« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

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jeudi 6 décembre 2007

Débats : des coûts et des douleurs...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Comme le souligne parfois un journaliste audiovisuel fort connu en parlant d'art contemporain, comment dirais-je, "que c'est injuste d'avoir le goût mais pas les moyens".

La bibliophilie n'échappe pas à cette question, celle d'avoir, ou pas, les moyens d'assouvir sa passion : quel bibliophile n'a pas dû un jour ou l'autre renoncer à un achat parce que ses finances ne le lui permettaient pas, et n'en pas ressenti une profonde amertume, une petite douleur, là...

Des coûts et des douleurs donc... A moins d'avoir hérité d'une bibliothèque importante (ou d'un oncle d'amérique), la question du coût survient toujours un jour pour le bibliophile et la notion de valeur, omniprésente dans nos discussions, montre bien que la place non négligeable de l'argent dans notre passion.

Ce qui pose la question suivante, au fond : peut-on se lancer en bibliophilie avec des moyens limités? Et si oui, comment faire?

Vous connaissez ma vision des choses, que j'ai déjà longuement développée sur le blog (la passion n'est pas une question d'argent et peu importe au fond que votre bibliothèque ait une valeur aux yeux de Gargamelle, pourvu qu'elle en ait une à vos propres yeux, et on peut tout à fait centrer sa bibliophilie sur des ouvrages du 20ème siècle encore très abordables).

Mais, vous, qu'en pensez-vous? Un message d'espoir pour ceux qui ont moins les moyens que d'autres?

La Bibliophilie suppose-t-elle des moyens financiers importants?

Pour illustrer mon propos, j'ai ajouté deux photos à ce message : mon premier livre ancien acheté (Les Lettres Persannes, Londres, 1784, 30 francs si ma mémoire est bonne), et le dernier à être entré dans ma bibliothèque (Histoire Générale des Larrons, Calvi, 1640, en plein maroquin de l'époque, 280 euros). Un parcours de bibliophile, de 1994 à 2007...

H

35 commentaires:

Hugues a dit…

Je viens de relire mon message et quand je revois ce premier achat, ah, mon coeur se serre...
Je me souviens que sur l'instant (j'étais étudiant), j'avais l'impression d'avoir un trésor en mains!
Et quand je compare les deux, bien sûr que le Calvi est beau... mais je suis bien plus attaché à mes Lettres Persannes!
Premières émotions de bibliophile....
H

Pilou a dit…

J'allais dire exactement la même chose! Mon premier achat (Plutarch Lives, volume the Fifth, Tonson et Draper, Londres, 1749), je l'avais payé 5€ il y a à peu près 1 an et demi, 2 ans. Il reste toujours l'un de mes livres préférés. Après avoir bossé cet été, puis avoir gagné de l'argent en travaillant à la fac, j'ai pu mettre un peu de sous de côté, et mon dernier achat se monte à environ 90€ (Abrégé de l'Histoire de France, 5 volumes, 1775-1788, en parfait état et dans une belle reliure. Un petit "chopin", à mon avis, mais peut-être me trompe-je?). Une misère pour certains mais surement l'un de mes plus gros achats. En tout cas, même si l'argent ne fait pas tout dans cette passion (on peut commencer avec de petits moyens), il vaut mieux quand même, pour les meilleurs ouvrages avoir un peu plus d'argent. Maintenant, je vais économiser l'argent de mon boulot pour m'acheter des livres d'architecture hydraulique et les voyages de Cook (si possible avec les Atlas, mais là, je n'ose même pas imaginer le prix!! Et tant qu'on y est, dans une reliure en maroquin vert...). Voici déjà ce qui sera certainement mon plus gros achat!

Hugues a dit…

Les Cook avec les Atlas et en maroquin... Va falloir bosser plus qu'un été Pilou! Sourire
Amitiés
H

Pilou a dit…

Bien entendu, je rigolais! :) Sait-on jamais... J'ai joué au super loto de vendredi. J'en profiterai pour acheter la chronique de Nuremberg en original! On peut toujours rêver...

