« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

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mardi 11 décembre 2007

"Elève Beraldi : peut mieux faire!" Signé Berès

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Aujourd'hui, c'est Iznogoud qui s'y colle et vous propose un excellent (et quand j'écris excellent, en réalité, je pense excellentissime) message sur une vente aux enchères hors du commun, la vente Béraldi.

Je laisse donc la parole à Bertrand :

Henri Beraldi, un nom qui résonne fort aux oreilles des bibliophiles les plus férus, un nom qui ne dira sans doute pas grand-chose aux autres.
Il est « l’acteur » principal d’une extraordinaire vente de livres qui s’est déroulée à Paris en 5 vaccations de 1934 à 1935.

Situons tout d’abord le personnage.
Henri Beraldi nait à Paris en 1849. Tout à la fois écrivain et collectionneur d’estampes et de livres, c’est en 1880-1882 qu’il donne en collaboration avec le Baron Roger de Portalis, Les graveurs du dix-huitième siècle, publication qui fait date dans le domaine de la connaissance des arts graphiques du XVIIIè siècle. On a également de lui dans le même domaine, Estampes et Livres, 1872-1892, publié en 1892 chez Conquet. Plus tôt, en 1885, il donnait un opuscule devenu rare, la Bibliothèque d’un Bibliophile, 1865-1885. Beraldi entre en bibliophilie comme en religion dès l’âge de 16 ans !
Pour des générations passées et futures de bibliophiles il restera l’auteur d’un monument dans l’histoire de la reliure d’art : La reliure du XIXè siècle, publié entre 1895 et 1897. Ouvrage richement illustré et aujourd’hui très recherché des amateurs tant pour la qualité des reproductions que pour les connaissances que l’auteur y avaient réunies.
Parallèllement à ces écrits relatifs au livre, à l’estampe et à la reliure, Henri Béraldi était un amoureux des Pyrénées. Il a laissé ce qui reste encore aujourd’hui un ouvrage de référence sur le sujet : Cent ans aux Pyrénées, publié de 1898-1904. Imposant ensemble de 7 volumes. On lui doit l’invention du terme « pyrénéisme » sur le modèle de l’alpinisme.

Henri Beraldi meurt à Paris en 1931. Il laisse une des plus magnifiques bibliothèques de son temps. Une partie de sa bibliothèque consacrée aux Pyrénées est léguée à la bibliothèque de la ville de Toulouse.
L’immensité que réprésente le « reste » de sa bibliothèque sera dispersé à l’hôtel Drouot entre juin 1934 et octobre 1935 suivant l’ordre de 5 gros catalogues richement illustrés. C’est ce qui nous occupe ici.

Ce ne sont pourtant que 1.499 livres qui seront proposés lors de ces ventes.
Mais pour Henri Beraldi, l’immensité, la magnificence n’est pas dans le nombre : « Le titre de bibliophile, disait-il, ne devient intéressant que s'il désigne un homme qui dans la mesure de ses forces, soit un des facteurs actifs du maintien et du renouvellement des 4 arts : la Typographie, l'Illustration, la Gravure et la Reliure. »
La Bibliothèque Henri Beraldi n’est que le reflet de cette devise. Esthétisme, Exemplarité, Perfection ; ici tout n’est que luxe dans les reliures, unicité des exemplaires par l’ajout de dessins originaux, peintures, autographes ; et pour couronner le tout, tous les exemplaires proposés sans exception aucune sont tout simplement parfaitement conservés, à l’état de neuf.

Une telle concentration de beauté, je dois l’avouer, donne le tournis ! On lit, on mange des yeux ces catalogues de la vente de la bibliothèque Béraldi comme on mangerait la plus délicieuse des friandises… La bibliophagie n’est pas loin !

Que nous réserve cette vente ?
Des livres anciens du XVIè et XVIIè siècles pour la première partie (la plus petite partie de la bibliothèque composée uniquement de 78 pièces choisies). Mais quelles pièces ! Des reliures mosaïques, à entrelacs, des velins dorés, …

Les livres illustrés du XVIIIè siècle pour la seconde partie (277 numéros) avec les plus belles éditions et reliures possibles.

