« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier

"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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mardi 11 décembre 2007

"Elève Beraldi : peut mieux faire!" Signé Berès

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Aujourd'hui, c'est Iznogoud qui s'y colle et vous propose un excellent (et quand j'écris excellent, en réalité, je pense excellentissime) message sur une vente aux enchères hors du commun, la vente Béraldi.

Je laisse donc la parole à Bertrand :

Henri Beraldi, un nom qui résonne fort aux oreilles des bibliophiles les plus férus, un nom qui ne dira sans doute pas grand-chose aux autres.
Il est « l’acteur » principal d’une extraordinaire vente de livres qui s’est déroulée à Paris en 5 vaccations de 1934 à 1935.

Situons tout d’abord le personnage.
Henri Beraldi nait à Paris en 1849. Tout à la fois écrivain et collectionneur d’estampes et de livres, c’est en 1880-1882 qu’il donne en collaboration avec le Baron Roger de Portalis, Les graveurs du dix-huitième siècle, publication qui fait date dans le domaine de la connaissance des arts graphiques du XVIIIè siècle. On a également de lui dans le même domaine, Estampes et Livres, 1872-1892, publié en 1892 chez Conquet. Plus tôt, en 1885, il donnait un opuscule devenu rare, la Bibliothèque d’un Bibliophile, 1865-1885. Beraldi entre en bibliophilie comme en religion dès l’âge de 16 ans !
Pour des générations passées et futures de bibliophiles il restera l’auteur d’un monument dans l’histoire de la reliure d’art : La reliure du XIXè siècle, publié entre 1895 et 1897. Ouvrage richement illustré et aujourd’hui très recherché des amateurs tant pour la qualité des reproductions que pour les connaissances que l’auteur y avaient réunies.
Parallèllement à ces écrits relatifs au livre, à l’estampe et à la reliure, Henri Béraldi était un amoureux des Pyrénées. Il a laissé ce qui reste encore aujourd’hui un ouvrage de référence sur le sujet : Cent ans aux Pyrénées, publié de 1898-1904. Imposant ensemble de 7 volumes. On lui doit l’invention du terme « pyrénéisme » sur le modèle de l’alpinisme.

Henri Beraldi meurt à Paris en 1931. Il laisse une des plus magnifiques bibliothèques de son temps. Une partie de sa bibliothèque consacrée aux Pyrénées est léguée à la bibliothèque de la ville de Toulouse.
L’immensité que réprésente le « reste » de sa bibliothèque sera dispersé à l’hôtel Drouot entre juin 1934 et octobre 1935 suivant l’ordre de 5 gros catalogues richement illustrés. C’est ce qui nous occupe ici.

Ce ne sont pourtant que 1.499 livres qui seront proposés lors de ces ventes.
Mais pour Henri Beraldi, l’immensité, la magnificence n’est pas dans le nombre : « Le titre de bibliophile, disait-il, ne devient intéressant que s'il désigne un homme qui dans la mesure de ses forces, soit un des facteurs actifs du maintien et du renouvellement des 4 arts : la Typographie, l'Illustration, la Gravure et la Reliure. »
La Bibliothèque Henri Beraldi n’est que le reflet de cette devise. Esthétisme, Exemplarité, Perfection ; ici tout n’est que luxe dans les reliures, unicité des exemplaires par l’ajout de dessins originaux, peintures, autographes ; et pour couronner le tout, tous les exemplaires proposés sans exception aucune sont tout simplement parfaitement conservés, à l’état de neuf.

Une telle concentration de beauté, je dois l’avouer, donne le tournis ! On lit, on mange des yeux ces catalogues de la vente de la bibliothèque Béraldi comme on mangerait la plus délicieuse des friandises… La bibliophagie n’est pas loin !

Que nous réserve cette vente ?
Des livres anciens du XVIè et XVIIè siècles pour la première partie (la plus petite partie de la bibliothèque composée uniquement de 78 pièces choisies). Mais quelles pièces ! Des reliures mosaïques, à entrelacs, des velins dorés, …

Les livres illustrés du XVIIIè siècle pour la seconde partie (277 numéros) avec les plus belles éditions et reliures possibles.

L’époque romantique et des livres illustrés de 1801 à 1875 pour la troisième partie (511 numéros – ce qui représente la plus grande partie de la bibliothèque).

La quatrième partie est consacrée aux illustrés modernes avec 209 numéros et enfin la cinquième et dernière partie est un mélange des différentes périodes allant du XVIè au XXè siècle.

