« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier

"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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dimanche 5 août 2007

A ne pas oublier...

J'ai profité du soleil pour lire le Guide du Bibliophile de Clouzot.

Dès les premières pages, je suis tombé sur ces lignes, qui sont pour moi une base de la bibliophilie. J'essaie de les avoir toujours en tête lorsque je me lance dans de nouvelles acquisitions :

"D'une façon générale, nous conseillons vivement à l'amateur (...), de ne pas acquérir d'exemplaires médiocres, même si leur prix lui semble des plus tentateurs. Neuf fois sur dix, un exemplaire taré est payé trop cher. Il s'en apercevra toujours à ses dépens".

Le terme taré signifie un livre ayant un défaut majeur : page de titre absente, gravures partiellement ou totalement manquantes, pages ou cahiers manquants, voire dépareillés ou série incomplète, par exemple. Paradoxalement, l'absence de reliure n'est pas un défaut majeur, si l'ouvrage est complet par ailleurs (on peut toujours le faire relier).

C'est vrai qu'on a toujours tendance à se laisser tenter, mais il est encore plus vrai que l'achat d'un exemplaire taré reste à éviter absolument. Au final, soit on est très attaché à l'ouvrage, et on finira par le racheter dans un meilleur état, sans pouvoir se départir efficacement du volume de qualité inférieure, soit on n'est pas très attaché à l'ouvrage, et finalement, c'est une dépense pour rien...

Je pense que nous avons tous fait cette erreur, elle est parfois difficile à éviter... Et ce n'est pas forcément une question de moyens : deux livres de qualité moindre à 5 euros vaudront toujours plus qu'un livre incomplet à 10 euros (les chiffres sont des exemples, mais le rapport est à dessein), voire à 15 euros.
C'est à mon sens un des défauts d'ebay : si le site permet souvent d'acquérir de beaux ouvrages à des prix inférieurs au marché, il permet aussi d'écouler des livres tarés qui ne seraient même pas mis en vente ailleurs...

Achèterions nous un livre de poche auquel il manquerait une page, ou un tableau avec un trou? A quelques très très rares exceptions près, non.

Soyons exigeants!

H

Un achat en Brocante...

Une fois n'est pas coutume, j'ai enfin déniché un livre digne d'intérêt dans une brocante de village, ce matin.

En fait, je ne trouve jamais rien dans ces manifestations, soit que les livres soient trop réçents (vous savez ma préférence pour les Livres Anciens), soit qu'ils soient dans un mauvais état, ou incomplets, soit que le choix se limite aux missels...

Il est vrai que la région Lorraine est peu propice à ce genre de découverte : l'occupation allemande de 1870 à 1918 et les deux guerres mondiales qui touchèrent durement la région ont provoqué la destruction ou l'exode des bibliothèques intéressantes vers d'autres régions françaises, quand elles n'ont pas été simplement pillées.

Au final, j'ai fait peu de trouvailles ici. Ce matin, mes efforts ont été encouragés, à défaut d'être réellement récompensés : j'ai découvert chez un particulier qui vendait tout et rien, un exemplaire en parfait état, non coupé, du Guide du Bibliophile Français, de Marcel Clouzot, édité par le libraire lui-même en 1953. Un bon ouvrage de base, de toute fraîcheur, payé 50 centimes d'euros.
Je n'ai pas négocié, c'est mon côté grand seigneur! Sourire. Je vous avoue d'ailleurs que j'ai un peu "cuisiné" le vendeur pour savoir s'il avait la bibliothèque qui allait avec ce livre, mais non... rien de rien.

Et vous, vous faites des achats intéressants en brocante?

H

samedi 4 août 2007

Correctif de la part du Magazine du Bibliophile..

Jean-Paul Fontaine avait eu la gentillesse de répondre à nos différentes remarques au nom du Magazine du Bibliophile en juillet dernier.

Il vient de me faire parvenir un correctif : en réalité le tirage du Magazine du Bibliophile est de 3000 exemplaires par mois, 1500 étant le nombre des abonnés.

Hugues

vendredi 3 août 2007

L'index Librorum Prohibitorum...

De temps en temps, on croise chez les libraires, sur ebay ou dans une salle des ventes une des éditions de l'Index Librobrum Prohibitorum, soit l'index des livres interdits.

Mais de quoi s'agît il exactement? C'est malheureusement tout simple, il s'agît de la liste des ouvrages pernicieux que les catholiques romains n'étaient pas autorisés à lire, car ils représentaient un danger pour leur foi (en en détournant leurs lecteurs), et pour l'Eglise. Dans les nombreuses éditions, cette triste liste était souvent accompagnée des règles de L'Eglise concernant la lecture, la vente et la censure des livres.


L'objectif de cette liste était bien sûr d'interdire et d'empêcher la lecture de livres pouvant contredire les dogmes de l'Eglise, ou ceux critiquant l'Eglise. Finalement, au cours des siècles, comme on a pu le voir dans d'autres messages, l'index s'abattait également sur des livres dont la remise en question des dogmes n'était que très indirecte. Dès ses origines d'ailleurs, l'un des objectifs principaux de l'index était de contrecarrer les avancées du protestantisme.

Pour un livre, dans une Europe très catholique, la mise à l'index signifiait souvent un "arrêt de mort" puisqu'il pouvait par exemple être mis au bûcher.

C'est au 16ème siècle que le pape Paul IV publia le premier index. Vous ne serez pas surpris d'apprendre que ce fût à la demande de l'Inquisition. Cette liste fût ensuite confirmée en 1564 au Concile de Trente aboutissant peu après à la création d'une Congrégation de l'Index (1571), chargée de remettre à jour la fameuse liste, d'elle même ou sur l'ordre du pape.

Ce que vous savez peut-être moins, c'est que l'Index fût régulièrement complété et mis à jour jusqu'en 1948, et la 32ème édition, qui contenait alors 4000 livres prohibés pour des raisons diverses ("hérésie", ce qui ouvre des possibilités assez larges, mais aussi immoralité, licence sexuelle, etc.). Des suppléments furent ajoutés jusqu'en 1961, avant la suppression de l'index par Vatican II en 1966.

En 1948, on y trouvait d'ailleurs encore des ouvrages de Sartre (son oeuvre intégrale, ce qui laisse rêveur) et Honoré de Balzac, aux côtés de Renan, Condorcet, Lamartine, Diderot, Rousseau, Descartes, De Foe, Copernic, Voltaire ou Freud...