L’époque romantique et des livres illustrés de 1801 à 1875 pour la troisième partie (511 numéros – ce qui représente la plus grande partie de la bibliothèque).

La quatrième partie est consacrée aux illustrés modernes avec 209 numéros et enfin la cinquième et dernière partie est un mélange des différentes périodes allant du XVIè au XXè siècle.

Etourdissant !

Résultats ?

Le total général de l’ensemble des 5 ventes s’élève à 9.831.160 francs de l’époque, ce qui réprésenterait aujourd’hui en francs et euros constants (source tableau INSEE), la bagatelle de 6.794.118 euros.
Vous voulez des détails ?

- Les Mémoires de Commines, 1581, dans une riche reliure à la fanfare exécutée par les Eve. Adjugé 19.000 francs ou 13 000 euros.

- Les Fables de La Fontaine illustrées par Oudry, 1755-1759, 4 volumes in folio, reliure en veau ancien avec les fers spéciaux et décor à la dentelle du Louvre sur les plats. Adjugé 10.600 francs soit plus de 7 300 euros.

- Les Odes et Ballades de Victor Hugo. Avec les Orientales. 1828-1829, ensemble 3 volumes reliés par Thouvenin. Adjugé 2.080 francs soit près de 1 450 euros.

- Madame Bovary de Flaubert, édition Lemerre 1874, reliure de Marius-Michel. Avec des dessins originaux. Adjugé 7.100 francs soit plus de 4 900 euros.

Il me faut vous dire maintenant tout l’intérêt de l’exemplaire que j’ai en mains des catalogues de cette vente. Il s’agit d’un exemplaire ayant appartenu à un des plus grands collectionneurs français du XXè siècle d’argenterie et de porcelaines anciennes. On l’appellera Monsieur T. (parce que je sais que ses enfants sont encore vivants et que je ne souhaite pas d’ennuis pour divulgation de documents privés même si je pense qu’il doit y avoir prescription maintenant…), il était visiblement à ses heures perdues également bibliophile ! Tous les vices ne s’excluant jamais vraiment mutuellement… ce qui serait trop beau…

J’ai la chance d’avoir retrouvé dans ces catalogues, trois lettres autographes signées du libraire et expert de la vente, Léopold Carteret, bien connu également des bibliophiles. Il s’agit de trois courriers relatifs à des ordres donnés par Monsieur T. sur quelques numéros de la vente. Mais lisez plutôt :

Lettre n°1 :
« 23 décembre 1934 – 5 Rue Drouot, Paris 9è.

Cher Monsieur,
Fiasco.
224. Feuilles d’automne 2000
mais par erreur daté de 1838 au lieu de 1830
Comme dit votre frère j’ai laissé tomber les Feuilles –
469. – Offre 6 à 8000 – adjugé 15.500.
Voulez-vous être assez aimable de téléphoner à Monsieur H. que le 236. Janin offre 1000 à été adjugé 2000 f.
Votre dévoué. LCarteret. »

Lettre n°2 : « 31 mai 1935 etc.
Cher Monsieur,
Voici mon sentiment sur les livres qui vous intéressent chez Beraldi.
53.54. cuirs intéressants ouvrages documentaires
ça n’est pas du grand art 3 à 3500 chaque 4000 maximum
55. riche et belle reliure
dessins importants – même observation
50 dessins à 125 f. – 6000 env. 3000 reliure
Total 8 à 10.000
116. Lepère 3000 environ 3200
Tout à votre disposition, votre dévoué.
LCarteret. »

Lettre n°3 : « 4 juin 1935 etc.
Cher Monsieur,
Je me permets de vous signaler le n°9. Personnages de comédie. C’est un bel artiste et ce recueil sort de l’ordinaire. 7 à 8500 environ.
Votre dévoué. LCarteret. »