Etourdissant !

Résultats ?

Le total général de l’ensemble des 5 ventes s’élève à 9.831.160 francs de l’époque, ce qui réprésenterait aujourd’hui en francs et euros constants (source tableau INSEE), la bagatelle de 6.794.118 euros.
Vous voulez des détails ?

- Les Mémoires de Commines, 1581, dans une riche reliure à la fanfare exécutée par les Eve. Adjugé 19.000 francs ou 13 000 euros.

- Les Fables de La Fontaine illustrées par Oudry, 1755-1759, 4 volumes in folio, reliure en veau ancien avec les fers spéciaux et décor à la dentelle du Louvre sur les plats. Adjugé 10.600 francs soit plus de 7 300 euros.

- Les Odes et Ballades de Victor Hugo. Avec les Orientales. 1828-1829, ensemble 3 volumes reliés par Thouvenin. Adjugé 2.080 francs soit près de 1 450 euros.

- Madame Bovary de Flaubert, édition Lemerre 1874, reliure de Marius-Michel. Avec des dessins originaux. Adjugé 7.100 francs soit plus de 4 900 euros.

Il me faut vous dire maintenant tout l’intérêt de l’exemplaire que j’ai en mains des catalogues de cette vente. Il s’agit d’un exemplaire ayant appartenu à un des plus grands collectionneurs français du XXè siècle d’argenterie et de porcelaines anciennes. On l’appellera Monsieur T. (parce que je sais que ses enfants sont encore vivants et que je ne souhaite pas d’ennuis pour divulgation de documents privés même si je pense qu’il doit y avoir prescription maintenant…), il était visiblement à ses heures perdues également bibliophile ! Tous les vices ne s’excluant jamais vraiment mutuellement… ce qui serait trop beau…

J’ai la chance d’avoir retrouvé dans ces catalogues, trois lettres autographes signées du libraire et expert de la vente, Léopold Carteret, bien connu également des bibliophiles. Il s’agit de trois courriers relatifs à des ordres donnés par Monsieur T. sur quelques numéros de la vente. Mais lisez plutôt :

Lettre n°1 :
« 23 décembre 1934 – 5 Rue Drouot, Paris 9è.

Cher Monsieur,
Fiasco.
224. Feuilles d’automne 2000
mais par erreur daté de 1838 au lieu de 1830
Comme dit votre frère j’ai laissé tomber les Feuilles –
469. – Offre 6 à 8000 – adjugé 15.500.
Voulez-vous être assez aimable de téléphoner à Monsieur H. que le 236. Janin offre 1000 à été adjugé 2000 f.
Votre dévoué. LCarteret. »

Lettre n°2 : « 31 mai 1935 etc.
Cher Monsieur,
Voici mon sentiment sur les livres qui vous intéressent chez Beraldi.
53.54. cuirs intéressants ouvrages documentaires
ça n’est pas du grand art 3 à 3500 chaque 4000 maximum
55. riche et belle reliure
dessins importants – même observation
50 dessins à 125 f. – 6000 env. 3000 reliure
Total 8 à 10.000
116. Lepère 3000 environ 3200
Tout à votre disposition, votre dévoué.
LCarteret. »

Lettre n°3 : « 4 juin 1935 etc.
Cher Monsieur,
Je me permets de vous signaler le n°9. Personnages de comédie. C’est un bel artiste et ce recueil sort de l’ordinaire. 7 à 8500 environ.
Votre dévoué. LCarteret. »

Diantre !! que ne me contenterais-je de l’ « ordinaire » dénoncé par Monsieur Carteret !! Cet ouvrage aura fait finalement 6.400 francs, moins que prévu malgré tout ! Je ne sais pas si Monsieur T. en aura été l’heureux acquéreur puisque je n’ai malheureusement pas les courriers suivants…

Par contre, ce que Monsieur T. a fait par ailleurs, c’est de noter dans la marge de l’ensemble des catalogues en plus du prix d’adjudication pour chaque, le nom de l’adjudicataire, certainement à chaque fois que Monsieur T. le repérait vainqueur dans la salle. Et là nous avons des informations précieuses sur qui achetait quoi et combien. Je ne vous en citerai que quelques uns pour le plaisir de la découverte.