Comme nous l'avons vu dans le message sur "De L'Esprit", d'Helvétius, la mise à l'index n'était pas une simple réaction, et il était recommandé aux auteurs de corriger et modifier leurs textes, une forme d'autocensure avant publication, pour éviter l'interdiction, ce qui n'est pas moins pernicieux.

Les divers textes sur l'index sont intéressants, on y apprend que la Congrégation de l'Index n'était qu'une administration comme une autre, avec ses nombreux dysfonctionnements. Finalement, on ne peut guère que contester ces listes dans la mesure par exemple, où l'on y trouve Rousseau et Sartre, mais pas Hitler ou Staline, ainsi que Edgar Bauer, désormais oublié, mais pas Bruno Bauer, qui contestait l'existence de Jésus Christ... Erreur de bureaucrate, ou pire? Ça fait presque penser aux critiques littéraires qui ne prennent pas soin de lire les livres qu'ils commentent...

A noter qu'en plus de l'index publié par le Vatican, il n'était pas rare que des autorités catholiques locales mettent elles aussi des livres à l'index : ainsi dès 1544 la faculté de théologie de Paris publia chez Jean André, une liste de livres interdits, qui contenait 232 titres, dont Pantagruel et Gargantua de François Rabelais.

On retiendra enfin qu'il existe deux types d'index :
- L'index librorum expurgatorum (Index purgatoire): catalogue des livres dont la lecture est interdite;
- et l'index librorum expurgatorum (index expurgatoire): catalogue des livres dont la publication et la vente ne sera autorisée qu'après correction ou épuration.

Vous pouvez trouver une liste des livres mis à l'index de l'édition de 1948 en cliquant sur ce lien : http://www.cvm.qc.ca/gconti/905/BABEL/Index%20Librorum%20Prohibitorum-1948.htm

H

Images : Des pages de titre d'index, et le livre reprenant la liste des livres interdits par la Faculté de Théologie de Paris en 1544 (BNF).

jeudi 2 août 2007

Mode aoûtien..

Comme prévu, pour quelques jours, je passe en mode "un message tous les deux jours". Je suis sûr que vous comprendrez...

Pas de message ce soir, mais vous pouvez vous amuser avec les traductions!

H

Traduction multilingue du blog

Manquant de documentation, j'en profite pour apporter quelques "améliorations" au blog.

Ainsi, après la rubrique permettant de voir d'un coup d'oeil les derniers commentaires, et qui me semble bien utile (Non? qu'en pensez-vous?), je me suis amusé à ajouter un outil de traduction multilingue.

Désormais, vous pouvez donc également lire le blog dans sept autres langues : l'anglais, l'allemand, le grec, l'italien, le portuguais, le néerlandais et l'espagnol.

Comme je ne suis pas polyglotte à ce point et que je n'écris pas chaque jour mes messages en huit langues (ouf!), il s'agît bien sûr d'une "traduction en ligne", réalisée avec Babelfish, avec les défauts que cela suppose.

Je l'ai testée avec les langues que je parle, à savoir l'anglais et l'allemand, et le résultat n'est pas trop éloigné de la version française.

Bien sûr, c'est un peu plus problématique pour les jeux de mots ou les expressions idiomatiques, mais c'est mieux que rien.

Comme je l'écrivais plus haut, c'est un test. Pour m'amuser et pour que la communauté grandisse, je crois que je vais d'ailleurs mettre une annonce promotionnelle pour le blog sur ebay.com (c'est la seule que je peux m'offrir, et comme vous le savez, je refuse les échanges de bannière publicitaire).

Je vous tiendrai informés, si la part de lecteurs étrangers explose. De toutes façons, cela ne peut nuire au blog. Au contraire, peut-être que des visions moins franco françaises de la bibliophilie seront très intéressantes.

Pour les lecteurs étrangers qui fréquentent déjà le blog, je pense à Clara par exemple (même si votre niveau en français, Clara est incroyablement élevé!), n'hésitez pas à me le dire si vous trouvez que la version de la page dans votre langue maternelle est vraiment trop éloignée de la version française.

H

mercredi 1 août 2007

Magazine Arts et Métiers du Livre Août - Sept 2007.

A chaque nouveau numéro du Magazine du Bibliophile (MdB), je lui consacre un message, certains font même parfois débat et ont amené le MdB à nous répondre. Si je suis abonné au MdB, ce n'est pas le cas du "concurrent", à savoir "Arts et Métiers du Livre" (site http://www.art-metiers-du-livre.com/)


Il n'est pas évident à trouver en kiosque, mais j'ai déniché le dernier numéro... Voici quelques commentaires :

Première chose, le magazine est onéreux, 8,50 euros, mais il ne sort que tous les deux mois. Le rapport pagination prix est similaire au MdB, voire légèrement meilleur, mais est-ce vraiment un critère? Je ne crois pas. Pour vous donner une idée, dans Arts et Métiers du Livre (AML), pour 8,50, vous aurez droit à 98 pages tous les deux mois, avec le MdB, pour 7 euros par mois, vous n'avez que 48 pages.

Le contenant d'AML : beau papier glacé, belle et riche iconographie, maquette claire.

Le contenu : un (trop) long article sur la renaissance de la Bibliothèque d'Alexandrie, une présentation d'un artiste relieur, Bernard Bichon, un portrait de Jacques Hillairet, historien de Paris et bibliophile, mais également le palmarès de la 9ème Biennale de Reliure d'Art, avec de très nombreux exemples de reliure contemporaine. C'est d'ailleurs ce que je retiendrai du magazine, la profusion d'images et de textes consacrés à la reliure contemporaine. Le magazine pourrait d'ailleurs s'appeler le Magazine de la reliure contemporaine sans que cela soit injustifié.

AML va d'ailleurs plus loin... en consacrant un article à un artiste contemporain, qui réalise notamment des boards de planche à roulettes... On est loin du livre.

Les 20 dernières pages sont consacrés au "Carnet du Bibliophile", qui propose notamment un agenda, une fiche technique (cette fois ci sur une bibliographie du Jardin des Plantes), et un survol des dernières ventes en salles et des catalogues de libraires.

Selon moi, c'est d'ailleurs là que se situe le petit "plus" par rapport au MdB, en effet, dans AML, les catalogues sont présentés, avec des exemples de prix.

En ce qui concerne les compte rendus de vente en salles..., on peut s'interroger sur la pertinence des lots présentés, ou alors je ne suis vraiment pas dans la cible. En effet, je dirai que la moyenne des prix des livres évoqués se situe autour de 50 000 euros, le moins cher valant encore quelques milliers d'euros. Alors à moins que ma bibliothèque ne soit complètement nulle... je ne pense pas que cela s'adresse réellement aux lecteurs / amateurs, mais à la limite à la douzaine de libraires français qui traitent ce genre d'ouvrages.