Diantre !! que ne me contenterais-je de l’ « ordinaire » dénoncé par Monsieur Carteret !! Cet ouvrage aura fait finalement 6.400 francs, moins que prévu malgré tout ! Je ne sais pas si Monsieur T. en aura été l’heureux acquéreur puisque je n’ai malheureusement pas les courriers suivants…

Par contre, ce que Monsieur T. a fait par ailleurs, c’est de noter dans la marge de l’ensemble des catalogues en plus du prix d’adjudication pour chaque, le nom de l’adjudicataire, certainement à chaque fois que Monsieur T. le repérait vainqueur dans la salle. Et là nous avons des informations précieuses sur qui achetait quoi et combien. Je ne vous en citerai que quelques uns pour le plaisir de la découverte.

Ainsi, un certain M. Gibour, une Mme Pratt, le Baron Henri de Rotschild, M. de Marinis, Mme Founès, le Général Wilhems, une Mlle a…, Mme J. Charpentier, M. Maurice Vignes, Marquise de Mardrallat, W. d’Eichtal, colonel du Tillet, Madame la Princesse de Broglie, Princesse d’Arenberg, etc.

M. Gibour se voit adjuger plus d’une trentaine de lots pour l’ensemble des ventes… hallucinant !

Je m’arrête là pour ne pas devenir ennuyeux. Le luxe écoeure lorsqu’il va jusqu’à l’excès…

Je pense mon exemplaire précieux à plus d’un titre, car il contient certains commentaires personnels sur cette vente, des noms, des chiffres, des dates, qui en font un outil unique pour étudier le marché de la bibliophilie dans ces années 1934-1935.

De la haute bibliophilie ! me direz-vous. Et vous aurez raison.

La vente Beraldi a été une vente comme n’y en a que quelques unes par siècle. Au XVIIIè siècle il y a eu la vente De Bure et quelques autres plus discrètes, au XIXè siècle les ventes Solar, Yemeniz, Lebeuf de Montgermont, au XXè siècle il y aura eu Beraldi, Rahir, Esmerian et biensur Bérès, à cheval sur deux siècles, l’ancien et le nôtre désormais.

Berès qui ne s’annonce pas moins exceptionnelle d’ailleurs puisque nous en sommes déjà à la sixième vente du fonds de sa librairie (17 et 18 décembre prochain pour ceux qui l’auraient oublié…). Question chiffre ? Bérès arrivait à près de 30 millions d’euros à l’issue de la cinquième vente en décembre 2006.

Ne vous effrayez pas. Je vous ai montré ici un « Monstre » au sens littéral et essayé de faire le compte rendu post-mortem d’une vente monstrueusement sublime.

Si vous n’aviez qu’une seule chose à retenir de ce vain persiflage comme dirait le vénérable Jorge… Retenez celle-ci qui je pense ne pourra que vous bien servir dans votre passion bibliophilique, naissante pour les uns, bien enracinée pour les autres ou vacillante pour quelques uns ; retenez la phrase de Beraldi lorsqu’il disait en faisant visiter sa bibliothèque à un néophyte :

« Le nombre est peu, le choix est tout. »

Et surtout, si vous croisez sur votre route de bibliophile un exemplaire portant cette marque:
Ne le négligez pas. Apportez lui toute votre attention, videz votre bourse si cela vous dit ou ne la videz pas, mais au moins ne dites pas « Henri Beraldi je ne le connais pas ! »

Amitiés bibliophiliques, Bertrand

Merci Bertrand,

H

18 commentaires:

Pilou a dit…

En lisant ce message, et les prix affolant, je dirai même de "foulie" de tous ces ouvrages, je me posais une question... Est-ce que les livres anciens font partie des oeuvres d'art exemptées de l'ISF???

Jean-Paul a dit…

Puis-je ajouter que les amateurs peuvent lire sur Béraldi l'article paru dans le n° 57 du magazine du Bibliophile (octobre 2006).