Gonzalo a dit…

On n'a pas besoin d'argent pour bien connaitre le livre ancien: on peut aller en bibliothèque, en musée, dans les expos avant des ventes, etc. Le livre ancien, même rare, est accessible... si on ne souhaite pas l'acheter!

Pas besoin de moyens financiers importants pour commencer une collection... On peut très bien commencer "modeste" (c'est peut-être même conseillé). On peut aussi, lorsque l'on a "un peu" de moyens, se satisfaire en acquérant, de temps en temps, des livres à 100 ou 200 euros (moi, je me l'autorise une ou deux fois par an...). Pour des dépenses plus élevées, ou plus fréquentes, ou plus élevées fréquemment, il faut obligatoirement que les moyens financiers suivent, surtout si l'on a une famille.

z1k a dit…

Il me semble tout a fait possible de se lancer avec des moyens limités. En plus on choisit plus soigneusement ses livres.
Ceci étant dit, je suis bien content de pouvoir maintenant acheter des livres dont je ne pouvais que rêver étudiant.
z1k

Jean-Marc a dit…

Malheureusement, je crains que pour pouvoir vivre à peu près sereinement sa passion bibliophilique, il faut quelques moyens. On peut débuter avec peu de ressources (cela a été mon cas), mais plus en avance, plus les moyens sont nécessaires pour être à la hauteur des exigences que l'on se donne.

Comme je n'ai pas une famille à faire vivre et que j'ai eu de la chance de pouvoir acheter à Paris au creux des prix immobilier, j'ai quelques moyens. Avec 10 ans de moins et la nécessité de me loger, je pense que j'aurais beaucoup plus de mal à dégager les ressources nécessaires à ma passion. Je crois que la situation actuelle est économiquement peu propice à la bibliophilie, indépendamment des aspects culturels qui avaient fait l'objet d'un autre débat.

Il est maintenant l'heure de rejoindre les bras de Morphée, afin de méditer sur le sujet très actuel du pouvoir d'achat (non, je ne fais pas de politique !)

Jean-Marc

Anonyme a dit…

Quand je serais immensément riche (dans un mois tout au plus) la question du prix d'un ouvrage ne se posera plus à moi...
J'ai, malgré tout, une pensée attendrie pour les amers bibliophiles à la fois connaisseurs de livres anciens et matériellement incapables de feuilleter distraitement un incunable.
Je pense aux temps anciens où, amateur de littérature moderne, un budget raisonnable me permettait de présenter fièrement des éditions de la NRF sur des maquettes de Paul Bonet et des reliures plein cuir de Jean de Bonnot ou de Michel de l'Ormeraie. Je me réjouissais de dénicher des éditions originales numérotées fouinées dans les vide-greniers ou les Emmaüs de ma région... et ceci, tout en élevant quatre charmants bambins dont les études supérieures me coutent maintenant des kieffer et des hetzel entiers !

Ces temps sont donc révolus puisqu'acheter des éditions anciennes aux merveilleuses enluminures, aux typographies exceptionnelles dans un latin que je ne comprends pas me sera permis !
Entre-nous, l'argent fera t-il mon bonheur bibliophilique ?

Cordialement.Pierre

Petite question : Combien d'entre-vous ont-ils déjà touché un incunable ?
Petite précision : En fait, j'aime aussi la littérature ancienne, c'est un problème.

