« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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mercredi 31 octobre 2007

L'odeur des Livres : la solution!!!

Amis Bibliophiles Bonsoir,

C'est un sujet que nous avons déjà abordé et sur lequel les avis divergent : si je le pouvais je débarrasserais mes très rares livres odorants de cette petite odeur désagréable, alors que certains d'entre vous adorent cette flagrance, et se passent tous les matins un vieux broché 19ème un peu "pourri" sous les bras avant d'entamer leur journée.
Quand j'avais l'honneur de servir la Royale (autres temps, autres moeurs), l'officier général dont je portais le sabre avait l'habitude de poser 3 questions au jeune appelé officier que j'étais, lorsque nous débattions de sujets divers, dont naturellement des ventes de frégates à Taiwan ou la sécurité du pays : "A quoi ça sert? Combien ça coûte? Que font les américains?".

Ces paroles me reviennent souvent et sont tout à fait d'actualité puisque sans verser dans l'atlantisme, ce sont encore nos amis américains qui apportent les solutions à ces questions des odeurs...

Pour ceux qui n'aiment pas les odeurs de livres anciens, les yankees ont en effet inventé le spray anti-odeurs. Thank you!

Pour ceux qui en raffolent et n'en ont jamais assez, une nouvelle invention vient de voir le jour : le sticker qui diffuse une odeur de livre ancien, inventé et proposé par le site américain www.cafe-scribe.com. Le site est destiné aux étudiants et aux lecteurs qui achètent des e-books mais auxquels l'odeur caractéristique manque tant : ils peuvent désormais coller le sticker (pardon l'académie, l'autocollant) sur leur ordinateur, et lire en odorama... Je suis allé sur le site, mais pour voir le sticker, il faut s'inscrire, et je confesse que je n'en ai pas eu le courage... Nice, isn't it?

A quoi sert? Enlever ou ajouter des odeurs de livres anciens, selon les goûts de chacun.
Combien ça coûte? Pas grand chose : un spray ou un sticker.
Que font les américains? Ben, ça justement, Amiral.

C'est bien. Rompez!

A vos ordres.
H

Image : je joins cette image que j'adore, destinée à récolter des livres pour les boys! (ou serait-ce un Tommy?)

7 commentaires:

bertrand a dit…

Alors comme ça selon le Maître il n'y aurait que des livres qui soient désagréables à l'odorat !?

Je m'inscris totalement en faux par rapport à ce préjugé !

Pour moi il y a, certes des livres qui ont une mauvaise odeur (livres de n'importe quel siècle d'ailleurs, qui ont été mal conservés, dans des lieux humides et malsains...), ces livres sont désagréables à manipuler autant qu'à sentir la plupart du temps. Je les évite. Je crois malheureusement qu'il n'y a pas grand chose à y faire. C'est ainsi. Ce ne sont pas ceux-là que le bibliodorophile recherche.

Et puis il y à le Graal.

Ces livres anciens (pour la plupart antérieurs au début du XIXè siècle) à l'odeur "historique" et "corsée".

Je m'explique.

Lorsque vous avez en main un livre de 1600 ou de 1700 et que vous vous dites que vous arrivez presque à deviner l'environnement dans lequel à baigner votre cher ouvrage pendant plusieurs siècles...

Posé sur une étagère, non loin du feu, près de l'âtre d'une grosse cheminée bourguignonne. Odeur caractéristique de charbon ou de bois consummé, presque une odeur de suie, mais douce... ah ! c'est celle sans doute que je préfère.

Discrètement perdu au mileu d'autres livres, dans une bibliothèque tournante, près d'un joli fauteuil Voltaire dans lequel le bibliophile fuma durant des jours et des jours de gros havanes ou des pipes mal isolées laissant s'échapper ce fumet typique de l'Amsterdamer... J'adore également.

Ou bien, un livre de bord de mer qui sentirait la marée... (euh ! non là je divague...)

Eh bien oui ! je l'avoue ! J'aime ressentir et sentir ces odeurs historiques, pas désagréables du tout et qui donnent toujours un plus au livre ancien que vous avez en mains.

Et pour prouver, si cela était nécessaire, que je ne divague pas, je dirais que si demain je me voyais amputé de mon pic, de mon cap, que dis-je de ma péninsule...

et bien, je ne serais plus qu'une demie-moitié de bibliophile.

A vos avis,

Amitiés bibliodoriphiliques, Bertrand

A.A.A a dit…

Mais, cher Bertrand pourquoi les livres du XVIIe auraient une odeur historique quand celle des livres du XIXe n'est que le témoignage d'une mauvaise conservation?

L'histoire s'arrête telle au seuil du XVIIIe?

bertrand a dit…

Cher A.A.A., vous avez tout à fait raison, et d'une part je me suis mal exprimé et d'autre part j'aurais du préciser mon propose.

J'ai insisté sur les livres antérieurs au XIXè siècle pour une bête raison "technique" de la fabrication du livre.