Conclusion : AML ne s'annonce pas comme un magazine destiné aux bibliophiles, et c'est sans doute mieux ainsi, 80% du numéro me semble consacré à la reliure contemporaine... Donc, si vous n'êtes pas amateur de reliure contemporaine, voire relieur vous même, je pense que l'intérêt est limité. En ce qui me concerne, je préfère le Magazine du Bibliophile.


Et vous, qu'en pensez-vous?



H

mardi 31 juillet 2007

Innovation... Le blog en allemand et en anglais

Pas de message de fonds aujourd'hui, par manque de temps.

Deux nouvelles cependant :

1. Vous pouvez désormais lire le blog dans la langue de David Beckham (anglais), ou dans celle de Tokio Hotel (allemand), en cliquant sur les petits drapeaux situés tout en bas de la page d'accueil.

2. J'ai créé une rubrique juillet-aout 2007 pour regrouper tous les messages que j'ai écrits pendant l'été. Si vous venez de rentrer ou si vous aller partir, vous pouvez tout relire à cet endroit.

H

lundi 30 juillet 2007

Réponse : l'énigme de la Bibliothèque Sainte-Geneviève

La réponse...

C'est tout simple...

Notre voleur avait bien pris grand soin d'effacer toutes les traces qui pouvaient identifier le livre comme venant de la bibliothèque Sainte-Geneviève : le monogramme de la reliure, le timbre du titre, le timbre de la page 41, et celui de la dernière page de l'ouvrage.

Il s'est donc occupé de la reliure, puis de la page de titre, il s'est rendu page 41, puis à la dernière page de l'ouvrage...

Hélas, trois fois hélas, il oublia en fait trois autres cachets. En effet, le livre en question se composait de deux tomes reliés ensemble dans un seul volume; il n'avait donc pas enlevé ni le cachet de la dernière page du tome 1er, ni celui de la page de titre du tome 2nd, ni celui de la page 41 du tome second...

Trois preuves qui le trahirent...

Comme quoi, ceux qui veulent faire de l'argent avec les livres sans les connaître se fourvoient toujours!
Sympa, non?

Hugues

Enigme du jour.... Le mystère du cachet de la bibliothèque Sainte-Geneviève...

Ah la la... Soupir de déception... J'ai bien l'impression que les vrais bibliophiles sont partis en vacances! Il ne reste plus que les visiteurs passant fortuitement.... Sourire...

Sinon, comment expliquer qu'aucun d'entre vous n'ait encore trouvé la solution de l'énigme d'hier et d'aujourd'hui?
Sourire...

Allons, allons, ressaisissez vous, c'est un défi que je vous lance! Faites tourner vos méninges!

Je vous rappelle les données :

Chaque bibliothèque met son timbre sur ses livres. En ce qui la concerne, la bibliothèque Sainte-Geneviève appose sa marque sur la page de titre, sur la page 41, sur la dernière page d'un livre, et souvent un petit monogramme sur la reliure.


Oui mais voilà, un voleur ayant dérobé un livre dans cette bibliothèque, un Traité de machines à vapeur, et ayant pris grand soin d'effacer toutes ces traces (le monogramme de la reliure, le timbre du titre, le timbre de la page 41, et celui de la dernière page de l'ouvrage) fût confondu par un libraire auquel il tentait de vendre l'objet de son larcin...

Comment? C'est la question que je vous pose....

H

Image : le timbre de la bibliothèque Sainte-Geneviève

dimanche 29 juillet 2007

Enigme + Filou du dimanche : le rat(petou) de Bibliothèque.

Les bibliothèques sont naturellement un lieu de prédilection pour les voleurs de livres, même si aujourd'hui l'accès aux livres précieux est extrêmement contrôlé et si les technique modernes rendent les larcins pratiquement impossibles (sauf quand il s'agit du conservateur lui-même, nous l'avons déjà vu, ou qu'un Arsène Lupin moderne passe par un passage secret...).

Longtemps, la surveillance des bibliothécaires et les timbres de la bibliothèque ont constitué la défense principale contre le vol de livres (et la revente à un receleur).

Ainsi, saviez vous que la pratique du "timbre" était (est?) extrêmement codifiée. Ainsi l'empreinte est toujours faite en deux endroits au moins, sur la page de titre, obligatoirement, puis à une autre page, qui est toujours la même pour chaque bibliothèque. Ainsi, pour la Bibliothèque Nationale, il s'agît de la page 97, pour la bibliothèque Sainte-Geneviève de la page 41, et pour les bibliothèques universitaires, de la page 99. En outre, il est également d'usage d'estampiller les gravures, et parfois, mais c'est heureusement plus rare, la reliure elle même.

Longtemps, et il en est d'ailleurs question dans Club Dumas de Reverte, on a évoqué des spécialistes du grattage et de l'effacement de cachets et de timbres. A moins d'être effectué par un expert, ces manipulations laissent cependant des traces et l'oeil exercé, s'il regarde au bon endroit, finira toujours pas détecter la malversation.

Ainsi, Albert Cim nous raconte l'anecdote de notre filou du dimanche, qui fût démasqué par un libraire. Après avoir dérobé un Traité de Machines à vapeur à la bibliothèque Sainte-Geneviève, il avait effacé, gratté, et lavé les quatre indices de la provenance de l'établissement : le monogramme de la reliure, le timbre du titre, le timbre de la page 41, et celui de la dernière page de l'ouvrage. Le "crime" était presque parfait, mais... mais devinez comment le libraire détecta la supercherie....?

Allez, nous ne sommes pas le jour des énigmes, mais je vous laisse quelques heures pour trouver...

H

Images : la bibliothèque Mazarine et la bibliothèque Sainte-Geneviève

samedi 28 juillet 2007

L'Editeur Jean de Bonnot mis en examen

L'éditeur Jean de Bonnot est poursuivi pour abus de biens sociaux.

A l'origine, on trouve une enquête de Tracfin (Cellule de renseignement financier de la France, chargée de traquer les blanchiements d'argent et la délinquance financière) qui a mis en évidence le versement par les Editions Jean de Bonnot d'une somme de 486 000 euros à un certain Michel Lamarque.

Ce dernier expliquera avoir été rémunéré en qualité « d'assistant fiscal de sociétés », notamment pour avoir obtenu par ses « contacts », un dégrèvement de près de 4 millions d'euros sur un redressement fiscal. C'est sur la base de ces révélations qu'une information a été ouverte en avril dernier par le parquet de Paris.

