivent des textes de divers contenus. Il y a le « pénitentiel », c'est-à-dire le manuel des prêtres avec la liste des péchés et les pénitences correspondantes. Ensuite il y a les formules médicales imprécatoires contre l'épilepsie, la fièvre et autres maux. Et on y trouve aussi, entre autres, une transcription de la Chronique de Kosmas, un des plus vieux documents sur l'histoire des pays de la couronne tchèque.

Tomas Vagenknecht attire l'attention sur un autre aspect exceptionnel du livre :
« Ce qui est également très intéressant et ce qui nimbe ce livre de mystère, c'est la calligraphie du manuscrit qui a été écrit, selon les estimations, par un seul homme qui y a travaillé pendant environ 27 ans. Le style, la beauté et la pureté de la calligraphie sont tout à fait les mêmes, de la première à la dernière page. Et c'est très intéressant parce que chaque homme, chaque scribe se fatigue, la main se lasse et la calligraphie change. Mais ce n'est pas le cas de cette chronique dont les caractères sont les mêmes de la première à la dernière page entre lesquelles il y a eu 27 ans. ».


Vous avez dit Diabolique?

H

P.S. : si vous avez un peu de temps, l'exposition se tient du 20 septembre au 6 janvier. Avouez que l'image du Diable est magnifique....

vendredi 21 septembre 2007

La Fontaine et les Fermiers Généraux...

Sous l'Ancien Régime, les fermiers généraux étaient ceux qui tenaient à ferme ou à bail les revenus publics, composés surtout alors de la taille, de la gabelle (l'impôt du sel), de l'impôt des tabacs, des octrois, etc.
Ils formaient une association privilégiée, la ferme générale, qui compta longtemps 40 membres, et qui fut ensuite portée à 60. Ils s'enrichissaient rapidement et de façon considérable.

Leur nomination dépendait du ministre des finances, et le plus souvent le ministre recevait du personnage préféré un pot-de-vin considérable. L'institution des fermiers généraux remonte à Philippe le Bel. Elle donna lieu à une foule d'abus, que l'Assemblée constituante fit disparaître en 1790, en supprimant les fermes.

Mais quand on est bibliophile, les fermiers généraux renvoient à la Fontaine (1621 -1695) et à son ouvrage "Contes et Nouvelles en vers" dont les fermiers généraux financèrent une édition qui passe pour l'un des plus beaux livres illustrés du 18ème siècle.

Les richissimes Fermiers Généraux ne renoncèrent en effet à aucune dépense pour que l'édition soit une des plus belles qui soient : elle fût imprimée à Paris (Barbou), avec les caractères de Fournier le Jeune, et tirée à 2000 exemplaires seulement, en deux volumes in-8, sur papier de Hollande.

Cette édition des Fermiers Généraux doit grandement son succès à l'illustration d'Eisen, qui se livre ici à un exercice magistral, "amplifiant délicatement" ce que le texte suggère, et bien souvent de façon assez libertine. Il est d'ailleurs secondé par Choffard, graveur ornemaniste dont les culs-de-lampe sont également magnifiques.
En général, les exemplaires bien constitués comportent un Portrait-frontispice de La Fontaine d'après Rigaud gravé par Ficquet, un portrait d'Eisen, gravé par Ficquet d'après Vispré, quatre vignettes, 53 culs-de-lampe par Choffard et 80 figures d'après Eisen gravées par Aliamet, Baquoy, Choffard, Delafosse, Flipart, Lemire, Leveau, de Longueil et Ouvrier.

Naturellement, les Fermiers Généraux ne pouvaient se contenter de reliures médiocres et très souvent les exemplaires sont reliés en maroquin, parfois même signé, ce qui est assez rare pour le 18ème siècle.

L'ouvrage est-il rare? Curieusement, non. Mais il est toujours très cher. Et puis, comme tout bel objet, l'ouvrage a fait l'objet de nombreuses contrefaçons qui sont elles plus abordables et parfois également exquises.
Je possède pour ma part une contrefaçon de 1792, en maroquin bleu nuit signé Vermorel dont je ne me séparerai pas pour tout l'or du monde (enfin, ou presque). C'est vraiment un livre pour bibliophile.

H

Images : mon édition, bleue, et une autre.

P.S. : Saviez vous qu'en procédant à la toilette mortuaire de La Fontaine, on découvrît qu'il portait un cilice
?

jeudi 20 septembre 2007

Rangement, humeur...

Je suis un peu surmené en ce moment (gentiment, je vous rassure), donc moins de temps pour un message sur le fond, ce qui me permet de vous rappeler que vos messages sont plus que bienvenus. N'hésitez jamais a m'envoyer des textes, des articles!