Ainsi, un certain M. Gibour, une Mme Pratt, le Baron Henri de Rotschild, M. de Marinis, Mme Founès, le Général Wilhems, une Mlle a…, Mme J. Charpentier, M. Maurice Vignes, Marquise de Mardrallat, W. d’Eichtal, colonel du Tillet, Madame la Princesse de Broglie, Princesse d’Arenberg, etc.

M. Gibour se voit adjuger plus d’une trentaine de lots pour l’ensemble des ventes… hallucinant !

Je m’arrête là pour ne pas devenir ennuyeux. Le luxe écoeure lorsqu’il va jusqu’à l’excès…

Je pense mon exemplaire précieux à plus d’un titre, car il contient certains commentaires personnels sur cette vente, des noms, des chiffres, des dates, qui en font un outil unique pour étudier le marché de la bibliophilie dans ces années 1934-1935.

De la haute bibliophilie ! me direz-vous. Et vous aurez raison.

La vente Beraldi a été une vente comme n’y en a que quelques unes par siècle. Au XVIIIè siècle il y a eu la vente De Bure et quelques autres plus discrètes, au XIXè siècle les ventes Solar, Yemeniz, Lebeuf de Montgermont, au XXè siècle il y aura eu Beraldi, Rahir, Esmerian et biensur Bérès, à cheval sur deux siècles, l’ancien et le nôtre désormais.

Berès qui ne s’annonce pas moins exceptionnelle d’ailleurs puisque nous en sommes déjà à la sixième vente du fonds de sa librairie (17 et 18 décembre prochain pour ceux qui l’auraient oublié…). Question chiffre ? Bérès arrivait à près de 30 millions d’euros à l’issue de la cinquième vente en décembre 2006.

Ne vous effrayez pas. Je vous ai montré ici un « Monstre » au sens littéral et essayé de faire le compte rendu post-mortem d’une vente monstrueusement sublime.

Si vous n’aviez qu’une seule chose à retenir de ce vain persiflage comme dirait le vénérable Jorge… Retenez celle-ci qui je pense ne pourra que vous bien servir dans votre passion bibliophilique, naissante pour les uns, bien enracinée pour les autres ou vacillante pour quelques uns ; retenez la phrase de Beraldi lorsqu’il disait en faisant visiter sa bibliothèque à un néophyte :

« Le nombre est peu, le choix est tout. »

Et surtout, si vous croisez sur votre route de bibliophile un exemplaire portant cette marque:
Ne le négligez pas. Apportez lui toute votre attention, videz votre bourse si cela vous dit ou ne la videz pas, mais au moins ne dites pas « Henri Beraldi je ne le connais pas ! »

Amitiés bibliophiliques, Bertrand

Merci Bertrand,

H

lundi 10 décembre 2007

Chopin à 50 euros.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Ci-dessous, le message du jour, une exposition de frontispices.

Par ailleurs, pour clarifier le petit défi proposé autour d'ebay : c'est simple, repérez un ouvrage qui ne sera pas vendu plus de 50 euros (frais de port exclus, 55 euros, ça ira aussi, mais pas plus), et envoyez le moi par email à la fin de la semaine.

Je mettrai la trouvaille de chacun dans un message, ce qui sera plus simple pour les partager.

Enfin, un "ouvrage de bibliophilie" ai-je dit, ce qui veut à la fois tout dire et rien dire. Exemples : une plaquette 20ème rare c'est de la biblophilie, un volume 18ème c'est de la bibliophilie, etc... Bref, vous pouvez choisir ce que vous voulez!

H

Exposition virtuelle de Frontispices I

Amis Bibliophiles Bonjour,

Je vous propose une petite exposition de frontispices. Merci à ceux d'entre vous qui m'en ont fait parvenir:
Benivieni 1522
Boccace 1712
Charron 1646
Commentaires Quintilien 1528
Gazette Cythère 1744

Helvetiorum Respublica 1627

Histoire du Calvinisme 1682

La Femme et la Mode - Uzanne - 1892 (Rops)

La Française du Siècle, Uzanne

Le Diable Boiteux 1707

Notitia Regni Franciae, 1655

Sacre de Louis XV, 1765

Scaron 1654

Scaron 1668

Venatio Novantiquae, 1645

Histoire de La Ligue
Virgile, 1649
Virgile, Opera
Géographie de Strabon, 1523

H.
P.S. : vous pouvez retrouver les images de cette exposition dans un album Picasa, dans la colonne de droite

samedi 8 décembre 2007

A la recherche du Chopin à 50 euros

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Le petit défi proposé par Bertrand (20 euros à dépenser à Brassens), l'offre généreuse de Jean-Paul (qui offre à Jean-Marc un ouvrage de bibliophilie à 20 euros sur ebay) et le débat que nous venons d'avoir me donnent l'idée d'un petit jeu.