Jean-Paul

Jean-Paul a dit…

Et que le seul volume intéressant, et à garder comme référence, de cette vente est le tome III, toujours pas surpassé pour les amateurs de l'époque romantique.

Jean-Paul

bertrand a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Xavier a dit…

Merci Bertrand de cet article, je l'imprime de suite.
Je confirme...les catalogues sont....un régal
avec ceux de Lacroix-Laval et de Blumenthal
Amités
Xavier

Jean-Marc a dit…

Peu importe les erreurs de calcul, c'est un bel article.

J'ai croisé (si j'ose dire) H. Béraldi en explorant les ouvrages de montagne. Il a un peu écrit sur les Alpes dauphinoise. En particulier, il s'est passionné pour le capitaine Adrien Durand, le vainqueur presque malgré lui du Pelvoux dans le massif des Ecrins. Il a atteint ce sommet en 1828 dans le cadre des cmapagnes de levé de la carte dite d'Etat-Major. H. Béraldi lui a consacré de nombreux chapitres de son étude sur les ingénieurs géographes : "Balaïtous et Pelvoux". Bel ouvrage que j'ai la chance de posséder. La justification est : "Tiré à petit nombre". Combien d'exemplaires cela peut-il faire ?

Jean-Marc

Hugues a dit…

En tout cas, il est intéressant de constater que soit l'Insee déraille, soit les bibliophiles disjonctent de temps en temps...

En effet, La Fontaine + Oudry = 7000 euros chez Béraldi... et 10500 euros (avec des fers spéciaux) chez Binoche à Drouot, en 2002, ou 9500 en salle à Rouen en 2004. Voir les notices ci-dessous.

Finalement une certaine stabilité des prix... Cela peut remettre en cause le fait que la bbliophilie soit un investissement sûr.

Paris 2001 :
86 - LA FONTAINE (Jean de). Fables choisies, mises en vers […]. Paris, Desaint & Saillant et Durand, 1755-1759. 4 volumes in-folio, veau, triple filet doré encadrant les plats, angles ornés de fers spéciaux inspirés du texte, dos à nerfs orné des mêmes motifs, pièces de titre en maroquin vert et rouge, tranches dorées (reliure de l'époque). Un frontispice par OUDRY, gravé par COCHIN, et 275 figures gravées d'après les dessins d'OUDRY repris par COCHIN. Exemplaire sur papier moyen de Hollande dont la planche " Le Singe et le Léopard " est ici en second tirage. Taches sans gravité sur deux plats ; deux mors fendus sur qq. cm ; coiffes restaurées ; quelques rousseurs. BON EXEMPLAIRE ORNÉ DE FERS SPÉCIAUX AUX ANIMAUX DE CE " MAGNIFIQUE OUVRAGE " (Cohen, 548), L'UN DES PLUS BEAUX DU XVIIIe S. Est : 4 000/4 500 € Résultat : 10.500, ( 68.875, FRF )

Rouen 2004 : 47. - LA FONTAINE. Fables choisies. Paris, Desain & Saillant, Durand, 1755-1759. 4 volumes in-folio, veau marbré, triple filets, dos orné, roulette intérieure, tranches dorées (Reliure de l'époque).
Somptueuse et célèbre édition ornée d'un frontispice conçu pour cette édition et de 275 planches exécutées d'après les dessins originaux de Jean-Baptiste Oudry, retouchées par Cochin fils et gravées à l'eau-forte par les meilleurs artistes du temps.
Le texte est en outre agrémenté de vignettes et culs-de-lampe gravés sur bois par Le Sueur d'après Bachellier.
Exemplaire du 1er tirage sur papier moyen de Hollande. Restaurations aux charnières.
Résultat : 9 500

bertrand a dit…

Suivi de quelques exemplaires de la bibliothèque Béraldi.