Pilou a dit…

Pour répondre à la question de Pierre: moi. Je le confesse, j'ai à la maison deux folios de la Chronique sus-citée... Sacrilège de mes débuts de bibliophile... Enfin, mieux vaut qu'ils soient chez moi que chez un Américain! Et dans deux semaines, je compte bien retourner à la BnF pour pouvoir feuilleter tranquillement ce même ouvrage, mais parfaitement entier et collationné! Et pourquoi pas le ramener à la maison au passage? (je rêve là...). En fait, ce n'est pas difficile de toucher un incunable. Pour cela, un petit tour à la bibliothèque, c'est tout.

bertrand a dit…

Bonsoir à toutes et à tous,
Morphée étant encore loin de pouvoir m'attraper à cette heure encore si jeunette, voici ma réflexion que j'emprunterai en partie ce soir au site internet du SLAM (je rappelle qu'il s'agit du Syndicat de la Librairie Ancienne et Moderne, qui regroupe quelques centaines de libraires du haut du panier de la profession), ne faisant pas partie de ce syndicat, je ne pourrai être taxé ici de copinage. Pourtant j'emprunte donc le dernier paragraphe de leur présentation sur leur site internet, qui dit ceci :

"À quel prix ? Se constituer une collection est moins une question d'argent que de goût et de coup de cœur. Chacun peut trouver un bon livre à partir de 20€, complet, en bon état, broché ou dans une simple reliure et quelle que soit son époque. Beaucoup de "raretés" n'atteignent pas 15€, la grande majorité des ouvrages, déjà considérés comme "précieux", ne dépassent pas 800€."

D'accord, pas d'accord, vrai pas vrai. Oui et non. C'est vrai que c'est plus excitant d'essayer d'acheter de beaux et bons livres quand on a que 20 euros en poche ! C'est pas toujours évident, mais on peut y arriver. Et je les rejoins sur le fait que c'est "d'abord" une histoire de goût (mais pas seulement. Une histoire de persévérence et de "flair" surtout). En effet, je pense que pour être bibliophile il faut du "nez", être "curieux" et "passionné", le dilletantisme ne donne que de médiocres résultats dans ce domaine je pense. De la chance aussi, une bonne dose il faut !

L'argent ne fait que faciliter le tout, mais c'est vrai que je pense aussi que moins on a d'argent mieux l'on achète, parce que l'on fait alors plus attention. On est plus "difficile" sur ses choix.

Pour la petite histoire, j'ai moi aussi commencé à acheter des livres dépareillés ou sans grand intérêt à 5 ou 10 francs dans le début des années 90.

Ma plus belle émotion à petit prix ?

Un exemplaire complet en 2 volumes in-4 de L'Esprit des Loix de Montesquieu, dans une bonne édition de 1748 (mais pas la plus rare...), dans son cartonnage un peu usé de l'époque, non rogné, et avec en prime un portrait gravé de Montesquieu de l'époque (mais qui n'avait rien à voir avec l'édition en question), portrait superbement réhaussé à la gouache et dorure...

Acheté le prix d'un plein de sans plomb 95...

J'ai gardé cet exemplaire un bon moment, et vendu ensuite pour lancer la librairie à un bibliophile qui l'a fait relié en reliure moderne mais de grande facture (il m'a envoyé des photos ensuite).... Peut-être lit-il se blog d'ailleurs ... ???

Que de souvenirs !! Que de regrets aussi... Je crois que je ne me remettrai jamais vraiment d'avoir vendu cet exemplaire qui représentait pour moi le début d'une passion à laquelle j'ai depuis consacré presque plus que moi-même. Mais ce passage par la "vente forcée" était je pense cette sorte de chemin initiatique obligé pour arriver vers des horizons encore plus bleus.

Amitiés, Bertrand

Anonyme a dit…

"Beaucoup de "raretés" n'atteignent pas 15€, la grande majorité des ouvrages, déjà considérés comme "précieux", ne dépassent pas 800€."

En voilà une belle information utile à notre éclairage !

Comme vous faites bien Bertrand de mettre en exergue la vacuité de ces propos, surtout destinés à ne pas désespérer Billancourt.

Emballés dans le papier-cadeau des guillemets, que désignent les termes "raretés" et "précieux"?

La même chose sans doute au 15e et au 20e siècle ?

Ils ne doivent pas se relire au SLAM.

Montag

Etienne a dit…

"Hauts les coeurs" avec le SLAM!