Sur internet, on propose parfois aux internautes de gérer un portefeuille d'actions boursières réelles, avec un budget fictif, je vous propose le petit jeu suivant, qui sera sans doute fort révélateur des goûts de chacun : imaginez que vous avez 50 euros et une semaine, pas plus, quel achat feriez-vous, uniquement sur ebay?

Dénichez votre chopin, achetez-le fictivement, dans vos rêves, ou même en réalité si cela vous tente, et venez ensuite partager votre "découverte" avec les autres.

On va bien voir, si à nous tous, nous parvenons à être bibliophiles avec 50 euros.

Rendez-vous samedi prochain pour le dépouillement. Ca vous va?

H

vendredi 7 décembre 2007

Streik

Amis bibliophiles bonsoir,

Je file pour la nuit vérifier si la bière est toujours aussi bonne dans le pays de Goethe.

Donc pas de message ce soir. N'hésitez pas à débattre entre vous!

H

jeudi 6 décembre 2007

Débats : des coûts et des douleurs...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Comme le souligne parfois un journaliste audiovisuel fort connu en parlant d'art contemporain, comment dirais-je, "que c'est injuste d'avoir le goût mais pas les moyens".

La bibliophilie n'échappe pas à cette question, celle d'avoir, ou pas, les moyens d'assouvir sa passion : quel bibliophile n'a pas dû un jour ou l'autre renoncer à un achat parce que ses finances ne le lui permettaient pas, et n'en pas ressenti une profonde amertume, une petite douleur, là...

Des coûts et des douleurs donc... A moins d'avoir hérité d'une bibliothèque importante (ou d'un oncle d'amérique), la question du coût survient toujours un jour pour le bibliophile et la notion de valeur, omniprésente dans nos discussions, montre bien que la place non négligeable de l'argent dans notre passion.

Ce qui pose la question suivante, au fond : peut-on se lancer en bibliophilie avec des moyens limités? Et si oui, comment faire?

Vous connaissez ma vision des choses, que j'ai déjà longuement développée sur le blog (la passion n'est pas une question d'argent et peu importe au fond que votre bibliothèque ait une valeur aux yeux de Gargamelle, pourvu qu'elle en ait une à vos propres yeux, et on peut tout à fait centrer sa bibliophilie sur des ouvrages du 20ème siècle encore très abordables).

Mais, vous, qu'en pensez-vous? Un message d'espoir pour ceux qui ont moins les moyens que d'autres?

La Bibliophilie suppose-t-elle des moyens financiers importants?

Pour illustrer mon propos, j'ai ajouté deux photos à ce message : mon premier livre ancien acheté (Les Lettres Persannes, Londres, 1784, 30 francs si ma mémoire est bonne), et le dernier à être entré dans ma bibliothèque (Histoire Générale des Larrons, Calvi, 1640, en plein maroquin de l'époque, 280 euros). Un parcours de bibliophile, de 1994 à 2007...

H

mercredi 5 décembre 2007

Moi Pierre B. amateur et libraire...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Deux choses...

La première est une toute petite pierre jetée dans le jardin des "tradis" du blog en guise de clin d'oeil, par Pierre Berès, Pierre Bergé et Jean-Baptiste Proyart. La seconde est une liste de questions posées par un ami du blog, qui débute plus ou moins en bibliophilie et aimerait avoir vos lumières sur quelques questions. J'ai déjà répondu à certaines de ses interrogations en privé, je vous laisse la main pour les autres (une occasion pour les "tradis" de se rattraper... je précise que je plaisante, pour éviter un feu nourri des deux parties, "tradis" et modernes, avec moi au milieu en guise de casque bleu).