Ce qui est bien avec les exemplaires issus de très prestigieuses ventes de livres, c’est que grâce aux argus divers et variés à la disposition des bibliophiles désormais (et notamment aujourd’hui grâce au CD-ROM Argus du Livre de Collection Artprice ou aux Argus papier) on peut les suivre de vente en vente et ainsi voir et essayer d’analyser l’évolution de leur cote dans le temps.

Voici pour vous faire une idée, une petite liste de livres retrouvés à l’Argus Artprice avec « Béraldi » comme provenance. Ils sont décrits de la même manière dans les catalogues de la vente Béraldi et ainsi je suis certain qu’il s’agit bien des mêmes exemplaires.

A vous de juger si les prix sont stables, à la baisse, si les modes et les goûts changent. L’exercice est amusant.


Fleurs de Paris, par Albert FLAMENT. N°55 de la quatrième partie. Adjugé 5.600 francs en 1935 et adjugé depuis, le 8 juin 2001 (Etude Mercier-Kalck) 12.985 euros (85.000 francs). Source Artprice.

Bouvard et Pécuchet par Flaubert. N°59 de la quatrième partie. Adjugé 3.900 francs en 1935 et adjugé depuis, le 17 novembre 1993 (ANAF) 884 euros (5.800 francs). Source Artprice.

Le procurateur de Judée d’Anatole France. N°60 de la quatrième partie. Adjugé 2.320 francs en 1935 et adjugé depuis, le 25 février 1999 (ANAF) 1.601 euros (10.500 francs). Source Artprice.

La Grenadière de Balzac. N°7 de la quatrième partie. Adjugé 1.350 francs en 1935 et adjugé depuis, le 29 mai 1999 (TAJAN) 915 euros (6.000 francs). Source Artprice.

La Bièvre, les Gobelins, Sainte Séverin par Huysmans, 1901. N°94 de la quatrième partie. Adjugé 6.100 francs en 1935 et adjugé depuis, le 11 mai 1993 (PICARD) 4269 euros (28.000 francs). Source Artprice.

L’enfer de cupido par Des Coles, 1555, reliure de Bozerian jeune. N°10 de la première partie. Adjugé 5.000 francs en 1934 et adjugé depuis, le 16 juin 1995 (TAJAN) 7.318 euros (48.000 francs). Source Artprice.

De la puissance légitime du Prince sur le peuple par Brutus, 1581, reliure de Nicolas Eve. N°3 de la première partie. Adjugé 5.000 francs en 1934 et adjugé depuis, le 20 juin 1984 (ADER-PICARD-TAJAN) 5.488 euros (36.000 francs). Source Artprice.

Histoire amoureuse des Gaules de Bussy-Rabutin, 1665, reliure mosaïque de Capé. N°11 de la cinquième partie. Adjugé 1.850 francs en 1935 et adjugé depuis, le 4 juin 1993 (ADER-TAJAN) 3.811 euros (25.000 francs). Source Artprice.

Les aventures de Télémaque par Fénelon, 1784, reliure de Bozérian. N°79 de la deuxième partie. Adjugé 6.000 francs en 1935 et adjugé depuis, le 8 février 2006 (RENAUD-GIQUELLO) 3.600 euros (23.600 francs). Source Artprice.

Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, 1796, reliure de Koehler. Exemplaire truffé. N°50 de la deuxième partie. Adjugé 111.000 francs en 1935 et adjugé depuis, le 30 novembre 2005 (SOTHEBY’S) 86.400 euros (567.000 francs). Source Artprice.

J’ai bien peur que le coefficient de l’INSEE de 0,69108 ne soit pas très juste non plus parfois …

Amitiés bibliophiliques, Bertrand

Jean-Paul a dit…

Les trois ventes les plus importantes, qualitativement, de l'entre deux guerres sont celles de Béraldi, de Descamps-Scrive et de Barthou : leurs catalogues sont des références incontournables pour l'Histoire du Livre et de la Bibliophilie.