Michel Lamarque a été incarcéré le 7 juin à la prison de la Santé, il est mis en examen pour « blanchiment de capitaux » par le juge Jean-Christophe Hullin.

Vous pouvez trouver plus d'informations en cliquant sur le lien suivant, où vous retrouverez l'article du Figaro sur ces faits (L'éditeur Jean de Bonnot n'a pas souhaité répondre au Figaro):

http://www.lefigaro.fr/france/20070620.FIG000000026_le_fisc_victime_d_un_reseau_d_escroquerie.html

H

Innovation sur le blog!

Bonjour,

Vous avez peut-être pu le constater : je teste depuis hier soir une nouvelle rubrique sur le blog, à savoir un espace rassemblant les 6 derniers commentaires effectués sur le blog (tous messages confondus).

Vous pouvez retrouver la rubrique dans la colonne de gauche, les 6 derniers commentaires s'affichent, ainsi que leurs premiers mots, leur date, et leur auteur. Ces liens sont bien sûr cliquables.

J'espère que cela vous plaira, il me semble que cela correspondait à une attente de certains d'entre vous, et je pense que cela devrait permettre de stimuler les débats qui ont parfois lieu sur le blog.

Ca vient un peu tard... mais techniquement, c'était pas fastoche!

H

vendredi 27 juillet 2007

La Neuvième Porte - Club Dumas au cinéma...

Voici de quoi vous faire attendre mon message sur le film "La Neuvième Porte"...

Musique et images... Joli, non?

Ci-dessous, mon message sur Club Dumas, selon moi, le meilleur roman autour du Livre Ancien.

H

Club Dumas : le meilleur roman sur le monde du Livre Ancien

Nous avons déjà évoqué les romans consacrés au Livre Ancien et à la bibliophilie.



Ils sont en fait assez eu nombreux. Je crois en avoir lu quelques uns, et il me semble que Club Dumas, d'Arturo Perez-Reverte (disponible en poche) est d'assez loin le meilleur. Si vous ne l'avez pas encore lu, voici un résumé qui vous en donnera peut-être envie... Si vous l'avez lu, peut-être que cela vous donnera envie de le relire, comme je viens de le faire.

Il est venu voir Balkan pour authentifier un manuscrit de Dumas. Dès lors, le lecteur suivra Corso dans une double (en)quête : l'authentification des feuillets de Dumas et la recherche des trois exemplaires d'un autre ouvrage, du 17ème celui là, Les Neuf Portes du Royaume des Ombres, mission qui lui a été confiée par un bibliophile richissime, Varo Borja.

En effet, celui possède un exemplaire du précieux livre, dont l'imprimeur est mort sur le bûcher au 17ème, en jurant qu'il en avait caché un exemplaire avant que les autres ne soient détruits. Oui mais voilà, trois exemplaires sont connus, et Borja demande à Corso de vérifier si le sien est l'unique et authentique.

L'ouvrage en question est réputé être un guide pratique pour invoquer le Diable et accéder au royaume des Ombres. Il contient 9 gravures sur bois. Le lecteur va dès lors suivre Corso à la recherche des autres exemplaires existants, à Sintra au Portugal, puis à Paris, où il rencontre divers acteurs du monde du livre : relieurs/restaurateurs, libraires et bibliophiles.

En comparant les ouvrages, Corso semble penser que la réponse réside dans les gravures, mais je vous laisse découvrir cet aspect par vous même.


Au fil de sa quête, au cours de laquelle il transporte le manuscrit de Dumas et le fameux livre de démonologie, Corso réalise qu'il est suivi et que ses péripéties se révèlent bien souvent proches des intrigues des Trois Mousquetaires...

Ensuite, les événements s'enchaîneront, et Corso, plus que jamais devra mener les deux enquêtes en parallèle et s'exposer doublement... Mais je n'en dirai pas plus, pour ne pas gâcher votre plaisir...

Pour un bibliophile l'ouvrage est passionnant, notamment pour sa galerie de portraits de ces bibliophiles - collectionneurs, libraires spécialisés, "rabatteurs", restaurateurs-faussaires - prêts à tout pour assouvir leurs passions et se procurer le livre tant convoité... Un petit bémol cependant : à mon sens, les deux intrigues auraient mérité chacune un ouvrage, tant la partie consacrée à Dumas se termine un peu en "eau de boudin"... Pour ma part, j'ai adoré l'enquête sur l'ouvrage de démonologie, au cours de laquelle on croise des personnages fascinants, dont certains ont déjà eu les honneurs du blog...

Si vous ne l'avez pas lu, vous êtes impardonnable, mais vous me remercierez (mille fois) au moment où vous dévorerez l'ouvrage sur la plage... Si vous l'avez lu, vraiment, il mérite la relecture. En effet, parce que je connaissais le dénouement, j'ai finalement plus apprécié la relecture au cours de laquelle j'ai pu profité pleinement de toutes les références bibliophiliques... et c'est bien simple, le bonheur du bibliophile se trouve à chaque page!

Ce livre a inspiré un film "La Neuvième Porte", de Roman Polanski et avec Johnny Depp, dont je parlerai très bientôt. En attendant, voici de quoi aiguiser votre curiosité pour ce long métrage... (voir le petit film)

H.


Images : les 9 gravures sur bois

La réponse du Magazine du Bibliophile

Bonjour,

Très agréable surprise ce matin en découvrant mes emails. En effet, M. Jean-Paul Fontaine, bibliophile renommé et auteur de plusieurs livres sur le sujet, et qui collabore par ailleurs au Magazine du Bibliophile a répondu aux divers commentaires qui avaient été faits suite à mon message sur le numéro d'été du Magazine.

Voici sa réponse :

Jean-Paul Fontaine a ajouté un nouveau commentaire sur votre message blog "Le Magazine du Bibliophile... Juillet-Août 2007" :

"Chers tous,

Il faut bien que quelqu'un se décide à vous répondre !J'en prend donc seul la responsabilité.
Nous travaillons tous au magazine du Bibliophile pour qu'il devienne le magazine de tous les bibliophiles. Vos critiques, souvent justifiées, ont été lues et nous en tiendrons compte avec la plus grande célérité et avec la plus grande rigueur.
Quant au tirage, ce n'est pas un secret d'Etat, sinon, je vais être fusillé : il est de l'ordre de 1500 exemplaires par mois.

Avec mes sentiments amicaux et bibliophiliquement attentionnés."

Merci beaucoup pour ce message et cette réponse rassurante, qui mettra du baume au coeur des quelques abonnés qui ont fait part de leur inquiétudes.

J'y ajoute mes remerciements personnels.