Vous vous souvenez sans doute de mes interrogations sur le fait de faire relier ou pas des brochés 18ème, assez abîmés, et notre débat sur la valeur globale des brochés d'époque, que certains considèrent très élevée. Il se trouve que dans le catalogue de la vente Pierre Berès qui aura lieu les 17 et 18 décembre, on trouve deux numéros identiques (86 et 398 - Curabelle, Examen des oeuvres de Sr Desargues), l'un en reliure banale de l'époque, l'autre broché. Les exemplaires sont très comparables, si ce n'est que le broché semble en meilleur état (le relié est très court de marges). Les deux présentent la même collation, le broché a été annoté à l'époque, mais de façon intelligente et intelligible. Or voilà, il se trouve que le broché est estimé 500/800€, alors que le relié (reliure usée), lui, est estimé 2000/3000€.Il sera intéressant de voir quelle valeur les grands bibliophiles et marchands accordent à un broché légèrement meilleur qu'un relié.

Alors bien sûr, ce n'est pas exactement notre débat (puisque je souhaitais faire relier des ouvrages brochés qui risquaient de tomber en morceaux), mais cela rejoint quand même pas mal d'échanges eus ici, dans lesquels certains vantaient la valeur originale/elle des brochés d'époque... Il semblerait que dans les grandes ventes, on préfère quand même les reliures plein veau... même usées... A voir, à valider avec les résultats de la vente.

C'était juste une remarque, que les "tradis" se contiennent (on parie qu'ils ne pourront pas résister?), je suis d'ailleurs moi-même plus "tradi" que "moderne", mais sans être intégriste!

Deuxième partie du message, les questions de Pascal...

Je vous les livre, à vous de jouer (travaillez plus! vous y gagnerez comme dirait l'autre):

"- Qu'est ce que signifie gravures avant la lettre?
- Quel est l'intérêt d'un livre à grandes marges?
- Qu'est ce qu'une "belle typographie"?
- J'ai acheté, il y a 2 ans à Brassens , les 36 volumes de texte et les 3 volumes de planches (complets) de l'encyclopédie Diderot édition pellet à Genève 1777. Ils sont dans leur reliure d'attente, si j'en crois Jean-Paul et les autres leur valeur n'en est que plus grande, la plupart des exemplaires que je vois en vente sont "reliés" (à toi de jouer Polo!)."

H

P.S. : aiguisez vos plioirs, demain je vous proposerai un débat.

mardi 4 décembre 2007

La Mer des Hystoires, solution de l'énigme

Amis Bibliophiles Bonsoir,

La solution de l'énigme d'hier soir était "La Mer des Hystoires". Bravo à Martin.

La Mer des Hystoires est une traduction du Rudimentum novitiorum publié à Lübeck en 1475 ; son illustration s’en inspire, mais elle est beaucoup plus riche, extrêmement variée et très précieuse pour l’histoire des mœurs de l’époque (environ 200 gravures sur bois, dont 51 planches à pleine page et 16 planches à mi-page).
La Mer des Hystoires se présente en deux volumes in-folio, dont le texte est en caractères gothiques, et disposé sur deux colonnes. Les deux volumes débutent par une très belle et très grande lettrine.

Le tome 1er est achevé en juillet 1488 par Pierre Le Rouge, et le tome second en février 1489, grâce à l'aide du libraire Vincent Commin ("demourant a lenseigne de la rose en la rue noeufue de Nostredame de paris et imprime par Maistre Pierre le Rouge libraire & imprimeur du Roy Nostresire")

C'est un ouvrgage d'une grande beauté, j'ai eu l'occasion d'en manipuler un tome lors d'une vente.
Un exemplaire complet de cette édition a été vendu à Paris en 2001 pour 84 000 euros! Une folie!


Les premiers résultats du sondage en cours me donnent à penser que n'êtes pas particulièrement intéressés par mes énigmes, il est donc probable que j'arrête de vous en proposer, à suivre donc...


H

Une exposition d'enfer

Amis Bibliophiles Bonsoir,

A ne pas manquer, sur le site François Mitterrand de la BNF, du 4 décembre 2007 au 2 mars 2008, ce qui donne le temps d'y aller et même d'y retourner, une exposition dédiée à l'Enfer de la BNF.
Pour le grand public contemporain, l'Enfer de la Bibliothèque s'entend comme une légende, un fantasme, le territoire majeur de l'interdit qui alimente en retour toutes les curiosités. Mais l'écart est grand entre ce mythe et la réalité. Aussi l'ambition de l'exposition que la BnF consacre à cette part obscure de ses collections consiste-t-elle à lever le voile sur la vérité de l'Enfer. Il convient d'abord de retracer l'histoire, pleine de surprises, de la constitution de ce lieu abstrait, mental – une « cote », un numéro de classement qui le désigne à la consultation « réservée » – où sont rassemblés textes et images réputés contraires aux bonnes mœurs. L'exposition propose un double parcours.