Le premier d'entre nous qui trouve une "rareté à moins de 15 euros" sur le site d'un vendeur du SLAM gagne une entrée gratuite au Salon du SLAM, où il pourra bien sûr acheter d'autres "raretés à moins de 15 euros" sur les stands des libraires du SLAM!!!

Comment peut-on être aussi hypocrite? Ou alors le site internet du SLAM n'a pas été remis à jour depuis 1875 et ils parlent en francs or? Ou alors le SLAM ne fait-il que parler des livres que ses libraires achètent en salles, 15 ou 20 euros et nous revendent 500 ou 1000?

Etienne

tristan a dit…

Pierre..... Rassurez-moi, Jean de Bonnot... vous plaisantez?
Vous en considérez quand même pas que c'est de la bibliophilie?
Tristan

Hugues a dit…

Service à vous demander (peut-être à Pierre, qui va être richissime sous peu) : l'un de vous pourrait-il acheter ça et venir le montrer aux dîner des bibliophiles... je crains que cela ne dépasse mes moyens :
http://cgi.ebay.fr/ws/eBayISAPI.dll?ViewItem&rd=1&item=330193767679&ssPageName=STRK:MEWA:IT&ih=014
Merci!
Hugues

Pilou a dit…

Cher Hugues, étant donné que je vais gagner le super loto de ce soir, je vous promets de vous ramener le livre en question! Et tant qu'on y est, j'en profiterai pour ramener toutes les soit-disant raretés à 15€ des libraires du SLAM. Mais, m'est avis que je risque de venir avec TRES peu de livres...

Pilou a dit…

Après un petit tour sur leur catalogue en ligne, je pense qu'ils ont fait une erreur... Ils ont certainement dû oublier un 0 dans les nombres... Un seul livre "ancien" datant de 1800, à 15€, un in-16 des oeuvres de Corneille, incomplet et en mauvais état. Une rareté!
Bon, allez, j'arrête de les embêter...

Jean-Paul a dit…

Au dernier Salon au Grand Palais, j'ai retrouvé un vieil Ami. Un grand Monsieur de la Librairie parisienne, ayant pignon sur rue depuis deux ou trois générations,qui m'a dit, au cours de notre conversation sur le niveau du Salon, à tous points de vue : "Qu'on ne me dise pas que la Bibliophilie est une passion onéreuse : aujourd'hui, avec 2000 €, j'aurais pu me faire plaisir". Concluez selon vos moyens, mais ne dites pas que le manque de moyens financiers n'est pas une entrave à l'expression de votre amour pour les beaux livres ! Les regarder au Musée, les feuilleter en Bibliothèque ..ne sont pas une consolation ..

Jean-Paul

bertrand a dit…

Pour ma part, même si je n'ai rien acheté au dernier salon au Grand Palais, j'avoue y avoir vu des merveilles, certes à des prix qui étaient loin de mes possibilités mais pas toujours plus cher que ne se vendent parfois des M... sur Ebay pour ne pas le citer.

Alors, c'est certain que lorsque l'on a envie d'une édition rare et bien reliée, il faut souvent débourser plus que 15 euros. Mais pas toujours.

Pour tout dire, j'ai même hésité au Grand Palais sur un livre du XVIIè en français, relié vélin, bon état, une histoire des bourguignons intéressante, marquée 600 euros, certainement négociable à -10 ou -15%, mais je n'ai finalement pas pris faute de bien connaître l'ouvrage. Si j'ai hésité en tant que marchand à l'achter, m'est avis que le livre n'a pas du trainer sur les 5 jours du salon et que l'affaire était intéressante pour plus d'un amateur éclairé sur ce livre (ce que je n'étais pas).

Par ailleurs, j'y ai vu des livres du XVIè au XVIIIè s. marqués plusieurs dizaines de milliers d'euros qui ne m'ont malgré cela pas plus fait envie que cela.

On peut avoir un coup de coeur pour un livre à 100 euros et dédaigner un livre à 100.000 euros. C'est notre privilège d'amateur qui s'exprime alors, et c'est heureux.