Hugues

jeudi 26 juillet 2007

La citation du jour

J'ai une journée (de vacances) chargée, et les statitisques indiquent que vous êtes d emoins en moins nombreux à consulter le blog en cette période estivale, je vais donc me contenter de vous proposer cette citation.

"Il y a les livres qu'on vend et les les livres qu'on garde. Pour ces derniers, on entre en bibliophilie comme on entre en religion : pour la vie". Arturo Pérez-Reverte in Club Dumas.

Je vous prépare un beau message sur ce film/livre, soyez patients.

H

mercredi 25 juillet 2007

Un livre à l'honneur : Usages et Costumes ... par A. Wahlen



Comme vous le savez si vous suivez un peu le blog, je suis en vacances, et même si j'ai accès à internet, mes sources documentaires sont réduites.




Ce message aura pour objet une nouvelle acquisition, l'ouvrage "Moeurs, usages et costumes de tous les peuples du Monde", par Auguste Wahlen, à Bruxelles en 1843. L'ouvrage est en 4 volumes in-8 (Europe, Asie, Océanie et Amérique), et contient environ 200 planches coloriées d'une beauté assez stupéfiante.




Naturellement, au fil des pages, chaque zone de la planète est abondamment décrite, ainsi que ses habitants et leurs moeurs et coutumes, mais ce sont surtout les fameuses planches à pleine page qui ont fait la célébrité de l'ouvrage.



De plus, c'est une nouvelle acquisition, et je ne l'ai pas encore lue, je préfère donc laisser parler les images, dont je vous sais d'ailleurs friands... Pour ceux qui le souhaitent, vous pouvez retrouver ces images dans l'album du blog, les agrandir, etc.




mardi 24 juillet 2007

Bonjour, c'est pour un sondage.....

Il y a quelque temps de cela, j'avais diffusé quelques sondages sur le blog. Voici les résultats.
Profil moyen :

59% des lecteurs du blog ont moins de 200 livres, la majorité d'entre eux ont moins de 45 ans.

Sur les sources d'approvisionnement, je retiens que 40% des achats de livres des lecteurs du blog sont aujourd'hui effectués sur internet et qu'un quart des livres anciens achetés par les lecteurs du blog est acheté sur ebay.

En ce qui concerne le blog lui même, vous en attendez des petites annonces, un forum et éventuellement des rencontres informelles. Je travaille sur ces différents points (il y a déjà des interviews, de bibliophiles et de libraires), mais cela dépend beaucoup des possibilités techniques offertes par le blog. D'ailleurs, s'il est un informaticien parmi vous, qu'il n'hésite pas à me contacter!

En ce qui concerne le forum, il se trouve que j'ai créé le forum miroir de ce blog le jour où j'ai débuté le blog. Et ce, à la fois, parce que je n'étais pas encore certain de "réussir" le blog, parce que je ne savais pas quelle formule allait être la meilleure, et aussi, je vous l'avoue, parce que j'ai préparé un "après", dès le 1er jour.... sans doute des réminiscences professionnelles.

Le forum est vide pour l'instant, mais il est online, avec le même design que le blog (noir, etc.). Il est à l'adresse suivante.

http://groups.google.com/group/bibliophilie

Quant à insérer un forum (comme des petites annonces d'ailleurs), sur le blog, techniquement, c'est encore plus que délicat, personne ne le propose encore sur le web.

Pour les petites annonces, une formule pourrait être de vous demander ce que vous voulez y écrire, puis de les diffuser dans un message mensuel. Qu'en pensez-vous? Selon vous, quelle devrait être le but de ces petites annonces : vente entre lecteurs, demande de renseignements, listes de recherche, etc?

Changeons de sujet. Grâce à un logiciel qui nous a été prêté par la NSA (National Security Agency), nous sommes désormais en mesure de vous donner un portrait robot de chaque bibliophile lecteur de ce blog : il a entre 35 et 45 ans, il porte des monocles, des rouflaquettes, un costume de tweed et un béret basque... Il se déplace en vélo, et fume une pipe en écume en caressant ses chats! On dirait du Tati.

Je ne suis malheureusement pas dessinateur... et peut-être est-ce mieux ainsi.

H
PS : vos commentaires, notamment sur le développement et les améliorations du blog seront particulièrement appréciés de votre serviteur.

lundi 23 juillet 2007

Des goûts et des odeurs....

Il n'y a rien à faire. J'ai beau vouloir, j'ai beau lire les messages enthousiastes de Raphael et Bertrand, rien n'y fait, l'odeur des livres ne me dérange pas, mais j'avoue que je n'y prends aucun plaisir.

Globalement, même si je suis très senible aux odeurs, je dois dire que mes livres ne dégagent des parfums très légers, en tout cas les livres anciens.

Pour les livres plus réçents, malheureusement, j'en ai un ou deux qui dégagent une véritable odeur de moisissure, mais j'ai bien peur qu'il n'y ait rien à faire... à moins que je ne teste le bookdeodorizer que nous avait présenté Isa, si je me souviens bien, et que vous pouvez retrouver sur http://bookdeodorizer.blogspot.

Et vous? Humez vous les livres qui viennent rejoindre votre bibliothèque avec délice? Pas même votre exemplaire du voyage en Colombie de Stevenson? Sourire.

H

dimanche 22 juillet 2007

Découverte d'un site sur le livre ancien

Malgré diverses propositions, je fais rarement la promotion d'autres sites.

Une fois n'est pas coutume, grâce à un email d'un lecteur du blog, j'ai découvert le site suivant :
www.textesrares.com.

Il est gratuit, et ils ne m'ont rien demandé, raison de plus pour vous en faire profiter.

Ce site est celui d'une association de bibliophiles, qui y regroupe des images et textes d'ouvrages issus de leur collections. Au total, près de 3000 images et 200 textes ou extraits de textes.

J'ai surtout apprécié les images, à vous de vous faire votre propre avis. Un petit regret cependant, la navigation et les arborescences, auxquelles je n'ai toujours rien compris après quelques jours d'utilisation. Sur le fait de ne diffuser que des extraits de textes ou des scans de pages, on peut aussi avoir des regrets, mais l'initiative est généreuse et bénévole, qu'ils en soient donc remerciés mille fois.

H

samedi 21 juillet 2007

Les Emprunteurs...

Le livre est un objet particulier pour celui qui le collectionne, parce qu'il peu à la fois le "posséder", et chacun d'entre nous comprendra ce que je veux dire par là, mais aussi parce qu'il peut l'utiliser, le lire, et que d'autres peuvent avoir envie de l'utiliser.