L'un concerne l'histoire : comment l'Enfer s'est-il constitué au département des Imprimés et au département des Estampes ? Comment a-t-il évolué ? Le second propose une déambulation à travers le contenu de l'Enfer : quels sont les livres, les documents, les images que l'on a classés là ? Ces parcours à travers la littérature telle qu'elle n'est pas enseignée vont à la rencontre d'un monde imaginaire où les personnages obéissent à toutes les fantaisies du désir, où l'excès de la parole devient pamphlétaire et le discours politique, pornographique.

Ce monde c'est celui de l'anonymat, du pseudonyme, des fausses adresses, des dates trompeuses, des éditeurs clandestins, des lieux clos, celui des couvents, des boudoirs, des bordels, des prisons mais aussi des bibliothèques. Des écrivains tels que Sade, Apollinaire, Louÿs, Bataille et quelques autres en sont les acteurs à jamais anonymes de la célébration de l'érotisme et du sexe entre le XVIe et le XXe siècle. Une large place est offerte aux premières manifestations de la photographie pornographique et de même sont exposées les estampes japonaises entrées à la Bibliothèque grâce à la générosité des premiers collectionneurs occidentaux.

L'exposition est interdite aux moins de 16 ans.

H

Source : site de la BNF

lundi 3 décembre 2007

Enigme Bibliophilique du lundi

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Nous sommes lundi. Voici une énigme :

Saurez-vous reconnaître cet ouvrage?

Deux volumes in-folio et pourtant je suis un abrégé.

Je suis composée en caractères gothiques sur deux colonnes et je débute par d'imposantes et célèbres lettrines, avant de vous proposer de magnifiques planches, très précieuses pour l'étude des moeurs de mon époque... un véritable océan de connaissances.

A la Bibliothèque Nationale, compte-tenu de mon importance dans l'histoire de l'édition et de l'imprimerie parisienne et française, je suis évidemment conservée dans la réserve des Livres Rares.

Un indice : y a pas que le vase de Soissons dans la vie!

une idée? : blog.bibliophile@gmail.com

H

Qu'aimez vous sur le blog?

Amis Bibliophiles Bonsoir,

En attendant l'enigme de ce soir, vous pouvez toujours répondre au nouveau petit sondage, dans la colonne de gauche.

H

Un petit tour sur ebay

Amis Bibliophiles Bonjour,

Je fais souvent un petit tour sur ebay le dimanche, voici quelques ouvrages repérés. Si vous en connaissez certains, n'hésitez pas à commenter :

Pour Jean-Paul et autres amateurs de format Cazin :

Un Cazotte chez Cazin?

Le voyage utopique de Jacques Massé, qui est assez rare, et encore abordable (31€), avec une claie ou presque.

Voyages et Avantures de Jacques Massé

Une édition originale de "De L'esprit" de Helvétius, ouvrage important dont nous avons déjà beaucoup parlé sur le blog, dommage qu'il soit vraiment très abîmé :

Helvetius, de l'Esprit, 1758, EO

Si vous aimez l'art héraldique et l'identification des armes, voici quelques volumes de l'OHR (prévoir à terme une bibliothèque solide si vous décidez de vous lancer dans cette aventure):

5 Volumes du Manuel de l'Amateur de Reliures Armoriées

Le Livre que tous les amateurs de reliure surveillent en ce moment, surtout les fans de Thouvenin (je n'aime pas personnellement, mais à 52€, c'est intéressant):

Devauchelle et les reliures de Thouvenin

Le lot à 10 000 euros de la semaine.... Comment ça vous aimeriez une description plus précise? Ah la la, que vous êtes exigeants! Sourire

80 ouvrages pour 10000 euros.... Qu'en pensez vous?

L'art de former une bibliothèque, de Jules Richard, un garnd classique chez Rouveyre (6,50€) :

L'art de former une bibliothèque

Un des livres dont je rêve... Stultifera Navis, ou la Nef des Fous de Brandt, mais beaucoup trop cher pour moi (saviez-vous que l'un des "fous" de Brandt est justement un bibliomane?) :

Sébastien Brandt, La nef des Fous.... 1497, excusez du peu!