Amitiés, Bertrand

Hugues a dit…

D'accord avec Jean-Paul... C'est quand même mieux d'avoir les moyens (désolé pour cette évidence)...

Quant aux mots du grand monsieur de la Librairie parisiennne "Qu'on ne me dise pas que la Bibliophilie est une passion onéreuse : aujourd'hui, avec 2000 €, j'aurais pu me faire plaisir", j'ai failli m'étrangler en le lisant...

Quel manque de discernement, surtout lorsque l'on que 65% des foyers français ont un revenu mensuel inférieur à 2000 euros...

Ce sont malheureusement ce genre de discours qui souvent découragent... Et ce sont les mêmes libraires qui déplorent que plus personne n'entre dans leur librairie...

Hugues

bertrand a dit…

Je vous propose un challenge à tous. Un jour nous nous réunirons un samedi matin à Brassens avec chacun uniquement un petit billet de 20 euros en poche. A chacun de mettre à profit son billet et à la fin de la matinée, certains se seront fait plaisir, d'autres repartiront frustrés, d'autres n'auront rien acheté du tout, certains avec 20 euros trouveront le moyen d'avoir un sac plein...

Comme quoi l'argent ne fait pas tout. Pari tenu pour moi, je veux bien me prêter à l'expérience, et vous ?

Amitiés, Bertrand

Hugues a dit…

Mon ami... ça fait longtemps que tu n'es plus allé à Brassens...
Brassens est mort, c'est sinistre. Et dommage.
Je vous attendrai au bar et je boirai mes 20 euros si ça ne vous dérange pas.
Mais le challenge est amusant.
Hugues

Anonyme a dit…

Petite question à Pilou de la part d'un naïf provincial. Je dois aller à Paris pour trois jours en février et j'ai toujours pensé qu'il était difficile d'approcher les beaux ouvrages lorsqu'on est pas universitaire...

Donc , je cite "En fait, ce n'est pas difficile de toucher un incunable. Pour cela, un petit tour à la bibliothèque, c'est tout."

Pourriez-vous me donner la référence d'un ouvrage à voir absolument.
Merci. Cordialement Pierre

Pour Tristan : Je confirme que je suis passé par la période Jean de Bonnot lorsque je me suis acheté mes premières belles reliures. Quand je vous dis que j'ai parfois l'impression d'être le dernier de la classe !

bertrand a dit…

Bonsoir Pierre,
ne vous tracassez pas d'être passé par une période Jean de Bonnot, l'essentiel étant de comprendre que ces livres ne sont pas de la bibliophilie et ne peuvent en être tout simplement parce qu'ils ne font qu'une chose : mal l'imiter. Les cuirs ne sont pas des cuirs de qualité (même si au coup d'oeil on peut être trompé), les ors annoncés n'en sont que de bien piètres et même si le papier est beau c'est du papier vergé tiré mécaniquement au kilomètre. Le tout faisant comme une "imitation" de bibliophilie.

Combien de fois n'ai-je pas été appelé pour venir voir des bibliothèques dont leur propriétaire me garantissait haut et fort : "Oui Monsieur. Je vous le garantis. Des dizaines de livres comme les vôtes là (me montrant des reliures en maroquin de Trautz-Bauzonnet ou de Chambolle-Duru dans ma vitrine...),
hélas arrivé sur place, force est de constater que les maroquins signés se sont transformés en citrouilles et que de "reliures toutes comme les miennes, il n'en était rien en fait".

Le principal avec les De Bonnot est d'en sortir si l'on veut vraiment plonger dans la véritable bibliophilie. Idem des livres de Club style Club du Meilleur livre ou Club de la Femme ou Club du meilleur Roman (clubs très prolifiques dans les années d'après guerre jusque dans les années 70),

bienvenue parmi nous Pierre et surtout ne vous sentez pas dernier de la classe. Dans cette passion on en apprend tous les jours et la soif de savoir est sans doute le meilleur moteur pour l'immortalité, non ?