Je ne suis pas certain d'être bien clair, aussi vais je utiliser un exemple : j'ai une amie qui collectionne les grenouilles sous toutes leurs formes, un autre qui collectionne les boîtes à musique ancienne, et bien dans les deux cas, il ne me viendrait pas à l'idée de leur demander de me prêter une grenouille en faïence ou une boite à musique, pour que je puisse l'emmener chez moi et les utiliser...

Pour les livres, un jour ou l'autre, on croise cette catégorie de personnes honnie des bibliophiles : les emprunteurs. Le jour où cela survient, comment réagir si l'on n'est pas Sir Heber, bibliophile anglais, qui recommandait "qu'un bon bibliophile doit avoir trois exemplaires de chaque ouvrage intéressant, et s'employer à les trouver: le plus beau pour le montrer, le second pour s'en servir, le troisième pour être mis à la disposition des amis.». Oui, comment faire?


Solution n°1 : ignorer l'importun, au risque de perdre un ami? Mais un véritable ami oserait il vous priver ainsi d'une partie de vous?

Solution n°2 : feindre d'être atteint d'une crise de surdité aussi inattendue que définitive (une guérison miracle surviendra plus tard).

Solution n°3 : comme le bibliophile Daniel Brunet, joindre à tout livre prêté une carte, sur laquelle était écrit le texte suivant :

Les dix commandements de Daniel

Ce volume ne prêteras,
Je l'interdis absolument.

D'un papier tu le couvriras
Pour le conserver proprement.

Aucun coin tu ne corneras,
Je le défends expressément.

Aucune tache n'y mettras,
Ni doigt sale pareillement.

Le dos jamais ne briseras,
Car tu liras posément.

Jamais tu ne t'endormiras
Le laissant choir brutalement.

Au crayon, des traits n'y mettras
Ni note aucune, évidemment.

Aucun feuillet n'arracheras
Pour t'en servir incongrûment.

Entre mes mains le remettras
Comme tu l'as pris mêmement.

A Daniel obéiras
En cela scrupuleusement.

Solution n°4 : prévenir, plutôt que souffrir , et comme du Moustier écrire au bas de sa bibliothèque "Que le Diable emporte les emprunteurs de livres".

Solution n°5 : la plus extrême, j'ai connu quelqu'un qui collectionnait les disques, et il lui en manquait souvent, soit qu'il les ait prêtés, soit qu'on les lui ait empruntés sans autorisation. Il finît par écrire sur la pochette "volé à T. Dupont". Croyez le ou non, ce fût plutôt efficace!
Comme chacun le sait, les livres se rendent encore moins que l'argent. Qu'il est doux, parfois donc que la bibliophilie soit une passion où l'on rencontre peu de "confrères", ça limite considérablement les risque, non?

H

P.S. : merci à Philippe pour le petit texte de Brunet.

Images : graveur, enlumineur et relieur au 16ème.

vendredi 20 juillet 2007

Le Bibliomane de Charles Nodier...

A terme, j'ai prévu de mettre au point un test "infaillible" qui vous permettra de savoir si vous êtes bibliophile, bibliomane ou bibliopathe... Naturellement, il sera validé préalablement par le docteur Diafoirus.

Puisque je parle de bibliomanie, je viens de terminer la lecture du Bibliomane de Charles Nodier (avec des illustrations en couleurs de M. Leloir, à Paris, chez Conquet, 1895) que j'ai acheté au marché Saint-Sulpice. Un charmant in-12 sur vélin du Marais, en demi-maroquin vert à coins, joliment relié par Champs.

L'ouvrage n'est pas volumineux, une cinquantaine de pages tout au plus, mais il est assez sympathique malgré un style un peu lourd, assez emblématique des satyres du premier tiers du 19ème siècle (selon mon expérience).

Pour le résumer très rapidement, même si cet exercice est toujours hasardeux. Au fil des pages le lecteur suit deux amis, dont l'un est bibliomane, au long d'une promenade dans Paris. La promenade est propice à diverses rencontres et à la visite de quelques lieux de la capitale où le livre est roi. Elle se terminera (attention, je vais annoncer la fin) mal, avec la mort du bibliomane, qui ne se remettra pas d'avoir découvert un Elzevir de meilleure qualité que le sien...

La lecture est agréable, je retiens quelques moments sympathiques. Celui où le bibliomane considère ses souliers en soupirant "voilà bien du beau maroquin perdu", puis visite son tailleur et lui assène "Monsieur, cet habit est le dernier que je reçois de vous, si l'on oublie encore une fois de me faire des poches in-quarto"...!

Face à une trop grosse déception, son front prend d'ailleurs la teinte d'un maroquin citron un peu usé... Hélas, comme je l'écrivais plus haut ,il succombera un peu plus tard, ne parvenant à se remettre d'une découverte qui lui sera fatale : un exemplaire d'un Elzevir de 1676, en grand papier, dont il pensait avoir l'exemplaire géant, et qui l'emporte sur le sien d'un tiers de ligne de hauteur

"Un tiers de ligne", ce seront d'ailleurs ses derniers mots!

Charles Nodier était bien sûr bibliophile, de mémoire il fût du déplacement pour la vente du Comte de Fortsas. Il fût également élu à l’Académie française en 1833 au siège 25 en remplacement de Jean-Louis Laya. L’année suivante il fonde le « Bulletin du Bibliophile », autre source inépuisable de plaisir pour les amateurs que nous sommes.

Un petit PS qui n'a rien à voir : anticipant les foules de la fin août, je suis allé acheter les fournitures nécessaires à la rentrée des classes de mes enfants cet après-midi, dans un hypermarché. Devinez quoi, au milieu des classeurs Spiderman et autres trousses Winnie l'Ourson trônait une gigantesque pile de Gaffiot (dictionnaire Latin-Français pour les non latinistes), et elle était bien entamée! Dans un Hypermarché! Et bien voyez-vous, ça m'a non seulement rappelé mes jeunes années, mais également bien remonté le moral!

H

Images : Nodier, sa représentation dans le Panthéon Charivarique, et des bibliomanes...

jeudi 19 juillet 2007

Quelques chiffres sur le blog

Période de vacances oblige... J'alterne messages de "fond", comme hier soir et messages plus factuels.

Ce soir, voici quelques données chiffrées sur le blog :
Depuis la mi-mars, environ 6150 visiteurs différents sont venus sur le blog, soit environ 1500 par mois, ou 51 par jour. Néanmoins, aujourd'hui, la moyenne s'établit plutôt autour de 100, avec des pics à 120, et des chutes à 70 lorsque je suis absent.