Il se trouve (enfin c'est ce que j'ai constaté le plus souvent) que les livres imprimés entre 1830 et 1880 (mais cette période n'a rien d'officielle), sont le plus souvent imprimés sur mauvais papier.

En effet, à cette époque où le bois rentre dans la composition du papier, ou la machine à papier produit des kilomètres de papier uniforme tandis qu'il fallait des dizaines de bras et des dizaines d'heures de travail pour produire quelques belles feuilles de papier chiffon à la forme, j'ai constaté (comme d'autres) que ce papier prenait "plus" l'humidité, était "plus" sensible aux rousseurs, aux brunissures, et "plus" sensible à capter les odeurs de renfermé, de moisi et d'humidité si chères à notre Maître à tous.

Ce qui ne veut pas dire que tout le XIXè siècle est à jeter en ce qui concerne l'odorama livresque ! Non, bien évidemment.

Sentez par exemple un beau petit volume de la Collection de la Bibliothèque Elzevirienne de Janet (années 1850 à 1890), imprimés sur beau papier de Holllande (oh ! comme cela sent bon le Hollande !).

Prenez aussi un beau tirage des années 1820-1830 sur papier vélin, hum quelle odeur ! quel parfum !

Et puis en fin de siècle, vers 1880-1900, prenez les éditions Quantin, Lemerre, Jouaust et autres Conquet ! Hum qu'ils sentent tous bon le beau livre bien fait !

Voilà, non, croyez-le mon attirance pour l'odeur des livres n'a de limite que la taille de ma péninsule...

Et vous ? Partagez votre sentiment sur le sujet.

Humez mes frères en religion livresque ! humez fort et vous verrez un autre monde s'ouvrir à vous.

Amitiés odoriférantes, Bertrand

Jean-Marc a dit…

Je ne le dirais pas avec autant de talent que Bertrand, mais je ne dissocie pas la bibliophilie et l'amour des livres du plaisir simplement sensuel de leur odeur. Plus généralement, je dirais que la bibliophilie est un plaisir sensuel, qui active 4 de nos 5 sens. Même si on dit métaphoriquement que l'on dévore un livre, pour ma part, je n'ai encore pas essayé de manger un de mes livres ! (je me souviens d'un ami d'enfance qui mangeait le papier et, un jour, avait mangé par distraction son ticket de bus !)

C'est d'ailleurs une idée supplémentaire pour un de ces débats comme les affectionnent Hugues et les lecteurs du blog : la bibliophilie est-elle aussi un plaisir sensuel ?

Pour en revenir à l'odeur des livres, je dirais que c'est quelque chose de vivant. Dans ma bibliothèque, selon l'heure, le jour, l'humidité ambiante, la chaleur, l'odeur change, s'intensifie, s'atténue. Les journées chaudes d'été, quand l'orage arrive, j'ai presque l'impression que ma bibliothèque ressent et vibre à sentir l'orage qui se prépare. Son odeur n'est jamais aussi forte et, de mon point de vue, aussi agréable.

A cette petite heure matinale, son odeur est discrète. Je vais me prendre un café. Le mélange de l'odeur du "vieux" livre et du café est un de ces petits plaisirs qui vous réconcilient avec la vie.

Jean-Paul a dit…

Jean-Marc,

Les 5 sens sont stimulés part le livre !Pour le goût, voir :
- l'affiche de Gérard Philippe qui mange les livres
- surtout, le film "Tiré à part" de Bernard Rapp où Terence Stamp, éditeur, goûte les dos collés des livres ....

Cordialement

Jean-Paul

Hugues a dit…

En ce qui concerne le goût, il est en effet lui aussi sollicité.

En plus des exemples de Jean-Paul, qui sont des "fictions", n'oublions pas la bibliophagie peut aussi être réelle : l'empereur éthipien Ménélik II en est mort, et on a également recensé des cas de bibliophagie au Moyen Age.
Voir mon article :
http://bibliophilie.blogspot.com/2007/05/les-livres-qui-tuent-ou-rendent-fous.html

Je crois donc bien que les 5 sens sont sollicités... Mais je pense aussi que c'est au niveau du 6ème sens que tout se joue, ce lien indicible qui nous unît aux livres et qui est bien plus global.

Après, que voulez-vous, il faut bien s'accomoder de l'odeur de ces affreux livres tout moisis du 19ème... Pouah!

:)
H

A..A.A a dit…

Je suis d'accord avec vous Bertrand, je ne faisais que vous taquiner.
Moi aussi je préfère l'odeur d'un papier chiffon à celui d'un cellulose de mauvaise qualité.

Mis à part pour les ouvrages réellement moisis, je crois aimer toutes les odeurs de livres, tout comme j'aime les différencier selon le papier utilisé. Il y a un joli passage sur cette question dans un Pennac, la petite marchande de prose, je crois.

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