Bonne soirée,

Amitiés, Bertrand

Pilou a dit…

Je vous avouerai que j'ai la chance d'avoir accès au rez-de-jardin de la BnF, ce qui me permets d'avoir accès aux livres en magasin. Si vous ne justifiez d'aucunes recherches avant de vous inscrire à la bibliothèque, vous ne pourrez pas descendre au rez-de-jardin. Dans le as contraire, suivant les ouvrages, vous pourrez les consulter par simple commande via ordinateur. Pour d'autres, il faut faire une demande préalable et justifiée. La bibliothèque de Versailles par exemple ne propose que ses volumes les moins précieux à la consultation.
Pour ce qui est de la BnF, il faut que je vérifie, avant toute chose, si les livres sont disponibles à la lecture, en particulier les incunables. La dernière fois que j'y suis allé, j'ai pu feuilleter plusieurs atlas des XVIIe et XVIIIe siècle, mais quelques fois, des livres qui sont indiqués comme consultables sur place sont en fait réservés à la lecture en cabinet sur demande. D'autres sont tout simplement absent.
Là, je parle uniquement de Tolbiac, mais peut-être est-ce différent dans le cadre de la Bibliothèque Richelieu ou de celle de l'Arsenal.
Pour voir les livres de la BnF, voir le catalogue général Opale Plus, qui référence les livres, leur contenu, et leur disponibilité.
http://catalogue.bnf.fr

Bon, c'est vrai qu'au final, ce n'est pas si simple que ça! Par contre, peut-être pouvez vous regarder dans les centres d'archives départementales près de chez vous! Beaucoup ont également un fonds imprimé, disponible dans la plupart des cas sur simple commande. L'inscription dans ces centres est généralement aisée, en tout cas pour le cas des Archives Nationales, de celles des Yvelines, de Paris (elles sont plus ou moins vierges de tout fonds ancien en raison de leur incendie en 1870 par les communards, mais il y a peut-être des livres anciens; je n'ai pas vérifié), ou de Normandie.

Jean-Paul a dit…

Pierre,

Ne touche pas un incunable qui veut à la BnF ! Venez à Reims, je vous en ferai toucher plusieurs parmi les plus beaux ! .. et que les mauvaises langues tournent la leur sept fois dans la bouche avant de critiquer la province : on respecte et on conserve les livres aussi bien et dans les règles comme à Paris, mais on partage plus facilement avec les passionnés sérieux.

Hugues,

Le libraire en question est très à l'aise, et il parlait avec un médecin, qu'il devait toujours considérer, comme beaucoup d'autres,à tort, comme un nanti !

Jean-Paul

pilou a dit…

Effectivement, après avoir essayé de commander un incunable à la BnF via leur site, on me renvoie sur les roses. Il faut donc justifier d'une recherche sur un incunable pour pouvoir le consulter dans une salle réservée aux livres rares. Sinon, il reste toujours les versions microfilmées... Beuh!

Gonzalo a dit…

J'ai eu la chance de toucher plusieurs incunables, qui ne m'appartiennent pas, pas plus tard que cet après-midi! Privilège d'un étudiant qui a un accès privilégié à certaines bibliothèques d'état, lorsqu'il se fait accompagner par ses professeurs...

Pilou, sans indiscrétion, sur quoi porte votre thèse? Je m'apprête à parier avec vous que la Réserve n'acceptera jamais de vous communiquer la chronique de Nuremberg si le livre n'est pas en rapport direct avec votre sujet.

Ils ont réussi la prouesse de ne me communiquer qu'un seul livre sur une demande de six ouvrages du XVIème, justifiée directement par mes recherches, et une demande qui ne comportait aucun livre particulièrement précieux... Il est vrai que j'ai toujours la malchance de tomber sur des reliures henri II... Ca n'aide pas!