Un petit billet donc... Je suis en plein rangement de ma bibliothèque, à moins que ce ne soit perpétuel. Enfin bref. C'est une excellente occasion de redécouvrir des livres acquis il y a plusieurs années, de les feuilleter, en un mot de se laisser porter par cette douce langueur, humer les maroquins, caresser les papiers.... ah! oh! oui, encore!

Mais je m'égare. J'ai réalisé qu'en parcourant les rayonnages, je presque dater la période où j'ai acheté chaque ouvrage. Je ne sais pour vous, mais il est évident que mes goûts et mes exigences ont changé avec le temps. Je conserve encore précieusement une petite édition de format Cazin de Racine, qui est mon premier livre ancien, alors qu'il est évident que je ne lui accorderais plus aucun regard si je le croisais demain sur un étalage (coiffes arrachées, épidermures, etc).

Aujourd'hui, je n'achète plus de tels ouvrages et alors que je regardais stupidement les amateurs de reliures il y a quelques années, je suis aujourd'hui un obsédé de la reliure (à partir du moment où le contenu me plaît, entendons-nous bien). Il me faut du maroquin, du veau glacé, je cherches des coiffes parfaites, je m'extasie sur la dorure. Un vrai malade quoi.

Le contenu reste primordial, mais cette exigence vis-à-vis de la reliure est bien nouvelle, et je suis aujourd'hui convaincu que c'est un élément essentiel dans une bonne/belle bibliothèque. Aussi, j'achète moins, mais mieux, ou en tout cas, dans des états qui sont désormais exempts de défauts majeurs.

En contemplant les rayonnages et en passant un petit coup de cire de la BN au passage sur les exemplaires qui le méritent, je pensais à l'un d'entre vous (Jean, ou Dédé?) qui s'interrogeait sur les vers. Je n'ai pas ce problème, heureusement, et je me demandais s'il arrive encore parfois de tomber sur des vers vivants ou bien si l'on ne croise plus que le résultat de leurs méfaits...?

C'est vraiment curieux, les évolutions d'une bibliothèque, a-t-elle changé en avec moi, ou bien est-ce elle qui m'a changé?

H

mercredi 19 septembre 2007

Et ça, vous avez déjà vu?

Une petite trouvaille amusante : 3 tout petits ouvrages en maroquin (un bleu, un lavallière, un aubergine), dans leur petit coffret.
H

Stop ou encore, identification bis..

Et celle-ci?
Avec JHS au centre du médaillon?

Merci!

H

Identification d'armes?

Je fais appel aux spécialistes des armoiries...
Pourriez-vous m'aider à identifier ces armes, qui se trouvent sur un in-8 en maroquin rouge de 1776.
Merci d'avance!

H

mardi 18 septembre 2007

Débat : bibliographie doit-il rimer avec haltérophilie?

Larousse, Quérard, Brunet... Bibliophile rime parfois avec haltérophile quand il s'agît de se pencher sur une bibliographie pour identifier ou rechercher des informations sur un ouvrage.

J'ai un ordinateur portable qui pèse 1,1 kg, avec un disque dur de 180 giga octets, sur lesquels je pourrais entrer toutes les bibliographies existant au monde, et pourtant mon Larousse pèse dix, vingt trente fois ce poids. Est-ce vraiment sérieux?

On numérise, on scanne, on flippe, alors voilà, je vous pose la question : en 2007, cela a-t-il encore un sens de posséder des bibliographies sur papier et qui pèsent des dizaines de kilos quand on peut disposer des mêmes outils sur des supports qui pèsent quelques grammes, voire même virtuels?

Mon avis? Non. Mais je suis un moderne. Je sais qu'il existe des bibliophiles qui rassemblent des ouvrages de bibliographie (c'est le thème de leur collection), mais en ce qui me concerne, les bibliographies ne sont que des outils qui me servent à m'informer. Aussi si je peux avoir la même information sur un DVD que dans 17 volumes in-4, je n'hésite pas une seconde.

Je possède d'ailleurs le Brunet numérisé par Frédéric Douin (http://www.livres-anciens.fr), et c'est un outil très précieux, qui tient sur un dvd, et qui est présent sur mon disque dur.

Vous savez que le blog ne fait pas de publicité, et je n'ai aucune action dans les activités de Monsieur Douin, mais il me semble que les quelques bibliographies qu'il propose sur dvd valent le détour, si vous ne les connaissez pas déjà.