Au total, environ 22 000 pages ont été vues.
La durée moyenne de connexion est d'environ 5 minutes, et vous vous connectez plutôt le soir.

La France représente environ 80% des connexions, le reste venant principalement des Etats-Unis, d'Italie, d'Allemagne, de Pologne, de Belgique et du Canada, à part à peu près égales.

Merci beaucoup à tous.


H

Débat

SI vous ne l'avez pas vu, il y a actuellement un petit débat dans les commentaires consacrés à mon message sur le Magazine du Bibliophile...

On y parle pigeons, cible, tirage, et autres...

Intéressant.

H

mercredi 18 juillet 2007

Don Vincente, moine, libraire et assassin... Une histoire vraie

"-Dis Hugues, raconte nous une histoire de filou?
- Mais... qu'est ce que tu fais là? Je ne sais pas raconter.
- S'il te plaît, raconte nous une histoire...
- Bon d'accord, mais alors on fait semblant d'être dimanche (c'est le jour habituel)". (librement inspiré de vous savez qui)

Ah...Les libraires, malgré toute la sympathie que j'ai pour eux, vous le savez, les libraires nous saignent... Ils connaissent mieux que quiconque nos faiblesses et savent en tirer profit.

Mais imaginez plutôt qu'ils nous saignent vraiment, comme le fît le libraire Don Vincente, vers 1835-1836, qui avait une manière particulière de remercier ses clients en les poignardant (et autres techniques)...

Nous sommes à Barcelone, vers 1835, les libraires de la place voient apparaître un nouveau concurrent en la personne d'un ancien cistercien. Celui-ci, Don Vincente, était animé d'un amour indéfectible pour les livres mais disposait également d'un stock de qualité, dont bien des jaloux pensèrent qu'il venait en partie du sac du monastère et de sa bibliothèque, au cours duquel l'ancien frère fût un peu plus que spectateur.

A la tête d'une librairie qui prospéra rapidement, il était connu pour ne pas proposer ses meilleurs livres, auxquels il était très/trop attaché, à ses clients. Quand il devait se résoudre à vendre l'un de ces livres précieux, il élevait déraisonnablement son prix pour dissuader les acheteurs potentiels, changeant même d'avis lorsque la somme lui était finalement remise.

En clair, il était incapable de se séparer de ses plus rares ouvrages. Sa prospérité fît rapidement des jaloux parmi ses confrères qui se liguèrent pour l'empêcher d'acquérir des ouvrages précieux dans les salles des ventes. C'est ainsi qu'il ne pût acquérir un ouvrage très rare (une impression de 1482), unique selon lui, qu'il vît lui échapper pour rejoindre les mains de son plus inamical concurrent, Augustin Patxot...

Oui mais voilà, quelques jours plus tard, la librairie de Patxot brûla et son corps fût retrouvé calciné, ainsi qu'une grande partie de son stock. L'affaire fît grand bruit, d'autant plus de bruit que Barcelone connût à ce moment là une vague d'assassinats (11) sur les personnes de notables, juges, et autres érudits dont on retrouva les corps poignardés, sans qu'ils ne soient détroussés de leurs valeurs. Il n'en fallut pas plus pour que l'opinion publique imagine le retour d'une Sainte Inquisition agissant en secret, la nuit.

Don Vincente, ancien cistercien, et d'un caractère secret, fût bientôt soupçonné d'en faire partie et sa librairie fût perquisitionnée... Le hasard voulut qu'en prenant un manuel d'inquisition dans ses rayonnages, le procureur fît tomber la fameuse et unique impression de 1482, achetée peu de temps auparavant par Patxot... En étudiant son livre de comptes, on découvrît rapidement que les autres victimes de meurtres avaient juste avant leur décès acheté un livre à Don Vincente, et que ce livre figurait pourtant dans la librairie du suspect...

L'ancien cistercien finît par avouer tous les meurtres et par les décrire... ainsi il raconta comment il avait suivit un acheteur pour lui racheter le livre qu'il venait de lui vendre, se sentant mal à l'idée d'en être séparé, et comment il avait poignardé l'acheteur devant son refus... Il fît de même pour tous les autres ou presque, sauf pour Patxot. En effet, il avoua n'avoir pu se résoudre à ce qu'un homme aussi vulgaire possède un tel ouvrage. Il s'introduisit donc de nuit chez son concurrent, lui passa la corde au cou dans son sommeil et le ... garrotta, avant de prendre le livre (et quelques autres!) et de mettre le feu au reste, qu'il estimait sans intérêt.

Naturellement, il fût condamné à mort, malgré la défense de son avocat qui présenta un catalogue d'un libraire parisien ou un autre exemplaire de l'impression de 1482 était en vente. L'exemplaire n'était donc plus unique et celui présent chez Don Vincente n'était pas celui de Patxot (en effet, s'il en existait un 2ème, pourquoi pas un 3ème, etc.). Il ajouta également que son client avait perdu la raison et s'accusait à tort. En vain.

Les dernières paroles de ce libraire bibliopathe, voire plus..., sont éloquentes. Quand on lui demanda s'il avait des remords, il répondît que non, "les hommes étant de toute façon mortels, alors qu'il faut préserver et conserver les bons livres". Quand on l'accusa d'être un voleur, il répondît qu'il n'avait jamais pris d'argent à ses victimes mais simplement sauvé quelques livres de mains inappropriées. Quand on lui demanda s'il comprenait son erreur, Don Vincente avoua n'en voir qu'une, impardonnable à ses yeux : avoir cru que son édition de 1482 était unique.
J'espère que ça vous a plu.

Je ne sais pas vous, mais maintenant, je vais regarder derrière moi en sortant de chez mes libraires préférés!



H

PS. : vous pouvez retrouver plus de détails via google, ou dans le livre d'Albert Cim... et l'image, pour le plaisir.

mardi 17 juillet 2007

Je me permets un petit message sur ebay, histoire de revenir aux affaires en douceur (en vérité, un mélange rosé - limonade bien frais me fait reconsidérer l'intérêt de me plonger dans ma documentation, là, tout de suite, alors que la source du susdit breuvage, qui se trouve sur la terrasse, est loin d'être tarie).

Ebay en été... Finalement, pourquoi pas : les salles des ventes sont pour la plupart fermées, de même pour nos amis libraires, et ebay reste le seul endroit où l'on peu chiner, de jour comme de nuit, un pied en France, l'autre aux Etats-Unis, en Italie, ou en Allemagne.