Comme dirait un ami, le moins rare des incunables, ici proposé en fac similé, mais bien beau quand même, pour les amateurs de la Chronique de Nuremberg (seulement 33€):

Hartmann Schedel Les Chroniques de Nuremberg en fac similé

Et un ouvrage de Courtilz de Sandras sur le "méchant" Rochefort :

Les Mémoires de Rochefort

Et pour terminer, l'attrape couillons de la semaine, avec ses belles photos et son prix "étudié" :

Petit Albert, à un très grand prix! Même la BNF en rêve!

H

dimanche 2 décembre 2007

Frontispices et titres gravés...

Amis Bibliophiles Bonjour,

J’avoue une prédilection pour les livres anciens illustrés, notamment parce que je m’intéresse aux relations de voyages, mais au-delà des gravures que l’on peut trouver à l’intérieur d’un ouvrage, j’admets également qu’il n’y a peu de choses aussi agréables quand on entrouvre un livre, que la présence d’un beau frontispice.

Les ouvrages d'histoire naturelle de Johann Jonston (17ème)

Par frontispice j’entends l’illustration situé avant la page de titre, qui peut soit consister en un portrait (ce que j’apprécie moins, encore que), soit une scène importante du livre, voire en une allégorie liée au thème du livre.

De Monstrorum Natura Caussis, de Licetus (1634)

Une fois le livre ouvert, c’est vraiment le premier contact visuel important qui s’établit entre le lecteur et l’œuvre. Certains frontispices sont d’ailleurs devenus extrêmement célèbres, voire plus célèbres que le livre qu’ils annoncent.

Le Songe de Poliphile, ou le Tableau des Riches Inventions (1600)

Après les reliures et les ex-libris, je me dis donc qu’une petite exposition virtuelle des plus beaux frontispices, les miens, les vôtres (que vous pouvez m’envoyer à blog.bibliophile@gmail.com).

Relation des voyages et découvertes des Espagnols, par Las Casas (1698)

Le Vice Puni ou Cartouche (1726)

La contemplation calmera gentiment les esprits avant que l’émulation reprenne ses droits dès demain, avec une énigme à la portée de tous.

Description de l'Isle des Hermaphrodites (1724)

H

Avis de recherche

Jean-Claude et Gargamelle, pourriez vous me contacter svp?
Merci
H

samedi 1 décembre 2007

Pour changer un peu... Horizons de Norman Bel Geddes

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Pris par des occupations familiales et le débat en cours, je ne vais vous proposer ce soir qu'un assez court message, sur un thème encore jamais abordé ici : un livre du 20ème siècle, qui s'il n'est pas un livre de bibliophilie au sens strict, est quand même un ouvrage recherché, avec un contenu que j'apprécie beaucoup. Le Livre : Horizons, de Norman Bel Geddes (Dover Publications, NY, 1932).

Horizons est à ma connaissance le premier livre consacré au design moderne. Norman Bel Geddes (1893 - 1958) était un décorateur de théâtre mais également un designer industriel qui s'est particulièrement intéressé à l'aérodynamique et aux nouvelles formes, ainsi qu'à leur implication pratique, dans l'environnement de tous les jours.
Ses créations les plus célèbres sont le "Airliner Number 4," un hydravion à 9 ponts avec une salle de spectacle, un théâtre, un solarium et même deux hangars pour d'autres avions, mais aussi ses esquisses de train du futur, qui n'auraient rien à envier au TGV et autres, alors qu'elles datent de la fin des années 20.

Il a également dessiné le pavillon General Motors, connu sous le nom de Futurama, pour l'exposition universelle de New York (1939).
Je peux me perdre des heures dans ses créations, et si vous aimez le design, si vous aussi vous pensiez que les voitures voleraient en l'an 2000 (il a également dessiné une voiture volante), ce livre, on ne peut plus sérieux, est fait pour vous.
Voilà, c'était une petite parenthèse contemporaine.

H

Le dîner des Bibliophiles

Amis bibliophiles Bonjour,

Petite relance rapide pour ceux ou celles qui voudraient se joindre au dîner bibliophile qui aura lieu le 17 décembre dans un restaurant au coeur de Paris.

Une dizaine de bibliophiles lecteurs du blog se sont déjà inscrits... n'hésitez pas à faire de même (-> blog.bibliophile@gmail.com).

Au programme : un dîner (35 euros max) dans un salon privé spécialement réservé pour l'occasion par votre serviteur, pas de chichis, mais des livres (il est prévu que chaque convive apporte un ou deux livres avec lui), et des discussions passionnées.

H

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