Frédéric Douin numérise ainsi les principales bibliographies, corrige les images, utilise un outil de reconnaissance des caractères, et transforme les lourds volumes en Flipbook (un Flipbook est un livre virtuel en 3D avec "feuilletage". On a l'impression d'avoir le livre original sous les yeux). Mieux, on peut faire une recherche textuelle dans le volume ouvert. Au final, on économise un peu d'argent en prime (exemple le Brunet à 50 euro sur DVD alors qu'un exemplaire papier vaut autour de 400 euro).

A côté de cette initiative, on commence à trouver des bibliographies disponibles gratuitement, via Gallica par exemple, mais si leur coût est cette fois-ci nul, elles sont moins pratiques à l'usage (pas de fonction de recherche, on doit feuilleter toutes les pages, et la qualité laisse parfois à désirer).

Qu'en pensez-vous? Bibliographie doit-il rimer avec haltérophilie, ou plutôt avec légèreté?

H

P.S. Frédéric Douin est un lecteur du blog, et il offre 10% de réduction aux lecteurs du blog qui entrerons le code "bibliophilie" dans le coupon présent sur sa page (valable jusqu'au 31/12/07).


http://www.livres-anciens.fr/acatalog/ebook_Bibliographies.html

Sont disponibles :
-Gustave BRUNET Titre: LE MANUEL DU LIBRAIRE
-Otto LORENZ Titre: CATALOGUE GENERAL DE LA LIBRAIRIE FRANCAISE 1840-1875
-Antoine Alexandre BARBIER Titre: DICTIONNAIRE DES OUVRAGES ANONYMES
-Georges VICAIRE Titre: MANUEL DE L'AMATEUR DE LIVRES DU XIXème
-LEBLANC Titre: CATALOGUE DES OEUVRES DE GUSTAVE DORE
-LANSON Titre: MANUEL BIBLIOGRAPHIQUE DE LA LITTERATURE FRANCAISE (1500-1900)
-QUERARD Titre: LA FRANCE LITTERAIRE
et bientôt:
- Sommervogel, Catalogue de la bibliothèque des jésuites (9 vol de 9000 pages)

Pour les esprits chagrins qui me contactent parfois, je ne connais pas Monsieur Douin, il ne m'a pas contacté pour faire cette publicité, c'est moi qui lui ai demandé des informations. Je ne commencerai à toucher une part des bénéfices qu'au bout de 300 000 exemplaires de ses dvds vendus en 1 semaine (une Bentley Turbo R). L'outil
me plaît, c'est pour cela que je vous en parle.

Solution Enigme n°8

Il s'agissait en fait de la Fête des Foux, et de l'ouvrage Mémoires pour servir à l'Histoire de la Fête des Foux, qui se faisoit autrefois dans plusieurs Eglises, de Du Tilliot.

Cet ouvrage est paru au 18ème sous divers formats, généralement accompagné d'une douzaine de planches en taille douce (112 pp. de texte). Le Dorbon nous apprend de lui que c'est un "intéressant ouvrage sur la Société du Fou établie à Clèves en 1381 et qui essaima un peu partout en France: Mère Folle de Dijon, Abbé des Connards d'Evreux, et autres fêtes des Foux qui étaient célébrées dans différentes églises (Noyon, Lille, Valenciennes, Langres, Sens, Reims, Paris, Chalon-sur-Saône). A cette Société furent initiés de grands personnages tels que le prince de Condé, l'évêque de Langres, de La Rivière, de Vandenesse, Turrel."
L'ouvrage se lît très facilement, est constitue vraiment une bonne source sur les «fêtes de foux» et sociétés qui essaimèrent à partir du XIVe s. à travers toute la France. On y trouvre également une partie sur la Bourgogne et particulièrement la «Société de la Mère-Folle» de Dijon, d'où l'auteur était originaire et qui initia plusieurs grands personnages de l'État. Les planches représentent des sceaux, vêtements, étendards et attributs appartenant, pour la plupart, à cette société.
Bravo à Jean, qui fût le premier à trouver la bonne réponse, avec une avance confortable sur Bertrand, dont je vous rappelle qu'il est bibliophile et libraire bourguignon, "spécialiste" des ouvrages sur Dijon... (sourire). Bravo Jean.

Quant à Jean-Paul, dont l'érudition n'est pourtant plus à démontrer, il patine encore un peu et bien que très proche de la solution, il ne l'a pas trouvée.

Petite déception de la part de nos latinistes, qui sont restés muets, alors que l'allusion aux saturnales était quand même pour eux un indice important!

H


Images: quelques fêtes des fous.

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