Jean-Paul

bertrand a dit…

J'ajouterais également les ventes suivantes :

Backer, Hector Marie August de. Bibliothèque de feu m. Hector de Backer. 5 parties en 7 volumes, Paris, 1926-28. Ventre très importante pour les grandes éditions originales classiques.

BIBLIOTHEQUE DE FEU EDOUARD RAHIR, ANCIEN LIBRAIRE. Paris, Francisque Lefrançois 1930-1931, 1935-1938., 1938. Six volumes. Fond de la librairie Rahir qui était le succésseur de la librairie Morgand & Fatout... ce qui donne une idée du fond...)

A cheval sur les deux siècles, XIXè et XXè, une vente essentielle :

Picot, E. Catalogue des livres composant la bibliothèque de feu M. le baron Rothschild. 5 vols. Paris, 1884-1920. Très belle vente importante pour les éditions originales anciennes du XVIè et du XVIIè siècle.

Il y en a d'autres, plus modestes, qu'il ne faut pas négliger.

Amitiés, Bertrand

Hugues a dit…

Je possède un ouvrage ayant appartenu à Descamps-Scrive et qui a été vendu lors de sa vente (3ème partie, du 23 au 26 novembre 1925, n°497).
Il s'agît de l'exemplaire d'Octave Mirbeau de l'ouvrage de Paul Hervieu, Flirt, avec un très bel envoi: "A mon cher Octave Mirbeau, Ma bien tendre envie de ce qu'est son esprit, et de ce qu'est son coeur, Paul Hervieu."
Paul Hervieu et Octave Mirbeau étaient extrêmement proches, et ce qui est sympathique dans cet ouvrage, c'est que l'on sait qu'Octave Mirbeau avait pris l'habitude de faire relier ses ouvrages par Marius Michel.
C'est le cas ici, l'ouvrage a été relié pour Mirbeau par Marius Michel, dans un beau maroquin janséniste bleu, avec des gardes de soie brodées grises.
Il porte l'ex-libris de Descamps-Scrive.
Un petit morceau d'histoire bibliophilique en somme.
H

bertrand a dit…

Je n'ai pas les catalogues de la vente Descamps-Scrive (je les ai ratés à Dijon dernièrement... ensemble broché (avec quelques autres catalogues) qui se sont arrachés à plus de 1.000 euros sans les frais...

Mais si quelqu'un les possède ici ce serait amusant de savoir combien a été adjugé ce n°497.

Avis aux amateurs de bibliographies,

Amitiés bibliophiliques, Bertrand

Jean-Paul a dit…

Catalogues Descamps-Scrive chez JP Delon = 270 €.

Jean-Paul

Anonyme a dit…

470 frs, d'après Delteil

Salutations,
Martin

Jean-Paul a dit…

L'exemplaire de Delon ne semble plus disponible : tant mieux, Gaspa l'offre pour 150 € (toujours broché). Un seul volume se vend directement sur ebay à 80 € !......

Jean-Paul

Hugues a dit…

Merci Martin,
Y-a-t-il un descriptif complet?
Merci
H

Xavier a dit…

vu en juillet 2007, à 175e chez www.labac.be, semble vendus...

Bonne chasse à tous !!!, cela fait partie de la bibliophilie...

Anonyme a dit…

Dans l'annuaire de Delteil, on trouve seulement:
- Un des 25 ex. Holl.: rel. mar. doublée, de Marius-Michel. Envoi à O. Mirbeau. 470 fr. (K)
(K est la vente Descamps-Scrive)

Dans le catalogue, on lit:

497. HERVIEU (Paul). Flirt. Paris, Alphonse Lemerre, 1890, in-12, mar. bleu jans., doublé de mar. bleu, fil., gardes soie brochée, tr. dorées sur témoins, couv. (Marius Michel.)
Edition originale.
Un des 25 exemplaires imprimés sur papier de Hollande (n° 23).
Envoi autographe de l'auteur:
"A mon cher Octave Mirbeau ma bien tendre envie de ce qu'est son esprit et de ce qu'est son coeur."
Paul Hervieu

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