Cela dit, Pilou a raison d'affirmer qu'on peut sans trop de peine feuilleter des incunables en bibliothèque... à condition de ne pas le faire à la BnF. Les bibliothèques municipales sont généralement plus agréables et leur personnel plus sympathique.

Gonzalo a dit…

Ha, tiens! J'ai gagné mon pari sans le savoir? J'ai posté mon message sans avoir lu le votre...

Jean-Marc a dit…

Pour revenir au débat. On peut bien parler d'ouvrages à 15 ou 20 €. Il me semble tout de même que l'unité de compte de la bibliophilie n'est pas l'euro mais la centaine d'euro. (et le millier quand il s'agit de Berès !).

C'était ma pensée matinale.

Jean-Marc

Jean-Paul a dit…

Bonjour Jean-Marc,

Pensée matinale réaliste. O n finit par oublier aussi que le billet de 20 €, qui passait pour être l'équivalent du vieux billet de 100 F, a très vite perdu cette équivalence en pouvoir d'achat : on sait bien aujourd'hui qu'avec 100 € on n'a plus grand chose, par conséquent, en bibliophilie, encore moins ...Trouvez moi un livre de bibliophilie (et non pas de documentation ou un vieux papier) sur ebay à 20 € (pari de Bertrand) et je vous l'offre !

Jean-Paul

ArlequinRP29 a dit…

Parlons-en!

Et Marcel Proust dans tout cela? Vous l’avez eu entre vos mains "A la Recherche du Temps Perdu" aux Editions JDB.? Il en a eu du courage Monsieur de Bonnot, de le proposer aux gueux à un vil prix. Quelle délectation cette lecture sensible, jusqu’au bout des doigts, du temps retrouvé. Et tant pis pour tous ceux qui l’ont définitivement perdu parce qu’ils ne l’ont jamais eu (entre les mains). Ils ne l’auront jamais cette vraie préciosité rare dont ils disent se parer. A ceux qui jettent les pierres dans le jardin d’à côté, je préfère les pétales de ces jeunes filles qui tapissent le mien, de page en page.
A fleuret moucheté,

A lire, sans modération, évidemment…
R.P.

Vous les imaginez les Jean de Bonnot dans quelques siècles...

Hugues a dit…

Oui, je les imagine très bien. A la poubelle. :)
Hugues
(mais pourquoi attendre?) :)

calamar a dit…

AlequinRP29 a raison : "vil prix". C'est du moins ce que çà vaut aujourd'hui, et il faut pourtant se dépêcher de vendre, parce que ce prix ne peut que continuer à baisser...
Mais je rassure Hugues : non, je n'en ai pas !!! scrogneugneu.

ArlequinRP29 a dit…

Cher Hugues,
Les poubelles d'aujourd'hui, numérisées, sont virtuelles et vous n'êtes pas le dernier à le savoir. Il est donc facile de jeter mais beaucoup moins d'interjeter. Votre passion, bien réelle du livre , objet de l'appel, est fort louable. Elle fait couler en vous l'encre des plumes d'oie d'antan qui, plus est, fleure bon les cuirs enluminés. Vous préférez le cliquetis de l'enclume du forgeron qui modèle les fers des chevaux à celui de nos claviers à peine assourdi par la voracité des mandibules de nos imprimantes "hobjet". Et, plus encore, le silence talentueux, plus que méditatif, du moine copiste. Ô combien je vous comprends! Et le soir, tout autant, de dialoguer avec vos beaux livres, vos vrais livres, car ils le sont, je le sais, comme les miens... Les livres JdB (entre autres) ne sont pas des livres rares, et c'est en cela qu'ils sont précieux. Ils m'ont aussi tout récemment invité au banquet de Platon. Une belle table...
Plus de six ans que cette partie de votre blog ne s'était pas ré-ouverte. J'y suis passé par hasard...
Bon déjeuner ou dîner. Peu importe, pourvu qu'on ait l'ivresse...
Cordialement
R.P.

ArlequinRP2000 a dit…

...l'ivresse livresque, bien sûr.
Bon week-end.
R.P.

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