Certes, je pense qu'il y a moins de vendeurs, ou moins de livres en vente, mais il y aussi moins d'acheteurs potentiels, et des petits chopins sont toujours possibles. Depuis quelques années, j'ai régulièrement fait de beaux achats sur ebay en juillet/août, ainsi l'an passé, l'Abrégé de l'Histoire Générale des Voyages de La Harpe (42 ou 43 volumes), en reliure uniforme, en parfait état pour à peine plus de 700 euros (l'EO de 1780 + les additifs).

En ce moment, ebay fera mentir les mal embouchés qui pensent qu'on ne peut y trouver matière à satisfaire les appétits bibliophiliques les plus exigeants, avec notamment cette Chronique de Nuremberg, l'un des livres anciens les plus beaux et les plus connus qui soient (comme d'habitude, il suffit de cliquer sur les liens hypertexte).

La Chronique, tout simplement sublime...

Pour le reste, quelques petits coups à faire, ou à ne pas faire, comme ce livre de "haute bibliophilie"... Là pour le coup, ebay nous prouve encore qu'on peut y trouver à boire et à manger... Le meilleur, comme le pire.

A noter également, quelques belles reliures de maître, il semblerait que ce soit une tendance assez lourde sur le site en ce moment :

Maroquin Bleu aux petits fers de GRUEL

Un Xenophon du 16ème, relié par THOUVENIN

Autre très bel ouvrage, que je caresse souvent du regard, cet Hancarville :

Hancarville, l'un des plus fameux Curiosa

Quelques Cazin, bien sûr :

Cazin, Mme de Stael

Cazin, Les Oeuvres de Bertin

Un Alde, qui est pour le moment encore très abordable :

ALDUS LETTERE VOLGARI VENISE EO 1542

Ou l'excellent Eloge de la folie par Erasme, d'après les dessins d'Holbein, à ce prix là, ce serait vraiment une folie de le laisser passer.

L'Eloge" de la Folie, Erasme et Holbein

Pour ceux qui ne connaissent pas les éditions Jean de Bonnot (on ne se moque pas, plus de 4 millions de chiffre d'affaires par an...) :

Les fameuses Editions Jean de Bonnot, dorées à l'or fin

Enfin, pour les amateurs d'Henry Bordeaux... Il paraît qu'il y en a, sourire :

Henry Bordeaux...

L'été sera chaud, il y a quand même de quoi se sustenter, non?

H

P.S. : comme d'habitude, je précise que c'est moi qui vends tous ces livres et que par ailleurs, je suis actionnaire majoritaire d'ebay... mais, non, je plaisante.

Le Magazine du Bibliophile... Juillet-Août 2007

J'ai reçu le numéro 65 du Magazine du Bibliophile, daté de juillet-août 2007.

Que vous dire... La déception est au rendez-vous, comme souvent ces derniers mois : sur les 48 pages de ce numéro, le nombre de pages consacrées au livre ancien (je ne parle pas de l'annonce de manifestation ou du compte-rendu de vente en salle) est de.... zéro.

Oui, zéro. Le magazine propose des articles sur "Le Club du Meilleur Livre, un phénomène de l'édition dans l'après-guerre", "Musset et Gamiani", "Les Houssaye", et consacre sa couverture et 7 pages à un sujet très très convenu, Hergé, qui aurait eu 100 ans cette année. Bref, un sujet déjà traité de multiples fois dans des news magazines cette année, et qui le sera encore d'ici fin décembre. (Je n'ai rien ni contre Hergé, ni contre la BD, ni contre la bibliophilie contemporaine).

Nous verrons ce que sera le contenu des prochains numéros, mais il devient difficile d'être satisfait par ce magazine quand on est amateur de livres anciens.

En ce qui me concerne, je suis abonné, mais je m'interroge quant au renouvellement de cet abonnement. Peut-être cela aurait-il plus de sens de n'acheter que les numéros proposant des articles sur le livre ancien.

H

lundi 16 juillet 2007

Retour du blog

Bonsoir à tous,
Je reprends le blog aujourd'hui. Ce soir avec un message reprenant les principaux éléments de votre débat en mon absence, les amateurs d'énigmes me pardonneront, et demain avec des messages plus habituels.
Encore une fois, je remercie tous ceux qui ont participé aux débats en mon absence, j'ai pu les suivre à distance, à défaut de pouvoir y participer simplement. Je vous avoue que c'était une sensation très particulière de voir le blog continuer à vivre, grâce à vous, pendant ces quinze jours.

Je suis toujours en vacances (la France qui se lève tard!), mais j'ai un accès plus simple à internet.
Au fil de vos débats, j'ai noté quelques idées et débats que je relancerai dans des messages particuliers : la reliure contemporaine ou d'art, les ex-libris, la restauration, la définition de la bibliophilie, la névrose bibliophile (je me refuse à parler de bibliomanie) qui semble tous nous atteindre, la bibliographie, les odeurs, le curiosa, et même Jean de Bonnot...

Cela en fait des sujets... et c'est tant mieux. Je vais commencer par créer deux nouveaux libellés de rubriques : "débats", qui va se remplir rapidement, et "citations", pour regrouper toutes les citations intéressantes autour du livre et la bibliophilie.

Ainsi, je vous livre celle que m'a envoyé Clara, une bibliophile Italienne, fidèle du blog, et que je trouve assez juste, elle rejoint le débat sur le nombre d'exemplaires d'un même ouvrage que se doit de posséder un bibliophile (trois, dont un pour être prêté aux amis) :

"Il ne faut jamais prêter les livres. Les livres sont comme les jeunes filles: si on les laisse se balader, ils se perdent". Pitigrilli.

De mon côté, j'étais en vacances sur une île où l'on ne trouve qu'une vingtaine de maisons, et aucun commerce... donc aucune librairie... hélas.

Mais je peux quand même vous raconter une petite histoire... Je suis parti en vacances dans un stress total, au point que quelques minutes avant de partir, je traînais encore sur ebay, mais visiblement déjà ailleurs... puisque j'ai cliqué sur un "achat immédiat" d'un joli petit ouvrage de voyages, à 34,90 euros, comme cela arrive parfois sur le site. Un vrai petit "chopin". Comme il me fallait partir au mariage de mon frère, puis en vacances... j'ai décidé de le payer immédiatement via paypal... et c'est là que j'ai découvert qu'on doit éviter de voir trouble quand on chine sur le net, le prix étant en fait de 349 euros! Oups. Bon, j'ai payé, c'est toujours un bel ouvrage, mais côté "chopin", je crois que c'est plutôt raté. Sauf bien sûr, si c'est Chopin qui a composé "Les Indes Galantes".

On se dit à demain?

H

P.S
. : "Les Indes Galantes", Rameau, 1735.

dimanche 1 juillet 2007

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